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Le prix de l’innovation ADF 2014

Il y a des innovations dont l’évidence de l’intérêt est tel qu’on se demande pourquoi elles n’avaient pas été faites plus tôt. L’innovation récompensée cette

année par l’ADF est de celles là.
Le matériel primé est le Smart Dentin Grinder (fig 1) est fabriqué en Israël par la société Kometabio (Holon) et distribué en France par la société SD2 (50bis rue des Binelles à Sévres 92310)
Le principe est simple: une dent fraichement extraite peut constituer un matériaux de comblement autologue. Différentes études semblent le prouver depuis 2003. Le matériel « Smart Dental Grinder » transforme la dent extraite en particules de dentine décontaminées d’une granulométrie de 300 à 1200 microns en une vingtaine de secondes. Ces particules sont ensuite traitées dans une solution décontaminante et peuvent être utilisées directement dans l’alvéole de la dent extraite ou utilisées pour traiter un défaut osseux.
Le volume obtenu de dentine de comblement est deux fois supérieur au volume de la dent initiale. Le document commercial annonce la possibilité d’utiliser ce matériau dans le cadre de mises en charge immédiate. La seule contre indication concernerait les dents ayant reçu un traitement endodontique.

Fig 1: Matériel présenté dans le cadre du prix de l'innovation de l'ADF
Fig 1: Matériel présenté dans le cadre du prix de l’innovation de l’ADF
  1. Avez-vous déjà utilisé ce matériel ?
  2. Pensez-vous que ce matériel soit promis à un bel avenir commercial en France?

Commentaires

perio

Je ne devrais pas le penser, encore moins l’écrire, mais ce matériel me fait peur. Les particules « décontaminées » pourraient laisser penser à certains qu’on peut croiser alègrement la dent de Paul pour combler Jacques …
J’extrait les dents de sagesse, j’te les broie. J’t’ajoute un peu de PRF et en avant le sinus lift ….
On peut imaginer qu’après avoir comblé à la dentine, on y insère un implant. Quel tissu obtient-on ? Quelle intégration ? On semble surfer sur une application récente d’un principe ancien, étudié sur l’animal, qui laisse penser qu’on peut implanter dans un autre tissu que l’os. Dans une dent incluse notamment. Mais quelles données avérées avons nous pour appliquer ce principe ?
J’aurais tendance à m’interroger sur la validation scientifique du principe plutôt qu’à son avenir commercial. J’ai donc bien plus de questions que de réponses à ce post !

janea

Pour toute innovation concernant la santé humaine il est légitime de s’interroger sur la pertinence des études scientifiques qui la valide. Pour ma part j’ai trouvé sur le stand de la société qui distribue ce matériel en France 4 références à des travaux publiés dans des revues considérées comme sérieuses. L’une d’entre elle de 2012, après un suivi de 23 mois sur 250 patients conclut que « la dent utilisé comme greffon osseux présente tous les avantages de l’os autogène…Elle offre une excellente bio-compatibilité sans provoquer de réponse immunitaire, de réaction aux corps étrangers ou de risque infectieux. elle présente en outre des capacités d’ostéo-induction, ostéo-conduction et de remplacement osseux ».
Bien entendu il ne faut considérer ces affirmations comme des vérités absolues: il y a certaienement des conditions à respecter, des contre-indications, des limites et comme le dit pério bien des questions en suspend. Mais j’ai hâte de savoir si cette évolution sera utile aux patients

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