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Evolutions en pratique clinique de parodontologie

Je vous propose un article paru en Août dans le Journal of Periodontology, intitulé “Changes in Periodontal Clinical Practice”.

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C’est un article d’opinion, ou plutôt un “recadrage” dont l’un des auteurs est Mickael Mc Guire, américain, diplômé en 1977 à Atlanta, spécialisé en Parodontologie, past president de l’association américaine de parodontologie, auteur de plus de 50 publications internationales , membre de comités editoriaux de grandes revues et praticien privé à Houston. Il propose un CV impressionnant.

Il est une référence en terme de connaissances, de réussite universitaire et privée, reconnu internationalement.

Il nous fait part des changements intervenus dans la pratique de la parodontologie depuis les années 70. Une bonne occasion de faire le point sur notre discipline, ses fondamentaux, sa trajectoire.

Nous bénéficions d’une rétrospective éclairée par sa réflexion, sa pratique clinique et sa connaissance de la littérature. Cette mise en perspective enrichissante m’a donné envie de la partager avec vous.

Je vous livre un résumé forcément subjectif, mais aussi fidèle que possible au texte original.

L’évolution scientifique “normale”

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Les ultrasons, le grossissement optique conjugué à l’éclairage, s’ils ne représentent pas des changements de paradigmes, nous permettent d’éliminer plus efficacement les biofilms et calculs sous gingivaux, cause de la maladie parodontale et de ses récurrences.

Les grandes tendances:

La fin des années 60: l’apparition de la greffe gingivale libre, un gold standard toujours d’actualité.

Les années 70: les procédures chirurgicales (osseuses et gingivales) résectrices sont la règle

Début des années 80, apparition du lambeau de Widman modifié, plus conservateur et du débat qui l’oppose aux précédentes.

L’auteur se réjouit de l’apport des études épidémiologiques et de leur niveau de preuve, fin des années 80, avec l’evidence-based dentistry. Les principes de suivi des patients à intervalles stricts, et de pronostic basés sur des éléments cliniques sont ainsi confirmés, tout en trouvant leurs limites. Cette approche continue de nos jours à guider nos décisions de traitement.

Le débat s’élève d’une confrontation d’opinions cliniques à un niveau scientifique, et la parodontologie entame un tournant vers des procédures moins invasives, prémices à la régénération.

En 1985 une étude essentielle de Langer et Langer ouvre la voie à toutes les techniques de recouvrement des récessions gingivales.

C’est également à cette époque que les scandinaves théorisent et mettent en pratique la régénération tissulaire guidée (GTR), première réelle possibilité de régénération dans notre domaine.

La régénération osseuse guidée en est la suite logique dans les années 90.

A la fin de ces années, des scandinaves à nouveau développent de nouvelles techniques de régénération avec les dérivés de la matrice amellaire (EMD), faisant suite avec davantage de succés aux travaux sur les facteurs de croissance de la décennie précédente.

Les innovations majeures

… ne le sont devenues que par la capacité de notre profession à les reconnaitre comme telles et à les utiliser à l’avantage des patients.

Les implants s’imposent comme un changement radical suite aux travaux de Branemark dans les années 80, et améliorent la qualité de vie de nos patients… à condition que ne soient pas négligées les bases de notre discipline: la santé et le confort.

La relation paro/santé générale fait évoluer la pratique clinique de façon aussi profonde que les implants auparavant: l’inflammation chronique parodontale n’est qu’une des composantes de l’inflammation systémique et de la santé générale de l’individu. Nous améliorons de fait la prise en charge de la santé de nos patients en les considérant globalement. La prochaine évolution de notre exercice est peut être la thérapeutique parodontale personnalisée.

L’auteur cite en passant l’internet, source inépuisable de connaissances et accés si aisé aux bases de données medicales et scientifiques.

Les jokers

On les trouve dans littérature que nous consultons aujourd’hui, qui va demain façonner les futures pratiques.

La première version d’une innovation est rarement la bonne, nous devons donc distinguer celle-ci de son potentiel à long terme, et faire appel à notre reflexion et notre imagination.

Que dire, pêle mêle, des: lasers, chirurgie guidée par ordinateur, libération ponctuelle, modulation de la réponse de l’hote, imprimantes 3D, tests salivaires, thérapies par cellules vivantes, techniques “minimally invasive” et tant d’autres….

Vous trouverez surtout dans la bibliographie de cet article des références incontournables.

Sur ces perspectives enthousiasmantes pour nos patients et notre exercice, je vous souhaite à tous une reprise stimulante.

  1. Existe t il des techniques ou changements de paradigme non citées par l’auteur et qui ont modifié profondément votre exercice?
  2. Quelle est pour vous la prochaine innovation de première importance?
From Normal Scientific Progress to Game Changers: The Impact on Periodontal Clinical Practice
Michael K. McGuire and Thomas G. Wilson Jr.
Journal of Periodontology August 2014, Vol. 85, No. 8: 1001-1005.

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