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Présence des parents en salle de soins

enfant salle de soins
Parfois indispensable, parfois inutile, êtes-vous POUR ou CONTRE la présence des parents en salle de soins ?

  1. Conseillez-vous aux parents de patienter en salle d’attente sous peine de rompre le lien parent-enfant ?
  2. Votre attitude change-t-elle selon leur présence ou non ?

Commentaires

mehdialthani

Bonjour, je suis étudiant en 5eme à Paris 7 Garancière et la règle est la suivante au service de Pedodontie du Dr Chantal Ifi Naulin : les parents n’ont rien à faire dans le box de soins, leur présence est un élément psychogène et perturbant, aussi bien pour le praticien que pour l’enfant. Des exceptions existent néanmoins : enfant ayant de grandes difficultés à communiquer, enfant en très bas âge, enfant handicapé.
Voilà je vous souhaite une excellente journée, toute ma sympathie à l’équipe Idweblogs
Mehdi SERSAB

Julien COLAS

Merci de votre message Mehdi.
Toute l’équipe d’idweblogs sera très touchée de votre commentaire.
Je suis assez d’accord pour ne pas faire rentrer les parents en salle de soins. Mais certaines questions se posent:
Quelle serait selon vous la limite d’âge en-dessous de laquelle très peu d’enfants n’acceptent pas de venir seul ?
L’anxiété de l’enfant rentre-t-elle en ligne de compte dans votre décision ?

nath

Bonjour,
La règle lors de mes études à la faculté était exactement la même : pas de parents lors des soins.
En omnipratique campagne, je suis plus nuancé. Au début, j’ai appliqué cette règle et j’ai perdu des patients à cause de mon refus pourtant expliqué médicalement de ne pas avoir de parent lors des soins.
J’ai perdu beaucoup de temps à expliquer patati et patata.
Maintenant, au bout de 5 années d’installation, j’ai changé de paradigme : j’appelle le patient et si un parent se pointe avec il peut rester.
Sauf si avulsion : là je suis catégorique : c’est non.

Il est clair que la présence du parent stresse le praticien et le patient !
Je me rappelle d’un jeune patient 4 ou 5 ans chez qui je devais pratiquer l’avulsion d’une dent et ce fut impossible en présence du parent.
Lors d’une autre séance : nous avions demandé au parent de rester en salle d’attente : et l’acte fut réalisé sans aucun souci.

J’ai un jour refusé de soigner un enfant de 10/12 ans car la maman sans me prévenir s’était assise dans le fauteuil, le gamin sur la maman…

Je pense qu’il est illusoire de faire des règles strictes.

melie

Bonjour,
J’ai également un exercice d’omnipratique à la campagne.
Pour ma part et pour avoir été formée à Garancière, j’adhère totalement au principe de l’absence des parents pendant les soins.
Concernant l’âge, si l’enfant est très jeune et qu’il s’agit d’une consultation précoce avant 3 ans, j’accepte la présence de la mère sous l’enfant ou juste à côté lui tenant la main. Si cette consultation met en évidence un besoin de soin, je passe  » un pacte » avec l’enfant en le prévenant que la prochaine fois il viendra seul,  » c’est comme à l’école, il y a le jour de la rentrée, mais maman ne vient pas en classe tous le jours ». Pour le moment je n’ai pas eu de refus.
Lors d’un trauma chez un très jeune, je prends les parents à part et je leur explique que j’ai besoin de leur entière cooperation, que ça pourra même être « violent » pour eux mais que notre objectif est de soulager très rapidement le petit. Hors ce contexte d’urgence je ne réalise jamais de soin le jour de la première consultation.
Pour les plus grands, je ne cède jamais et souvent ils pleurent le temps qu’ils sont encore dans le champ de vision des parents.
Comme le fait remarquer Nath, ça demande parfois beaucoup d’explication. Par ailleurs à la campagne tout se sait, les parents sont déjà au courant avant de venir pour en avoir parlé avec d’autre devant l’école.

nath

Nous essayons de faire comme toit Mélie, avec quelques nuances : si le gamin pleure et si parents trop intrusifs : j’avoue que je ne me casse pas la tête : c’est direct chez le pédo. Avec le temps, je ne supporte plus les pleurs des gamins + présence des parents « paniqués » : « le pauvre chou il a mal » etc etc et tout le cinéma qui va avec.

Je suis très intéressé par les différents avis et solutions proposés. Ce genre de question a vraiment fait débat au sein de notre cab :
– au début : nous avons appliqué la régle : pas de parents lors de soins : mais j’ai perdu du temps en explication et des patients et suis passé pour un « méchant »,
– ensuite j’ai supprimé une chaise dans mes salles de soins pour montrer qu’il n’y a pas de place : mais même sans les chaises certains voulaient absolument être présent,
– bref c’est la pagaille !

njm94

Bonjour,
j’ai également été formée à Garancière mais il y a plus longtemps!! Je soigne beaucoup d’enfants et avec très peu de difficultés et cela en présence des parents, des frères et sœurs. Je pense que le climat de confiance et l’ambiance sereine et joyeuse du cabinet contribuent à ce résultat. je regroupe pour les contrôles un maximum d’enfants sur les 2 premiers jours de chaque vacances scolaires et ces journées que j’avais tout d’abord craintes sont devenues des moments très agréables bien que très animés. Je n’ai par ailleurs aucune appréhension à soigner des enfants qui sont souvent bien plus coopératifs que les adultes, je crois que cela contribue beaucoup à ce résultat.

Julien COLAS

Bonjour,
Effectivement il n’y a pas de règle.
Pas de solution miracle.
Pas de recette.
J’ai aussi beaucoup tâtonné pour trouver les bonnes conditions de travail et savoir si l’enfant était plus compliant avec ou sans ses parents.
Avec papa ? ou avec Maman ? Car la simple présence d’un des 2 parents lors d’un RDV et de l’autre au second RDV peut vous surprendre tant dans un sens que dans l’autre.
Ma méthode, propre à mon cabinet, réside dans la communication lors de la première consultation. Parents et enfant sont présents ensemble pour le bilan initial et le plan de traitement. On explique le fonctionnement des séances de soins. Que généralement l’enfant vient seul en salle de soins, sauf anxiété importante, ou meopa (quoique çà dépend aussi). On explique pourquoi.
Lors de la première séance de soins, on appelle l’enfant en salle d’attente. Et que l’enfant. Là, deux solutions:
– il vient seul et les parents peuvent être surpris, ou pas, que leur enfant ne veuille pas de leur présence, car l’enfant a fait son choix (et ce à n’importe quel âge même à 3 ans).
– il se lève de son siège et se retourne vers ses parents en tendant la main (appel à l’aide évident). Dans ce cas, on n’insiste pas, on accepte un parent en présence en salle de soins. Le risque de les refuser est trop grand pour perdre la confiance de l’enfant dès la première séance avant même de commencer les soins. On insiste bien à la fin que lors des autres séances, l’enfant viendra seul.
Résultats: on a de tout. Je ne refuse personne en salle de soins. Mais 9 enfants sur 10 viennent seuls.
J’oubliais: on a une affiche en salle d’attente qui explique brièvement qu’il est préférable de ne pas avoir les parents en salle de soins. Ca aide.

271192ndg

Bonjour
Je pratique en campagne dans un département où il n’y a pas de pédodontiste. Je soigne pas mal d’enfants,même si je préfère nettement soigner les adultes. Dans mon cabinet 1er rdv avec le parent, diagnostic, explication surtout à l’enfant a qui je montre les instruments avec le contact de la sonde sur l’ongle,de la fraise CA sur la pulpe du doigt puis la turbine sur l’ongle et l’aspiration sur la main et le composite flow ( souvent vécu avec crainte ça ressemble à une seringue) je leur fait un smiley sur l’ongle et j’emploie aussi la baguette magique ou le sabre laser. A ce moment là il faut gagner leur confiance et celle des parents surtout s’ils sont anxieux. Je ne parle pas d’anesthésie à ce moment-là. Lors du rdv de soins, le matin, à la première heure, pas de retard moins de stress et là sans les parents ce que j’ai expliqué avant, sur le temps scolaire la plupart du temps… C’est mieux pour tout le monde les enfants sont en forme et moi aussi.Quand je dois faire mon anesthésie je montre le quicksleeper sans l’aiguille et je parle de stylo magique et qu’il faut compter les bips ce qui détourne l’attention et je leur explique qu’il ne faut surtout pas bouger. Il faut savoir piquer sans faire mal aussi. S’il faut mon assistante leur prend la main ou bien appuie sur leur épaule au moment où je pique ! Il sente la pression sur l’épaule et moins le reste. Il y a une explication scientifique sur le phénomène que je n’ai pas retenu . En espérant que mon expérience vous aide,

Javotte NANCY

Merci de tous ces commentaires fort intéressants. Il est possible de faire au cas par cas bien entendu mais quelques grands principes peuvent encadrer la liberté d’agir. A Bordeaux dans le service d’odontologie pédiatrique, avant 3 ans, les parents sont toujours présents. Entre 3 et 6 ans, les parents sont plutôt présents mais sont invités à rester silencieux. Après le CP, les parents restent dans la salle d’attente et s’ils sont présents dans le cabinet, ils n’interviennent pas. Le climat de soins guide l’absence ou la présence me semble-t-il.

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