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MEOPA #1

L’effet du MEOPA en pédodontie n’est plus à démontrer


Le Mélange Equimolaire Oxygène-Protoxyde d’Azote 50 %/50 % (MEOPA) est un mélange gazeux, à concentrations fixes, utilisé en analgésie. La substance active de ce médicament est le protoxyde d’azote, gaz incolore, non irritant, d’odeur faible. Peu soluble dans le sang, il procure un effet rapide après trois minutes d’inhalation. Cet effet est rapidement réversible en 5 minutes après l’arrêt.
Le MEOPA possède une triple action :

  • anxiolytique (diminution voire disparition totale de l’anxiété)
  • analgésiante (diminution du seuil de la douleur)
  • amnésiante (le patient enfant ou adulte a des difficultés à évaluer la durée réelle du soin réalisé sous MEOPA ainsi que le type de soin réalisé)

Contrairement à la sédation dite profonde, le MEOPA permet la conservation des réflexes laryngés, n’entraine pas de sommeil et par conséquent, maintient les contacts verbaux, visuels et sonores.
Le protoxyde d’azote diffuse dans les cavités closes et en augmente le volume ou la pression. Il est donc absolument contre-indiqué dans les situations suivantes :

  • patients ventilés en O2 pur lors d’insuffisance respiratoire aiguë ;
  • hypertension intracrânienne ;
  • traumatismes thoraciques avec risque de pneumothorax ;
  • emphysème ;
  • pneumothorax non drainé ;
  • antécédents d’accidents de plongée ; accidents de décompression
  • distension des viscères abdominaux ;
  • traumatismes crâniens non explorés et lors de troubles de la conscience récents et non expliqués ;
  • haut risque d’embolie gazeuse ; en cas de déficit non substitué en vitamines B12.

Le MEOPA utilisé en dehors du bloc opératoire ne possède pas à lui seul la puissance suffisante pour atteindre une profondeur chirurgicale de la sédation. Il n’est pas indispensable que ce produit soit administré par un médecin anesthésiste, mais médecins, dentistes et professions paramédicales après formation obligatoire sont habilités à le mettre en œuvre (AMM 2009). Le jeûne et la surveillance monitorée ne sont pas obligatoires (conseiller un petit-déjeuner ou un déjeuner légers). La surveillance simple valide la sédation consciente et donc la réponse aux ordres simples.

Depuis l’AMM de 2009 autorisant l’utilisation du MEOPA au cabinet, en avez-vous fait bénéficier vos patients ?

  • Si non, quels sont vos freins à son acquisition ou à son utilisation ?
  • Si oui,
    • rencontrez-vous des difficultés ?
    • vous apporte-t-il un confort de travail supplémentaire ?

Commentaires

verpeaux

Bonjour, j’utilise le mélange oxygène_ protoxyde d’azote depuis fort longtemps, puisque dans les années 80 il était disponible sans contrainte.
À cette période, les conditionnements etaient- à mon avis- plus performants, puisqu’il était possible de régler le débit en proto entre 0 et 70%, le débit en O2 s’adaptant automatiquement, et une sécurité interdisant de depasser ces valeurs. Cela permettait d’adapter le débit de proto au patient, et de plus si cela s’avérait nécessaire pour quelque raison que ce soit il était possible de lui administrer aussitôt de l’oxygène pur.
Aujourd’hui je trouve le conditionnement en mélange 50/50 souvent insuffisant pour avoir une bonne efficacité, même chez l’enfant, et les prix deviennent rhedibitoires. Ceci dit, ce mélange gazeux garde son intérêt chez le patient anxieux pour les soins, mais aussi en particulier en cas de réflexe nauseux ( prise d’empreinte ou de radio par exemple)

Julien COLAS

Bonjour,
Très bonne analyse de votre part sur l’évolution de l’utilisation du MEOPA en cabinet dentaire. Je ne connaissais pas cette possibilité de réglage de 0 à 70% de protoxyde d’azote. Cela devait surement apporter un plus sur certains patients.
Car il est vrai que depuis 2009 et les nouvelles normes d’utilisation du MEOPA, certains enfants réagissent très bien et d’autres moins bien. C’est un fait. Mais on va surtout retenir le fait qu’aujourd’hui, c’est du 50% – 50% et que les tous les praticiens formés ont la possibilité de l’utiliser. Ainsi, le patient en bénéficie en premier lieu, confort de travail pour le praticien et soins réalisés dans de meilleures conditions de travail.

verpeaux

Et oui, c’est le privilège de l’âge que d’avoir ainsi quelques connaissances…ceçi dit je reste d’accord, le MEOPA rend des services, mais plus j’avance en éxercice et donc en compétence et plus je suis persuadé que c’est avant tout la qualité de l’anesthésie qui prime.

Thierry COLLIER

Bonjour,

je trouve en effet très opportun le rappel fait par Pierre Verpeaux : il montre, entre autres, que l’on nous re-propose souvent, actuellement, des techniques qui existaient de longue date…en moins bien. Mais certains praticiens ont la mémoire aussi longue que leur expérience clinique : tant mieux !
Même accord avec lui sur le second point, pour que personne ne se berce d’illusions : l’usage du MEOPA, malgré ses propriétés analgésiantes, ne saurait évidemment pallier une analgésie locale déficiente. C’est bien de le rappeler.

Julien COLAS

Bonjour,
Merci Thierry pour ces précisions. Nous sommes tous d’accord sur ce point précis que le MEOPA ne remplace pas l’anesthésie bien entendu. Il va faciliter la mise en oeuvre de l’acte anesthésique et potentialise ses effets par la diminution de l’anxiété de notre patient. Outils, me semble-t-il nécessaire pour l’accompagnement du patient, à notre arsenal thérapeutique de nos jours dans tout cabinet dentaire.

Javotte NANCY

C’est l’anesthésie qui prime bien entendu mais le rapport avec le patient. En effet l’efficacité du MEOPA est très opérateur dépendante. C’est un médicament de sédation accompagnatrice, facilitateur mais il ne fait pas tout.

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