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Lois de Planas: cas cliniques

Les AMFP sont liés on l’a vu avec les cycles de mastication qui conditionnent eux mêmes la croissance des maxillaires. Les schémas ci dessous illustrent un partie des lois de Planas.

Le développement du maxillaire se fait, du coté travaillant, en avant et en dehors, entraînant donc un élargissement et une avancée du maxillaire du coté qui mastique.(fig 1)
A la mandibule, le condyle balançant se déplace durant la mastication, alors que le condyle travaillant ne fait qu’une rotation sur son axe et ne tire pas le ménisque. Or l’étirement du frein méniscal postérieur via le ménisque est générateur de croissance L’hémi-mandibule travaillante se développe donc moins que la balançante; d’où l’importance d’une mastication unilatérale alternée pour avoir une stimulation alternative des condyles droit et gauche pour un développement harmonieux.(fig 2)
Si le coté de mastication est toujours le même, le milieu inter incisif mandibulaire va se déplacer du coté mastiquant. Au maxillaire, on note du coté mastiquant une avancée et un élargissement de l’hémi maxillaire concerné entraînant le déplacement du milieu inter incisif du coté balançant, ce qui accentue le décalage des milieux.
Ces phénomènes ont des conséquence sur l’occlusion: distoclusion coté travaillant (rapport de classeII) et neutroclusion coté balançant (classe I). Pour les AFMP : il est plus faible du coté mastiquant accompagnant une bascule du plan d’occlusion qui remonte coté travaillant. Tout ceci va nous permettre de confirmer le coté de mastication unilatérale pour modifier la situation.(fig 3)

Cas clinique n°1

Melle P. se présente pour un contrôle détartrage et de contrôle après traitement d’orthodontie (débaguée il y a 2 mois). De face l’esthétique est correcte. Elle est en classeI dentaire et l’occlusion est satisfaisante, bien calée. Cependant, le plan d’occlusion est incliné vers le bas à droite . La 13 et la 12 sont bien plus ressorties que leurs homologues controlatérales. Esthétiquement cela n’est guère visible, surtout pour le non professionnel, donc tout va bien!
Mais l’exploration fonctionnelle, c’est-à-dire lors d’un mouvement de latéralité simulant la mastication (à l’envers)on observe que la bouche est complètement déséquilibrée.
Le coté gauche on observe une large désocclusion entre les arcades lors d’un mouvement de latéralité à droite, et d’autre part les AFMP ne sont pas égaux. L’AFMP gauche est plus petit que le droit. On peut donc affirmer que le coté de mastication est à gauche. Il n’y a pas encore de déviation des milieux car son traitement d’orthodontie venait juste de se terminer. Mais dans 3 ou 4 ans voire moins, il y aurait une déviation à gauche du milieu inter incisif mandibulaire. Cela fait partie des transformations osseuses liées aux lois de développement de Planas.Cette mastication unilatérale peut entrainer sur une personne sensible (peu de capacité d’adaptation du système ) un tableau clinique assez sévère : (mais dont l’origine est non prouvé pour les puristes) douleur de l’ATM travaillante, claquement, douleur cervicale et au niveau des épaules, ce que je constate régulièrement en clinique.
Sans l’observation de ces mouvements de latéralité on ne pourrait pas le supposer et on laisserait la patiente tel quelle est. Là le remède (prévention) consiste en une petite équilibration. C’est-à-dire un meulage pour équilibrer les AFMP. Entendons nous: on ne va pas changer la DVO. On ne modifie que le trajet.(fig 4,5,6)

Cas clinique N°2

Mme M 35 ans consulte pour douleur à l’ATM droite au cours de la mastication. L’ouverture buccale n’est pas limitée.
Que constatez vous?
Quel coté vous semble le plus équilibré?
Que faites vous ?

Nous observons la déviation du milieu inter incisif mandibulaire vers la droite. Il ne s’agit plus d’une latéro déviation mais une latérognathie. (allongement irréversible de l’hémi mandibule gauche)L’AFMP droit plus petit que le G. Donc mastication à droite.

Le traitement fait appel à la pose, dès que possible, d’une paire de pistes. Le but est de redonner du mouvement au coté qui ne fonctionne pas (le gauche) et soulager en donnant une petite surélévation aux pistes: l’occlusion est « gommée » tant qu’il y a les pistes en bouche. Un soulagement rapide de la douleur est obtenu (15 jours après la pose des pistes, la douleur avait bien diminué). Puis égalisation des AFMP par meulage de la 23 et aussi la 24(pan mésial) qui permet que toutes le dents se touchent en latéralité, sans diminution de la DVO.
Après 6 mois de traitement, la douleur a disparu. Les pistes sont maintenues encore une nuit sur deux puis seront déposées. La patiente mange des 2 cotés (elle le constate elle-même) car les AFMP ont été égalisés.(fig 7 à 12)

  1. Etes vous d’accord avec le concept proposant que toutes les dents doivent se toucher en latéralité y compris en balance? (conception prônée par Planas)
  2. Pensez vous que les conséquences de la mastication unilatérale soient en accord avec les lois de Planas?

Commentaires

bermant

Votre affirmation : « A la mandibule, le condyle balançant se déplace durant la mastication, alors que le condyle travaillant ne fait qu’une rotation sur son axe et ne tire pas le ménisque. », n’est absolument pas recevable.
Révisez vos concepts, et voyez du côté des enregistrements de mastication faits par Lundeen et Gibbs avec le Replicator. Les condyles, travaillant et non travaillant, ont des trajectoires complexes, et surtout d’amplitudes (en 3D), très similaires (Voir Photos).

guizmo

Cher bermant, les lois de PLANAS ne sont pas en désaccord avec Lundeen et Gibbs : l’explication se veut didactique et si on veut pousser le concept plus loin c’est toujours compatible. Va voir les travaux de Lauret c’est intéressant aussi.

bermant

Les fameuses « lois de Planas » attendent toujours une validation scientifique ; il faut y croire, et comme je n’ai pas l’âme d’un thuriféraire…

A propos de Jean françois Lauret (qui fut mon ami), il est plus juste de parler de ses écrits, que de ses travaux.
Les vrais travaux de JFL datent de sa thèse de troisième cycle (dont je possède un exemplaire), intitulée : Etude expérimentale de la « phase initiale » de la diduction mandibulaire ; ça ne nous rajeunit pas ! ;O)))
Dont acte.

cjp95

Cher Bermant , pourtant la vue occlusale du Réplicator montre une amplitude sagittale plus importante, peut-être pourrais-tu nous la quantifier ?
cordialement

Bernard BLACK

bermant dommage que tu ne fasses pas travailler ton sens clinique ni celui de l’observation et que tu penses que tout dépende d’une machine. Tu aurais pu alors faire les mêmes constatations que Planas et moi même, même si tu penses que rien n’est prouvé scientifiquement ce qui est en partie faux. Les travaux de Petrovic, Delaire etc vont dans le sens de Planas. Mais je trouve ces querelles complètement stériles alors que l’on ferait mieux d’échanger sur nos savoir-faire respectifs et nos observations cliniques afin de soulager nos malades, que nos pratiques aient été validées ou non par ceux qui nous disent comment on doit faire et penser.

bermant

Pour répondre à cjp95, il suffit de se référer à l’échelle figurant sur les schémas.

Quant à la « réponse » de Bernard Black, c’est toujours la même antienne inlassablement ressassée par les tenants des théories « exotiques » ; on dénie au contradicteur tout esprit d’observation ou d’analyse.
La pirouette est si facile qu’elle ne trompe personne.
Mon sens clinique est certainement aussi développé que celui de n’importe quel praticien (fut-il planassien) , mais je me garde bien de faire de mes « histoires de chasse » des théories fondamentales.
Les moyens d’enregistrement de la cinématique mandibulaire ne sont là que pour corroborer l’observation clinique ; de surcroît, ils sont susceptibles d’affiner les capacités cliniques, comme mon expérience d’enseignat me l’a souvent démontré.
Tout n’est pas faux chez Planas, et c’est heureux, nul n’est besoin de faire référence à Petrovic ou Delaire (qui n’a jamais été fan du « maître » espagnol).
Mon intervention n’était destiné qu’à rectifier des inexactidudes flagrantes concernant la physiologie de l’appareil manducateur, et qui discréditent fortement (à mon humble avis), le reste du propos ( et la RNO en général).
Pas l’ombre d’une querelle là-dedans ! ;O)))
BM.

guizmo

Cher Bermant,
Je ne me place pas sur le ton de la querelle, non productive et inutile…
Cependant, pour avoir fait ma thèse (de 2ème cycle seulement) sur la mastication, j’ai quand même étudié de pret ces concepts : je fais un constat : sur le Replicator le trajets sont différents avec un mouvement plus important du côté non masticant, sachant que ce mouvement concerne la sortie de cycle puis la préparation avant de repartir sur une latéralité du côté masticant ; landifference existe, elle n’est pas si importante que cela. De plus, sur l’aspect démonstration de Lundeen et Gibbs, on peut leur reprocher un appareillage d’enregistrement assez lourd qui peut fausser les resultats. Donc l’exploitation des conclusions de Lundeen et Gibbs est certe très interessante mais ce n’est pas un dogme non plus.

bermant

Il existe en effet une différence entre trajectoires des condyles travaillant et non travaillant, mais elle est relativement faible, et personne ne le conteste, mais écrire :  » le condyle balançant se déplace durant la mastication, alors que le condyle travaillant ne fait qu’une rotation sur son axe et ne tire pas le ménisque » est une totale ineptie.
Fonder un raisonnement sur une inexactitude ne donne guère de corps à ce raisonnement.

Pour en revenir à l’appareil d’enregistrement, il n’est pas lourd du tout, l’arc facial mandibulaire ne pèse que 60 g, et n’exerce aucune gêne sur l’occlusion ou le joint labial ; pour un dispositif conçu il y a 50 ans, c’est plutôt top, et de là à fausser les résultats, ça relève du fantasme.

En 2015, quel dispositif d’enregistrement de la mastication peut mieux faire ?

Qui a fait mieux depuis ?

Comme tu le soulignes, on n’est pas dans le registre du dogme, et c’est heureux.

guizmo

Je ne dis pas qu’on fait mieux aujourd’hui mais que l’appareillage est un élément extérieur qui influence obligatoirement les resultats (ce n’est pas de moi, ce sont les critiques de ces travaux)
Quant à la stimulation des consoles, elle est forcément differente vue que les mouvements sont différents. Je te rejoins sur l’inexactitude du mouvement en rotation pure : c’est un raccourci facile mais faux. Il est cependant pratique. C’est comme la terminologie travaillant/non travaillant avec masticant/non masticant : les mauvaises habitudes sont tenaces mais au moins on sait de quoi on parle.
La ou je ne te rejoins pas, c’est sur tes propos tendancieux à propos de Planas : il mérite au moins le respect, comme tout confrère et même tout professeur, chercheur. Être en désaccord ne signifie pas dénigrer…

bermant

Aucun propos tendencieux visant Planas, je respecte l’homme et son oeuvre.
Mettre un bémol à certains dogmes planassiens (ou véhiculés comme tel avec plus ou moins de talent par certains disciples), ne relève en aucune façon du dénigrement ; il ne faudrait pas tomber dans un délire paranoïaque.
Encore une fois, que ça plaise ou non aux thuriféraires, je me suis contenté de rectifier des inexactitudes. C’est tout.
Une attitude positive consiterait plutôt à me remercier. ;O))

patrick77

Bonjour Bermant,
Sur l’enregistrement du replicator ,schéma 1
– Il y a une différence d’angulation des trajectoires des condyles selon les cotés: travaillant et non travaillant , qu’elle en est l’explication selon vous ?
– Il y a une différence de longueur des trajectoires des condyles selon les cotés: travaillant et non travaillant , qu’elle en est l’explication selon vous ?
– selon vous, peut il exister une différence d’orientation des plans d’occlusion Droit et Gauche s’il y a une mastcation préférentielle d’un coté ( non visible sur le schéma ci dessus )?
Pour moi, si on admet les lois de développement de Planas, on parlera très vite de « coté habituellement travaillant et coté habituellement non travaillant « , ce qui donnera l’explication a cette différence de pente condylienne, de volume des condyles , d’orientation de plans d’occlusion, et d’autres signes osseux au niveau du maxillaire ou de l’arc mandibulaire. Ces signes sont objectivables sur les radiographies ( pano, face, profil) , sur les enregistrements sur articulateur semi adaptable simple muni d’un analyseur de symétrie…L’explication est d’autant plus admissible qu’une thérapeutique appliquée selon ces lois permettra de corriger ces signes (ou du moins certains d’entre eux selon l’age), et d’abord les facteurs de leur aggravation. Les mêmes examens complémentaires objectiveront ces résultats. Le genie de Pedro Planas a été de concevoir tout cela a partir « d’impressions » cliniques. Les moyens d’investigations récents et simples d’utilisation quotidienne s’imposent a nous aujourd’hui.
Pedro Planas disait « copie, tu comprendras dans 10 ans »: J’ajoute « si tu te donnes les moyens de comprendre c’est a dire que tu cherches , pourquoi la RNO donne de tels résultats passionnants avec des moyens aussi élémentaires a la portée de tous ..  »
A te lire, Patrick77 ( 25 Années d’exercice clinique de la RNO dont 15 de partage d’enseignement)

bermant

Encore une fois, mon intervention n’était destiné qu’à rectifier des inexactidudes flagrantes concernant la physiologie de l’appareil manducateur.
J’ai d’autres chats à fouetter que d’expliciter, ou de commenter les données fournies par Lundeen et Gibbs ; l’exercice est chronophage, et de surcroît, je ne suis pas sur d’en avoir la légitimité.
Je ne me sens pas non plus la vocation, ou le droit, de suggérer aux planassiens convaincus qu’un peu de rigueur, de sens critique et d’ouverture d’esprit ne ferait pas de mal au paradigme qu’ils chérissent.

patrick77

Oui , c’est vrai, toutes ces études sont chronophages… toutefois c’est une voie pour acquerir de la rigueur , du sens critique et de l’ouverture d’esprit afin de regarder modestement la Physiologie complexe de tout individu qui nous fait confiance dans nos cabinets.
Pour Planas, ce n’est pas pour rien qu’il a parlé de réhabilitation NEURO occlusale .
Et le service clinique rendu est bon avec de modestes moyens, mis en oeuvre avec rigueur ..

Bernard BLACK

J’ai montré à travers un cas clinique comment à l’aide des lois de Planas et de ses outils la façon dont j’ai pu soulager et équilibrer une patiente qui souffrait. Je veux bien voir à travers vos cas comment vous faites et m’en inspirer si cela me donne satisfaction. C’est à vous.

bermant

Seriez-vous autiste ?

Je le répète encore, dans l’espoir d’être entendu cette fois, mon intervention n’était destiné qu’à rectifier des inexactidudes flagrantes concernant la physiologie de l’appareil manducateur. C’est tout.

Le reste, c’est votre « cuisine » personelle qui, faut-il vous le rappeler, n’est pas la seule à montrer son efficacité.
Pour paraphraser l’échange Giscard-Mitterand des présidentielles de 81, « vous n’avez pas le monopole de l’efficience ».

J’ai passé l’âge de jouer à celui qui est supposé avoir la plus grand ; c’est tout à fait pueril. :O((

Bernard Mantout

axiom

1974 et non pas 1981.. comme quoi la précision n’est pas non plus une science infuse.

Bernard BLACK

on a bien compris le sens de ta démarche. Que tu voulais rectifier les raccourcis faits par Planas. Bon . Certes . C’est louable. Quelle est la suite? Je pensais que ce blog était essentiellement clinique et que l’on devait montrer comment on pouvait prendre en charge certaines pathologies. Je ne prétends pas avoir le monopole de l’efficience avec la RNO (ni celui du cœur). Mais j’ai montré une voie clinique qui m’a donné satisfaction et qui a soulagé ma patiente. Quand je disais « c’est à vous » je voulais juste dire que j’étais curieux de voir en toute modestie d’autres façons de faire que la RNO et qui surement intéresseront d’autres confrères. Je ne vois pas de puérilité dans cette démarche.

bermant

Un blog, c’est d’abord ce qu’en font les intervenants.

Quant à la clinique, tout les praticiens, même les plus médiocres, n’ont que ce mot à la bouche, comme si alors permission était donnée de s’affranchir des données acquises de la science médicale ; c’est un leurre qui ne trompe que les naifs.

Si vous souhaitez que l’on prenne le thème de ce blog au sérieux, mettez-y plus de rigueur, évitez les histoires de chasse et les affirmations personelles non validées, à mon humble avis. ;O))

BM.

massmolaire

« Un enseignant satisfait de ce qu’il sait devrait être mis à la retraite. »
Henri Laborit – L’agressivité détournée.

patrick77

Il est necessaire , dans l’exercice de l’orthodontie, de se mettre a l’ecoute de tout nouvel élément scientifique qui perturbe nos certitudes de clinicien de base: ainsi , revoyez la question que je suggérai hier a 18h30 et qui semble t’il, n’a pas appelé d’interrogation de votre part.(« J’ai d’autres chats à fouetter que d’expliciter, ou de commenter les données fournies par Lundeen et Gibbs … ») Pourtant, cette situation existe non seulement en clinique mais sur des documents radiographiques . et parfois chez un enfant de 8 ans .
Cette remise en cause permanente, et la prise en compte d’un grand nombre d’études et d’articles, menée avec une grande rigueur , est l’opposée d’une démarche simpliste.
Toutefois, soyons modeste, il y a de nombreux cas qui répondraient a n’importe quelle thérapeutique car la nature nous aide bien: notre objectif est de diminuer le % d’echecs ( et ce % ne sera jamais egal a 0 ), et de comprendre au mieux la physiologie du « normal « . C’est ainsi que l’on sera peut etre le « medecin de la bouche »

François UNGER

Des commentaires passionnés…c’est toujours plus motivant.
Je crois que les observations de Planas (pas de quoi en faire des « lois » à mon avis) sont quand même frappées au coin du bon sens clinique et ça ne peut pas faire de mal d’y réfléchir en observant nos patients. Et il y a bien des choses intéressantes je crois.
Mais le plus important serait de pouvoir bénéficier de l’expérience de ceux qui mettent en oeuvre la logique de Planas avec les outils de Planas, les fameuses pistes. Je suis personnellement demandeur de voir comment on conçoit, fabrique et règle les fameuses pistes. Peut on demander à nos interlocuteurs de mettre en ligne de telles travaux?
Merci d’avance.

patrick77

Je vous propose de contacter l’uniodf :www.uniodf.org
je fais un cours de 2 jours avec eux les 8/9 juin sur Paris. C’est tres complet, dense, abondamment illustré de cas cliniques et on peut commencer dès le lendemain ! prise en charge: par le FIF PL
Patrick77

François UNGER

Merci de cette info.
tout les lecteurs de ce blog (plus de 1000 par mois) ne peuvent s’inscrire à cette formation. Mais tous seraient heureux de voir et comprendre un peu mieux les outils de Planas. D’où ma demande réitérée.
Amitiés et bon cours,

patrick77

Je n’ai rien a cacher : les tires a part de mon cours comportent l’intégralité des images que je montre durant ces 2 jours . Il y en a beaucoup et il y a une progression … le 31 Mars a 9h16 Bermant faisait une remarque pertinente ( ci dessus ): je n’ai pas a vous assener en 2 phrases que « planas a raison  » par des raccourcis simplistes , mais je peux vous dire ce qu’il recherchait :Pedro Planas a comme objectif « de gommer les différences entre le sujet qui a besoin de traitement et celui qui n’aura jamais besoin de rien ». Pour se faire il utilise des appareillages qui sont des « tuteurs physiologiques  » donc sans force car c’est le sujet qui se soigne ( comme c’est le sujet qui s’est déformé progressivement… ) C’est vrai ,si on admet l’origine fonctionnelle des pathologies et de leur développement . Dans ce cas, on doit chercher a en savoir plus sur une approche qui rend des services au dela de l’orthodontie ..
Si vous avez des remarques précises je ne refuse pas d’ y répondre bien sur mais je ne peux mettre tout le cours dans un blog !
Amicalement
Patrick77

François UNGER

Merci beaucoup de cette proposition et de ces réflexions. Bien sûr il n’est pas possible de transcrire un cours qui nécessitent une communication présencielle en posts pour internet. Cependant il pourrait être interessant que vous puissiez extraire quelques slides de powerpoint particulièrement explicites sur les pistes (conception, fabrication, réglage) puis un cas illustratif. Un post ici ne doit pas dépasser 5 minutes pour rester dans les normes; donc rien à voir avec une journée de formation. Mais 3 petits posts auraient le grand avantage, outre d’informer des milliers d’internautes, de faire la promotion de vos cours et séances de formation. Il est parfaitement légitime d’adjoindre à ces posts des documents informatifs sur les conditions d’inscription à ces formations. Nous le ferons avec plaisir et bien entendu gracieusement.

Bernard BLACK

A ceux qui croient parfaitement connaitre la physiologie du système manducateur, je me permets de leur citer un tout petit extrait du livre de Jacqueline Kolf et de Jean Louis Raymond qui vient de paraitre et intitulé :  » Complexité du système masticateur. Manifeste pour un nouveau paradigme de l’occlusion dentaire. » et que je conseille vivement de lire. Ces deux auteurs (p 41) citent eux mêmes Gaspard M. qui disait dans la revue ODF de 2001 :  » à cet age (on parle du 5ème mois de la vie extra utérine) la mandibule commence à se mouvoir diagonalement avec un léger effet de torque. Du coup l’un des condyles mandibulaires est amplement sollicité vers l’avant, l’intérieur et le bas tandis que l’autre pivote sur lui même tout en glissant légèrement vers l’arrière, le haut et l’extérieur. » A. Woda , dans le livre » ODF tome 1″ de M. Chateau, nous indique que (p178)  » pendant la diduction vers la droite le condyle droit (travaillant) se déplace légèrement vers le dehors tandis que le condyle gauche (non travaillant ) se déplace beaucoup plus vers l’avant et vers le dedans » ( j’avais parlé de rotation pour le condyle travaillant dans un souci de simplification mais peut être inapproprié et prie tous les internautes de bien vouloir m’excuser.) Mais si j’ai bien compris ces deux citations , le condyle travaillant se déplace beaucoup moins au cours d’un mouvement de diduction.
De plus j’ai trouvé sur internet un logiciel intéressant qui s’appelle ModJaw que tout le monde peut aller voir et qui objective en 3 D la mastication avec possibilité d’enregistrer la trajectoire des condyles T et NT. La différence de trajet est flagrante. Comment alors ne pas concevoir qu’une mastication unilatérale NON ALTERNÉE puisse entrainer des déformations osseuses compte tenu des contraintes engendrées coté travaillant et dont on constate les effets en clinique dès lors que l’on veuille bien les objectiver et s’intéresser au mouvement, autrement dit à autre chose que l’occlusion statique et à l’étude de la seule anatomie des surfaces occlusales comme analyse de l’occlusion.
Je conseille donc à mon contradicteur d’ouvrir lui aussi son champ de vision et d’inclure dans sa pratique quotidienne ces concepts que Planas (mais ce n’est pas le seul) prône depuis 50 ans.
Quant à voir un réglage de pistes par quelques slides, pourquoi pas si cela satisfait à la curiosités des internautes. Mais je ne suis pas certain que cela amène quelque chose de plus à la discussion, car la RNO n’est pas une recette de laquelle on tire un ou deux « trucs » pour essayer mais une clinique complexe et élaborée. Je recommande à ceux qui veulent s’en imprégner de faire un détour par la Dentoclinic à Barcelone où ils seront reçus par le petit fils de Planas ( Carlos) et son ancienne associée Cathy Canalda.
Pour finir, je ne résiste pas à l’envie de citer Michel Chateau dans les annexes du livre RNO. » Grâce à Planas l’ODF entre dans une ère plus subtile et plus pleine de sens : la RNO »
Et je ne suis pas, moi non plus, un thuriféraire pour reprendre une expression, qui, semble-t-il m’était destinée.

bermant

Des enregistrements de mastication, ça fait plus de quinze ans que j’en fais, et je n’ai pas attendu le Modjaw (d’ailleurs très intéressant), de l’ami Maxime Jaisson.
Je constate que la contradiction qui vous a été apporté à suscité un effort de documentation et de recherche pour vous mettre à niveau.
Ne vous emballer pas trop vite, et faites preuve d’esprit critique ; ni Marcel Gaspard, ni mon ami Alain Woda n’ont jamais fait autorité en matière de cinématique mandibualire.
Je reste encore le co-auteur de l’article dédié de l’EMC avec mon collègue Orthlieb.
Bien sûr que le condyle non-travaillant possède une trajectoire plus ample que celle du condyle travaillant lors de la mastication, le Replicator de Lundeen et Gibbs le montre parfaitement.
( https://www.youtube.com/watch?v=YAwaVeWrrlU )
Un tracé de mastication réalisé par mes soins en axiographie électronique va dans le même sens (voir document joint).
La simplification est, comme vous le reconnaissez finalement, totalement inapropriée, même si elle arrangeait grandement votre démonstration.
Dont acte.

Elie Callabe

Bonjour et merci pour ces passionnants échanges qui nous rappellent des bons souvenirs.
J’ai une question pratique à Bernard Black concernant la finition orthodontique et latéralité: faut-il finir tous les cas en fonction de groupe ? est-ce que c’est ton objectif principal: des petits AFMP?
Merci
Elie

patrick77

A propos de la RNO de Planas

Soit cet enfant de 6 ans qui nous consulte car les milieux ne correspondent pas et que les dents sont inversées à gauche

en occlusion « d’intercuspidation maximale »

en occlusion « de relation centrée: »
les milieux correspondent, il y a bout à bout latéral , des contacts occlusaux seulement a droite:

Il y a latérodéviation lors du chemin de fermeture.

Ainsi ces 2 images induisent la notion d’une « dynamique occlusale » par opposition a chaque image isolée qui relève de la « statique occlusale »

Questions :
quel est le plan d’occlusion en construction?
dans cette situation, que se passe -t-il au niveau des ATM en construction?
au niveau des maxillaires ?
Ceci peut- il conduire et expliquer des dissymétries anatomiques et fonctionnelles que l’on constaterait plus tard ?

Les travaux de Planas
-donnent une explication à cette observation de la mauvaise position actuelle des dents dans le 3 sens de l’espace
– anticipent de la façon dont cette situation peut évoluer selon les «lois de développement « 

-corrélativement ces lois peuvent donner une explication aux dissymétries constatées plus tard :
( comparer le développement transversal de chacun des maxillaires supérieurs , la position relative
des pointes canines et des dents latérales … )

Pour un diagnostic tout a fait complet, une étude céphalométrique est aussi nécessaire .

Cependant , il sera intéressant de pouvoir expliquer avec ces signes la fréquente « Classe II div 1 subdivision «  :

cette situation s’est crée progressivement au cours de la croissance selon les lois générales de la physiologie du développement, dont on constate le bon effet chez les sujets exempts de déséquilibre .

Le praticien qui adhère à ce regard diagnostic, considère modestement qu’il n’agira par sa thérapeutique , que sur quelques uns des éléments de cet equilibre général de l’individu.

Ainsi, il apportera un grand service à son patient en donnant a celui ci la possibilité de « se soigner «  .
Planas disait que l’on était le « médecin de la bouche «

 le principe thérapeutique générale de la RNO
la situation statique observée est seulement le résultat de la dynamique fonctionnelle (DF ).

Selon ce principe thérapeutique le praticien mettra en oeuvre des mécanismes fonctionnels qui modifient le plan d’occlusion , la forme des arcades et la position des dents …( les décalages osseux d’autant plus établis que l’on intervient plus tard seront ensuite pris en compte , et enfin les malpositions individuelles .. )

les moyens de la RNO seront ,( directement au niveau de la denture ), des meulages parfois ou bien des appositions collées , ou, bien le plus souvent, des appareillages . Ceux ci seront des appareillages amovibles , qui se comporteront comme des tuteurs fonctionnels au niveau de chacune des arcades et entre elles.( d’ou l’existence des fameuses « pistes de planas «  qui complètent les contacts dento dentaires dans un contexte de l’occlusion fonctionnelle dynamique )

Un tuteur n’exerce pas de force … les pistes seront à coté des surfaces occlusales dentaires , afin que s’établisse un plan d’occlusion correct..

Ainsi, on verra la bouche se développer progressivement, devenir plus fonctionnelle par activation de multiples phénomènes physiologiques , avec toutes les conséquences favorables au niveau occlusal, facial et aussi au delà : ventilation, déglutition, posture ..

Le service rendu est excellent pour l’enfant d’aujourd’hui et l’adulte de demain et l’exercice de cette « prévention « captivant pour le praticien.

Les principes de la RNO peuvent être une référence majeure pour tout praticien de la bouche .
désirant rétablir une occlusion « intégrée « de la façon la plus naturelle possible.

Le recours a tout moyen à disposition du thérapeute sera analysé objectivement avec cet éclairage d’abord physiologique.

Vous désirez en savoir plus ? Des cours de 2 jours sont organisés régulièrement .

Consultez le site http://www.uniodf.org

Patrick Ampen

François UNGER

Merci patrick pour ces explications auxquelles chacun souscrira bien entendu. Nous voyons tellement de cas d’adultes ou d’enfants tels qu’ils sont illustres sur tes images. Je pense qu’il ne faut pas non plus sous estimer le rôle de la ventilation dans les dėformations observėes.
Mais je reitere ma demande: peut on en voir et savoir plus sur les pistes, sur des modéles et en bouche?

patrick77

Merci Francois. La RNO répond effectivement et simplement, a de multiples problèmes courants , d’ou l’intéret de la connaitre.
J’ai eu du mal a adjoindre des images a mon petit texte,(elle ne l’ont pas été au bon endroit dans le texte .. ) car elles font partie de présentations , et donc d’un format différent ….Y a t’il une solution technique que je n’aurais pas vue ?
sinon, je peux bien sur envoyer une petite présentation Keynote des moyens techniques de la RNO a ceux qui m’en font la demande par mail: patrick.ampen@orange.fr
( lors du cours, cette présentation détaillée appelle de nombreuses questions et demande beaucoup de temps )

Bernard BLACK

bonsoir Elie
Je tente de développer un peu cette question demain. ( bien tard ce soir).

Elie Callabe

Je comprends la demande de François pour des photos d’appareils pour faciliter la compréhension et faire la différence entre les vraies pistes de Planas (qui sont linguales et laissent les dents libres) avec d’autres que certains appellent pistes et qui sont des recouvrements occlusaux de résine qui empêchent tout mouvement des dents.
Autre question: le concept de Planas a-t-il bénéficié d’améliorations ou évolutions ces dernières années? lesquelles?
Merci à Bernard et Patrick.

François UNGER

Merci Elie, c’est exactement ma demande.
j’ai pris contact avec Patrick à la suite de sa dernière observation et nous allons avoir je crois tous les éléments dans un posts distinct. Merci à tous.

Bernard BLACK

bonsoir Elie
pour répondre à ta question d’hier mon premier objectif est de recréer le mouvement avec les pistes. Quand il y a mouvement il y a une organisation spontanée des arcades qui fait qu’au début les 4 six touchent en latéralité et avec des mouvements de cisaillement au niveau ant. Cela est rendu possible car les arcades sont carrées et non rondes qui n’est pas une forme adaptée à un bon équilibre masticatoire. Le mouvement rendu possible par les pistes va placer les dents dans une position d’équilibre adéquate avec leur antagoniste. Ainsi va s’établir un plan d’occlusion favorable à une occlusion type Gysi comme en témoigne les photos de ces 2 cas traités. Ce n’est pas moi qui ai placé les dents comme cela mais la fonction récrée par les pistes. S’il arrive que je bague en fin de traitement pour  » offrir » au patient un meilleur alignement que celui crée par les appareils, je ne mets que des petits arcs( maxi 014 ou 16) qui ne désorganisent pas mes arcades ni la courbe de décollage nécessaire à l’équilibre de Gysi. (en orientant mes tubes sur les 6 de telle sorte que l’arc droit respecte la courbe de Spee crée par ce mouvement et ne l’annihile pas.) Mais il arrive que l’orientation du plan d’occlusion ne soit pas aussi favorable que ces cas ou que les canines une fois poussées soient vraiment proéminentes. Alors une fois les dents en place je rabote un peu les pointes canines pour initialiser le processus d’usure naturelle, en espérant que le patient fasse le reste en mastiquant malgré une nourriture assez molle et peu abrasive de nos jours. Si l’usure se produit normalement, le patient retrouvera vite une fonction de groupe puis un équilibre à la gysi à un age plus avancé. Mais le traitement avec pistes lui aura permis d’atteindre cet objectif masticatoire grâce à une forme d’arcade physiologique et une bonne orientation du plan d’occlusion donné initialement par le traitement. ces 2 cas ont été traité l’un avec pistes et l’autre avec un pul sur lequel ont été adjoint des pistes. Je tente de mettre quelques photos des cas (début et fin) . Je mets aussi 2 photos de pistes en construction sur des moulages mis en articu et photographié par l’arrière. Comme cela on voit bien le frottements des pistes entre elles et qui permettent le mouvement.
oups. je crois qu’on ne peut mettre qu’une photo.
J’en mets une autre à la suite.

Bernard BLACK

pistes en construction. on voit bien les appareils du haut et du bas qui rentrent en contact quand le patient ferme le bouche. le mouvement est alors possible même si la bouche est complètement déséquilibrée. C’est cela le grand génie de Planas, d’avoir inventé ces outils suite à ses observations. Toute la difficulté réside (entre autre) à bien régler la hauteur des pistes de telle sorte que l’on doit retrouver les contacts dento dentaires en latéralité, alors qu’il n’y en a pas en position centrique.

Bernard BLACK

PS je ne l’ai pas précisé mais la photo précédente est un mouvement de latéralité D : équilibre à la Gysi qui va encore s’améliorer avec le temps. (ado de 14 ans). on voit sur celle des pistes en construction que les dents sont libres de se placer là où elles doivent se mettre. Elles ne sont pas bridées ni recouvertes par de la résine : ainsi le plan d’occlusion s’établit naturellement sous le contrôle du mouvement induit par les appareils de Planas.

Patrick FELLUS

petite anecdote personnelle
dans le debut des années 80 j’ai eu un épisode très douloureux au niveau ATM
j’ai consulté tous les « Professeurs parisiens » enregistrements divers ,staffs multidisciplinaires ,devis ,devis ,devis
j’ai passé une semaine chez planas à qui j’ai parlé de ce problème il m’a dit « assied toi » papiers bleus meulages en dix minutes tout était réglé et un réequilibrage tous les 10 ans plus jamais eu de problème.Je préfère être soigné par des cliniciens que par des intellectuels rabacheurs des travaux d’autrui.

Patrick AMPEN

.. tous les praticiens ont le sens clinique, donc tous peuvent rendre ce service , avec des moyens simples et économiquement corrects..
Pedro Planas était vraiment un grand Monsieur !

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