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Rééducation de la déglutition : connaître les cibles pour bien contrôler l’efficacité #2

Automatisation

L’enfant disposera alors de deux programmes pour avaler sa salive et tout comme sur un ordinateur lorsque l’on dispose de deux programmes c’est l’activation de l’une ou de l’autre icône qui déclenchera son exécution.
L’icône de la succion déglutition est déclenchée par l’activité du nerf facial : « mes lèvres sont contractées, mes dents ne se touchent pas ».
L’icône de la déglutition de type sujet denté : « mes lèvres sont détendues, mes molaires en occlusion » est activée par le trijumeau qui permettra non seulement l’occlusion molaire mais aussi la protection de la langue contre les morsures grâce à la richesse des terminaisons nerveuses trigéminées de sa couverture épithéliale.
Le thérapeute devra donc surveiller la posture de repos pour obtenir la détente de la musculature péri-orale et l’occlusion dentaire au moment de la déglutition.
Le contrôle par le nerf trijumeau, sollicité lors de cette étape, se substituera au contrôle par le nerf facial et inhibera le rôle de ce dernier. Le trijumeau qui contrôle aussi les centres de la respiration dans le tegmentum pontique par son noyau sensitif, favorisera une restauration de la respiration nasale, permettant à la langue d’adopter une posture haute de sa partie postérieure (dôme lingual).

« Cette double nécessité fonctionnelle linguale postérieure et occlusale, trop souvent oubliée par les rééducateurs des fonctions oro-faciales est vraisemblablement une des causes des trop fréquents échecs des rééducations » (Delaire. 2015)

Ce nouveau mode de fonctionnement, analysé puis accepté par le système limbique, pourra ainsi s’automatiser dans la mémoire procédurale.
La surveillance de la posture labiale pourra être transférée aux parents qui contrôleront 4 ou 5 fois par jour la position des lèvres, en validant ou corrigeant la séquence motrice ; ces deux actions, récompense ou correction, sont distinctes car elle stimuleront des boucles cortico-corticales différentes. Le succès sera d’autant plus rapide que l’enfant sera proche de la tranche d’âge où cela se produit naturellement.

Le préalable à ce type de rééducation étant l’obtention d’un environnement anatomique confortable et compatible avec les nouvelles séquences motrices.
c’est le praticien qui sera le prescripteur et décidera du moment où cette thérapeutique doit être mise en place.

Article écrit en collaboration avec Gérard Altounian

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