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L’interception – la Classe III dento-fonctionnelle

L’harmonisation 4D : fonctionnelle, sagittale, transversale et verticale

Cas clinique

Patient de 10 ans et demi : Classe III dentaire, fonctionnelle
Face et profil en prognathie mandibulaire. Le patient est gêné psychologiquement par les « railleries de ses camarades à l’école »

Objectif du traitement

Traiter la cause : la position linguale basse et antérieure

Prescription

Après dégagement des VAS (voies aériennes supérieures) par l’ORL, rééducation fonctionnelle et pose d’un dispositif PUL3.


Expansion 3D du maxillaire (antérieure et latérale) et redressement des incisives mandibulaires + action fonctionnelle sur la position linguale : le patient doit maintenir la plaque palatine avec sa langue, ce qui favorise une fermeture buccale et une respiration nasale.

Quelques mois après un port 22H/24H

Face et profil « normaux ». Le patient retrouve son « estime de soi » vis à vis de son entourage.

Harmonisation fonctionnelle (position de la langue), dento-maxillaire et maxillo-faciale.

Changer la fonction pour changer la forme – Linder-Arronson


D’autres dispositifs auraient pu être prescrits, mais peut-on garantir la stabilité de ces traitements sans la correction de la cause qui est la position de la langue ?

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Commentaires

carton

Pour mon information, j’aimerais savoir si le défaut de position de langue est, d’une façon générale, considéré sous l’angle anatomique (volume de la langue, frein court, dimensions des arcades,etc…) ou sous l’angle fonctionnel (défaut de mise en place de la mastication, difficultés de ventilation, problèmes de croissance, etc…). les propositions thérapeutiques sont elles les mêmes en face de ces différentes causes possibles? La rééducation linguale a-t-elle les mêmes chances de succès dans ces différentes situations? Avez vous un ouvrage de référence qui me permettrait de me cultiver sur ce sujet crucial? merci

gueurki

Rien à rajouter sur l’interception de cette classe III par pro glissement et inversé de l’articulé incisif. En effet un certain nombre de « systèmes orthodontiques » obtiendra le même résultat. Le choix est une affaire de goût. Le coût des dispositifs sera également variable allant de 2 euros à 300 euros. Ainsi un de mes illustres maîtres nous disait avoir corrigé un articulé inversé en faisant porter à son petit patient, tout un week end , un simple abaisse langue, en effet levier ,pour refaire passer ses deux incisives palato- versées …la langue s’étant ensuite repositionnée toute seule dans le creux du palais…

Dans ce type de problème la composante fonctionnelle est comme l’indique Elie en effet très présente. Sa prise en charge est donc primordiale.
Carton suggère une dichotomie entre angle anatomique et angle fonctionnel: personnellement j’en serais bien incapable, tout étant tellement inbriqué. Il me semble que le problème ne se pose pas sous cet angle.
Le vrai problème  » existentiel » est celui de l’acquit et de l’inné. Celui ci à longtemps déchiré l’orthodontie en deux camps irréductibles. Et malgré les travaux de Linder-Arronson, au cœur du congrès de Bénodet (1982?) il aura fallu du temps aux américains avant que l’AJO accepte d’intégrer la notion d’orthopédie à celle d’orthodontie et change son titre en AJO-DO admettant ainsi que ,non , tout n’est pas inné et sous la gouverne uniquement des facteurs génétiques !
La dimension de l’arcade est- elle d’ordre anatomique ou d’ordre fonctionnel ? Est-elle adaptative ou bien génétique?
Cette question est un Troll récurant dans notre discipline. Et ,même après après trente ans de pratique, elle se présente à chaque fois en même temps que mon jeune patient…

Pour la biblio:
– voir les travaux des fondamentalistes sur mastication et morphologie crânio- faciale (S. KILIARIDIS, S. YAMAMOTO, W. R. PROFFIT, C. KATSAROS, MAVROPOULOS , …)

– Et pour un tour complet de la question de la rééducation (171 pages quand même, mais cela se lit très bien…), datant de 2006 et toujours d’actualité :
http://www.orthoedition.com/medias/fichiers/2011-01-28-11-19-13_5854858.pdf

Et comme Esope il y 2500 ans:
« Hé qu’y a-t-il de meilleur que la langue ? C’est le lien de la vie civile, la clé des sciences, l’organe de la vérité et de la raison. »
Et bien reprit Xanthus, qui prétendait l’embarrasser, achète moi demain ce qu’il y a de pire….
Le lendemain, Ésope, ne fit encore servir que des langues disant que la langue est la pire des choses qui soit au monde…
« C’est la mère de tous les débats, la nourrice de tous les procès, la source des divisions et des guerres. Si elle est l’organe de la vérité, elle est aussi celle de l’erreur, et pire de la calomnie. »

Bon week-end!

chabou

Juste pour dire…….

1) Je pense que cette occlusion croisée antérieure existait déjà en denture lactéale et aurait peut-être pu être traitée bien avant les 10 ans de ce patient……….ce qui n’enlève rien au résultat de l’intervention d’Elie, bien entendu !
2) Ne pas oublier PLANAS et DESHAYES quand on parle de mastication et de développement cranio-facial.

gueurki

Je n’ai pas voulu s’être discourtois , mais je pense en effet qu’il y avait probablement plusieurs lurettes que cette articulé « rock and roll » devait être installé.
De grâce, pour mes honorables confrères , arrêtez de dire aux parents de vos très jeunes patients, que cela va  » s’améliorer tout seul et qu’on verra bien quand les dents définitives seront sorties  » !…

(Mode Troll\on):
Pour avoir fréquenté les couloirs de toutes les Journées de l’Orthodontie ( sauf une!) depuis 1983, et pour rester politiquement correct, l’on peut dire que Planas et encore plus M.J. Deshayes ne font pas l’unanimité …

J’dis ça, j’dis rien. :))
( Mode Troll/ off)

chabou

Juste pour dire……en complément au commentaire de gueurki 😉

PLANAS et DESHAYES ne font peut-être pas l’unanimité………..mais ils proposent une interception précoce des malocclusions et c’est cela qui est important……..comme tu le dis d’ailleurs !

Elie Callabe

Bonjour et merci pour vos posts.
Tous les concepts orthodontiques ont le même objectif: guérir le patient qui se présente au cabinet. Le problème est l’âge auquel le patient consulte qui fait que, comme vous le savez, entre la théorie et la pratique il y a un grand fossé. Doit-on appliquer le même concept à tous?
Ce qui fait le charme de notre profession est que chaque patient est un cas à part et un vrai challenge. Comme toute spécialité médicale, on effectue avant tout un diagnostic pour répondre à la question « Pourquoi ce patient présente ce syndrome ? et quel est le bon traitement qui va le guérir rapidement. »
Une fois la cause supprimée (dégagement des VAS pour ce cas) se pose le problème de la coopération qui est le gros problème de tous les orthodontistes du monde. Nous avons la chance d’avoir le meilleur système de prise en charge du monde (pour l’instant) ce qui nous permet de faire profiter nos patients d’appareils performants, multiactions et facile à porter (à tout âge) la journée et la nuit. Actuellement ce patient a 13 ans et met tjrs son PUL3 la nuit, un simple alignement supérieur sera fait dans qq mois si besoin.

malbosc

Bonjour,

quel est le dégagement des VAS réalisé par l’ORL? rééducation, dispositif médical, intervention chirurgicale?
Le problème lingual était il étiologique, ou simplement aggravant?
Joli cas du reste, et même spectaculaire…
Merci à geurki pour le pdf et les références!
mc

Elie Callabe

Ce post est la suite du précédent. Sans l’intervention de l’ORL (adénoïdo-amygdalectomie), on ne peut pas bien traiter ces patients qui seront condamnés à une prognathie.
La majorité des cas guérissent seuls sans appareil, après que la langue se soit repositionnée en arrière , comme les cas du post précédent. Quand il persiste un verrouillage antérieur, comme dans ce cas, on intervient sur le maxillaire et la mandibule en même temps pour déverrouiller rapidement. C’est simple et à la portée de tout praticien car le patient est motivé et demandeur.
Concernant la rééducation respiratoire et linguale, pour qu’elle soit efficace, elle est prescrite après l’ORL.
EC

mh184

Bonjour,
la rééducation aura évidemment d’autant plus de chance de réussir après restauration de la filière ventilatoire. Cette condition n’étant pas exclusive.
Cette rééducation étant, pour l’essentielle respiratoire et vélo-pharyngée. Ne doivent pas pour cela être oubliés les troubles orthopédiques, tant au niveau du rachis cervical et de la ceinture scapulaire, que de la posture générale. Comme soulignés par le professeur Delaire.
Ceci étant valable, tant « au repos », qu’en « fonction ». En effet, il n’est pas inutile d’informer, pour ne pas dire éduquer le patient à une position correcte pour s’alimenter.
La rééducation des praxies oro-maxillo-faciales doit aussi et surtout mettre l’accent sur l’intégration et l’enchaînement des différents cycles mastication-déglutition, phonation, ventilation…sous peine de se transformer en simple succession d’exercices sans intérêt fonctionnel.
MH.

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