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Les 10èmes Journées ronflement et sommeil

Les 10èmes Journées ronflement et sommeil organisées par l’Institut Georges Portmann les 29 et 30 novembre à Bordeaux, avaient pour thème « La croissance de la face et troubles du sommeil : aspect ORL, dento-facial et orthophonique ».
Parmi les intervenants invités, des conférenciers de renom international représentant les trois professions : Dr Christian Guilleminault, Dr Alain Lautrou, Mme Maryvonne Fournier, ainsi que le Dr Michel Limme de Liège.

La première journée était consacrée à l’enfant, son sommeil, sa croissance maxillo-faciale et ses troubles fonctionnels. Les conférenciers, après avoir exposé le point de vue de leur spécialité, ont tous appelé à une prise en charge multidisciplinaire entre les différents spécialistes concernés : médecin traitant, chirurgien-dentiste, orthodontiste, pédiatre, ORL, pneumologue et rééducateur fonctionnel. Le Dr Guilleminault a insisté sur l’importance du dégagement des VAS (voies aériennes supérieures) par les ORL en effectuant l’adénoïdo-amygdalectomie dans les troubles respiratoires de l’enfant, qui doit être suivi par une rééducation respiratoire auprès des kinés ou orthophonistes.

La 2° demi-journée était consacrée aux orthèses d’avancement mandibulaire, le critère de choix et les mobilités dentaires. La matinée s’est terminée par un tour de table et discussions autour d’une mise en place d’une consultation multi pluri-disciplinaire.
Personnellement j’étais ravi d’assister à ces journées qui sont un exemple rare de coopération entre différents spécialistes parlant le même langage et mettant tout en œuvre pour rétablir l’harmonie maxillo-faciale à leurs jeunes patients.
Nous sommes entièrement d’accord avec les écoles californienne et belge sur l’importance du dégagement des VAS par les ORLS : voici l’exemple d’une jeune patiente avant et 12 mois après adénoïdo-amygdalectomie.

Comment gérez-vous les troubles respiratoires de vos jeunes patients ?
Prescrivez-vous systématiquement une rééducation fonctionnelle ?

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Commentaires

carton

Ne pourrait-on pas envisager une analyse céphalométrique de Delaire pour bien objectiver les changements intervenus en particulier au niveau de l’espace dévolu à la base de la langue; ce qui facilite grandement la ventilation?

eric83

Ce sont aux mêmes conclusions que les intervenants sont arrivés au congrès u sommeil qui s’est déroulé à Marseille en novembre dernier.
Amygdalectomie quand c’est nécessaire, disjonction maxillaire fréquemment, reposionnement plus antérieur de la mandibule.
Et évidemment PSG si suspicion d’apnée du sommeil.

christian

Francis HARTMANN
il ne convient pas, à mon sens, de limiter, le débat aux jeunes patients.
Les données neurophysiologiques actuelles permettent de comprendre comment les adultes sont concernés par les troubles du sommeil. Les dents des mammifères, hommes compris, projettent des informations tactiles au niveau de l’hypothalamus ( TRUB M,MEI N 1991) Ces auteurs ont démontré que ces récepteurs dentaires tactiles étaient susceptibles de provoquer des réponses soit excitatrices, soit inhibitrices des cellules hypothalamiques. Très souvent, chez l’Homme la bruxomanie centrée ( clenching) c’est à dire le serrement de dents intense et /ou trop durable stimule les neurones du noyau supra chiasmatique localisés dans l’hypothalamus postérieur libérant de ‘histamine . Ils projettent sur l’ensemble du cerveau et notamment sur les autres neurones de l’éveil, et les activent La suppression de cette dyskinésie ( parafonction pour les anglais) permet le retour du sommeil, sa reprise l’entrave inexorablement
Cf :Francis HARTMANN, Gérard CUCCHI( 2013) Stress and Orality New Data about Teeth clenching &Outcome Sringer éd. = Stress et Oralité . Nouvelles données sur le serrement de dents et résultats.
Plus d’infos:http://www.tmd-dentalmedical.org/index.php?option=com_content&view=article&id=68&Itemid=74&lang=fr

Elie Callabe

Merci pour votre post. Sur votre site vous donnez 3 conseils aux patients bruxomanes: « un premier se fonde sur des arguments issus de la recherche fondamentale : lorsque vous vous apercevez que vous serrez les dents, pincez fortement les lèvres l’une contre l’autre.
Attention, il ne s’agit pas de pincer une lèvre entre les dents !
Ce phénomène décrit par Bratzlavsky s’explique par les connexions existant entre le nerf facial qui commande les muscles des lèvres (actionnés lors du pincement volontaire) et le nerf trijumeau qui commande les muscles masticateurs (responsables du serrement de dents) : la mise en action du premier (nerf facial) inhibe l’action du second (nerf trijumeau)….. »Une fois seulement, cette méthode appliquée il conviendra d’aller consulter votre docteur en chirurgie-dentaire pour qu’il réalise une gouttière de préférence à la mandibule ( mâchoire inférieure) afin de stabiliser les résultats. »
Quel type de gouttière prescrivez-vous?

christian

Francis HARTMANN:
réponse à Elie Callabe:
Une gouttière mandibulaire. Mais il IMPORTE +++ que le patient ( yeux fermés )+++ ressente , lors de la déglutition une harmonie occlusale parfaite. Une hémi-arcade ne doit pas EXISTER , en un point , plus l’une que l’autre.Rappelons que, chez l’homme la dent est un organe sensoriel extrêmement fin susceptible de percevoir 9 millième de millimètre de sur- occlusion.Priver un individu de sa vision, exacerbe sa sensibilité tactile dentaire.Nous avions fait ,avec Gérard CUCCHI une expérimentation chez un institut d’aveugles. C’est impressionnant .

christian

A propos des troubles du sommeil:
TRADUCTION : Francis HARTMANN

Kampe T, Tagdae T, Bader G, Edman G, Karlsson S. Symptômes rapportés et données cliniques chez un groupe de sujets ayant un comportement de bruxomanie prolongé Oral . Reab. 1997Aug;24(8):581-7
On a rapporté, les signes les symptômes et l’histoire médico-sociale d’un dysfonctionnement cranio-mandibulaire (DCM) (ou temporomandibulaire ( DTM : N.d.T) chez 29 sujets âgés de 23 à 68 ans. Ces derniers présentaient, depuis 5 ans et plus un comportement de bruxomanie. On sélectionné les sujets à partir en provenance de réponses à une annonce dans un journal local. Les sujets présentaient de nombreux symptômes de caractère général ,incluantes problèmes somatiques ou psycho sociaux, des troubles du sommeil, (72%) des douleurs (86%). Plus de la moitié des sujets (55%) présentaient ces symptômes chaque jour. 69% des sujets faisaient mention de douleurs dans le cou le dos, la gorge, les épaules, 48% des céphalées. Les symptômes les plus communs de DTM étaient la douleur de la face ou des mâchoires (48%), raideur ou gène dans les mâchoires au réveil. (44%), des bruits dans l’articulation des mâchoires (ATM) (34%), fatigue dans les mâchoires à la mastication, (38%) Les signes clinique les plus communs étaient: plus de trois muscles sensibles à la palpation(76%), bruits dans les ATM(55%) et sensibilité de l’ATM à la palpation latérale (66%) Il y avait une relation statistiquement significative entre un serrement de dents fréquent, des céphalées, des douleurs du cou, du dos, de la gorge, des épaules et des troubles du sommeil ainsi que scores élevés de l’index clinique de dysfonctionnement (ID). Ceux atteints de serrement de dents présentaient des valeurs de score plus élevés que les « non serrement de dents « pour les douleurs dans la face et les mâchoires, les céphalées, le cou, le dos, la gorge ou les épaules ainsi que l’index de dysfonctionnement. Ces données indiquent une relation de cause entre de fréquents serrements de dents et de signes et symptômes de CMD, incluant : céphalées et douleurs du cou, du dos, de la gorge ou des épaules et une haute pathogénie à l’occasion d’une fréquente crispation de mâchoires dents serrées prolongée.
PLUS D’INFOS:Cf :
-Francis HARTMANN, Gérard CUCCHI( 2013) Stress and Orality New Data about Teeth clenching &Outcome Springer éd. = Stress et Oralité . Nouvelles données sur le serrement de dents et résultats. – http://www.tmd-dentalmedical.org/index.php?option=com_content&view=article&id=68&Itemid=74&lang=fr

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