Naviguer / Chercher

Incisive centrale et CFAO

Un jeune patient (20 ans) nous est adressé pour le remplacement de son incisive centrale (21) perdue suite à un traumatisme.

Lors de la consultation nous constatons que la temporisation est assurée par une couronne en résine simplement collée sur les dents adjacentes. Le collage étant défectueux, la dent prothétique s’est lentement enfoncée dans la gencive.
La dépose du « bridge collé » met en évidence une légère perte tissulaire et une inflammation importante de la gencive crestale.
Afin de laisser les tissus cicatriser et pour faire disparaître l’inflammation, une petite prothèse amovible provisoire est mise en place en essayant d’éviter le plus possible un contact avec la crête édentée. Elle nous permet de constater la perte de volume au niveau gingival.
Un guide radiologique est essayé pour préfigurer le projet prothétique et un cone-beam est réalisé.

La planification implantaire met en évidence un léger manque osseux en vestibulaire au niveau du col implantaire, ce qui nécessitera de faire une ROG.
Par contre, l’axe implantaire est compatible avec l’axe prothétique et nous permettra de réaliser une couronne transvissé (direct implant).
Un premier temps chirurgical a été réalisé pour placer l’implant avec un guide chirurgical et faire une ROG.
4 mois après, un deuxième temps chirurgical a été fait pour pouvoir mettre en place une couronne provisoire transvissée directement sur l’implant. Une greffe conjonctive a été associée à ce deuxième temps opératoire.
2 mois après la mise en place de la couronne provisoire, un contrôle est réalisé afin de s’assurer de la bonne stabilité des tissus péri-implantaire.
On note à ce stade, une petite zone inflammatoire en distal qui correspond à un trait d’incision réalisé lors du deuxième temps chirurgical. Aucune intervention sur ce léger défaut n’est faite car cette inflammation est superficielle et nous devrions obtenir une meilleure cicatrisation avec la couronne définitive (infrastructure en zircone).
Le laboratoire de prothèse nous réalise par CFAO une infrastructure en zircone usinée (machine à usiner Zirkonzahn). Cette pièce en zircone est ensuite collée sur une bague en titane usinée.
Cette solution présente l’avantage de ne pas avoir de zircone dans la connectique implantaire mais une bague en titane minimisant ainsi le risque de casse de la zircone dans la connectique implantaire.
Cette pièce prothétique est essayé afin de s’assurer de la bonne adaptation au niveau des tissus mous péri-implantaire.
Le profil d’émergence de l’infrastructure doit être la copie conforme du profil d’émergence de la couronne provisoire afin d’éviter toute compression excessive des tissus mous péri-implantaire.
L’élément prothétique est ensuite terminé en stratifiant la céramique directement sur la zircone. Nous conservons bien entendu la zircone en sous-gingival (sans céramique) pour assurer une parfaite stabilisation des tissus mous sur ce matériau.
Le placement de l’implant étant conforme à la planification, le puit d’accès à la vis se retrouve bien dans le cingulum comme prévu.
La couronne est vissée directement sur l’implant et le puit d’accès à la vis est fermé avec du composite. On note la persistance de la petite inflammation distale le jour de la pose de la couronne définitive.
Un contrôle clinique est réalisé 8 mois après la mise en place de la couronne afin de vérifier la bonne intégration tissulaire de la restauration prothétique. On note une disparition de l’inflammation en distal comme prévue grâce à l’excellente tolérance tissulaire de la zircone. La restauration implanto-portée est parfaitement intégrée et la perte tissulaire a été complètement récupérée en comparaison avec l’état initial.
Radiologiquement, on note une très bonne stabilité du niveau osseux autour du col implantaire et le maintien de papilles osseuses, garantes de la présence de papilles gingivales.
Pensez-vous qu’une autre technique prothétique aurait pu permettre d’obtenir les mêmes résultats esthétiques et la même intégration tissulaire ?

Commentaires

Marcel Carton

Très beau cas. Vous parlez de ROG. De quel type de ROG parlez vous? Pouvez vous nous expliquer votre choix? Merci et bravo.

Guillaume FOUGERAIS

merci pour votre commentaire.
Pour ce cas, j’ai effectué une ROG dans le but d’obtenir un volume osseux crestal en vestibulaire car j’avais un léger déficit à ce niveau là (cf coupe scanner). J’ai utilisé un biomatériau (Gen-Os – PRED) associé à une membrane résorbable (Evolution – PRED).
Le déficit étant faible, j’ai placé l’implant dans la même séance, la membrane recouvrant l’implant avec sa vis de couverture et le biomatériau.
Le choix de cette ROG a été décidé une fois l’implant planifié en fonction du projet prothétique (pour faire une couronne transvissée).
J’aurai pu placer l’implant selon un axe osseux plus favorable mais j’aurai alors eu recours à une couronne scellée et je préfère de loin les couronnes transvissées pour éviter le ciment de scellement.

tremelpascal

Effectivement la zircone en contacte avec les tissus est pour l instant ce qui se fait de mieux, Elle possède des propriétés particulièrement adaptées au comportement des tissus biologiques. jolie travail .

plt35

Belle réalisation . Une question tout de même,qu’utilises-tu comme colle et qu’elle est son comportement avec les différentes cuissons de la céramique

tremelpascal

c’est une pièce titane qui se clippe dans l intrados de la zircone on la colle a la fin . sur tout ne pas cuire avec cette pièce titane.

Laisser un commentaire