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Réalisation d’une barre fraisée personnalisée en titane dans la réhabilitation d’un maxillaire atrophié #1

La CFAO (conception et fabrication assistée par ordinateur) prend une part de plus en plus importante dans la réalisation des prothèses implanto-portées.
Ces technologies numériques constituent une avancée majeure en termes de précision d’adaptation des suprastructures.
La réhabilitation implanto-prothétique d’un maxillaire totalement édenté peut représenter un traitement délicat du fait
de considérations biomécaniques et anatomiques liées à une forte résorption osseuse. À travers un cas clinique, nous verrons l’apport que constituent ces nouvelles technologies numériques sur l’élaboration d’une barre fraisée maxillaire.

Présentation du cas

Il s’agit d’une patiente âgée de 75 ans, non fumeuse, traitée depuis sept ans par méthotrexate pour une polyarthrite rhumatoïde. Elle présente un édentement total maxillaire depuis une trentaine d’années. Elle est porteuse d’une prothèse partielle amovible mandibulaire et d’une prothèse adjointe complète maxillaire à la stabilité très précaire compte tenu de la forte résorption des crêtes osseuses. Ses motivations sont essentiellement d’ordre fonctionnel. Sa priorité : retrouver un confort masticatoire.
La résorption osseuse centrifuge à la mandibule et centripète au maxillaire est à l’origine d’une réduction du volume osseux maxillaire entraînant un décalage des bases osseuses maxillaire et mandibulaire. Il en résulte un montage des dents prothétiques souvent très décalé par rapport à la base osseuse résiduelle. Ce décalage des bases osseuses sera compensé par la prothèse amovible complète supra-implantaire (PACSI) et doit être pris en compte dès la pose des implants.

Chirurgie pré-implantaire

Un Dentascan® permet d’évaluer le volume osseux disponible pour une réhabilitation implanto-portée en complément de la radio panoramique de première intention. Cet examen confirme l’atrophie osseuse maxillaire (fig. 1 et 2). En conséquence, une solution implantaire passe nécessairement par une reconstruction osseuse préalable. Une surélévation bilatérale des planchers sinusiens est réalisée avec un abord latéral. Les comblements des zones sous-sinusiennes sont effectués au moyen d’os allogénique (Maxgraft®) mélangé à un coagulum veineux prélevé en début d’intervention puis recouvert d’une membrane de collagène Biogide® et de PRF’s. La prothèse totale est évidée et rebasée périodiquement avec une résine souple.

Planification implantaire

La planification implantaire s’effectue à l’aide du logiciel Simplant®. Le guide radiologique duplicata de la prothèse actuelle permet d’obtenir : une prédictibilité de l’axe et du positionnement des implants, d’anticiper les dimensions, la position, l’axe des implants et des piliers prothétiques. Il permet également l’exploitation maximale du volume osseux disponible (fig. 3a, b et c).

Chirurgie implantaire

Afin de tester la résistance mécanique au sondage des zones greffées, une stimulation ostéogénique des comblements sinusiens est effectuée au moyen d’ostéotenseurs matriciels selon la technique décrite par G. Scortecci et C. Misch. Les ostéotenseurs s’utilisent de manière transpariétale en technique flapless. Cette stimulation endostée procède également à une activation cellulaire. Cette technique simple et peu invasive permet de valider la qualité des futurs sites receveurs. Elle est utilisée en orthopédie depuis dix ans avec d’excellents résultats. Compte tenu de la bonne réponse à la stimulation ostéogénique, la mise en place des implants est programmée à 45 jours.

Fig.4 : Implant Axiom® Px, Anthogyr.
Fig.4 : Implant Axiom® Px, Anthogyr.

À six mois postopératoire, 7 implants Axiom® Px sont placés au maxillaire en utilisant le guide radiologique. Les implants retenus pour cette réhabilitation présentent un design à double filetage auto-forant et auto-taraudant et un col à conicité inversé (fig. 4). Ces implants coniques permettent d’obtenir un excellent ancrage primaire en favorisant par leur design et le protocole de forage la condensation osseuse, y compris dans les zones de faible densité osseuse. L’état de surface des implants traité par sablage au phosphate de calcium biphasique permet d’obtenir un potentiel ostéoconducteur favorisant la différenciation des ostéoblastes dans les phases précoces d’ostéo-intégration.

Dans quels cas de figure avez-vous recours à une barre fraisée pour stabiliser une PACSI ?

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