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Prothèses amovibles complètes implanto-retenues (PACIR) : les éléments à prendre en compte pour une maintenance optimale #2

Mise en charge

Certaines études présentent des résultats intéressants pour la mise en charge immédiate des implants dans les traitements par PACSI. Cette approche ne doit cependant pas être systématisée. Elle ne doit se faire qu’en fonction de certains paramètres : la stabilité primaire des implants, la densité osseuse, l’expérience du praticien, le type d’implant, le type d’attachement.
Parfois la mise en charge immédiate est obligatoire (mini-implants monoblocs) ; il faut alors placer une résine à prise retardée souple dans l’intrados (fig 8). Néanmoins, cela est un facteur de risque accru de non-ostéointégration.

Fig 8 : La mise en place immédiate des parties mâles lors de la chirurgie est un facteur de risque pour l'ostéointégration
Fig 8 : La mise en place immédiate des parties mâles lors de la chirurgie est un facteur de risque pour l’ostéointégration

La question du positionnement des parties femelles dans l’intrados prothétique ne se pose pas si elle est effectuée lors de la polymérisation de la prothèse. Mais fréquemment, l’insertion se fait dans l’intrados de prothèses existantes ; il existe alors deux techniques :

  • directe : outre la rapidité, le coût nul et la maîtrise de la dépressibilité (empreinte sous contrôle occlusal du patient), on note moins de risque d’erreur. Il est difficile de réaliser une finition correcte de la résine employée (généralement de la résine chémopolymérisable, voire de la résine composite), ce qui entraîne un vieillissement prématuré.
    Une étude semble indiquer que la technique de solidarisation directe dans les situations de PACIR avec deux attachements boules occasionnerait moins de maintenance post-prothétique que la méthode indirecte.
  • indirecte : présente une excellente finition et polymérisation de la résine, la possibilité de bien paralléliser les attachements entre eux (ce qui limite leur usure) ; en revanche, on doit priver le patient de sa prothèse, le coût est plus élevé et il existe des risques d’erreur à chaque étape de réalisation (fig.9,10,11).

Maintenance

Un certain nombre de recommandations doivent être prodiguées au patient :

  • expliquer et montrer comment insérer et désinsérer sa prothèse,
  • en plus des conseils d’hygiène traditionnels, il est essentiel de lui montrer comment nettoyer l’intrados prothétique comportant les attachements,
  • au niveau de la cavité buccale, il faudra insister sur les techniques de brossage des piliers implantaires et sur l’hygiène sous la barre de conjonction,
  • rappeler l’importance des rendez-vous de maintenance.

La première cause de doléance en PACIR est la perte de rétention. L’attachement Locator® bénéficie d’une notoriété supérieure aux autres attachements axiaux en termes de qualité de vie ressentie par les patients de par sa meilleure rétention même si sa valeur rétentive diminue fortement après de multiples retraits sans que cela ne soit préjudiciable au confort du patient. C’est pourquoi, on préconise de manipuler plusieurs fois les prothèses sur leur modèle avant de les confier au patient pour diminuer la perte de rétention dans les premiers temps après la pose.
Certaines études remarquent que l’utilisation de certains bains de bouche, dont Listerine® Cool Mint, peut provoquer une diminution significative de la valeur rétentive des gaines roses. Cet attachement demanderait plus de maintenance prothétique (changement de gaine rétentive) que d’autres.
La maintenance des PACIR est réalisée tous les 6 mois, quels que soient le nombre d’implants et le système de rétention utilisé et s’articule ainsi :

  • tests des critères de qualité de la PAC,
  • dépistage des ulcérations traumatiques,
  • contrôle et/ou maintenance de la gencive péri-implantaire,
  • contrôle radiographique,
  • contrôle dynamométrique du serrage des attachements ou de la barre,
  • tests de rétention et activation des systèmes rétentifs si besoin.

Une attention particulière doit être portée à la conservation d’une légère béance antérieure en OIM. Le cas échéant, il faut la recréer par meulage des dents artificielles. Les bases prothétiques doivent rester bien adaptées aux tissus ostéomuqueux. Un rebasage est nécessaire en moyenne tous les 5 ans (fig 12,13,14,15).

Conclusion

Quel que soit le traitement implantaire et prothétique retenu, le succès est conditionné par un examen attentif de la situation clinique, une étude prothétique et implantaire soignée. Le traitement n’est pas terminé le jour de la pose de la restauration mais se prolonge avec les séances de maintenance professionnelles au cabinet et une hygiène quotidienne de la part du patient. Le pronostic implantaire est déterminé par une conception prothétique adéquate et une maintenance méticuleuse et régulière.

  1. Quel délai de mise en charge vous semble raisonnable dans le cas d’une PACIR ?
  2. Préférez-vous la mise en place en méthode directe ou bien indirecte pour les matrices des attachements ?

Bibliographie.
Ce post fait référence à certains travaux dont nous vous invitons à retrouver les intitulés dans la bibliographie de l’article Pronostic et maintenance en implantologie chez l’édenté total, publié par les mêmes auteurs dans le numéro 2/3 de L’Information dentaire du 21 janvier 2015

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