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Les implants courts au maxillaire postérieur : une alternative fiable et peu invasive #1

Les implants courts (≤ 8 mm) peuvent constituer une bonne alternative aux implants standards. Le recours aux techniques d’augmentation osseuse peut être évité, réduisant ainsi la morbidité et le risque de complications pour le patient.
Les études les plus récentes montrent des taux de survie comparables à ceux des implants longs.
Nous illustrerons l’intérêt de l’utilisation d’implants courts dans les zones maxillaires postérieures avec un cas clinique de bridge complet réalisé en technique CAD/CAM.
Dans les régions postérieures du maxillaire, la pose d’implants standards est souvent limitée par la présence du sinus maxillaire. Le volume osseux sous-sinusien résiduel résultant de la pneumatisation du sinus maxillaire et de la résorption osseuse postextractionnelle a amené les praticiens à élaborer nombre de techniques d’augmentation osseuse : comblement sous-sinusien par voie crestale ou latérale, régénération osseuse guidée, greffe d’apposition etc. Ces techniques d’augmentation osseuse indépendamment de la réticence des patients à les accepter, et ensuite à les supporter, ne sont pas exemptes de complications.
Au cours de ces dernières années, un réel engouement pour les implants courts semble se dessiner, avec des taux de survie équivalents aux implants standards.

Cas clinique : phase chirugicale

Il s’agit d’un patient de 72 ans, en bonne santé et déjà porteur d’implants à la mandibule. Il a bénéficié de 4 implants symphysaires pour stabiliser une prothèse amovible complète et souhaite une réhabilitation fixe au maxillaire.

Analyse des volumes osseux disponibles et planification implantaire

L’analyse des volumes osseux disponibles s’effectue dans le logiciel Simplant® à partir des données Dicom du cone beam du patient. Les zones postérieures sous- sinusiennes ne permettent pas la mise en place d’implants standards sans augmentation osseuse préalable ; ce que refuse catégoriquement le patient (fig. 1).
Des implants courts (L = 6,5 et 8 mm, diamètre 4,6) sont planifiés dans les zones postérieures du maxillaire. Au total, 6 implants Axiom Px (Anthogyr®) destinés à recevoir une réhabilitation fixe sont planifiés sur l’ensemble de l’arcade maxillaire en optimisant le capital osseux disponible (fig. 2a et 2b).

Chirurgie implantaire

Fig. 3 : Implant cylindro- conique autotaraudant avec un col à conicité inversée.
Fig. 3 : Implant cylindro- conique autotaraudant avec un col à conicité inversée.

Les implants sont positionnés sous anesthésie locale. Les implants retenus pour cette réhabilitation présentent un design à double filetage autoforant et autotaraudant et un col à conicité inversée (fig. 3). Ces implants cylindro-coniques permettent d’obtenir un excellent ancrage primaire en favorisant par leur design et le protocole de forage la condensation osseuse y compris dans les zones de faible densité.

Les implants sont placés selon la technique d’extraction-implantation immédiate(EII). Cette technique permet de combiner la cicatrisation postextractionnelle avec la phase d’ostéointégration des implants, ce qui réduit de moitié le temps de cicatrisation osseuse et la durée globale du traitement. L’EII permet par ailleurs de limiter la résorption osseuse post- extractionnelle lorsqu’elle est associée à un comblement (fig. 4). Les comblements osseux sont effectués au moyen d’os allogénique mélangé à un coagulum veineux prélevé en début d’intervention puis recouvert d’une membrane de collagène et de PRF’s.

Fig. 4 : Amélioration du niveau marginal de contact os-implant en implantation simultanée des alvéoles et comblement
Fig. 4 : Amélioration du niveau marginal de contact os-implant en implantation simultanée des alvéoles et comblement

Les implants cicatrisent à l’abri des sollicitations mécaniques : une prothèse amovible complète immédiate est mise en place le jour de la chirurgie, elle sera périodiquement rebasée à la résine souple durant la période d’ostéointégration des implants.

Préférez-vous différer l’implantation ? Dans quels cas réalisez-vous des EII ?

Commentaires

Frédérick GAULTIER

Bonjour
Vous pourriez mettre un point d’interrogation à votre titre.
Nul ne connaît aujourd’hui la réponse à cette question.
Auriez vous eu la même attitude avec un patient âgé 20 ans de moins?

jerome

Case report qui fait un peu placement de produits, avec un argumentaire que l’on peut accoler à n’importe quel implant, et des affirmations marquées sans biblio (je ne dis pas qu’ils sont faux). Dommage :(((

jerome

Dommage (encore) car en allant sur le site de l’auteur, on y rencontre un praticien coutumier des publications et qui semble loin d’avoir deux mains gauches.

peter187

totu a fait d’accord ac fred gauthier…
mécaniquement sur le long terme, on ne connais pas leur resistance aux prévisibles milliers de cycles masticatoires!

martineau

une affirmation gratuite sur l’avenir de ce type d’implants.
Le cas clinique n’est pas décrit. Quels sont les implants placés dans les sites d’extraction.
Pas de cliché pré op.
pas de post op.
inacceptable!

Maxime HELFER

C’est vrai qu’il faut rester prudent sur le long terme avec ces implants courts.
Le recul est limité.
Néanmoins, ils apparaissent comme une solution thérapeutique intéressante pour qui refuse des comblements de sinus.
(Nous avons tous déjà rencontré ce type de patient, par crainte, par refus du matériau de comblement , pour des raisons de durée ou encore de coût majorés)

Afin de satisfaire les curieux (clichés et bibliographie ! ) vous pouvez retrouver davantage de précisions dans l’avant-dernier numéro de Stratégie Prothétique.
Les deux posts du Dr Marcelat sont en effet le condensé d’un article paru à cette occasion.

riri

Avec un peu de recul, ce qui me retiens le plus (surtout au maxillaire ou il y a d’autres alternatives : Summers, Sinus lift…) c’est le vieillissement de ce type de réhabilitation. J’ai parmi mes anciens cas quelques « semi échecs » dont les implants, de longueur classique (10 ou 12mm), sont encore parfaitement stables malgré la perte de plus de la moitié des spires et qui rendent encore service aux patients (fumeurs avec une maintenance aléatoire pour l’essentiel, j’en conviens). Je ne pense pas que sur ces patients des implants courts seraient encore en bouche…
J’ajoute qu’a la mandibule, je me pose moins la question car l’alternative de greffe est plus complexe à mettre en oeuvre.

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