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Les conus : un outil de transition vers l’édentation totale #2

Ce post se propose de détailler le protocole de réalisation au travers d’un cas clinique.

Illustration clinique

Un patient se présente dans le service de prothèse pour douleurs insomniantes au niveau de la mandibule. Il souhaite retrouver des appareils amovibles stables lui procurant un confort masticatoire et ne plus « souffrir », et prétend ne pas porter une attention particulière à l’esthétique.
L’interrogatoire ne révèle pas d’antécédents médicaux, chirurgicaux, ni traitements en cours. Le patient est fumeur (10 à 15 cigarettes par jour) et ne porte plus ses appareils amovibles depuis des mois à cause de mobilités dentaires importantes et douloureuses. De plus, le patient nous a confié qu’il ne souriait plus depuis des années, en raison du mauvais état de ses dents. Pourtant, sans suivi régulier depuis longtemps, il n’a pas porté un grand intérêt à sa santé bucco-dentaire, perdant spontanément ses dents depuis plus de 15 ans. Les examens cliniques et complémentaires ont révélé un édentement de 9 dents au maxillaire et de 12 dents à la mandibule, des crêtes résorbées, la perte de calage postérieur, un articulé inversé secteur antérieur, l’absence de guide fonctionnel, et des appareils amovibles inadaptés. Les égressions de 35 et 44 ne permettent pas leur maintien pour la future prothèse, sans diminuer le rapport couronne/racine et modifier leurs axes. D’un point de vue parodontal, le diagnostic de parodontite chronique sévère a été posé avec présence de mobilités de type 3 à 4 au maxillaire et sur 43 (fig. 1).

Le plan de traitement a consisté en l’édentement total du maxillaire avec la réalisation d’une prothèse amovible totale. Pour la mandibule, le choix de conserver 35 et 44 a autorisé la mise en place des conus afin de stabiliser la prothèse amovible totale mandibulaire par éléments de rétention supra-dentaires, permettant ainsi une évolutivité prothétique, tout en maintenant un certain confort physique et psychique au patient, en l’emmenant doucement vers l’édentation totale. Des appareils amovibles transitoires ont permis la gestion des étapes de réalisation prothétiques d’usage.

Réalisation des éléments de rétention supradentaires type conus

Traitements endodontiques de 35 et 44, diminution des hauteurs occlusales. Des wax up ont été réalisés préalablement afin de calculer la hauteur minimale nécessaire et suffisante pour la réalisation des conus, tout en permettant leur insertion sous la prothèse. En effet, le calcul de l’espace prothétique en amont est primordial pour connaître la possibilité de réalisation. Les wax-up permettent également de guider ces préparations.
Préparations périphériques de 35 et 44, prise d’empreintes aux silicones réticulant par addition et réalisation de la chape métallique, partie mâle des conus. Les préparations des conus 35 et 44 sont parallélisées de manière à permettre une insertion/désinsertion adéquates dans le même axe de la prothèse (fig. 2). Les parties mâles sont réalisées par CFAO de manière à avoir des conus le « plus parallèle » possible (fig. 3a).
Scellement des parties mâles (fig. 3b).
Empreinte anatomo-fonctionnelle aux polyéthers, conus en place, afin d’enregistrer les tissus périphériques en fonction sous légère pression digitale (fig. 4).

Réalisation et essayage du châssis métallique de renfort comportant les éléments femelles des conus, dans le même temps opératoire que la prise de la dimension verticale d’occlusion et de la prise de la relation centrée (fig. 5).

Montage des dents, essayages, polymérisation, mise en bouche et équilibration (fig. 6).

Après mise en bouche des prothèses amovibles, le patient a été revu pour équilibration et contrôles. Peu de temps après la mise en place des prothèses d’usages, l’attitude du patient avait déjà changé : il osait sourire, montrer ses dents et portait un nouvel intérêt à sa santé bucco-dentaire. L’examen des prothèses a montré une parfaite adaptation de celles-ci avec une efficacité assez remarquable du système conus quant à sa stabilité sur l’arcade mandibulaire.

Conclusion

Le patient édenté est toujours à la recherche d’une réhabilitation stable, esthétique et la plus confortable possible. Pour cela, le maintien des dents résiduelles par des couronnes conus peut permettre d’accompagner le patient vers l’édentation totale et doit être considéré comme une option possible pour stabiliser la prothèse. En raison de cet avantage, le conus est un outil dans notre arsenal psychologique à ne pas négliger.

Commentaires

rene

Bonjour
J’utilise les conus de manière différente
Parce que ce que tu montres n’est pas évolutif

Je préfère laisser de l’espace entre la coiffe et l’armature stelitte ( environ 1mm)
Espace que je « rebase » à la resine directement en bouche et qui fait la friction entre le conus et le stelitte .

Avantage , c’est évolutif dans le temps en cas de nécessité de vrai rebasage de la prothèse

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