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Le transfert du modèle maxillaire sur articulateur en prothèse amovible complète : table ou arc facial ? #3

Discussion : quel système choisir ?

Au stade de la maquette d’occlusion

Nous considérons que les deux techniques sont envisageables. A priori, le transfert du modèle maxillaire sur l’articulateur par l’arc facial semble préférable, car cette méthode repose sur la réalité d’un angle anatomique (plan axio-orbitaire-bourrelet réglé) et non sur un modèle de cet angle. Or, dans le cas d’un patient édenté, à ce moment, le plan occlusal n’est pas encore construit…

Le bourrelet a été réglé selon des valeurs moyennes au niveau postérieur (parallélisme approché avec le plan de Camper). En réalité, c’est le modèle maxillaire en plâtre (donc, les crêtes édentées) qui est transféré. À la limite, peu importe le réglage postérieur du bourrelet, si on utilise l’arc facial. Le modèle sera toujours transféré de la même manière par rapport au plan axio-orbitaire. La maquette d’occlusion solidaire de la fourchette n’est que le transporteur du modèle transféré.

L’utilisation de l’arc facial, si elle est possible, perd donc toute pertinence, sans l’existence du plan occlusal réel. Elle n’est donc pas indispensable.

Si l’on considère les trois éléments géométriques fournis par le plan axio-orbitaire, le plan de Camper, et l’angle qui existe entre eux, chaque méthode (arc facial ou table de transfert) substitue une hypothèse à la réalité de ces éléments (fig. 1a). Dans ce cas, l’utilisation du modèle de Camper et d’une table de transfert classique, orientée selon un angle moyen est tout à fait suffisante (fig. 1b).

À ce stade, aucune méthode n’est préférable à l’autre, du point de vue de la géométrie anatomique. La table de transfert présente même un avantage sur l’arc facial : le parfait centrage du point interincisif réglé en bouche, sur le repère cruciforme de la table, et la symétrie du modèle, facilitent le travail du prothésiste de laboratoire pour gérer le montage des dents antérieures maxillaires, le bourrelet ayant été réglé préalablement en bouche d’après des critères esthétiques et fonctionnels.

La partie postérieure du plan occlusal sera agencée par la suite. L’orientation définitive du plan occlusal ne correspond que très rarement au réglage du bourrelet selon le plan de Camper. Ce dernier n’est donc pas un plan de montage, c’est simplement un plan de transfert !

Nous utilisions systématiquement l’arc facial pour transférer le modèle maxillaire, à l’étape des maquettes d’occlusion. Notre fidèle prothésiste nous a avoué qu’il n’en tenait pas compte, et qu’il préférait simplement utiliser la table de transfert… Et pourtant, toutes les prothèses réalisées ont donné entière satisfaction !

C’est donc le prothésiste qui est responsable de la conception de l’orientation du plan occlusal au niveau des dents postérieures.

Le praticien doit impérativement vérifier en bouche la situation idéale du plan occlusal mandibulaire, lors de l’essayage fonctionnel des maquettes, après montage des dents artificielles.

La future prothèse mandibulaire doit être un « repose langue » et non pas une « prison à langue »…

Lors de l’équilibration occlusale finale

Il n’y a aucun doute possible : la mesure réelle du plan occlusal, désormais établi, en relation avec le plan axio-orbitaire, selon un angle bien défini, propre à chaque patient, nécessite impérativement l’emploi de l’arc facial de transfert (fig. 2).

Ce transfert trouve alors tout son intérêt, car le patient peut maintenant être considéré comme un individu denté. La table de transfert ne doit plus être utilisée.

Conclusion

L’opération de transfert du modèle maxillaire en prothèse amovible complète doit être précise et rigoureuse. Elle nécessite :

  • un réglage minutieux du bourrelet occlusal de la maquette (au niveau antérieur, critères esthétiques et phonétiques ; au niveau postérieur, parallélisme approché avec le plan de Camper) ;
  • le montage du modèle maxillaire sur l’articulateur par la table de transfert ;
  • l’agencement des dents artificielles par le prothésiste, répondant aux critères de l’occlusion bilatéralement équilibrée ;
  • un contrôle en bouche des dents montées, sans oublier de prêter attention à l’orientation du plan occlusal mandibulaire (sous la plus grande convexité de la langue) avant la polymérisation des prothèses ;
  • l’utilisation indispensable de l’arc facial lors du transfert de la prothèse maxillaire polymérisée sur l’articulateur ;
  • une équilibration occlusale finale finement conduite.
  • C’est à ce prix que les prothèses seront réellement fonctionnelles et pourront développer toute leur efficacité.

Commentaires

Bonjour Jean-Paul et merci pour cette série de posts détaillés et richement illustrés. C’est une chance pour les lecteurs d’IDweblogs de profiter de ton expérience et de ton savoir.
J’ai deux questions :
1- si je réalise un arc facial de transfert au stade de la maquette et un autre au stade de l’équilibration, ces questions ne se posent pas n’est-ce pas?
2- l’arc facial à embout auriculaire n’est-il pas une source d’erreur dans le sens où il constitue d’une part une approximation de l’axe charnière et d’autre part un risque d’erreur d’ordre esthétique si les conduits auditifs ne sont pas au même niveau où si les embouts sont mal positionnés; l’arc étant alors « de travers ». ?

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