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Le transfert du modèle maxillaire sur articulateur en prothèse amovible complète : table ou arc facial ? #2

Quand procéder au transfert du modèle maxillaire en prothèse amovible complète ?


Le praticien réalise cette opération lors de deux étapes bien définies du traitement prothétique.

Au stade des maquettes d’occlusion (fig. 1a-c)

Le bourrelet de la maquette maxillaire est réglé selon des critères précis :

  • secteur antérieur : réglage esthétique et phonétique (soutien de lèvre, apparence du bord libre du bourrelet, niveau de la ligne des futurs bords libres incisifs, parallélisme du bourrelet avec la ligne bi pupillaire du patient) ;
  • secteur postérieur : réglage selon un parallélisme avec le plan de Camper cutané, matérialisé sur le patient. Pour ce faire, le praticien utilise la cuiller de Schreinemakers. Le transfert du modèle maxillaire, issu de l’empreinte secondaire, s’effectue alors grâce à la maquette d’occlusion réglée.

Au stade postprothétique de l’équilibration occlusale finale des prothèses

Lorsque les prothèses complètes ont été portées quelque temps, après avoir répondu aux doléances du patient, le praticien transfère une dernière fois les prothèses polymérisées sur l’articulateur pour procéder à l’équilibration occlusale finale et régler finement les contacts occlusaux statiques et dynamiques

Attention ! Les praticiens ne réalisent que trop rarement cette équilibration, pourtant fondamentale. En effet, lors de l’étape clinique consacrée à l’enregistrement des rapports intermaxillaires (RIM), le praticien a guidé la mandibule du patient en occlusion de relation centrée. Les articulations temporo-mandibulaires et le système neuromusculaire pouvaient être perturbés (du fait des édentations successives, de l’absence de calage postérieur, d’anciennes prothèses mal conçues…). Le praticien avait donc enregistré la « relation centrée du jour ».

Le patient, porteur de ses nouvelles prothèses correctement réalisées, a effectué pendant les premières semaines une véritable rééducation neuro-musculo-articulaire. Ses muscles se sont contractés, ses condyles se repositionnent plus favorablement dans les cavités glénoïdes. Les prothèses ont donc joué le rôle de gouttières de libération occlusale.
C’est pourquoi il est fréquent de trouver alors une position plus postérieure de relation centrée, après quelques semaines de port des prothèses, qui se sont intégrées. Il est alors indispensable d’enregistrer cette nouvelle situation, de transférer les prothèses sur articulateur et de procéder aux retouches finales d’équilibration occlusale.

Comment procéder au transfert ?

Au stade des maquettes d’occlusion

Avec la table de transfert

Matériel et matériaux :

  • le modèle et la maquette d’occlusion préalablement réglée ;
  • un articulateur ;
  • une plaquette de montage ;
  • une table de transfert ;
  • un bol, une spatule à plâtre ;
  • du plâtre à prise rapide (Snow White [Kerr], plâtre FAG…).

Préparation de l’articulateur : les boîtiers condyliens sont verrouillés, n’autorisant qu’un mouvement d’ouverture-fermeture de l’instrument. Le prothésiste fixe une plaquette de montage à la branche supérieure de l’articulateur. La table de transfert est vissée ou encliquetée à la branche inférieure. La tige incisive est réglée à la graduation « zéro », de telle sorte que les deux branches de l’articulateur soient parallèles entre elles lorsque la tige est en contact avec le plateau incisif.

Transfert du modèle (fig. 2, 3) : le prothésiste centre correctement la maquette d’occlusion porteuse du modèle sur la table. Le centre incisif du bourrelet doit correspondre avec le repère cruciforme médian de la table. La symétrie latérale est vérifiée à l’aide des lignes antéro-postérieures. L’espace disponible entre la branche supérieure de l’articulateur et le socle du modèle est contrôlé en refermant l’articulateur. Cet espace est dévolu au plâtre de solidarisation. Au besoin, le socle du modèle est retouché au taille-plâtre. Un plâtre à prise rapide, de consistance fluide, est préparé et placé sur la plaquette de montage et sur le socle du modèle. L’articulateur est refermé délicatement, jusqu’au contact de la tige incisive avec le plateau. Le plâtre en excès est éliminé. Ainsi, le transfert du modèle situe le bourrelet occlusal selon le plan de Camper approché, et l’articulateur devient la réplique de la cavité buccale.

Avec l’arc facial

Pour les manipulations cliniques (fig. 4-6)

Matériel et matériaux nécessaires :

  • un arc facial ;
  • une pâte thermoplastique (Kerr brune) ou cire Aluwax non toilée ;
  • une flamme douce ;
  • de l’alcool, des compresses.

Manœuvres préparatoires : le bourrelet occlusal de la maquette maxillaire a été préalablement réglé en bouche. La fourchette de l’arc facial est habillée de cire Aluwax ou de pâte thermoplastique sur sa face supérieure (éviter l’excès de matériau sur la face inférieure). La maquette est correctement centrée sur la fourchette et le bourrelet indente le matériau réchauffé, par une pression régulièrement répartie sur le socle du modèle. Vérifier la symétrie et la qualité des indentations, qui doivent être peu profondes.
Le matériau est refroidi dans l’eau. Les embouts auriculaires de l’arc sont nettoyés avec une compresse imbibée d’alcool. Les vis de l’arc facial sont desserrées (et non pas dévissées…). Un quart de tour est suffisant.

Mise en place de l’arc : c’est une opération simple et rapide. La maquette maxillaire est insérée en bouche. La fourchette est placée. Son centrage est vérifié. Le patient est invité à la maintenir fermement avec ses pouces placés symétriquement au niveau latéral postérieur. L’arc est présenté ouvert devant le patient et introduit sur la tige sagittale de la fourchette. Le cardan doit coulisser librement.
La vis de serrage sur la tige est placée vers le haut : en effet, si elle est située vers le bas, elle risque de gêner la mise en place de l’arc sur l’articulateur, par contact avec le plateau incisif de ce dernier.
L’assistant(e), placé(e) derrière le patient, introduit délicatement les embouts auriculaires du compas dans les conduits auditifs externes du patient. Les deux mollettes fermant le compas sont fermement vissées.
Le patient maintient les branches avec ses doigts, tout en continuant à maintenir la fourchette à l’aide des pouces. Le guide nasiaque est présenté et placé sur la branche transversale de l’arc et au contact ferme de l’ensellure nasale. Il est calé et vissé par le praticien. Ainsi, par construction géométrique, les branches du compas de l’arc sont situées selon le plan axio-orbitaire du patient. Il ne reste plus qu’à fixer l’arc à la fourchette grâce aux deux vis. Celle qui le relie à la tige de la fourchette est serrée en premier lieu, suivie de celle qui relie l’arc à la tige verticale. La stabilité de l’ensemble est vérifiée.

Dépose de l’arc : le guide nasiaque est dévissé et déposé. Le compas est ouvert (un quart de tour), et les embouts auriculaires sont retirés. L’arc est déposé à l’envers sur le plan de travail pour éviter toute déformation de l’ensemble.


Pour le transfert sur l’articulateur (fig. 7, 8)

Matériel et matériaux nécessaires :

  • le modèle et maquette d’occlusion ;
  • un articulateur ;
  • une plaquette de montage ;
  • un arc facial ;
  • un support de fourchette ;
  • une spatule à plâtre ;
  • du plâtre à prise rapide.

Préparation de l’articulateur : placer la plaquette de montage sur la branche supérieure de l’instrument. Vérifier le blocage des boîtiers condyliens et relever la tige incisive. Placer le dispositif de support de fourchette sur la branche inférieure. Diriger la vis de serrage du support vers la face postérieure de l’articulateur pour faciliter les manipulations (fig. 8b).

Mise en place de l’arc et transfert : tenir l’arc ouvert devant soi. Engager les embouts auriculaires dans les ergots condyliens prévus à cet effet. Visser le compas et bloquer l’arc. Poser l’articulateur ouvert sur le plan de travail. Stabiliser la fourchette grâce au support solidaire de la branche inférieure et placé au contact de la fourchette. La maquette d’occlusion surmontée du modèle est située dans les indentations de la fourchette. La stabilité est vérifiée.
La branche supérieure de l’articulateur est fermée, jusqu’à l’obtention d’un contact franc avec la branche transversale de l’arc. Ainsi, la branche supérieure et l’arc sont parallèles et orientés selon le plan axio-orbitaire.
L’espace disponible pour la mise en plâtre du modèle est contrôlé. Le plâtre à prise rapide de consistance fluide est déposé sur la plaquette de montage et sur le socle du modèle. La branche supérieure est refermée progressivement par petits tapotements, jusqu’à son contact avec la barre transversale de l’arc.
Après prise du plâtre, l’arc est déposé par ouverture du compas. La tige incisive est replacée à la graduation « zéro ». Le support de fourchette est désolidarisé de la branche inférieure. Le modèle est nettoyé.

Attention ! Nous conseillons vivement au praticien d’effectuer le transfert et de monter lui-même immédiatement le modèle maxillaire sur l’articulateur. Nous avons trop souvent constaté des arcs faciaux adressés au laboratoire dont les fourchettes étaient déviées, décentrées, annihilant tout le bénéfice de la localisation menée en bouche. Si le laboratoire est attenant au cabinet dentaire, le prothésiste peut effectuer le transfert sur articulateur en toute quiétude.

Au stade de l’équilibration occlusale finale (fig. 9a-c)

Avec la table de transfert

Les opérations sont les mêmes que pour le transfert de la maquette d’occlusion. C’est à présent la prothèse maxillaire polymérisée qui est transférée sur la table.

Avec l’arc facial

La seule différence se situe au niveau des indentations de la fourchette. Elles sont réalisées par les dents prothétiques agencées par le prothésiste selon le plan occlusal idéal pour le patient considéré.

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