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Le transfert du modèle maxillaire sur articulateur en prothèse amovible complète : table ou arc facial ? #1

 
Quels sont les plans de référence interéssant le transfert ?
Comment utiliser la table de transfert et l’arc facial ?
Quand les employer en prothèse complète ?
Comment choisir le mode de transfert ?

 
En quarante-cinq années d’exercice professionnel dans le domaine de la prothèse amovible complète, nous avons fréquemment été sollicités par les étudiant(e)s ou les confrères(sœurs), qui nous posaient une question récurrente : « L’utilisation de l’arc facial de transfert est-elle indispensable en prothèse complète ? » Le fruit de l’expérience (privilège de l’âge…) nous permet aujourd’hui de clore ce débat et de faire le point.

Quelques définitions

L’articulateur (fig. 1)

Cet instrument de diagnostic et de traitement est destiné à transférer et à analyser au laboratoire, les relations statiques et dynamiques existant entre la mandibule et le maxillaire. Les transferts ainsi obtenus doivent permettre la conception et la réalisation d’un traitement prothétique.

Attention ! L’articulateur est un instrument indispensable dans tous les domaines prothétiques. Il est impensable de constater, encore aujourd’hui, que certains laboratoires conçoivent leurs prothèses amovibles complètes sur de simples occluseurs !

Plans de référence (fig. 2)

Trois plans principaux sont à considérer pour le transfert d’un modèle sur articulateur en prothèse complète :

Le plan axio-orbitaire

Il est défini par les points suivants :

  • antérieurement, le point fréquemment utilisé est le point sous orbitaire (rebord inférieur de l’orbite oculaire) ;
  • postérieurement, les repères osseux coïncident des deux côtés droit et gauche à la paroi antérieure des méats acoustiques. L’arc facial permet ainsi de déterminer la position du maxillaire par rapport aux émergences de l’axe charnière et au plan de référence, puis de reporter cette situation sur l’articulateur.

Le plan de Camper

Il est défini de la manière suivante :

  • antérieurement : le point sous-nasal ;
  • postérieurement : le centre des conduits auditifs externes, de chaque côté.

L’angulation moyenne entre le plan axio-orbitaire et celui de Camper est de 10°.

Le plan d’occlusion prothétique

C’est le plan selon lequel seront montées les dents prothétiques. En règle générale, il passe par le bord libre des deux incisives centrales et le bord distal des deuxièmes molaires inférieures (GYSI).

Attention ! Ce plan est réalisé en deux étapes successives : Une orientation préliminaire, autorisant la détermination et le transfert de la maquette maxillaire sur articulateur. On règle classiquement le bourrelet occlusal en parallélisme avec le plan de Camper. Cette opération est dévolue au praticien. Une orientation secondaire, créée par le prothésiste sur les modèles montés en articulateur. Ce dernier agence les dents prothétiques pour obtenir un montage équilibré. C’est donc bien le prothésiste qui est responsable de la réalisation du plan d’occlusion final…

Table de transfert (fig. 3)

Il s’agit d’un plateau métallique ou en plastique rigide, fixé par vissage ou encliquetage sur la branche supérieure de l’articulateur. Sa surface est plane. Ce plateau possède une angulation de 10° par rapport à la branche supérieure de l’articulateur. La table matérialise approximativement le plan de Camper moyen, la branche supérieure de l’articulateur étant orientée selon le plan axio-orbitaire.

Sur la table, dans la partie antéro-médiane, se situe un repère cruciforme. Il a été conçu par construction géométrique selon le concept du triangle de Bonnwill (triangle équilatéral de 10 cm de côté, formé par la distance intercondylienne en arrière, et par la distance condyle-repère de chaque côté). Toujours à la surface de la table, sont gravées des lignes symétriques à droite et à gauche, qui aident au positionnement idéal de la maquette d’occlusion maxillaire, au moment de son transfert sur articulateur.

Attention ! La table orientée selon le plan de Camper moyen n’est pas une table de montage des dents ! C’est seulement une table de transfert du modèle maxillaire. Or, nombreux sont les prothésistes qui l’utilisent pour le montage des dents artificielles, en créant de surcroît des courbes de compensation, ce qui se traduit inéluctablement par l’obtention d’une surface occlusale trop haute, transformant ainsi la prothèse mandibulaire en une magnifique « prison à langue » !

Arc facial de transfert (fig. 4)

Quelle que soit le modèle ou la marque, l’arc facial arbitraire est composé de trois éléments principaux :

  • un compas (ou cadre) à deux branches, munies à leurs extrémités d’embouts auriculaires. Ce compas peut être ouvert ou verrouillé à l’aide de deux vis de serrage. Il est articulé autour d’une barre transversale munie d’une tige verticale ;
  • un index de repère antérieur (ou « guide nasiaque »), destiné à placer les branches du compas en correspondance avec le plan de référence axio orbitaire du patient ;
  • une fourchette occlusale munie d’une tige sagittale pour enregistrer en bouche les indentations du bourrelet maxillaire ou de la surface occlusale maxillaire du patient. Elle est fixée à la tige verticale de l’arc facial à l’aide de deux vis et de deux cardans. Elle permet l’obtention de l’angulation individuelle du plan occlusal maxillaire avec le plan axio-orbitaire du patient.

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