Naviguer / Chercher

Comment évaluer les connaissances en prothèses des étudiants ?

L’objectif de ce billet est de vous donner un aperçu du nouveau mode de contrôle des connaissances en prothèses des étudiants de fin de cinquième année de la faculté de Nancy. Le tableau ci-dessous synthétise les examens que doivent valider nos étudiants durant leurs études.

Année d'étude
Formation pratique
Formation théorique
2ème année
Prothèse fixée : un examen par semestre
Un examen au second semestre
Prothèse amovible : un examen par semestre
3ème année
Prothèse fixée : un examen par semestre
Un examen au premier semestre
Prothèse amovible : un examen par semestre
4ème année
Un examen au premier semestre
5ème année
CSCT - ECOS*
Un examen au second semestre
CSCT écrit
6ème année
Un examen au second semestre

*ECOS (Examen Clinique Objectif Structuré)

Nous allons ainsi plus précisément dans cet article nous pencher sur les ECOS : Examens Clinique Objectif Structuré.

L’évaluation des étudiants en odontologie doit être la plus objective possible. La faculté de Paris Descartes avait présenté lors des journées du Collège National des Enseignants en Prothèse Odontologique (CNEPO) la mise en place d’un Examen Clinique Objectif Structuré (ECOS), initiative prometteuse et visiblement réussie. Au même moment, un projet de ce type était initié au sein même de notre composante par un étudiant du DIU de pédagogie médicale, qui avait testé la faisabilité sur un petit nombre d’étudiants volontaires. A Nancy, le mode d’évaluation des étudiants en fin de 5ème année (= Certificat de Synthèse Clinique et Thérapeutique) se répartissait en trois parties : un examen écrit (qui est toujours maintenu) et deux examens oraux avec un jury posant des questions cliniques sur les pathologies de l’adulte et un jury sur celles des enfants. Depuis deux ans maintenant, les étudiants participent aux ECOS qui se déroulent sur deux journées : une journée avec des stations sans matériel et une journée comportant des stations avec matériel.

ECOS…

L’examen clinique objectif structuré (ECOS) est un examen pratique qui permet d’évaluer de façon normalisée des compétences cliniques. Les ECOS sont aujourd’hui considérés comme le gold standard pour l’évaluation de la compétence clinique. Ce sont des examens à stations multiples qui utilisent des patients standardisés, réels ou simulés ; l’étudiant joue ainsi le rôle du praticien et sera évalué sur des attitudes ou aptitudes cliniques, sur l’application clinique de ses connaissance. Ce mode d’examen permet d’évaluer les compétences cliniques des étudiants, et également d’offrir une rétroaction formative aux étudiants par le biais du débriefing.

Cet examen est conçu pour être :

  • clinique : les compétences et les performances cliniques des étudiants sont mesurées. Les contextes de l’évaluation sont strictement normalisés et l’étudiant est questionné uniquement sur le contenu de la station.
  • objectif : tous les étudiants sont évalués à l’aide des mêmes stations avec la même grille et le même schéma de notation. Le fait de noter chaque étudiant avec le même barème rend l’évaluation plus objective. Le patient simulé a un scénario fixe dont il ne déroge pas, ce qui permet à chaque étudiant d’être évalué de la même manière.
  • structuré : chaque station de l’examen a un objectif bien spécifique. Si un patient simulé est nécessaire au déroulement de la station, un scénario très détaillé lui est donné afin de s’assurer que les informations données aux étudiants soient les mêmes, y compris par exemple les émotions que le patient doit manifester lors de la consultation : par exemple un patient énervé par une prothèse qui blesse, ou un patient angoissé par une avulsion à venir. Les instructions à l’étudiant sont rédigées avec soin afin de s’assurer qu’il identifie une tâche bien précise à remplir. L’examen est très soigneusement structuré de manière à inclure le plus large éventail de compétences.

Avantages de l’ECOS

Pour l’évaluateur

Les ECOS permettent d’évaluer un large éventail de compétences cliniques dans un laps de temps relativement court :

  • habileté à obtenir ou interpréter des données ou des résultats d’examen,
  • habiletés techniques,
  • capacité de résolution de problèmes,
  • habileté à communiquer, à exprimer de l’empathie

Les ECOS permettent d’évaluer les réactions du candidat à des réactions imprévisibles du patient ou à un évènement imprévu come par exemple la survenue d’un accident d’exposition au sang.
Les ECOS permettent d’évaluer non seulement le candidat mais également le programme de formation et la manière dont les enseignements se déroulent, ce qui amène dans certains cas le corps enseignant à remettre en cause et à faire évoluer sa manière d’enseigner.

Pour le candidat

Les ECOS permettent au candidat de se confronter à un examen objectif et standardisé :

  • fiabilité inter-évaluateurs,
  • standardisation,
  • validité et fidélité de ce type d’examen,
  • évaluation de multiples compétences,
  • évaluation longitudinale.

Ce type d’évaluation leur permet également d’être évalués sur des gestes techniques et cliniques, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors et ce qui manquait pour valider un cursus avant tout clinique.

Limites de l’ECOS

Les situations cliniques restent artificielles, même si elles partent d’un cas clinique réel ; pour correspondre à l’objectif défini de la station, le rédacteur est nécessairement obligé de modifier le cas clinique de départ. Ceci peut impliquer pour le candidat une difficulté potentielle à « jouer le rôle », la difficulté étant augmentée dans le cas où le patient simulé est un enseignant qu’il connaît. Cette limite peut être détournée en demandant à des acteurs de jouer les stations, solution connaissant à son tour une limite financière prévisible.
D’autre part, certaines situations cliniques sont impossibles à simuler : si l’on prend l’exemple d’un traumatisme chez un enfant, difficile de demander à un enfant de « jouer le patient » ou l’exemple d’une cellulite cervico-faciale, il reste compliqué de mimer simplement un œdème !
L’organisation de ce mode d’examen nécessite de nombreuses ressources :

  • préparation et validation des stations,
  • personnel nombreux pour la supervision et la validation,
  • formation des acteurs et standardisation des évaluateurs,
  • logistique :
    • circuit des étudiants, éviter la fraude
    • locaux,
    • matériel d’examen,
    • fermeture du service si tous les enseignants sont mobilisés,
    • organisation de la permanence des soins au sein du centre de soins
    • préparation des salles d’examens

Vous trouverez ici un exemple de station ECOS.

  • Que pensez-vous de ce mode d’évaluation ?
  • Auriez-vous compris (apprécié ?) ce mode d’évaluation ?

Nous verrons dans un second post les résultats obtenus avec ce type d’évaluation.

Commentaires

simon

Bonjour,
Ça c’est bien un truc de prof….

Sorti il y a une 10aine d’année de la faculté de Clermont, le mot évaluation était bien au centre de tout, avant même d’être formé, il fallait être évalué…!

Lorsqu’il s’agit de trouver un Maître pour montrer, expliquer de la clinique, il n’y avait personne, je dis bien personne à part quelques attachés…

Alors au lieu de nous parler d’évaluation de prothèse, montrer nous ce que vous savez faire cliniquement en prothèse, ce serait beaucoup plus intéressant. Merci.
Votre article n’a aucun intérêt mis à part pour quelques planqués sans compétences cliniques qui se gargarisent de leurs petits pouvoirs. Espérons qu’à Nancy la formation initiale soit meilleure.
Cordialement.

Laisser un commentaire