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Le binôme praticien-prothésiste. Un couple fragile ? #3

Enquête auprès d’un panel de prothésistes

Moyens de communication

Question n°9 : quels moyens de communication avec le cabinet dentaire utilisez-vous ?

  • Fiche de liaison
  • Appel téléphonique
  • Mail
  • Déplacement cabinet/ labo

La fiche de liaison (Fig. 7a)

Fig. 7a : La fiche de liaison.
Fig. 7a : La fiche de liaison.
A la curieuse exception d’un laboratoire qui ne l’utiliserait que quelquefois, la bien nommée fiche de liaison assure systématiquement le lien entre le cabinet et le laboratoire. Souvent assimilée à un simple bon de commande, elle est pourtant le trait d’union essentiel entre le clinicien et le prothésiste. Bien renseignée, elle permet à ce dernier d’optimiser sa réalisation prothétique pour l’adapter à la réalité clinique. Il n’existe pas de fiche standardisée et chaque laboratoire remet au praticien une fiche type. Il est très rare que celle-ci convienne parfaitement aux deux protagonistes. Ne serait-il pas judicieux qu’ils la formalisent ensemble ?
Toute fiche de liaison devrait comporter les renseignements suivants :

  • nom du praticien prescripteur,
  • nom du patient, codé pour respecter le secret médical, ainsi que son âge, son sexe, ses caractéristiques morphologiques,
  • date du prochain rendez-vous,
  • schéma dentaire : à l’heure où tous les cabinets sont informatisés, il serait facile de transmettre une impression de l’arcade complète : des renseignements complémentaires précieux y figurent, comme les dents dépulpées, celles porteuses de reconstitutions corono-radiculaires et/ou coronaires,
  • descriptif précis du travail demandé : type de prothèse, dents concernées, matériaux, forme, couleur en précisant le teintier de référence,
  • planification des différentes séquences prothétiques prévues. Tout praticien entreprenant une restauration prothétique réalise un plan de traitement pour organiser ses rendez-vous : le transmettre au prothésiste permettrait à ce dernier de le valider en termes de faisabilité et de délais et de pouvoir lui aussi organiser son planning,
  • pour les restaurations esthétiques un schéma en couleurs apportera des renseignements complémentaires quant à des particularités morphologiques et/ou structurelles, en complément de photographies intrabuccales et d’un relevé spectro-colorimétrique.

Le téléphone (Fig. 7b)

Fig. 7b : Le téléphone.
Fig. 7b : Le téléphone.
Les réponses se partagent pratiquement pour moitié entre souvent et toujours. Une conversation téléphonique éclaircit souvent des points confus ou insuffisamment développés dans la fiche de liaison. Il faut saluer ici l’importance capitale de l’assistante dentaire car elle réalise l’interface la plus fréquente entre le praticien et le prothésiste. La plupart des problèmes se résolvent par son intermédiaire.

Le mail (Fig. 7c)

Fig. 7c : Le mail.
Fig. 7c : Le mail.
Seuls 20 % des laboratoires utilisent cet outil régulièrement (souvent 7 %, toujours 13 %) alors que 73 % ne l’utilisent que quelquefois, voire jamais pour 7 % d’entre eux.
Pourtant cet outil fantastique présente de nombreux avantages et permettrait de transmettre comme évoqué plus haut la fiche clinique porteuse de précieux renseignements (cryptée pour respecter le secret médical et rendue anonyme), des photographies…

La rencontre directe avec le praticien (Fig. 7d)

Fig. 7d : La rencontre directe avec le praticien.
Fig. 7d : La rencontre directe avec le praticien.
Un déplacement du chirurgien-dentiste au laboratoire ou du prothésiste odontologique au cabinet dentaire permet l’irremplaçable échange humain avec toute sa richesse et sa complexité. Il n’est bien sûr possible que dans le cadre d’une proximité géographique et discrédite la concurrence des pays émergents. Lui seul permet un véritable partage et une discussion autour de plans de traitement, de réhabilitations prothétiques complexes, de choix thérapeutiques, d’avancées technologiques, de nouveaux processus, de nouvelles normes et réglementation…
60 % des prothésistes rencontrent régulièrement leurs clients (toujours 33 %, souvent 27 %) et 40 % d’entre eux ne le font que quelquefois
Si la moyenne s’établit à 14 rencontres mensuelles, d’énormes disparités existent : un prothésiste rencontre chacun de ses clients 1 à 2 fois par jour (probablement un petit laboratoire avec quelques clients de proximité), alors qu’un autre ne les rencontre qu’une fois par mois (pour remettre la facture en mains propres ?).

Les éléments transmis dans le cadre de restaurations « esthétiques »

Question n° 11 : Pour les restaurations « esthétiques », avez-vous recours aux éléments suivants ?

  • Photographies intrabuccales
  • Schémas de couleur – Spectrocolorimètre
  • Rencontre avec le patient

Les photographies intrabuccales (Fig. 8a)

Fig. 8a : Les photographies intrabuccales.
Fig. 8a : Les photographies intrabuccales.
Les clichés numériques dématérialisés peuvent être aisément transmis du cabinet au laboratoire. Outil aujourd’hui indispensable et de manipulation simplifiée, il n’est pourtant utilisé régulièrement que par 60 % de notre échantillon (souvent 40 %, toujours 20 %). Seul un laboratoire n’y a jamais recours, alors qu’un tiers l’utilise quelquefois.
Le cliché doit être réalisé sur des dents séchées modérément et non déshydratées, sur fond noir de préférence. Un cliché large incluant les échantillons du teintier entre lesquels une hésitation est de mise sera d’abord réalisé. En l’absence de spectrocolorimétrie ou de rencontre directe entre le patient et le prothésiste, il fournira de précieuses informations sur la couleur des dents naturelles voisines. Un second cliché macrophotographique de la dent voisine (et/ou de la dent naturelle controlatérale si elle est présente) sera réalisé pour préciser la morphologie détaillée, la structure dentinaire sous-jacente, la transparence, les zones opalescentes,les décalcifications, taches de fluorose ou autres colorations.
Il sera indispensable d’étalonner la chaîne colorimétrique : des sondes de calibration permettent de reproduire plus fidèlement les couleurs à l’écran, mais leur usage peine à émerger du monde de la photographie professionnelle et de la reprographie.

Fig. 8b : Le schéma de couleur.
Fig. 8b : Le schéma de couleur.

Le schéma de couleur (Fig. 8b)

Essentiel avant l’avènement de la photographie, il a perdu de son importance mais reste très utilisé en l’absence d’analyse esthétique effectuée directement par le prothésiste. Certains praticiens y attachent un grand soin et transmettent un maximum de détails à leur partenaire prothésiste.

La spectrocolorimétrie (Fig. 8c)

Fig. 8c : La spectrocolorimétrie.
Fig. 8c : La spectrocolorimétrie.
Par ce néologisme regroupant la spectrométrie et la colorimétrie, nous regroupons les différents modes d’enregistrement de la couleur se substituant à l’œil humain. Le spectrophotomètre mesure la longueur d’onde réfléchie par un corps sous un éclairage calibré. Moins précis, le colorimètre analyse la couleur réfléchie par le biais de trois filtres dédiés aux trois couleurs primaires.
Encore très peu répandue, cette technologie n’est utilisée régulièrement que par un prothésiste sur cinq (souvent 7 %, toujours 13 %). 60 % ne l’utilisent jamais et 20 % quelquefois.
Si elle est très intéressante, cette technique ne remplacera jamais la finesse d’analyse et de discernement de l’œil et du cerveau humains et montre ses limites dans le cas de dents présentant des zones de couleurs différenciées.

Rencontre directe avec le patient (Fig. 8d)

Fig. 8d : La rencontre directe avec le patient.
Fig. 8d : La rencontre directe avec le patient.
Plébiscitée tant par les praticiens que par les prothésistes, elle permet d’éviter la distorsion des informations lors de leur transmission : erreur de relevé de couleur à l’aide du teintier, environnement chromatiquement non neutre, appareil photographique mal utilisé (balance des blancs, maîtrise de l’éclairage artificiel), écran non calibré… si le prothésiste maîtrise lui-même tous ces facteurs ! Quelque 80 % des prothésistes dentaires rencontrent fréquemment directement le patient pour collecter toutes les données nécessaires à une optimisation de leurs restaurations ; 47 % le font toujours et 33 % le font souvent.

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