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Le binôme praticien-prothésiste. Un couple fragile ? #1

Si l’histoire de l’art dentaire commence en Egypte à la fin de la quatrième dynastie (2500 avant JC), jusqu’à une époque récente, le chirurgien-dentiste conçoit et élabore lui-même les restaurations prothétiques. Ce n’est qu’avec l’avènement des soins conservateurs et des techniques chirurgicales au XXe siècle que le chirurgien-dentiste déléguera au mécanicien dentiste le soin de les réaliser. Le praticien forme alors lui-même son précieux collaborateur.
Si quelques précurseurs créent les premiers laboratoires indépendants de prothèse dentaire dans les années 1920-1930, il faudra attendre l’arrêté ministériel du 31 mai 1974 pour voir reconnu le métier de prothésiste dentaire.

Aujourd’hui, rares sont les prothésistes à exercer encore au sein d’un cabinet dentaire. De salarié du chirurgien-dentiste, le prothésiste dentaire est devenu un artisan indépendant, et le lien commercial qui est né de cette dichotomie a considérablement modifié leurs rapports. Avec le développement des transports, il est désormais possible pour un cabinet dentaire de confier ses travaux à un laboratoire distant, voire très éloigné, nous livrant ainsi à la merci de la concurrence des pays à bas coût de production. Les prothésistes dentaires sont également inquiets de la part croissante du numérique dans leur activité et de voir un jour les machines les supplanter.
Un état des lieux de la relation entre praticiens et prothésistes s’imposait et nous les avons sollicités dans le cadre d’une double enquête.

Enquête auprès d’un panel de praticiens

Dans le cadre du mémoire de gestion présenté en épreuve anticipée du Brevet Technique des Métiers Supérieurs, nous avons inclus quatre questions dans les enquêtes prospectives que les étudiants en troisième année de prothèse dentaire de l’ISNA (Institut Supérieur National de l’Artisanat, à Metz) ont adressées à 342 praticiens de diverses régions françaises et nous avons reçu 165 réponses, soit un taux de retour de 48 %.

Avec combien de laboratoires travaillez-vous? (Fig. 1)

Fig. 1 : Nombre des laboratoires partenaires.
Fig. 1 : Nombre des laboratoires partenaires.
En moyenne, chaque praticien travaille avec 2,3 laboratoires mais derrière cette valeur se cachent d’étonnantes disparités. Un praticien sur cinq est fidèle à un unique partenaire, le laboratoire polyvalent apte à répondre à toutes ses exigences.
44 % des praticiens travaillent en collaboration avec deux laboratoires. On retrouve le schéma classique d’un laboratoire de prothèse fixée, et un laboratoire de prothèse amovible.
22 % des praticiens travaillent en collaboration avec trois laboratoires et 10 % avec quatre laboratoires. Le recours à des laboratoires supplémentaires peut se justifier sur des critères de compétences spécifiques : implantologie, orthodontie, maîtrise de nouveaux matériaux…

Avez-vous un laboratoire de prothèse intégré au cabinet dentaire ? (Fig. 2)

Fig. 2 : Part de laboratoires intégrés dans les cabinets dentaires.
Fig. 2 : Part de laboratoires intégrés dans les cabinets dentaires.
Cette question essentielle à l’étude de marché s’avère également très intéressante dans notre enquête. En effet, si historiquement le métier de prothésiste dentaire est né dans les cabinets dentaires, seuls 5 % des cabinets interrogés possèdent encore un laboratoire intégré. De collaborateur travaillant au plus près du patient, le prothésiste est aujourd’hui devenu un partenaire commercial, un « fournisseur de dispositif médical sur mesure » selon la législation…

Classez de 1 à 6 les critères de choix de votre prothésiste (Fig. 3)

Fig. 3 : Critères de choix du laboratoire.
Fig. 3 : Critères de choix du laboratoire.
La qualité arrive largement en tête, constat rassurant quant aux exigences des praticiens. La réactivité arrive ensuite, impliquant les deux critères suivants à égalité : la proximité et les délais.
Ces qualités sont l’apanage des laboratoires de proximité et écartent, à notre sens, la concurrence étrangère délocalisée dans les pays à bas coût de production.
Le prix arrive en avant-dernière position, confirmant qu’une prothèse fabriquée en France par un artisan proche et compétent et vendue à sa juste valeur a encore de beaux jours devant elle.
Enfin, à la dernière place, les nouvelles technologies ne semblent pas passionner les praticiens. Là encore, voyons-y un message positif quant à notre avenir face aux machines.

Indice de satisfaction des relations des praticiens avec leurs prothésistes

Avec un indice de 8,7/10 nous pouvons affirmer que les praticiens sont très satis- faits des relations qu’ils entretiennent avec leurs prothésistes.

Enquête auprès d’un panel de prothésistes

Un courrier a été adressé aux 96 prothésistes inscrits à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Moselle. Seules 15 réponses nous sont parvenues, signifiant un taux de retour de 15,6 % seulement, là où les chirurgiens-dentistes ont répondu à 48 %. Cet écart est très important et nous tenterons d’en analyser les causes potentielles dans nos conclusions.

Secteur d’activité (Fig. 4)

Première question : comment se répartit votre activité dans les secteurs suivants ?

  • Prothèse fixée
    Dont travaux supra-implantaires
  • Prothèse amovible
    Dont travaux supra-implantaires
  • Orthopédie Dento-Faciale

Fig. 4 : Type d’activité du laboratoire.
Fig. 4 : Type d’activité du laboratoire.
La prothèse fixée représente 65 % de l’activité des 15 prothésistes qui ont répondu à notre enquête. Deux laboratoires exercent exclusivement dans ce secteur. Les travaux supra-implantaires comptent pour 18 % de ces travaux et seul un laboratoire n’en réalise aucun.
La prothèse amovible représente 33 % de l’activité globale. Les travaux supra-implantaires représentent 9 % de secteur. Si l’on exclut le laboratoire haut de gamme qui réalise 80 % de ses travaux de prothèse amovible sur implants, on aboutit à une moyenne pondérée de seulement 3,4 %. Seul, un laboratoire est spécialisé en prothèse amovible (et en orthodontie). L’orthodontie ne représente que 2 % de l’activité, résultat sous-évalué par l’absence de réponse de laboratoires pratiquant exclusivement cette spécialité. Elle n’est pratiquée que dans deux des quinze laboratoires qui ont répondu, soit 13 %.

Commentaires

naval

Nouvelles technologies? S’agit il de nouvelles nouveautés quand on voit le prix alors que l’on peut s’en passer? L’expérience permet de faire la part des choses. Il y a nouveautés et vraies nouveautés…
Au début de mon exercice j’aurais connu deux prothésistes au sein d’un cabinet d’orthodontiste avec assistante au fauteuil. Le pieds!
Puis ce fut la jouissance de créer un cabinet dans Paris avec un bon céramiste indépendant et un prothésiste exclusif en amovible à proximité. La joie de se retrouver, discuter de vive voix au labo autour d’un bon fromage entrecoupé d’une bonne bouteille de vin. Voir partager un spectacle ou un restaurant. Le plaisir d’être ensemble…
Aussi il est facile de comprendre que rien ne remplacera ces laboratoires de proximité. C’est tellement humain de savoir qui fait le travail.
Regardez les qui arrivent vers nous, ces Machines soufflant le meurtre dans nos relations humaines.
Dans l’enceinte du cabinets les chiennes entrer, celles qui flairent le numérique …. cherchant à nous faire passer de nos prothésistes.
Le rêve qui flottait avec mes prothésistes n’a plus longtemps pour être vrai.
La technologie couteuse à sa démarche perfide porte à deux mains le sort des relations humaines au tranchant du couteau.
Le tiers payant généralisé s’approche…
Nous devons tous mourir…. mourir… tous.. nous devons.. tous! …mourir..
Quand nos corps disloqués jetés à la gueule des fauves dans l’arène des politique en offrande à leur programme… Une nouvelle génération numérique toute flambante nous remplacera… en une organisation toute différente.
Qu’Emmanuel Macron de sa toute puissance fasse bien les choses…
Dramaturgie théâtrale!

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