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Résultats du quiz entretien des prothèses amovibles complètes

Merci aux plus de 100 confrères/consoeurs qui ont répondu à notre questionnaire sur les conseils d’entretien des prothèses amovibles complètes !
Cette étude succincte est particulièrement intéressante et riche d’informations sur les conseils prodigués par les praticiens.

Quelle méthode de nettoyage préconisez vous à vos patients lors de l’insertion prothétique ?

La quasi totalité des praticiens recommande le brossage de la prothèse avec une brosse adaptée, généralement plus grande avec des zones convexes/concaves et des brins rigides (de diamètre plus important).
En effet, une action mécanique est indispensable pour un nettoyage efficace. La brosse à dent habituelle peut faire l’affaire mais elle est moins adaptée que les brosses prothétiques.
Cette action mécanique doit être complétée par un phénomène chimique de nettoyage (détergent). Le produit le plus couramment conseillé est le savon simple (3/4 des praticiens) qui est omniprésent dans nos salles de bains. En particulier le vrai savon de Marseille en pain. Il n’est pas agressif pour les surfaces prothétiques et il est efficace.

Dans une moindre mesure, nous conseillons aussi à nos patients d’employer du dentifrice (1/4 des praticiens environ). Ce dernier présente plusieurs avantages par rapport au savon : les patients l’emploient généralement volontiers puisqu’il s’agit du même produit de lavage que les dents naturelles. Il est possède souvent un parfum plus agréable (en bouche) et la quantité de silice ou de bicarbonates qu’il contient nettoie très efficacement.

En revanche, il peut provoquer à long terme avec une brosse rigide, une détérioration de l’état de surface et une perte du polissage de la résine de base.

Les produits commerciaux, pastilles effervescentes, reposent sur l’emploi d’acide citrique et de tensio-actifs pour une action détartrante et désinfectante.
Ils s’emploient périodiquement plutôt en complément des nettoyants évoqués précédemment. Il est intéressant de constater que seulement 1/3 des praticiens recommandent leur utilisation.

A quelle fréquence (combien de fois par semaine) ?

Quelques praticiens recommandent le nettoyage 1 à 3 fois par semaine, ce qui semble plutôt étonnant. La très nette majorité conseille un nettoyage quotidien ou pluriquotidien.
Ce que n’a pas permis de mettre en lumière cette interrogation (question peut être pas assez ciblée) c’est la fréquence des différentes méthodes de nettoyage et la combinaison des techniques.
Il est probable qu’on puisse par exemple proposer un ou deux nettoyage(s) quotidien(s) au dentifrice et une et deux immersion(s) avec des produits commerciaux.

Demandez vous aux patients de retirer ou garder leur prothèse la nuit ?

Cette question toujours pas tranchée (preuve en est avec pratiquement 50/50 de réponses dans les résultats) semble liée aux habitudes du praticien et individuellement à chaque patient.

Les deux situations présentent des avantages et des inconvénients :

Retirer sa prothèse

Cela demeure un gros avantage sur le plan bactériologique en supprimant le milieu confiné et anaérobie entre l’intrados prothétique et les surfaces d’appui muqueuses. Ainsi la prolifération bactérienne ou fongique est limitée. Le risque d’inflammation muqueuse de type stomatite prothétique est également moins important.

Garder sa prothèse

Si sur le plan biologique, il est plus défavorable de conserver sa prothèse en permanence, c’est un facteur essentiel d’intégration sur le plan psychologique. Quel praticien n’a jamais été confronté à un patient qui ne souhaite pas dévoiler à son conjoint sa situation d’édenté ?
Pour eux, il n’est donc tout simplement pas question de se montrer sans leur prothèse.

C’est pourquoi il semble compliqué d’imposer une manière de faire et il est sans doute indispensable de tenir compte des habitudes du patient (si ce n’est pas sa première prothèse amovible).
Connaître le contexte, le mode de vie et les habitudes prises, fait partie de notre examen clinique, psychologique et doit nous guider dans les conseils prodigués.

Commentaires libres des internautes

Les commentaires laissés par les confrères interrogés sont étonnement similaires et peuvent se résumer ainsi :

  • L’état des prothèses est très variable d’un patient à l’autre (tout comme la qualité du contrôle de plaque en denture naturelle) ; il semble que la qualité et la fréquence du nettoyage soit donc très variable.
  • d’autres produits sont régulièrement conseillés : le vinaigre blanc ou de cidre pour détartrer les prothèses. Cela fonctionne bien, à condition de compléter par une action mécanique et de l’utiliser pur, et peut convenir particulièrement aux patients désireux de produits naturels/bio. Le second produit cité plusieurs fois est l’eau de Javel qui assure une désinfection remarquable. Attention cependant à plusieurs points :
    une dilution à 10% est indispensable, le temps de contact ne doit pas être prolongé au delà d’une heure, pas plus d’une fois par semaine au risque de voir une détérioration de la couleur notamment de la base prothétique. Enfin l’hypochlorite de sodium corrode les alliages métalliques en particulier les alliages cobalt/chrome des PAPIM (stellites). A proscrire donc en cas de base métallique ou renfort qui dépasse de la résine.
  • le brossage est systématiquement conseillé quotidiennement, souvent au dessus d’un lavabo rempli d’eau en cas de chute !
  • le port nocturne est fréquemment laissé au libre arbitre du patient après avoir expliqué les avantages et inconvénients. Une période initiale de port permanent est néanmoins souvent conseillée par les confrères.
Allez-vous modifier vos conseils à vos patients à la suite de ces informations ?

Commentaires

Anne

Par expérience, je pense que ce sujet doit être traité différemment quand nous sommes avec des patients dépendants (âge ou handicap).

Arguments pour le port des prothèses la nuit :
– Dans le cas de personnes Agées ou handicapées, il faut être attentif à la notion de « corps étranger ». Si on ôte la prothèse la nuit, le patient a souvent plus de mal à la reconsidérer comme faisant partie de sa bouche le matin, à la réinsertion (surtout les patients âgés atteints de démences). Ce n’est pas le cas lorsque l’on l’enlève seulement quelques minutes pour le nettoyage après le repas. c’est pour la même raison que l’on va rebaser un vieil appareil, plutôt que d’en faire un nouveau, car on sait que lorsque le patient est très âgé, il aura beaucoup de difficultés à accepter un nouvel appareil. Cela ne dépend absolument pas des qualités de l’appareil mais bien de la capacité, très diminuée, du patient à s’adapter à une situation nouvelle. On est sur une notion de mémoire inconsciente qui ne peut plus suffisamment se modifier.
– Dans les maisons de retraite, lorsque la prothèse est ôtée la nuit, on oubli trop souvent de la remettre à la personne, le matin, avant de lui donner son petit déjeuner.
– Dans le handicap, certain patients sont atteint de bruxisme important. Dans ce cas, le port des appareils diminue l’importance du bruxisme, soulage les ATM et protège les dents restantes. Bien sur, dans ces cas là, il est important de surveiller l’usure de l’appareil et de revoir régulièrement la hauteur.

naval

Anne votre commentaire est très intéressant et retient tout particulièrement mon attention.

Il y aurait beaucoup de choses à dire dans les maisons de retraite et j’aurais tendance à avoir de l’empathie pour les résidents et résidentes… présentes sans le vouloir!

Le grincement d’un complet chez une résidente peut traduire toute l’anxiété d’être là.

La fin de vie est un naufrage et les considérations dentaires passent au second plan. Les filles ont beaucoup à faire et leur tache difficile.

L’handicape de la mémoire oblige à ne rien modifier dans les habitudes et comme vous le précisez à ne pas soustraire la personne de ses appareils.

Maxime

Partisan du port permanent du complet à sa pose, le patient fait en réalité ce qu’il veut et m’informe par la suite de lui même s’il porte ou non son appareil la nuit.

Le « porteur » de complet sort toujours du cabinet avec une belle brosse adaptée.

Je ne connais pas le gout que peut laisser le « savon » de Marseille et s’il s’agit d’un vrai « savon » de Marseille.

Par contre je prescris un bain de bouche au patient pour avoir une impression de fraicheur le jour où il en a envie, sans bien entendu que cela soit systématique.

Je m’interroge sur l’utilisation d’une petite pointe d’adhésif sous le complet avant de manger et le patient m’informe s’il s’en passe.

Les résultats de votre enquête ont le mérite d’attirer notre attention sur le plan bactériologique, de nous poser la question sur le port nocturne et de laisser le libre arbitre au patient.

Cordialement

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