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Quels tracés prospectifs pour réaliser les châssis ? #1

Voici deux moulages d’étude sur lesquels doit être tracé le dessin des futurs châssis métalliques de deux PAP (Fig 1 et 2). L’occlusion est stable en OIM, l’espace prothétique est satisfaisant. Noter la présence de diastèmes antérieurs au maxillaire (Fig 3, 4, 5). Les vues linguales permettent d’apprécier les points d’impact occlusaux (Fig 6 et 7).

  • Quels tracés préconisez-vous ? Où situez-vous les appuis occlusaux (taquets et appuis cingulaires), les crochets et les potences ?
  • Doit-on réaliser beaucoup de corrections (améloplasties) pour intégrer les éléments d’appui du futur châssis ?
Bibliographie

Commentaires

dyschromie

Bonjour,
Pour les réponses à la première question (selon moi, toute correction étant la bienvenue), l’image correspondante est en pièce jointe au message.
Pour ce qui est des aménagements pré prothétiques, je ferais une coronoplastie sur :
– 47 en occluso distal pour contrer l’égression
– 27 et 37 en mésial pour contrer la version (on peut s’en passer mais le port du stellite sera plus confortable, en particulier histoire d’éviter les bourrages alimentaires)

Pour le maxillaire :
– Crochet de ackers sur 25 27
– Crochet de Nally martinet sur 15
– Appui occlusal mésial sur 13 23
– Selles grillagées pour remplacer les dents absentes
– Plaqua palatine ajourée car seulement trois dents à remplacer
– Fil d’appui coronaire 15 14 13 et 25 24 23 (décolleté secteur 2 car englobe trois équivalents cuspide)
On évite le problème des trous noirs antérieurs de ce fait. On pourra incliner les potences de 13 23 un peu plus en distal pour limiter encore la visibilité du métal par l’arrière lors du sourire.

dyschromie

Pour la mandibule :
– Crochet de ackers sur 38 35 45 47
– Taquets d’appui et crochet vestibulaire sur 32 42 (si nécessaire améloblastie des angles mésiaux pour placer deux dents d’un volume cohérent en 31 41, à objectiver dans le sourire)
– Selles grillagées pour remplacer 36 37 46 31 41
– Barre linguale pour lier le tout (appuis sur 32 42 uniquement au niveau des taquets pour ne pas trop les charger compte tenu de la maladie parodontale, pas de fil d’appui cingulaire)

Et sinon j’ai une question : les modèles photographiés sont-ils coulées en plâtre ? Le rendu de surface me fait penser à celui des résines de coulée.

Merci d’avance pour vos réponses

mehdialthani

@ Dyschromie

Merci pour cette réponse claire et pédagogique !!!

Rappelons les classes d’édentement :
Maxillaire : Classe II subdivision 1
Mandibulaire : Classe III subdivision 2 (on est bons ? 🙂 )

Je suis d’accord sur les tracés, sur l’usage d’une plaque double entretoise au maxillaire puisque l’appui est essentiellement dento-parodontal. Je suis d’accord aussi sur le placement des appuis secondaires sur 13/23 (Classe de Cummer II)

J’ai cependant une question
– L’usage de crochets sur les incisives mandibulaire est justifié par quel principe ici ? (rétention supplémentaire ?)

Merci !

Et Merci au Dr Cheylan, on veut plus de cas dans le genre 🙂
(PS, pour la conception du chassis metallique, on utilise uniquement des platres, type IV en l’occurence, choisis pour leur dureté, une coulée en résine est elle acceptable ?)

Jean-Marie CHEYLAN

Bravo mes chers confrères, ces tracés permettront de préserver les dents restantes… car l’objectif de la PA n’est pas seulement de remplacer les dents absentes mais également de préserver les dents restantes!
d’accord à 90 % avec « Dyscromie » : les améloplasties sont bien réfléchies et la potence en mésial de 14 est bien placée (il est INTERDIT de placer une potence directe avec un appui distal sur une dent bordant un édentement postérieur non encastré, pour éviter l’effet « décapsuleur »). Secteur 2 maxillaire, tout est ok et effectivement le diastème antérieur contre-indique la barre cingulaire. Néanmoins, pourquoi ne pas faire un décolletage à droite entre 13 et 15? il est important de dégager la gencive marginale à ce niveau… le post suivant vous proposera un moyen de l’obtenir… Le choix d’un cadre palatin est pertinent mais nous paraît présenter un inconvénient : pour garantir la rigidité il faut une entretoise postérieure assez épaisse, en tous cas plus épaisse qu’une plaque palatine de 0,6 dixièmes qui recouvre certes tout le palais (mais bien décolletée) mais qui finalement est moins ressentie par la langue qui perçoit les différences de dénivelé entre métal, muqueuse, puis encore métal… mais c’est souvent le choix du patient! Pour la mandibule, OK également mais sans crochets sur les incisives, comme le suggère mehdialthani : tous les édentements sont encastrés et la prothèse n’est soumise qu’à des mouvements de translation verticale : donc à priori les crochets postérieurs suffisent à lutter contre ces déplacements (sans considérations esthétiques ils seraient toujours les bienvenus!) En revanche, une barre corono-cingulaire permettrait de « rigidifier » l’ensemble et améliorerait la stabilisation transversale…
C’est bien du plâtre utilisé pour les moulages (type IV Fuji Rock). Il est généralement préconisé pour les modèles destinés à élaborer les châssis, car d’une grande dureté. Néanmoins notre confrère a raison : lorsque les crêtes édentées présentent des contre-dépouilles ou que les selles sont étendues et support de fausses gencives volumineuses, il est préférable de prendre un plâtre plus tendre (type III ADDA) car lors du démouflage il y a risque de fracture de la résine avec un plâtre trop dur (on préfère casser le plâtre pour préserver la prothèse plutôt que l’inverse).
PS : pour les classes vous êtes tout bon! (un ancien de Montrouge sans doute 😉 !)

mehdialthani

Encore merci Dr Cheylan pour ces remarques pleines de pertinence (comme toujours !!)
En effet, on est passés à coté du décolletage en secteur 1 antérieur !
La plaque pleine décolletée est un choix judicieux également, le gain de « poids » n’est ici, pas un élément déterminant.

Et non ! je suis encore étudiant à Paris 7, mais j’en profite pour exprimer ma sympathie et mes salutations au département de prothèse de Montoruge 😉
(PS je passe très souvent devant votre cabinet, vous êtes dans le quartier :D)

dyschromie

Merci beaucoup pour vos réponses (et votre rapidité !)

Pour ce qui est des crochets sur les incisives mandibulaires, j’ai tendance à en mettre un peu partout, appliquant le principe ceinture et bretelles… Mais j’avoue que j’ai du mal à savoir où s’arrête le zèle et où commence l’excès.

Je trouvais dommage également de ne pas pouvoir décolleter (à priori !) entre 13 et 15, car l’espace disponible pourrait créer une diapneusie ou ischémier la gencive (espace de décolletage trop faible). Je suis impatiente de voir votre solution, pour ajouter une nouvelle corde à mon arc !

Voici maintenant la longue liste des questions : en quoi le fait d’avoir besoin d’une entretoise épaisse est un inconvénient ? Et pourquoi en particulier celle en postérieur doit être épaisse, par comparaison avec l’antérieure ? Si je vous comprends bien, le choix entre une plaque palatine décolletée et deux entretoises doit se discuter avec le patient ?
Une autre question encore : au sujet de la barre corono-cingulaire à la mandibule : si des préparations pour appuis cingulaires (type taquet d’occlusion) sont réalisés au niveau des incisives, ne suffisent-elles pas à stabiliser transversalement le stellite, et à le rigidifier en « raccourcisssant » la barre en deux tronçons distincts séparés par un selle grillagée (un secteur 3, et un secteur 4) ?

En vous remerciant par avance et vous souhaitant une bonne soirée

Ps : c’est le bal des étudiants sur le blog de prothèse xD

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