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Spécialistes, médecins traitants et chirurgiens dentistes face aux désordres de l’appareil manducateur.

Sur le dernier cas clinique que j’ai proposé pour réfléchir à la place de la position mandibulaire dans l’élaboration du plan de traitement, un internaute, wytango, nous a fort justement rappelé que nous ne devions jamais nous priver des lumières d’un confrère à qui nous pouvons référer le patient en cas de doute diagnostic.

post 9.10

Ce point est capital car nous, chirurgiens dentistes, ne disposons pas des compétences médico-chirurgicales ou thérapeutiques des nombreux spécialistes qui peuvent croiser, eux aussi, la route des désordres de l’appareil manducateurs (DAMs). wytango avait cité le neurologue et c’est vrai que pour toutes les douleurs oro-faciales que décrivent les patients souffrant de DAMs, il faut garder à l’esprit que les neurologues et les doloristes ont des moyens différents des nôtres de faire les diagnostics ; tout simplement parce qu’ils ont des compétences et des outils que nous n’avons pas. Et il faut remercier wytango de nous avoir communiqué quelques références utiles.

Cette démarche de prudence (primum non nocere), pour tout ce qui concerne les désordres de l’appareil manducateur, nous enjoint de ne jamais oublier les spécialistes à qui nous pouvons faire appel : l’ORL et le chirurgien maxillo-facial bien sûr, mais aussi le rhumatologue, l’orthoptiste, le kiné ou l’ostéopathe, sans oublier le centre anti- douleur ou les psychologues. Et en privilégiant le médecin traitant qui, dans tous les cas sera le mieux placé pour être le pivot de la prise en charge. Trop souvent le médecin traitant n’est pas systématiquement associé à nos démarches de référencement de nos patients vers les spécialistes ; c’est une erreur car, non seulement les médecins traitant sont bien informés des conséquences douloureuses et régionales des désordres de l’appareil manducateur, mais en plus ils ne demandent qu’à connaître des chirurgiens dentistes les moyens de soulager leurs patients sans passer par les cases trop souvent inutiles des scanners et autres IRM.

Ceci étant posé, il faut bien admettre que la relation du chirurgien dentiste avec ces autres thérapeutes ne peut se limiter au simple courrier de référencement :  » Je vous adresse Mme. X pour que vous puissiez la soulager de ses douleurs…….  » Si nous voulons travailler correctement avec les autres spécialistes sur ce domaine éminemment pluridisciplinaire que sont les DAMs, nous devons impérativement faire notre propre travail de diagnostic et donner nos conclusions dans le courrier de référencement.

J’entends d’ici bon nombre de praticiens me dire que s’ils savaient faire le diagnostic ils n’auraient pas besoin de référer le patient à un spécialiste. Et c’est précisément là que le bât blesse. S’il est parfaitement légitime d’adresser un patient pour lequel on ne sait poser un diagnostic, on ne peut cependant envisager cette démarche que si on a su éliminer au préalable les étiologies orales. C’est précisément le rôle du chirurgien dentiste. Imaginez qu’un chirurgien dentiste trop rapide  » oublie  » de diagnostiquer des dents cariées et adresse le patient à l’ORL pour des douleurs dans la région sinusienne… Scandale ! Le chirurgien dentiste doit faire le diagnostic de ce qui, dans son domaine de compétences, peut expliquer les signes et symptômes du patient, avant de le référer à un spécialiste.

Et bien à mes yeux c’est exactement la même chose pour les DAMs. Le chirurgien dentiste, avant de référer son patient, et pour argumenter sa demande, doit être capable, entre autres choses, d’évaluer la position mandibulaire de son patient et son rôle éventuel dans l’apparition, l’entretien ou l’aggravation, des signes et symptômes du patient.

Et il peut le faire (c’est le seul thérapeute à pouvoir le faire) par l’utilisation d’orthèses et de l’analyse occlusale. Non seulement il ne faut pas se priver de ces outils mais en plus les autres thérapeutes attendent que nous les utilisions avant de référer les patients. Pour ne pas tourner en rond sur des diagnostics errants. Pour ne pas lancer les patients dans des quêtes impossibles.

  1. Avez vous l’habitude de référer les patients souffrants de DAMs ?
  2. Utilisez vous systématiquement les orthèses et l’analyse occlusale pour évaluer la position mandibulaire en cas de DAMs ?

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