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Résultats de l’enquête occlusion #1

Notre première enquête en matière d’occlusodontie a recueilli 97 réponses dont nous donnons ci-dessous les enseignements que nous tirons.

Bien entendu, ces résultats ne concernent que l’échantillon des internautes qui ont participé, et ne prétendent en rien être représentatifs de «la Profession» dans son ensemble. Cette observation est d’ailleurs attestée par les réponses aux 3 premières questions: parmi nos lecteurs (doublement sélectionnés par la démarche numérique et l’intérêt pour le thème de l’occlusion) on trouve, pour les patients de soins courants, plus de praticiens qui contrôlent souvent la détente mandibulaire que de praticiens qui ne le font que rarement (48% / 45%). Cette marque de sérieux est encore plus marquée pour l’observation de l’ORC (53% / 40%) et des signes de DAMs (60% / 30%) (Fig 1,2 et 3). Deux praticiens sur trois de notre échantillon sont donc impliqués dans le dépistage des DAMs et plus de la moitié contrôlent la détente mandibulaire et observent l’ORC. Bravo! Car il paraît évident que de telles proportions ne se retrouvent pas dans la population générale des chirurgiens dentistes français. Nous pouvons vraisemblablement compter sur des lecteurs motivés, actifs et exigeants.


Cet intérêt pour la santé de l’appareil manducateur des patients peut aussi se lire dans les réponses apportées aux éléments matériels de notre enquête pour les patients prothèse: deux praticiens sur trois de notre échantillon utilisent un articulateur (fig 4), et le FAG en représente la très grande majorité (fig 5). Il faut pourtant s’interroger sur les raisons qui font qu’il ne reste plus que 40% des praticiens qui utilisent un articulateur qui ont aussi recours à un arc facial. (Fig 6): les difficultés organisationnelles liées à l’emploi du plâtre au cabinet, ou les difficultés de transport des arcs faciaux vers le labo sont elles en cause? L’interprétation de ce chiffre passe sans doute aussi par la compréhension de la très faible proportion de ceux qui programment les articulateurs (Fig 7): 15% parmi les deux tiers de notre échantillon. Autant dire une infime partie des chirurgiens dentistes. Ne faut-il pas voir ici un élément objectif de l’inadéquation de l’articulateur adaptable vis à vis des conditions moyennes de l’exercice de la dentisterie?

Les réponses aux questions concernant l’enregistrement des RIM (Fig 8 et 9) montrent que la cire serait plus utilisée que les silicones (73% contre 39%) Une enquête complémentaire sera sans doute utile pour identifier les raisons de cette situation.

Un espace complémentaire était réservé en fin d’enquête pour une expression ouverte. Nous avons ainsi recueilli, parmi d’autres suggestions, deux demandes pour une meilleure prise en compte des éléments «posturaux»; ainsi qu’une demande de posts sur la biomécanique et l’anatomie de l’appareil manducateur sain. La suggestion est retenue car il faut effectivement redonner à ceux qui le souhaitent les moyens de retrouver ce qui a été enseigné en début de cursus médical et/ou odontologique. Nous voulons encore signaler deux opinions (d’auteurs différents) qui doivent inspirer nos futurs travaux:

  • «Il faut encore et encore parler de la manière de rechercher l’ORC» et;
  • «Je cherche la RC sur une prothèse complète; mais en prothèse fixe, si je devais prendre comme référence la RC il faudrait reprendre toutes les reconstitutions. S’il n’y a pas de pathologie articulaire, je ne vois pas l’intérêt ».

Avec notre dernier post, nous avons commencé à répondre à la première demande. Quant à la seconde observation, elle cristallise à elle seule toute l’importance et la difficulté de l’occlusodontologie. Il faudra donc y apporter des réponses concrètes, fondées sur des observations cliniques quotidiennes, pour que chacun puisse saisir l’importance de la prise en charge occlusodontique pour le moindre acte de dentisterie, avec ou sans pathologie.

Merci à toutes celles et ceux qui ont pris la peine de répondre à cette première enquête.

Commentaires

bargeo

Tout est dit de manière concise et juste. Pour le « fun », je rajouterai en ce qui concerne la mise en condition du Patient, que les expressions : « débrayez » et « rentrez chez vous » marchent bien aussi.

malbosc

Un vrai casse tête pour l’omnipraticien
Peut être pouvons nous attendre du redac chef un arbre décisionnel: quelle occlusion adopter pour quelle prothèse, selon l’occlusion existante?
quand utiliser l’articulateur programmable?

merci en tout cas pour tous vos posts qui défrichent le terrain

François UNGER

Merci pour ces remarques.
Pour répondre à malbosc je publierai la semaine prochaine une réflexion pour répondre à l’observation faite au sujet de la RC en prothèse complète qui serait différente de la RC en prothèse fixe. Et puis nous reviendrons sur sa demande quant à l’utilisation de l’articulateur programmable.

Cette enquête reflète bien le dilemme de l’Occlusodontie, partagée entre l’articulateur omniprésent ou l’absence d »articulateur dans le cabinet dentaire. L’articulateur sert au diagnostic et à la réalisation prothétique
La question n’est pas « dois-je utiliser un articulateur mais plutôt  » quelle position de référence utiliser pour mon traitement ? « .
On peut se donner bonne conscience en montant ses modèles en articulateur mais si la RIM est entachée d’erreur, potentiellement pathogène ou si le montage est arbitraire comme c’est souvent le cas dans les labos de prothèse cela n ‘avance à rien.
Quels critères doivent être considérés pour déterminer la position mandibulaire de référence?.La stabilité du calage , le guidage et le centrage . Ces trois critères peuvent être contenus dans l’OIM du patient lorsqu’il ne présente pas de dysfonctionnement . L’analyse sur articulateur permet de diagnostiquer un déficit de l’un ou l’autre de ces critères . Par contre, si le traitement prothétique risque de faire perdre l’OIM ou si le traitement est de grande étendue, une position de référence articulaire doit être privilégiée pour rétablir une OIM stable.
L’ articulateur et des techniques spécifiques d’ enregistrement de la RIM en fonction de la difficulté prothétique servent a maintenir les critères de calage , centrage et guidage pendant toutes les phases de traitement.
Dans tous les cas ,il faudra d’abord poser un diagnostic clinique et évaluer la situation mandibulaire pour ensuite simuler les réponses prothétiques.

malbosc

Merci pour vos réponses
Bien compris pour la stabilité du calage, et pour le guidage.
Qu’appelez vous le centrage?

J’attends le post sur la RC, tout cela m’éclaire peu à peu

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