Naviguer / Chercher

Résultats enquête #2

Les réponses apportées pour notre seconde enquête sont tout aussi intéressantes que celles de la première. Essayons d’en dégager les points principaux.

OIM

L’observation de l’OIM est faite (par ceux qui ont répondu) par 73% des praticiens en ce qui concerne le situations de soins courants et 84% pour les situations prothétiques. Ceci montre qu’une part non négligeable des praticiens se sent moins engagée « occlusalement » par les soins que par la prothèse. Est ce légitime?
Assez étonnant sont les résultats quant à la manipulation du patient pour observer l’OIM: 31% des praticiens disent manipuler le patient pour trouver son OIM lors des soins courants et ils sont 40% à le faire pour la prothèse. Il y a là soit un malentendu, soit une erreur méthodologique de notre enquête: à quoi peut servir de manipuler la mandibule d’un patient pour observer son OIM? De-mander de serrer les dents n’est-il pas suffisant? D’autant que 87% des praticiens qui répondent disent utiliser un papier à articuler pour observer l’OIM pour les soins et 100% pour la prothèse. Des explications seront nécessaires et les commentaires de chacun seront les bienvenus tant il nous semble que ces chiffres dissimulent mal une réelle incertitude sur les objectifs et les manoeuvres qui aboutissent à l’observation de l’OIM.
Les réponses à la question « Si vous observez l’OIM quels enseignements en attendez vous? » ouvrent à des items très divers que nous listons:

  • les classes d’Angle
  • les facettes d’usures
  • la reproductibilité
  • la répartition des contacts
  • la simultanéité des contacts
  • le nombre et la qualité des contacts
  • le confort du patient
  • la stabilité mandibulaire
  • le TAP-TAP et la vélocité mandibulaire
  • les interférences et les prématurités
  • les béances
  • la conservabilité de l’OIM
  • la DVO
  • les courbes de compensation
  • la correspondance avec l’ORC
  • l’équilibre posturo-occlusal
  • On relève aussi des remarques qui appellent à l’observation de l’OIM pour faire les « diagnostics dans les cas de troubles ou de pathologie de l’ATM ou de SADAM ou de problèmes posturaux ».

L’ampleur de cette liste, même si certaines réponses peuvent surprendre, montre l’importance que devrait revêtir l’examen de l’OIM pour tous les cas. Mais bien des discussions sont incluses dans la variété des réponses et il serait sans doute utile que des posts analysent ces réponses.

ORC

46% des praticiens qui répondent disent observer souvent ou très souvent l’ORC des patients de soins; la proportion monte à 60% pour la prothèse (dont 87% manipulent la mandibule pour observer cette ORC). En gros il y a environ 25% de praticiens en moins pour observer l’ORC par rapport à l’OIM. Pourquoi? Mais 82% des praticiens qui observent l’ORC observent aussi le décalage entre ORC et OIM.
Les réponses à la question « Si vous observez l’ORC quels enseignements en attendez vous? » aboutissent encore une fois à des items très variés (mais moins nombreux):

  • simultanéité des contacts
  • recherche de prématurités
  • dynamique mandibulaire
  • décalage OIM / ORC
  • analyse de la décontraction mandibulaire
  • analyse chez l’enfant de l’origine des malocclusions « osseuse, ou position de confort »
  • DVO
  • sensibilité ATM, problèmes articulaires
  • alignement des milieux
  • centrage, calage, guidage
  • position de repos
  • recherche d’une position mandibulaire de référence

L’enquête s’est aussi intéressée aux descriptions de la manipulation faites par les praticiens pour obtenir l’ORC. Nous citons ci dessous les principales réponses.

  • Fermeture en déglutition ou en position la plus en arrière possible.
  • Pouce et index main gauche sur 13 et 24 pour maintenir et rassurer le patient. Index main droite en gâchette sous le menton… en cas de résistance retirer l’index et faire serrer doucement et demander d’ouvrir très peu et recommencer.
  • Guidage léger.
  • Accompagnement de la mandibule, manipulation douce vers l’arrière en guidant le patient,
  • Manoeuvre de Dawson.
  • Accompagnement léger sur la symphyse pour obtenir une rotation pure, sinon demander au pa-tient de porter sa langue en haut et en arrière et de fermer.
  • Patient complètement allongé et détendu; utilisation du pouce comme butée et manipulation douce de la mandibule.
  • Utilisation d’un jig en résine ou silicone.
  • Je pousse la mandibule vers l’arrière en posant mon pouce sur les incisives inférieures et quand je sens que les condyles se sont positionnés je demande au patient de rester dans cette position.
  • Recherche d’une position centrée au niveau postural, la mandibule se met en RC toute seule.
  • Pousser la mandibule en arrière sans brutalité mais avec fermeté de façon à positionner les condyles au fond des cavités glénoïdes.
  • Manipulation de PK Thomas.
  • Déplacement de la mandibule vers l’arrière et le haut en plusieurs mouvements répétés jusqu’à observation d’une position unique.
  • En tenant le menton je viens faire rentrer en contacts les dents mandibulaires avec celles du maxillaire.

Cette liste est très illustrative des options les plus fréquentes en matière de recherche de la RC. On y retrouve des options cliniques difficilement conciliables. Faut-il y voir une preuve de l’extraordinaire adaptabilité de l’appareil manducateur ou la marque d’un défaut de normalisation de l’enseignement? Tout et son contraire est-il possible en matière de manipulation mandibulaire ou de position de référence? La variabilité des réponses apportées sera à l’origine de posts de synthèse dès la reprise de septembre et tous ceux qui veulent s’exprimer sur le sujet seront les bienvenus, d’autant que plus de 82% de ceux qui ont répondu à notre enquête souhaitent des informations concrètes sur le sujet.

Laisser un commentaire