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Résultats de l’enquête : « Simplifier l’occluso ? »

Il faut d’abord remercier les 69 confrères et consœurs qui ont pris la peine de répondre aux 47 items de notre enquête du 6 au 11 février, et pour un certain nombre, de les compléter par un commentaire personnel (anonyme à 81%).

Les résultats chiffrés de la première enquête (dont nous avons parfaitement conscience des limites méthodologiques) sont présentés ci-dessous.

Méthodologie d’analyse des résultats.

Pour cette enquête nous identifions d’abord les points qui font consensus et ceux qui ne le font pas. Pour ce faire, pour un même item, nous totalisons d’une part les « accords » ( tout à fait d’accord et plutôt d’accord), et d’autre part les désaccords (pas d’accord du tout et plutôt pas d’accord).

  • Nous parlons de consensus très fort pour des réponses cohérentes (soit vers l’accord, soit vers le désaccord) à plus de 90%.
  • Nous parlons de consensus fort pour des réponses cohérentes comprises entre 80% et 90%.
  • Nous parlons de consensus moyen pour des réponses cohérentes comprises entre 70 et 80%.
  • Nous parlons de consensus faible pour des réponses cohérentes comprises entre 60 et 70%.
  • Nous parlons d’absence de consensus quand la totalisation des réponses « plutôt » (d’accord et pas d’accord) pour un même item est supérieure à 60%. Pour ces réponses, le nombre des « plutôt d’accord » et « plutôt pas d’accord » sont majoritaires et s’équilibrent à peu près.

Résultats

  • Consensus très fort (>90% par ordre décroissant) sur les points suivants:

    • avoir connu des problèmes d’occlusion avec ses patients
    • avec du bon sens on pourrait simplifier l’occlusion
    • il faut parler d’équilibration
    • les diagnostics des DAMs devraient être normalisés
    • l’occluso ne se limite pas au réglage des prothèses
    • les orthèses ne marchent pas à tous les coups
    • l’occlusion ne doit pas être réservée aux spécialistes
    • il y a trop de chapelles conceptuelles
    • les enseignements varient d’une enseignant à l’autre et d’une fac à l’autre
  • Consensus fort ( entre 80% et 89% par ordre décroissant) sur les points suivants:

    • l’enseignement théorique se fait avant d’avoir vu des patients
    • enseignement initial mal fait
    • la multitude des termes différents pour des choses proches est rébarbative
    • il y a trop de variabilité des situations étudiées
    • l’occluso nécessite une vision complète du patient
    • on ne peut pas mettre en relation les dents, les ATMs et la posture générale
  • Consensus moyen ( entre 70% et 79% par ordre décroissant) sur les points suivants:

    • l’occluso c’est difficile
    • il y a trop de paramètres à prendre en compte pour avoir des avis simples
    • on peut avoir des problèmes en respectant l’OIM
    • une orthèse mal réglée ne sert à rien
    • l’enseignement post universitaire est insuffisant
    • l’occlusion ne peut être étudiée scientifiquement
    • les chercheurs en occluso ne sont pas des omnipraticiens
    • on perd trop de temps à discuter de différences sans intérêt
    • les matériels d’analyse (axiographe, MPI, EMG…) n’ont pas d’intérêt pour l’omnipraticien
    • on veut en faire une prise en charge globale de l’homme
  • Consensus faible ( entre 60% et 69% par ordre décroissant) sur les points suivants:

    • il n’y a pas d’études scientifiques sur le sujet
    • l’arc facial et l’articulateur ne sont pas des matériels trop complexe pour le travail quotidien
  • Absence de consensus (les réponses « plutôt »> 60% de l’ensemble) par ordre décroissant:

    • Le champ clinique de l’occluso est mal défini
    • on ne sait plus si on parle des dents, de la bouche ou du corps
    • la dentisterie se fait en OIM pas la peine de se compliquer avec la RC
    • on ne peut parler d’occluso sans connaître la posturo
    • le spécialiste ODF ne s’embête pas avec l’occluso
    • l’occluso serait mieux faite si les assureurs la prenait en charge.

Nous avons exclu de nos réflexions les items inexploitables présentés comme des opinions (par exemple: « ceux qui ne peuvent pas utiliser des mots simples feraient mieux de ne pas parler d’occlusion »).

Analyse des commentaires libres

Bien des commentaires libres ont apporté des éclairages intéressants:

  • La plupart aspire effectivement à clarifier les mots et les concepts de l’occlusodontologie, tant « pour l’occlusion du quotidien ou les DAMs », (un commentaire évoque « l’occluso clinique thérapeutique que tous les praticiens font sans le savoir, et… les schémas occlusaux perturbés »). Ils appellent à finaliser les définitions que nous avons commencé à discuter dans ce blog.
  • Sur les limites ou la pertinence des items de l’enquête
  • Sur des recommandations d’auteurs et d’ouvrages (O. Robin, Planas…)
  • Un seul commentaire (non anonyme) d’étudiant, mais particulièrement instructif, dont je relève la phrase suivante
    Le principal écueil aujourd’hui est une carence d’enseignement criante de l’occluso au sein de nos facultés; on nous fait tacitement comprendre que c’est un paramètre secondaire aux autres traitements, un bonus si on peu dire…
  • Et enfin un commentaire très important auquel je consacrerai bientôt un post pour clarifier les positions:
    Il est dommage que l’auteur principal de ce blog ne semble pas accepter (comme la plupart des « spécialistes ») l’absence de lien causal entre pathologies et occlusion

Discussion

Ces résultats donnent un certain éclairage sur les « complications » de l’occlusodontologie mais ne prétendent à aucune valeur scientifique. Cependant, nous pouvons les utiliser pour proposer une enquête qui précisera et quantifiera un certain nombre des opinions émises. Merci d’avance à tous qui voudront bien répondre à ces 14 questions.

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