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Regarder les ongles avant les dents ou ATMs

L’onychophagie, parafonction qui se traduit par le fait de ronger ses ongles ou manger les petites peaux qui poussent juste au dessus des ongles, est très fréquente dans la population et touche les enfants autant que les adultes.
Dans certains cas une parafonction proche, ou complémentaire, pousse le patient à morde un doigt ; ce qui aboutit des traces sur les doigts impliqués.
Ces habitudes se traduisent par des efforts effectués par la mandibule, dans une ou des positions latéralisées ou en propulsion, le plus souvent en latéropropulsion. La position ne serait pas trop importante si parallèlement la musculature élévatrice n’était pas sollicitée pour sectionner l’ongle.
L’onychophagie est donc responsable de contraintes sur les ATMs, asymétriques, lors d’efforts répétés de la mandibule dans une position latérale et en propulsion. Le bout à bout occlusal créé pour l’occasion sert de point d’appui antérieur pour les forces élévatrices. Quels que soient les efforts occlusaux antérieurs demandés, ils aboutissent à favoriser la désunion discale. La situation est aggravée chez les jeunes et plus généralement les patients hyperlaxes.
En conséquence, lors de l’entretien clinique des patients qui consultent pour des DAMs, il est important d’observer discrètement leurs ongles, et l’ampleur éventuelle de leur destruction.
L’onychophagie est d’autant plus délétère que le mouvement mandibulaire de section est plus asymétrique et propulsé. Intervient également la durée quotidienne des efforts mandibulaires ; une indication de ce point est donnée par l’ampleur du rongeage. Dans certaines situations il ne reste pratiquement plus d’ongle.
D’un point de vue clinique, pour tout patient DAM il est important, lors de l’examen clinique, en cas de suspicion de déplacement discal, de demander au patient de prendre la position qu’il utilise pour se ronger les ongles. La praticien palpe pendant ce temps les ATMs pour percevoir les efforts qui y sont produits, ce qui contribue à son diagnostic.

Pas d’occlusion, pas d’onychophagie, donc pas de DAM !
La mise en place d’une orthèse qui interdit l’onychophagie est d’un intérêt considérable pour soulager le DAM. Et, de plus, bien des patients m’ont remercié de les avoir aidés par ce moyen à se débarrasser de leur onychophagie.

  1. L’onychophagie vous semble-t-elle un facteur important et fréquent de DAM ?
  2. Quels sont les caractéristiques des orthèses utilisées pour lutter contre l’onycophagie ?

Comments

hodina

Bonjour, sur la fiche des signes cliniques du CNO, il y a en effet un onglet onychophagie.
J’observe et demande à mes patients avec des problèmes de DAM s’ils ont des habitudes néfastes de ce type, mais je n’ai jusqu’à maintenant jamais pu trouver de lien flagrant.
Ne connaissant pas les caractéristiques particulières d’une orthese quand il y a onychophagie, je suis intéressé par votre description…
A bientôt.
Hodina.
Le Blog dentaire.
Arcad-dentaire.fr

François UNGER

L’orthèse permet à la fois de donner des contacts permettant centrage et calage en ORC approchée (position mandibulaire la plus fonctionnelle possible), et d’organiser les guidages pour que l’onychophagie devienne impossible. Orthèse en place il n’est pas possible de retrouver le ou les contacts antéro-latéraux qui permettent l’onychophagie. Cette rupture d’habitude, si elle est acceptée et choise par le patient aboutit en quelques jours à la disparition de la parafonction. Et après quelques mois d’orthèse l’onychophagie est maîtrisée.
Sauf peut être pour quelques incoditionnels du psy qui expliqueront que la parafonction orale a due être remplacée par une démangeaison quelque part, ou une autre violence à soi même…(?)
Mais là je suis incompétent. Veuillez m’en excuser.

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