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Qu’est ce qu’une interférence occlusale?

Le lexique du Collège National d’Occlusodontologie définit l’interférence occlusale comme « un contact occlusal qui limite ou dévie un mouvement mandibulaire harmonieux ».

interférence NL et texter

Et quelle est la définition d’un mouvement mandibulaire harmonieux? Personne ne le sait!
Pour J. D. Orthlieb et G. Duminil : une interférence occlusale est un contact dentaire représentant un obstacle sur une trajectoire mandibulaire lors d’un mouvement excursif (diduction et propulsion). Un obstacle décentrant le mouvement de fermeture en relation centrée est dénommé prématurité occlusale.
Pour J.F. Lauret et M. Le Gall les interférences (« obstacles empêchant les contacts et guidages fonctionnels dentaires en harmonie neuro-musculaire ») peuvent être soit un contact prématuré sur le chemin de fermeture, soit un contact postérieur pendant l’incision, soit un contact triturant, non triturant, d’entrée ou de sortie de cycle. « L’interférence modifie l’enveloppe fonctionnelle ».
Pour différents auteurs anglophones sont considérées comme des interférences:

  • un obstacle sur le chemin de fermeture en relation centrée
  • les contacts médiotrusifs
  • les contacts post-canins de latérotrusion et de protrusion
  1. Pour vous qu’est-ce qu’une interférence? Quel sens donnez-vous à ce terme?
  2. Ce terme peut-il s’appliquer indifféremment aux situations d’OIM et d’ORC?

Commentaires

yevninemichel

je me souviens d’une séance scientifique durant laquelle deux grands conférenciers de renom ont échangés leurs conceptions et finalement il n’a pas été possible pour eux de se mettre d’accord sur une définition… l’un parlait d’interférence, l’autre de guidage…. nous n’avons pas fini de nous poser des questions sémantiques… et c’est bien car nous continuons à nous poser des questions….le problème en fait c’est l’adaptation. Si il n’y avait pas d’adaptation les choses seraient peut-être plus simple pour nous, et nous pourrions avoir peut-être n’avoir qu’une définition au lieu de plusieurs?

yevninemichel

mea culpa pour la syntaxe de ma derniére phrase; il fallait lire : et nous pourrions n’avoir peut-être qu’une définition au lieu de plusieurs
amities et meilleurs voeux à tous les blogueurs

François UNGER

Merci de ce rappel historique. Oui trop de définitions tuent les définitions. Quand on peut dire tout et son contraire c’est que plus rien n’a de sens. L’occluso est morte de ça. Il faut en sortir; simplement pour travailler et sans dire que notre définition est la meilleure. Essayons d’être simples et à ce titre on peut s’en tenir à la proposition des anglophones, quitte à préciser pour nous que l’interférence particulière de l’obstacle sur le trajet ORC-OIM est une prématurité. Ca ne mange pas de pain et ça conserve une certaine homogénéité.
Il est sans doute important aussi de dire que toute interférence n’appelle pas une rectification et que l’évaluation fonctionnelle des contacts considérés comme des interférences ne peut se faire sur d’uniques bases théoriques.
Merci de votre commentaire et de vos voeux

thierryk

Bonjour
Le mot « harmonieux » est assez bien choisi pour évoquer une perturbation qui gène une « désocclusion » mandibulaire.
Pour être pragmatique, il faudrait aussi évoquer la notion d’occlusion de convenance, cad celle que le patient a adopté pour être en OIM le plus souvent et donc c’est de celle là qu’il faudrait considérer s’il y a ou non une gène (interférence lors de la fermeture qui oblige la mandibule à dévier son chemin). Combien de patients sont en ORC naturellement ?… En denture naturelle l’ORC est « morphologique » et non pas fonctionnelle donc à mon sens on trouvera toujours des interférences (ou prématurités) dans le trajet ORC-OIM ou inversement.
Par ailleurs le contexte clinique peut parfois désigner tel(s) contact(s) comme prématuré(s) chez un patient (absence de guidage canin par exemple) alors que les mêmes contacts ne seront pas considérés comme pathologiques chez un autre patient (fonction de groupe)…
L’occlusodontie est vraiment une science à part qui varie selon les époques… et comme les dents le font assez souvent, elle s’adapte…
Bonne Année
ThierryK.

François UNGER

Merci à thierryk de ce commentaire très consensuel; il a pourtant l’inconvénient, à mes yeux, de ne pas poser les choses. Oui il y a dans tout organisme vivant des adaptations possibles. Heureusement. Mais ma question porte sur le sens qu’on veut donner aux mots. Et là il n’y a pas d’adaptation possible. Harmonieux veut tout dire; donc rien dire. L’occlusion de convenance ne précise rien non plus: l’OIM c’est l’OIM (même s’il peut en exister plusieurs dans certains cas particuliers comme nous l’avons illustré), et si on tourne autour du pot à hésiter entre OIM et ORC nous seront toujours dans le flou. De même il me semble difficile de travailler (de réfléchir ensemble à une prise en charge normalisée des patients) si on ne peut pas se mettre d’accord sur la signification (fonctionnelle ou non) des contacts entre les dents cuspidées lors des déplacements mandibulaires, médiotrusifs ou latérotrusifs. Là éttait le sens de ma première question. La seconde était plutôt une petite amorce pour déclencher des discussions sur l’ORC. Raté. Mais je vais vous proposer très vite un permier post sur ce sujet. Merci de votre intervention et merci de vos voeux. François

mleberre

Une interférence occlusale constitue sans nul doute un obstacle anatomique dentaire sur un trajet mais qu’il faut définir. Par exemple, une interférence occlusale sur le chemin de fermeture en relation centrée. Reste ensuite à la cataloguer ou non, de pathologique dans le domaine des DAM, de préjudiciable dans le domaine des reconstructions prothétiques.
Concernant les autres mouvements mandibulaires, j’ai tendance à raisonner en terme de surocclusion ou sous-occlusion pour le côté mastiquant et en terme d’interférence pour le côté non mastiquant. Concernant la surocclusion, elle pourrait être considérée au vue de la définition comme une interférence en entrée de cycle masticatoire. Par contre, la sous-occlusion ne doit pas faire considérer les contacts occlusaux existant comme des interférences.
Récemment j’ai entendu par un confrère le terme d’hyperbalance, utilisé dans sa fac d’origine à Lièges( il me semble) pour nommer les interférences des pans internes des cuspides linguales mandibulaires contre les pans internes des cuspides vestibulaires maxillaires dans les mouvements latéraux de la mandibule.
La description du trajet pour lequel une interférence occlusale a été mise en évidence permet immédiatement de connaître le concept occlusal ayant permis d’établir l’observation.
Concernant la deuxième question, même si la position de référence est l’OIM, L’évaluation la course ORC-OIM reste importante. L’interférence recherchée est alors celle qui réalisera une anomalie dans ce glissement (classiquement lors des soins conservateurs ou restaurateurs). Par contre si la position de référence est la relation centrée, tous les contacts occlusaux obtenus sur le chemin de fermeture en RC constituent par nature des interférences jusqu’à l’aboutissement de la position souhaitée. La difficulté est de définir la position souhaitée car la RC étant une position mandibulaire n’ayant pas de référence dentaire la dent dans son entier (à l’extrême) est une interférence du chemin de fermeture en RC (j’imagine dans un autre débat?)
Meilleurs voeux à tous!
Miliau

François UNGER

Merci de ce commentaire très intéressant.
Je partage ton point de vue: une interférence est un obstacle dans un mouvement. C’est donc sur le mouvement qu’on doit porter notre attention car il peut éviter, ou non, l’obstacle.
Pourquoi dans certaines bouches des obstacles énormes sont-ils évités, alors que dans d’autres bouches des volumes occlusaux très minimes sont perçus comme des obstacles insurmontables. Il ne s’agit pas que de psychologie mais de physiologie du mouvement.
Notre souci de normaliser les conditions occlusales selon des concepts plus ou moins fondés sur la physiologie de l’appareil manducateur, nous conduit à proposer des lectures standarisées des contacts occlusaux lors des déplacements mandibulaires. C’est normal. Mais comment légitimer, par exemple, que ces contacts occlusaux postérieurs du coté non travaillant (ou non mastiquant) (contacts médiotrusifs) soient à priori considérés comme des obstacles au fonctionnement « harmonieux » de la mandibule? Ne faudrait-il pas par exemple considérer les contacts controlatéraux simultannés, ou leur absence, comme un des éléments d’évaluation?
Comment peut-on évaluer la notion même d’interférence sans la rapporter à des observations et contrôles neuromusculaires des mouvements? Je précise que dans mon esprit la notion de mouvement est beaucoup plus large que celle de « trajet » qui pour moi n’est qu’un symbole, dans un plan, du mouvement en question.
Amitiés
François

heythem harouak

quelle est la définition d’une interférence travaillante et autre non travaillante

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