Navigate / search

Position mandibulaire #2

  1. Position mandibulaire #1
  2. Position mandibulaire #2
  3. Position mandibulaire #3
  4. Position mandibulaire #4
  5. Position mandibulaire #5
  6. Position mandibulaire #6
  7. Position mandibulaire #7
  8. Position mandibulaire #8
  9. Position mandibulaire #9
  10. Position mandibulaire #10
  11. Position mandibulaire #11
  12. Position mandibulaire #12

Les définitions de l’OIM

L’OIM, lors de mes lointaines études, je l’ai rencontrée quand le moniteur de TP nous demanda de mettre des moulages en plâtre en OIM, soit pour les monter en occluseur,

soit pour y réaliser des maquettes ou autres montages. C’était la position spontanée que prenaient deux moulages dentés quand on les affrontait pour les placer dans une position stable. Par analogie l’OIM en bouche était la position stable des dents maxillaires et mandibulaires engrenées. En fait tout dépend de la force avec laquelle on serre les dents. Quelles sont les définitions les plus connues de l’OIM? Peut on se poser quelques questions sur ces définitions? Peut-on établir une définition incontestable et valable pour tous?

  1. R. Marguelles- Bonnet et J.P Yung (Pratique de l’analyse occlusale et de l’équilibration. CdP edit 1984). « Lorsqu’on parle d’intercuspidation maximale, l’accent est mis sur les rapports morphologiques des surfaces occlusales. Le maximum de contacts exige un certain effort des muscles élévateurs…L’intercuspidie est une position d’occlusion forcée. Ces auteurs citent alors E. Moller (1981) » l’intercuspidie, bien que définie au départ par la morphologie occlusale, représente en fait une position choisie par le système nerveux central qui permet d’exercer la force la plus élevée…On conçoit qu’en fonction de la pression exercée, le nombre de contacts puisse varier suivant la réponse du parodonte de chaque dent ».
    • La position mandibulaire est-elle effectivement différente selon la force des contractions musculaires?
    • En cas de désordre occlusal les contractions musculaires peuvent-elles aboutir à une position mandibulaire pathogène en OIM?
  2. D. Rozencweig (Algies et dysfonctions de l’appareil manducateur CdP édit 1994), citant F. Ackermann (1953)  « L’OIM c’est l’occlusion obtenue en position habituelle de fermeture, position de laquelle partent et àlaquelle reviennent tous les mouvements mandibulaires. Elle correspond àl’engrènement maximum des dents qui composent les deux arcades ».
    • Se référer à « l’engrènement maximum » n’est ce pas dire implicitement que l’OIM est la position mandibulaire lors du serrage maximum?
    • Cette position correspond-t-elle obligatoirement àla « position habituelle de fermeture »?
  3. J.D. Orthlieb et O. Laplanche. Description de l’occlusion in Occlusodontie pratique CdP édit 2000) « L’OIM est la position d’occlusion oùle rapport d’engrènement dentaire se caractérise par le plus grand nombre de contacts inter-arcades et oùl’intensitédes contractions isométriques est maximale. Elle permet une position mandibulaire précise, unique, médiane, et répétitive, favorisant une fonction musculaire automatique et simple ».
    • La position mandibulaire en serrage maximum correspond-t-elle toujours àdes contractions isométriques (c’est àdire sans raccourcissement plus important d’un cotéque de l’autre)?
    • N’existe-t-il pas des situations oùl’OIM ne correspond pas àdes contractions isométriques? Cette définition n’exclut-elle pas àpriori toute possibilitéd’OIM pathogène?
    • Si la position mandibulaire établissant le plus grand nombre de contacts ne permet pas « une position précise, unique, médiane et répétitive », comment dénomme-t-on cette position mandibulaire?
  4. (CNO Lexique 2001 Quintessence international)

    « OIM. Position d’occlusion oùle rapport d’engrènement dentaire se caractérise par le maximum de contacts inter-arcades. Ce rapport est indépendant de la situation des condyles dans les fosses mandibulaires ».

    • Si l’OIM est caractérisée par le serrage maximum, peut-on imaginer que la situation mandibulaire qui en découle soit indépendante des condyles?
    • La position des condyles n’est-elle pas liées aux forces de serrage et à l’engrènement dentaire?
  5. J.D.Orthlieb, Gnathologie fonctionnelle Cdp Edit ,Vol 1, 2010)

     » Chez le sujet denté, sans malocclusion majeure, la position mandibulaire dictée par l’OIM fournit une position mandibulaire stable, toujours la même, généralement indépendante des tensions musculaires ».

    • Si l’OIM est indépendante des tensions musculaires, est-elle en mesure de dicter la position mandibulaire? N’est ce pas le serrage qui établit l’intercuspidie maximale et donc la position mandibulaire stable?
    • En quoi une malocclusion majeure modifie-t-elle la notion d’OIM? Un sujet denté présentant une malocclusion majeure n’a-t-il pas une position mandibulaire dictée par l’occlusion lors du serrage maximal?
  6. Pour M. Legall et J.F. Lauret (Occlusion et fonction 2002 CdP edit) la position d’OIM n’est pas définie en tant que telle mais évoquée comme le point d’aboutissement du mouvement de fermeture. Ils précisent: « La position d’intercuspidie maximale, associée à la posture de repos mandibulaire, assure le calage fonctionnel de la déglutition et réalise le maintien mécanique de l’étage inférieur de la face ».
    fig 1

    La position d’OIM est présentée par ces auteurs, à la fois, comme le point d’aboutissement du « chemin de fermeture » et du « chemin de fermeture physiologique ». Dans le premier cas « la contraction musculaire est souvent asymétrique et dépasse le seuil minimal ». Dans le second  » la contraction musculaire est faible et symétrique ». (légende de la fig 1)

    • Peut-on accepter l’idée de deux intercuspidations différentes (telles qu’illustrées sur le schéma) et les définir toutes deux par le terme d’OIM?
    • Dans cette approche la notion de contraction musculaire est liée a celle d’OIM. Mais comment cliniquement l’évaluer entre celle qui « dépasse le seuil minimal » et celle qui est « faible »?

    Plutôt que de vous faire part de la définition que je retiens personnellement pour l’OIM, je souhaite que la discussion puisse s’engager sur cette question fondamentale: l’OIM est la référence incontournable de toute réflexion ou analyse occlusale, que ce soit en prothèse, en ODF ou pour les diagnostics des DAMs.

  1. Les différents auteurs cités ici parlent-ils de la même position mandibulaire d’OIM?
  2. Les positions d’OIM ici définies correspondent-elles àune même position mandibulaire?

Comments

Gérard DUMINIL

Ii est des termes comme l’OIM ou la relation centrée qui sont l’objet de polémiques nombreuses entre « spécialistes » ce qui a tendance à faire passer l’Occlusion comme une discipline complexe réservée à des gens qui ne sont pas d’accord entre eux !
Dans l’acronyme OIM, le M signifie Maximum ce qui tendrait à dire de l’on ne peut l’envisager que lorsque TOUS les contacts occlusaux sont obtenus, ce qui n’est bien sur qu’exceptionnellement le cas.
Entendons plutôt le M de OIM comme « Maximale possible » pour le patient ce qui ramène cette situation à quelque chose de beaucoup plus répandu.
Ainsi puisque cette occlusion n’est plus une utopie, on peut alors envisager que cette position soit Physiologique (et on l’accepte comme référence de traitement ) ou pathogène ( et on s’en méfie, on envisage de la corriger).
Voilà mon opinion à ce sujet,et je souhaite que le débat reste ouvert …

François UNGER

Merci Gérard de ce commentaire équilibré qui laisse la place aux débat, aux prochains commentaires. Je ne réponds pas au fond avant que les uns ou les autres n’expriment leurs avis. Oui le débat est ouvert pour l’OIM. Bien entendu nous l’ouvrirons plus tard, de la même façon pour l’ORC

drlegault

Bonjour François,
Je constate le fait suivant. Ce blogue s’intitule DAM et occlusion mais ne parle jamais (ou du moins pas encore) de DAM précisément. Et pourtant, tout part de là.
Discuter d’occlusion sans maîtriser aux préalable les fondements biomécaniques des ATM causera toujours des polémiques.
L’IM, ou OIM, sera toujours potentiellement traumatique pour les différents éléments du système manducateur (dents ET ATM) dans la mesure où elle ne correspond pas à une bonne assise des condyles (RC, ORC, PCA ou AC, selon l’auteur). L’instabilité articulaire ne peut être occultée par l’engrenage dentaire (OIM), donnant l’impression à l’observateur dentaire que nous sommes, que tout est sain et paisible.
Cette instabilité articulaire engage des antagonismes musculaires pouvant mener à des:
– spasmes musculaires
– hyperlaxités ligamentaire acquises
– fibroses musculaires
– déchirures ligamentaires
– capsulites
– déplacements et déformations discaux
– inflammations des tissus rétro-articulaires
– arthroses dégénératives
– ostéochondroses
– nécroses avasculaires
– ostéochondroses dissécantes
– fractures
– etc.
Toutes ces pathologies sont relativement simples à identifier sur un IRM et influencent grandement le pronostic des conséquences occlusales.
J’ai été grandement éclairé dans mon raisonnement par l’enseignement du Dr Mark Piper et particulièrement par celui du Dr Alain Aubé.
Le diagnostic fonctionnel manducateur n’est pas directement à la présence ou à l’absence de symptômes. Au mieux, les symptômes indiquent la probabilité ou la sensibilité à une quelconque pathologie.

Parlons de l’OIM, bien sûr! Mais parlons en de façon éclairée.

Amicalement et respectueusement,

Benoît

François UNGER

Cher Benoit
je partage ton avis et dans mon esprit il n’est pas possible de traiter de l’occlusion sans traiter des DAMs (et réciproquement) qui sont effectivement notre pain quotidien et qui sont pourtant si souvent « oubliés ».
Alors oui on peut tirer sur la bobine par le fil des diagnostics des DAMs ou par celui de l’occlusion. (Au passage je pense que dans ta liste un certain nombre de pathologies peuvent ne rien rien à voir à faire avec l’occlusion).
J’ai bien sûr des posts sur les DAMs et leurs diagnostics et il faudra les mettre en ligne (fondés sur la classification de l’AAOP) sur site bien que je l’ai fait sur d’autres).

Le fond de ma démarche pour attaquer par l’occlusion est le suivant:
Ici, en France il y a une sorte de consensus mou (des universitaires) pour considérer que l’occlusion est très faiblement contributive (ou pas du tout) pour le déclenchement, l’entretien ou l’aggravation des DAMs.
Mon expérience me montre que ce point de vue est déconnecté de la clinique et qu’il est fondé sur des études bibliographiques qui ne peuvent pas être considérées comme scientifiques.
Il me semble donc indispensable de reposer les bases de ce qui pourrait être une approche modeste (donc plus scientifique) de l’occlusion. A commencer par ses définitions puisqu’on peut dire tout et son contraire pour les notions les plus basiques. C’est pourquoi je commence par essayer de nommer les choses, pour que nous soyons certains entre nous de parler des mêmes choses et pour éviter de lancer des discussions stériles.
Albert Camus a dit: « mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde ».

drlegault

Alors, honorons Camus!
Je saisis mieux maintenant la nature des discussions de ce blogue. Merci d’avoir clarifié le contexte français. Il reste que c’est blanc bonnet, bonnet blanc.
On tire le fil DAM, ou on tire le fil occlusion? Les discussions resteront stériles à penser ainsi.
La santé des ATM et l’occlusion sont indissociables. L’occlusion entraîne des conséquences fonctionnelles aux ATM et les DAM entraînent des changements occlusaux ( il faudra me dire un jour comment un DAM peut ne pas affecter du coup ou à retard le positionnement mandibulaire et l’occlusion).
En fait, je dirais qu’un changement articulaire provoquera assurément un changement occlusal.
Un changement occlusal, en revanche, pourra mettre des années, voire des décennies, à provoquer des DAM (lisez-moi bien, il est primordial de provoquer une équilibration de l’occlusion pour éviter les DAM).
S’il faut tirer une ficelle, tirez celle des DAM.
Mais pourquoi ne pas nouer les deux si elles sont interdépendantes?
Sinon vous jouez le jeu des universitaires. Et vous ne tenez peut-être pas la bonne ficelle…
Benoît

François UNGER

je suis d’accord les voies d’abord du problème sont indissociables puisque c’est le thème même de ce blog: essayer de comprendre en quoi les désordres occlusaux sont ou non liés aux DAMs. Je profite de cette phrase pour vous dire que dans mon esprit les DAMs sont beaucoup plus larges que les problémes articulaires. Les ATMs ne sont qu’un des composants de l’appareil manducateur et c’est au moins dans ce cadre que je veux raisonner. Ce qui veut dire que dans ma façon de percevoir les DAMs, les éléments musculaires sont bien plus communément impliqués que les ATMs proprement dites.
Alors tenons les deux bouts mais ne tournons pas en rond: il nous faut utiliser les bons termes, en tout cas des termes dont nous avons la même compréhension. Si dans nos discussions l’OIM n’a pas le même sens quel sera l’intérêt de parler du rôle de l’OIM sur les déplacements discaux? C’est vrai que j’aurais pu commencer par définir les déplacements discaux…mais Paris ne s’est pas fait en un jour. Et puis d’autres auteurs peuvent attaquer par ce coté de la ficelle, ça nous aidera à avancer. Pour ma part je trouve que le travail de normalisation des diagnostics des DTMs (termes et classifications), fait par les sociétés savantes américaines du type AAOP est une avancée importante qui devrait nous éviter d’avoir un besoin aussi pressant de définir les choses comme nous devons le faire pour l’occlusion.
Cher Benoit, quelle est votre définition de l’OIM? Quel sens donnez vous à cet acronyme? Que représente-t-il pour vous cliniquement? Et, si vous aviez des étudiants que leur diriez vous de faire pour qu’ils observent et décrivent l’OIM de leurs patients?

drlegault

Alors voici.

Je vois l’OIM comme étant la relation dento-dentaire donnant le plus de stabilité et de confort au système manducateur, non-obstant la santé et/ou la stabilité de celui-ci.
Elle correspond à la définition donnée par son acronyme, sans plus. Elle est observation et non repère.
Merci François de votre diplomatie et de votre tact. J’y vois un grand respect.
Amicalement,
Benoît

François UNGER

 » Elle est observation et non repère. »
Vous avez parfaitement raison pour les cliniciens que nous sommes. Mais l’OIM est aussi repère pour la plupart des études prétendument scientifiques qui, par exemple, évaluent le rôle des orthèses « en OIM » ou dans une autre position mandibulaire comparée à l’OIM.
L’OIM est à la fois un constat occlusal et un état particulier de l’appareil manducateur. Cet dernier aspect est important et c’est à son sujet que les discussions commencent et nous perdent si nous ne savons pas trouver une définition commune.

François UNGER

Encore une chose: stabilité et confort ne sont pas toujours liés: il y a bien des cas pour lesquels la stabilité est simulanément source de contrainte sur une ATM. Que penser de l’OIM? Est-on en OIM?

Gérard DUMINIL

Ramenons le sujet sur le plan clinique avant que les lecteurs ne s’effraient de ces envolées passionnées.
L’OIM c’est ce que l’on peut observer sur un patient suffisament denté, lorsqu’il engrène ses dents (postérieures). Du « papier à articuler » permet alors de contrôler les contacts qui s’établissent entre les deux arcades, de s’assurer s’il peut faire glisser sa mandibule latéralement et en avant et revenir dans la même position. En faisant ceci on contrôle les fonctions occlusales de base : centrage , calage, guidage décrites par JD Orthlieb. C’est l’observation de base d’examen clinique occlusal.

François UNGER

Oui Gérard ta qualité de clinicien est imparable et précieuse: si l’on utilise un papier à articuler en demandant au patient de serrer les dents on a un certain nombre de contacts antagonistes quantifiables qui peuvent nous aider à valider la notion d’OIM. Mais ne voit on pas des patients qui peuvent donner de nombreuses traces de papier à articuler pour des positions mandibulaires différentes? Quand l’occlusion est perturbée (extractions non compensées, migrations, malpositions, asymétries, interposition linguale…) la mandibule propose souvent plusieurs positions permettant d’établir un calge de type OIM. Laquelle des positions doit servir pour notre analyse occlusale?

netsabeth

Bonjour,
je ne suis pas un spécialiste de l’occlusion et n’ai pas suivi de formation poussée dans le domaine.
J’aurais juste quelques remarques ou questions issue de la lecture de ce très intéressant article et de réflexions personnelles.
-Comment peut on obtenir l’OIM sur un modèle en plâtre rigide alors que celle ci demande au patient de contracter suffisamment ses muscles masticateurs et donc de faire jouer la laxité du ligament desmodontal des dents ? Cette position ne pourrait elle être finalement observée qu’en bouche ?
-Cette OIM est elle réellement jamais atteinte en bouche car elle demande quand même une certaine force de mastication produite volontairement par le patient ? En déglutition, je ne suis pas sûr que le patient serre assez fort pour l’atteindre et en mastication, il y a toujours l’interposition du bol alimentaire qui interfère. Ne serait ce qu’une position théorique (d’ailleurs, les différents auteurs ne donnent pas exactement la même définition, les avis divergent) ? C’est une position, qui, à la lecture de cet article, n’a pas l’air de présenter une définition unanimement acceptée par l’ensemble des spécialistes. A t-elle un intérêt réel ? Ne vaut il mieux pas s’intéresser à la position d’usage ou de convenance et son intégration dans un équilibre neuro-musculaire ?
-En lisant cet article, l’impression que j’en ai est que c’est une position qui ne correspond pas à un équilibre neuro-musculaire puisqu’elle demande une contraction forcée et volontaire donc non naturelle.
-Par contre, elle présente un intérêt en bouche car elle permet, pour moi, de régler les prothèses fixes implantaires. En effet, une fois le jeu ligamentaire maximum atteint par l’occlusion forcée, je peux régler les prothèses avec un contact adapté au fonctionnement des prothèses sur implant puisque ceux ci n’ont quasiment aucun « jeu » dans l’espace. Cela évite bien des souci d’effet béliers sur les implants lors de la fonction.

En tout cas, un grand merci pour ce forum qui a le mérite de faire réfléchir sur le sujet et qui amène d’autres questions.

Confraternellement

François UNGER

– Oui bien sûr un modèle en plâtre ne reproduit pas exactement l’OIM; pour les raisons que vous dites. Les moulages sont une approximation. Marguelles Bonnet et Yung l’avaient très bien expliqué.
– Faut-il s’acharner à définir l’OIM plutôt que de se préoccuper de la position d’usage comme vous le dites? Voila une question très forte. A la vérité je pense que la dentisterie se fait pratiquement toujours par rapport à la position d’usage. C’est ce qui se fait. Mais dès lors qu’on s’interroge sur l’hypothèse selon laquelle ce type de dentisterie pourrait être à l’origine de DAMs, il faut bien se demander en même temps quelle position mandibulaire doit servir de référence si la position d’usage est remise en cause?
Et, pour répondre à cette question nous avons beoin de positions qu’on peut répérer entre nous, qu’on peut identifier, qu’on peut comparer et à partir desquelles des études scientifiques (reproductibles et indépendantes de l’observateur) peuvent être faites. Et pour ma part je pense que l’OIM est une de ces positions de référence. C’est pour cela que je commence cette série de post par l’OIM
Merci pour votre commentaire constructif

drlegault

À François, nous sommes toujours en OIM. Sinon ce serait atroce pour les dents. Cependant, il serait souhaitable que cette OIM corresponde à une position articulaire compatible avec une santé de système.

À Netsabeth, et voilà. Tout est là. À dure vrai, nos patients ne sont que rarement dentairement équilibrés. On doit alors composer en OIM. De façon générale, les patients reviendront avec un inconfort sur la dent travaillée et nous n’aurons aucun mal à réajuster l’occlusion de la dent à travailler. Attention aux implants. Ils doivent être parfaits au départ et ne toléreront pas de surcharge, surtout en latéralité et/ou en protrusion. Vous devez valider l’ensemble de l’enveloppe de fonction, jusqu’à la « RC ».

Benoît

drlegault

RC: Relation centrique (suppose l’absence de pathologie articulaire)
ORC: Occlusion en relation centrique (discutable car la relation centrique en est une articulaire et non dentaire. L’ORC correspondrait aux contacts dentaire en RC).
AC: Assise des condyles dans leurs fosses, impliquant une diminution de l’effort musculaire de stabilisation lors de la contraction des temporaux.
On pourrait ajouter..
PCA: Position centrique adaptée. Correspond à la RC lorsqu’il y a eu déformations des structures articulaires à la suite de traumas ou de pathologies.
La RC et la PCA correspondent à AC car elles impliquent la même harmonie musculaire, elles ne diffèrent que par la présence ou par l’absence de l’intégrité des tissus articulaires.
Benoit

François UNGER

Merci de ces précisions qui montrent d’une part que les termes anglo-saxons ne sont pas toujours superposables aux termes que nous utilisons, et d’autre part que la profusion des choses à définir appelle des normalisations de vocabulaire et de concept.
Pour mon information, les définitions que j’ai rappelées ici de l’OIM (pour les francophones) à quel acronyme correspondent-elles au canada et aux Etats Unis? Centric occlusion?

drlegault

OIM est souvent appelée OC (occlusion centrique ou centrée).
On parle de plus en plus de IM. Ou intercuspidie maximale.
J’invite mes collègues nord américains à participer à la discussion car même si mon niveau d’intérêt est plus qu’évident, je ne prétend pas posséder la vérité absolue.
Benoît

Jean-Pierre TOUBOL

Belle discussion et rares sont ceux qui s’y entendent aussi bien que les interlocuteurs ci dessus.
Alors merci à driegault pour sa culture et sa précision, merci à Gérard pour son sens clinique et à toi françois pour tes habituelles modérations.
Pour ma part j’adhère pleinement aux interventions de driegault et je pense que le confort des articulations et des dents en IM doivent impérativement être concomitants. Ce confort retentit obligatoirement sur la musculature et donc sur la posture de l’individu. Ne l’oublions pas.

François UNGER

Merci à toi Jean Pierre pour cet avis très important et que je voudrais reformuler pour être certain d’avoir bien compris: pour toi la notion d’OIM inclut non seulement l’engrènement inter-arcade mais aussi une position mandibulaire qui en découle, et le fait qu’elle soit exempte de dysfonction musculaire et/ou articulaire.
Ai je bien compris?
Amitiés
François

Gérard DUMINIL

La discussion s’éloigne un peu de la question initiale de la définition de l’OIM mais sont intéret s’en trouve augmenté. Je souscris à ce souhait de l’harmonie nécessaire entre l’OIM et les ATM, ce qui conduit à une fonction musculaire confortable . Quelques tests cliniques simples comme demander au patient de réaliser le claquement répetitif des dents produisant un bruit net et à un rythme régulier, ainsi que la capacité pour le patient de déplacer sa mandibule dents au contact sont des indices d’une harmonie fonctionnelle.

François UNGER

Cher Gérard,
sans vouloir empiéter sur la réponse que fera Jean Pierre, je voudrais te dire qu’il me semble difficile dans une seule définition d’inclure à la fois la notion de contacts dentaires précis et celle de fonctionnalité de l’ensemble de l’appareil. A mon avis en faisant ainsi on cherche à traiter simultanément 2 questions qui sont différentes:
1- identifier une situation occlusale précise et la position mandibulaire qui s’y rattache
2- évaluer le degré de fonctionnalité de cette position.
Tu m’accorderas que dans bien des cas cette situation occlusale d’OIM ne correspond pas à une situation mandibulaire fonctionnelle ou confortable comme tu le dis justement.
Si on veut on pourrait parler d’OIM dysfonctionnelle ou pathogène pour tous ces cas. Encore faut-il s’entendre avant sur ce qu’est l’OIM. C’est ça une des premières difficultés je crois. Mais qu’on va résoudre.
Amitiés, François

Jean-Pierre TOUBOL

Oui François tu as parfaitement compris mais tu as vu aussi que j’y ajoute la posture et particulièrement les cervicales.
Quand à toi Gérard il est parfaitement pertinent de faire claquer des dents et plus la vitesse de claquement augmente plus il est confortable ( loi de Guichet)

François UNGER

Parfaitement d’accord avec toi Jean Pierre: notre définition de l’OIM ne doit pas être étanche par rapport à l’ensemble postural. Elle doit au contraire pouvoir être confrontée aux autres repères posturaux quantifiables, même si nos réélles compétences nous limitent à l’appareil manducateur.
Autrement dit, devant l’ampleur de notre problème je pense que la définition la plus modeste de l’OIM sera la plus ouverte, la plus opérationnelle. Je vous ferai une proposition dans le prochain post en utilisant l’ensemble de vos remarques dont je vous remercie grandement. Le débat reste ouvert.

drlegault

Jadore cette discussion. . Je note toutefois encore certaines anomalies dans les précédents commentaires.
Jean-Pierre, quand vous dites : « le confort des articulations et des dents en IM doivent impérativement être concomitants », je changerais le mot « confort » pour « santé ».

Le confort, c’est de la symptomatologie.
Confort n’est PAS synonyme de santé.
C’est ce qui devient d’ailleurs frustrant des la terminologie lorsqu’on parle de confort.
La rigueur exige que nous trouvions les sources d’inconfort AVANT cet inconfort.

François, l’OIM n’est pas articulaire. Elle est dentaire. Étant donné qu’on ne peut faire bouger une arcade dentaire sans faire bouger les condyles (vous comprenez que ce sont 2 bouts d’un seul et même segment rigide), c’est ce qui fait dire à Jean-Pierre que OIM doit coïncider avec une position articulaire compatible avec l’harmonisation musculaire nécessaire au maintien des santés dentaires et articulaires.

Gérard, je comprends vos critères mais je les trouve subjectifs et inconstants.

Tout le monde a une OIM. Pour certains elle est atraumatique, pour certains elle traumatique et pour d’autres elle n’est que potentiellement traumatique.

Ce n’est que l’OIM. Elle n’a d’importance que lorsqu’on la met en relation avec les autres organes du système manducateur.

Benoît

François UNGER

Cher Benoit, puis je resumer votre pensée sur l’OIM en disant que vous la concevez comme la situation occlusale obtenue par le serrage maximal? Avec les conséquences articulaires associées.

bermant

Ce qui reviendrait à la définition du lexique de 2001.

A mon humble avis, elle n’est pas si mauvaise, et a le mérite d’être simple.

Nos étudiants ont besoin de notions aisément compréhensibles, même si de temps en temps, on souhaiterait les affiner.

L’OIM est une position donnée par les dents en occlusion, la RC par des relations condylo-disco-temporales optimales (sans rentrer dans les détails).

Bref, l’OIM procède des dents, la RC des ATM.

« Et tout le reste est littérature » disait Verlaine.

BM.

François UNGER

Oui Bernard tout est lié. mais pour la simplification que tu appelles à juste titre ne faut-il pas penser que le serrage est maximal? Peut-il y avoir contacts occlusaux maximaux sans serrage maximum? La musculature en tant que telle n’est-elle pas impliquée dès lors qu’on parle de contacts maximaux et qu’on est pas sur des moulages en plâtre?

drlegault

Voilà! J’ajouterai que le serrage n’a pas à être si maximal que ça.

Benoit

drlegault

Je vous relis François et je vais préciser ceci.
Je ne crois pas que ce soit par serrage que l’on obtient une OIM. Mais plutôt par mécanoception. Le cerveau ne peut enregistrer comme adéquate une position où il n’y aurait qu’une seule dent en contact. Lorsqu’il y a déglutition, ou lors de la fermeture des dents, le cerveau enregistré correcte la position dans laquelle il y a le plus de contacts occlusaux. Je crois avoir déjà lu sur le sujet mais je n’ai pas la référence exacte.
Ensuite, si serrage il y a, et si on n’est pas en RC, alors conséquences articulaires il.pourrait y avoir.
L’OIM, c’est juste la façon de fermer quand on demande au patient de fermer.
Benoît

François UNGER

Merci Benoit pour ces précisions de votre pensée. Je reviens sur trois points:
1- « un serrage pas si maximal que ça » ne peut définir une position qui prétend être reproductible et indépendante de l’observateur. Il me semble donc difficile d’accepter ce point de vue.
2- J’ai des tas de cas cliniques iconographiés pour lesquels il n’y a qu’un seul couple de dents en contacts en OIM. Et je crois que l’appareil manducateur « accepte » parfois cette situation.
3- Si « l’OIM, c’est juste la façon de fermer quand on demande au patient de fermer », ceci a le mérite d’être simple mais ne permet pas de caractériser une situation occlusale ou une position mandibulaire pour qu’elle soit reproductible et indépendante de l’observateur.
Si nous cherchons une définition de l’OIM c’est pour que nous puissions observer la même chose sur un même patient qui consulterait n’importe lequel d’entre nous, et pour que nous puissions échanger sur son cas, poser un diagnostic commun, bref, sortir du grand n’importe quoi qui fait que l’occlusion parait une science incompréhensible pour la Profession.
Merci Benoit de votre implication dans la discussion et de la liberté de vos propos.
François

Jean-Pierre TOUBOL

Je réponds à Benoit
Certes « confort » ne signifie pas obligatoirement santé mais il faut bien admettre que l’absence de symptomatologie et donc le confort laisse supposer la « bonne santé »
Mais j’accepte la remarque et vouloir prévenir l’inconfort me parait une vérité d’évidence qui s’applique à toute intervention buccale additionnelle ou soustractionnelle.
Seule cette attitude très précise qui permet au patient de retrouver ce « confort » qu’il avait avant toute intervention permet de ne pas altérer un état de santé préalablement installé.
Le « ne vous inquiétez pas il faut vous adapter demain il n’y paraitra plus » est a bannir totalement. C’est une cause majeure de l’apparition des troubles occlusaux
Mais peut-être que je me suis éloigné du sujet initial.

François UNGER

Ca reste dans le sujet car il faut choisir: une définition universelle de l’OIM doit-elle ou non faire référence à un état de l’appareil manducateur, autre que celui qui établit intercuspidaion maximale? Pour ma part je pense que non.

drlegault

Je crois très fermement que l’association confort/santé n’est pas probante. Quoique possible j’en conviens.

drlegault

François,

Je pense que l’OIM n’a d’importance que si on la met en relation et en comparaison avec les autres types d’occlusion et la relation articulaire.

SI OIM est un état observable et que cet état est en accord ou en conflit avec d’autres caractéristiques de l’occlusion, on pourra alors dire que OIM, l’état, est compatible ou non avec la santé du système manducateur. L’OIM seule, dans ce qu’elle est n’est pas, à mon avis, source de diagnostic.

Benoit

Jean-Pierre TOUBOL

Mon cher Benoit vous êtes un incorrigible analyste descartien il serait temps d’avoir une pensée intégrative qui vous permette de penser que la résultante confort indique pour le moins un état de santé acceptable…Que je sache dans cette état de confort vous n’allez pas chez le médecin mais moi aussi j’en conviens rien ne dit qu’il ne se trame pas quelques pathologies à venir…

bermant

L’OIM n’est peut-être pas source en elle même de diagnostic (je te laisse la responsabilité du point de vue), mais participe grandement à l’analyse des fonctions occlusales (calage, centrage, guidage), et par le fait constitue une aide précieuse au diagnostic.
Ne sommes-nous pas en train de sodomiser les diptères trigonocéphales ?

François UNGER

Non Bermant non ne nous adonnons pas au jeu préféré des entomologistes que tu signales. Pour la simple raison que nous avons absolument besoin d’une situation occlusale reproductible observable par tous, qui serve de repère pour comparer des situations mandibulaires variables; que ce soit pour des diagnostics ou pour des études comparatives sérieuses. Il nous faut un point zéro accepté par tous et après on pourra discuter de tout le reste: situation condylienne, centrage, points inter-incisifs, DV, guidages, confort,diagnostics, et même relation centrée (ne vous inquiétez pas on y viendra après l’OIM).
C’est pour ça qu’il nous faut ce point d’appui, simple, que tout le monde peut trouver. Si, comme nous le faisons actuellement nous travaillons sur la base de ce que nous a signalé à juste titre Benoit « l’OIM, c’est juste la façon de fermer quand on demande au patient de fermer », comment pourrions nous avoir quelque prétention scientifique pour notre discipline, ou même à échanger sérieusement au sujet de nos patients?
Encore merci de ces échanges chaleureux et réfléchis

drlegault

François, clairement, l’OIM n’est pas le bon point de départ. Désolé de ne pas avoir été plus clair plus tôt. L’occlusion oui, mais pas OIM. Et j’entends par là toute les fonctions occlusales dans toutes ses limites.

Jean-Pierre, n’avez-vous jamais soigné des caries profondes sans qu’il n’y ait inconfort?

Pour être sain, ça doit être confortable.

Ça peut être confortable mais pathologique. Et longtemps en ce qui concerne les ATM.

Quand ça devient inconfortable, il est souvent trop tard pour prévenir toute stabilité de traitement car les processus dégénératifs sont beaucoup trop avancés.

Benoît

François UNGER

Merci Benoit de ce point de vue clair.

A mon tour d’essayer de saisir ce que vous dites: il faudrait commencer par « l’occlusion » et non l’OIM. Pourquoi pas? Mais avons nous le même objectif?

Pour moi, et je voudrais être très clair, je trouve que l’occlusodontologie souffre d’un manque de crédibilité et de compréhension pour la plupart des praticiens. Beaucoup se plaignent de ne rien comprendre. D’autres signalent que selon tel ou tel enseignant les informations sont différentes. Dans mon exercice clinique je cherche la cohérence, la reproductibilité, la possibilité de montrer à d’autres comment ils peuvent soigner eux mêmes. Tout cela suppose que nous parlions des mêmes choses, et que nous ayons les mêmes mots pour en parler.
Si parler d’occlusion c’est faire un rappel anatomique puis physiologique pertinent pour s’autoriser ensuite à présenter des opinions personnelles comme des vérités, alors on restera dans notre situation: chacun sa vérité, l’occluso c’est de la magie, les patients sont des psys, les assureurs ne prennent pas en charge…
J’ai une autre ambition: éliminons les opinions, ou plutôt, apprenons à les falsifier, mettons en doute les affirmations selon lesquelles les éléments psycho-émotionnels seraient le facteur clef des DAMs, expérimentons et soignons sur des bases objectives et reproductibles. Je crois que cette démarche est faisable et indispensable pour sortir l’occluso de son opacité.
Je cherche donc par consensus un point zéro à partir duquel on pourrait discuter de toute l’occlusodontologie. Ce point zéro pourrait être, selon moi, l’OIM car un consensus peut y être trouvé. A partir de là tout sera comparable et les notions de diagnostics plus crédibles.
Tenez un seul exemple: si je vous dis que l’occlusion de ce patient est responsable d’une luxation discale, pouvez vous recevoir mon diagnostic sans que nous nous soyons mis d’accord sur ce qu’est « loccusion de ce patient »? Et là on définit quoi et comment si on a pas en commun cette notion de base qu’est l’OIM?

Leave a comment