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Palper l’occlusion #6 : Sentir comment l’occlusion perturbe le jeu articulaire

  1. Palper l’occlusion #1
  2. Palper l’occlusion #2
  3. Palper l’occlusion #3 : palper dans le calme et en confiance
  4. Palper l’occlusion #4 : premières observations
  5. Palper l’occlusion #5 : sentir comment l’occlusion perturbe le jeu musculaire
  6. Palper l’occlusion #6 : Sentir comment l’occlusion perturbe le jeu articulaire
  7. Palper l’occlusion #7 : des dents aux muscles, même sans l’ORC
  8. Palper l’occlusion #8 : le frémitus

Comme pour l’impact des contacts occlusaux sur les muscles masticateurs, il est possible de palper les conséquences du glissement entre l’ORC approchée vers l’OIM sur les situations articulaires. Et là encore il y a beaucoup d’informations à recueillir.

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La technique est en partie comparable à celle utilisée pour les muscles :

  • Le patient est placé en ORC approchée sur sa première prématurité. Sans effort de sa part. Il est possible d’aider le patient à maintenir cette position détendue si on soutient sa mandibule avec un doigt sous sa symphyse. Soutenir seulement. Il ne s’agit aucunement de guider ou de faire le moindre effort sur la mandibule : le praticien compense simplement la force de la pesanteur et des tensions peaucières pour que le patient n’ait pas à produire la moindre tension de ses élévateurs.
  • La palpation se fait coté par coté. La main la plus habituée à soutenir la mandibule dans le calme reste sous la symphyse, dans les conditions évoquées ci dessus. Pour les droitiers c’est en général la droite. La main gauche est alors celle qui vient prendre les informations au niveau de l’ATM, examinée sous la contrainte occlusale à venir. Il suffit de poser la pulpe de la dernière phalange du majeur sur le pôle condylien, ou, plus exactement un tout petit peu en avant de ce pôle, pour percevoir à la fois le volume osseux du pôle externe mais aussi l’espace immédiatement en avant, l’endroit ou peut se situer un disque déplacé. L’extrémité du majeur couvre parfaitement cette zone.
  • On demande au patient de serrer les dents et il parcourt ainsi le trajet ORC approchée / OIM. Pendant ce mouvement de glissement de la mandibule, le majeur perçoit parfaitement ce qui se passe au niveau de l’ATM. On note les observations.
  • La palpation est reproduite à l’identique pour l’autre ATM. Il est préférable de conserver le même doigt pour la palpation, même si cela oblige à une position du bras au dessus de la tête du patient. On note les résultats.

Qu’objective la palpation articulaire entre ORC approchée et OIM ?

  1. Le déplacement des condyles. Théoriquement, si la mandibule est en ORC, le serrage des dents ne doit pas produire de déplacement condylien puisque les condyles sont idéalement placés sous les disques idéalement interposés. Tout au plus devrait-on percevoir une discrète remontée du condyle lors du serrage. En réalité, dès que l’occlusion désorganise la stabilité articulaire on perçoit très distinctement des déplacements condyliens, et dans toutes les directions.
  2. Les directions des déplacements articulaires, et parfois des disques eux mêmes. En effet le doigt qui palpe saisit très facilement le sens du déplacement condylien (avant, arrière, interne ou externe, descente ou remontée). Il n’est pas rare de sentir aussi comment le glissement occlusal d’ORC à OIM sépare littéralement le condyle du disque: on perçoit le disque qui est chassé (plus souvent qu’on le croit vers l’extérieur) quand le condyle de déplace vers l’avant.
  3. La cohérence des déplacements d’un coté et de l’autre. Il est important de ne jamais oublier que la mandibule est un os mobile dans les 3 dimensions, et que le déplacement condylien droit n’est pas symétrique du déplacement condylien gauche dans le cadre d’un glissement occlusal latéralisé comme c’est le cas en général entre ORC et OIM. La mise en cohérence des observa-tions, droite et gauche, permet de comprendre comment se comporte globalement la mandibule lors du dérapage ORC OIM, sous contrainte musculaire forte, et souvent pendant de longues heures si le patient est stressé, par exemple.
  4. La chronologie d’apparition de douleurs éventuelles est aussi une mine d’informations cliniques importantes. Le patient est parfaitement capable d’identifier à quel moment des douleurs ou des blocages apparaissent. On lui demande de lever la main pour le signaler.

La palpation unilatérale, alternative, des ATMs lors du passage de l’ORC approchée à l’OIM permet :

  1. d’objectiver les perturbations articulaires, coté par coté, quand le patient passe des heures en position d’OIM, et d’imaginer les conséquences tridimensionnelles du serrage sur les tissus intra-articulaires.
  2. d’éviter des examens d’imagerie inutiles (scanner et IRM des ATMs) en cas de DAMs non arthrosiques.

L’occlusion est bien une des clefs pour évaluer la position mandibulaire ; ce qui doit être fait avant tout acte de dentisterie. N’est ce pas ?

  1. Pratiquez-vous la palpation articulaire, et dans quelles conditions ?
  2. Prescrivez-vous des IRM ou scanners ou radiographies dans les cas de déplacements discaux ?

Comments

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Bonjour François,
Etant occluso conscient mais ne traitant pas les pathologies, je ne palpais rien du tout:)
Dès aujourd’hui je vais mettre en place ton protocole qui m’est accessible et m’aidera dans mes examens pré prothétiques.
Merci encore pour tes posts pertinents, j’attends avec impatience les prochains.
Amicalement
JP Germain

François UNGER

Bonjour,
je suis heureux que mes posts contribuent à ta prise en charge de tes patients. S’il y a des sujets que tu aimerais voir traités n’hésites pas à me les signaler.

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