Navigate / search

OIM et rééducation de la déglutition #1

Une déglutition atypique correspond en général à la persistance de la déglutition de type infantile, celle qui est en place dès la vie intra-utérine et qui consiste à interposer la langue entre les arcades pour avaler. L’observation de la contraction des lèvres et muscles péri-buccaux lors de la déglutition de la salive est le signe extérieur de cette déglutition atypique (fig 1 et 2). Différents processus, trop longs à détailler ici, se succèdent depuis le suckling initial jusqu’à la mise en place de la déglutition dents serrées qui suit normalement l’éruption des dents cuspidées lactéales et permanentes. Incontestablement des conditions environnementales (éruption des dents, alimentation, usage de tétines, etc…) et génétiques influencent la persistance d’une déglutition avec langue interposée.

L’interposition linguale pénalise la mise en place des dents en empêchant leur égression, et dans certains cas, la croissance des procès alvéolaires : une inocclusion s’installe à l’emplacement de la langue. Plus ou moins visible, cette interposition pénalise l’établissement de l’occlusion et de la mastication fonctionnelle (Fig. 3 et 4).

La dysfonction linguale ne crée pas obligatoirement de zone d’inocclusion en OIM. Pourtant elle modifie le couloir d’équilibre musculaire dans lequel s’établissent les dents (ce processus peut concerner une arcade ou l’autre ou les deux), et, dès lors il devient morphologiquement impossible d’établir une intercuspidation fonctionnelle : les dents peuvent établir, grâce à leur morphologie, un emboîtement de type OIM, mais cette occlusion n’est pas fonctionnelle et ne permet pas le calage et le centrage simultanné de la mandibule. C’est bien souvent à une occlusion (OIM) dysfonctionnelle qu’aboutit la déglutition avec la langue interposée (fig. 5 à 8).

Ce point est fondamental pour comprendre comment une dysfonction linguale peut aboutir à une dysfonction occlusale. Est-il besoin alors de préciser que la dysfonction occlusale est en mesure de favoriser et/ou d’entretenir la dysfonction linguale ? (Fig. 9 à 15)

Un des intérêts de l’observation de la déglution est d’attirer l’attention du praticien sur une question majeure : l’OIM du patient est-elle fonctionnelle ? Permet-elle que la mandibule soit simultanément centrée et calée ? C’est ce signal d’alarme qui doit être perçu quand on voit la déglutition atypique du patient, que celui ci soit atteint ou non de DAM.

Et ce point est crucial pour un autre aspect car il conditionne le succès ou l’échec de toute rééducation de la déglutition. En effet, il existe un dilemme qui préside à cette rééducation (dont nous verrons le détail pratique la semaine prochaine) : comment peut-on recommander à un patient de déglutir dents serrées si ce serrage aboutit à une position mandibulaire dysfonctionnelle ?

C’est à nos yeux une erreur clinique majeure que de prescrire une rééducation de la déglutition s’il n’est pas possible, au préalable, d’établir une intercuspidation stable qui centre les condyles mandibulaires dans leurs fosses glénoïdes en permettant un jeu musculaire équilibré ; autrement dit une OIM en ORC.

  1. Pensez-vous qu’un patient qui a une déglutition atypique déglutisse dans sa position d’OIM ?
  2. Pensez-vous à rechercher systématiquement la position d’ORC approchée chez les patients qui déglutissent avec la langue interposée ?

Comments

axiom

Pourquoi n’y a t’il que les dentistes pour croire que l’on déglutit fonctionnellement avec les dents serrées ? Quelle publication sérieuse le montre ? D’où vient ce mythe ?

François UNGER

Cher axiom,
Avez vous besoin d’une publication sérieuse pour dire qu’on marche fonctionnellement avec les pieds sur le sol? Avez vous besoin d’une publication sérieuse pour vous expliquer que le jeu musculaire de la fonction de déglutition nécessite un appui occlusal pour se développer au mieux? Avez vous besoin d’une publication sérieuse pour vous dire que les édentés ont plus de difficultés pour déglutir?
Bien sûr un nourrisson ou un édenté total déglutissent. Mais leurs aliments ne sont pas les mêmes que ceux d’un adulte omnivore denté.
Je ne crois pas que la présence d’une occlusion fonctionnelle soit un mythe contribuant au mythe d’une déglutition fonctionnelle. Au contraire je pense qu’il s’agit d’une bonne coordination des fonctions orales. Faut-il une étude en double aveugle pour le savoir? Il suffit d’avaler sa salive pour le savoir. Non?
Cordialement

axiom

Mais enfin tous les orthophonistes, médecins, kinés , ostéopathes, posturologues vous diront que nul n’est besoin de serrer les dents pour déglutir et que la plupart du temps on déglutit sans serrer les dents…. essayez et vous verrez… Il n’y a que les dentistes pour croire à çà parce que un jour un grand ponte de la dentisterie que tout le monde à oublié a du dire cela lors d’une conférence devant une assistance béate… Je suis dentiste et des pseudo-vérités, j’en ai assez entendu à la faculté.

François UNGER

Nul n’est besoin de serrer les dents pour déglutir. Certes Mais il se trouve que la plupart du temps la plupart des êtres humains serrent les dents pour déglutir. Pourquoi?
Par ailleurs, déglutir dents serrées ou langue interposée sont deux processus qui ne mettent pas en jeu les mêmes organes et qui n’aboutissent pas aux mêmes résultats. Y-a-t-il un optimum pour un processus particulier?
Il y a bien des physiologistes (peut-être pas des grands pontes) qui ont étudié les différences (musculaires, alimentaires, digestives…) entre la déglutition dents serrées et la déglutition avec la langue interposée; et ce n’est pas la même chose. Regardez vos patients qui déglutissent avec la langue interposée et vous observerez qu’ils présentent des caractéristiques musculo-squelettiques (et dentaires) particulières.
N’est ce pas intéressant?
Quant à ces orthophonistes (les autres professionnels sont peut être plus excusables) qui pourraient s’accommoder d’un déglutition avec la langue interposée, je redoute que ce soit parce qu’ils ne savent pas identifier une OIM fonctionnelle d’une OIM dysfonctionnelle. Auquel cas oui on doit éviter de serrer les dents pour déglutir. Mais tout s’apprend.

axiom

Bonjour. Pour ma part, je pense que la plupart des gens déglutissent dents serrées lorsqu’ils mangent mais très rarement tout le reste du temps lorsqu’ils avalent simplement leur salive. Et il n’y a pas d’interposition linguale pour autant entre les dents. Ce n’est pas une déglutition infantile. Il y a simplement un contact très furtif quelquefois et pas en OIM. Ce n’est pas une pathologie que de déglutir sans mettre les dents en contact et il n’y a pas d’obligation d’y interposer la langue… C’est comme la vie , il n’y a pas une case noire et une case blanche pour ranger les gens, les opinions, les comportements etc… Faites l’expérience dans une assemblée de 100 personnes et vous verrez bien combien de personnes ont les dents serrées pendant la déglutition hors d’un repas. Ont ils tous pour autant une déglutition infantile ? Tout s’apprend certes mais tout s’observe aussi ! et comme disait Albert Einstein, » seule la certitude rend fou et le doute fait avancer ». Alors permettez moi simplement d’avancer sans devenir fou.

François UNGER

Une dysfonction n’est pas une pathologie. Je ne pense pas avoir dit cela ni même l’avoir laissé entendre. Autrement dit je ne considère pas qu’une déglutition infantile maintenue à l’âge adulte soit une maladie ou appelle, par principe une prise en charge.
Ce que je veux dire, simplement, c’est que le calage occlusal fait partie du temps oral de la déglutition. Et que si ce calage ne permet pas simultanément le centrage mandibulaire, alors l’OIM est dysfocntionnelle et la déglutition ne peut pas être rééduquée dans ces conditions.
Mais encore une fois, à aucun moment je ne propose de rééduquer les déglutisseurs atypiques qui ne se plaignent de rien. Les dysfonctions peuvent aussi correspondre à des adaptations à minima, qui ne pénalisent pas forcément l’équilibre global

daniel

Bien d’accord avec axiom.
L’intercuspidie maximale ne fait pas partie des fonctions linguales. Il faut d’autres outils pour évaluer si les fonctions de la déglutition sont assurées : la position de la langue au repos n’en est pas un, l’interposition linguale non plus.
Je pense que le mieux est ‘abandonner le plus rapidement possible ce terme de « déglutition dysfonctionnelle », parce que nous ne nous donnons pas les moyens de l’analyser correctement (pression oreille moyenne notamment).

François UNGER

On est bien d’accord, « l’intercuspidie maximale ne fait pas partie des fonctions linguales ». Je n’ai pas l’impression d’avoir écrit cela. Par contre le calage mandibulaire en OIM n’est pas indépendant des fonctions linguales. Ce n’est que sous cet aspect que l’OIM peut intervenir dans la déglutition. Et, jusqu’à preuve du contraire, une déglutition avec langue interposée, chez un adulte, est dysfonctionnelle.

axiom

Excuse moi mais je ne comprends rien dans cette explication et distinction que tu fais dans la première partie de ton post du 6 Nov à 14h35. Je te cite : « On est bien d’accord, « l’intercuspidie maximale ne fait pas partie des fonctions linguales ». Je n’ai pas l’impression d’avoir écrit cela. Par contre le calage mandibulaire en OIM n’est pas indépendant des fonctions linguales. »
Si tu peux m’éclairer la dessus , c’est avec grand plaisir..

François UNGER

c’est daniel qui a écrit cette phrase et non toi; même s’il disait son accord avec toi. J’ai fait « répondre » sur le post de daniel. C’est à daniel que cette réponse était destinée.
A moins que ta demande ne soit pas ça? Sur quoi veux tu que je t’éclaire?

axiom

Si tu écris « Par contre le calage mandibulaire en OIM n’est pas indépendant des fonctions linguales ». Je traduis en plus simple : il est dépendant des fonctions linguales. Donc là nous ne sommes plus d’accord.

daniel

Les fonctions de la déglutition sont clairement définies.
L’interposition linguale à la déglutition ne modifie pas les fonctions de la déglutition. Ou alors il faut le prouver : sur la phonation, sur l’aération de l’oreille moyenne, sur la descente du bol alimentaire, sur la protection des voies aériennes.
Ou bien il faut changer la définition de la déglutition fonctionnelle.

daniel

Déjà cité plus haut ou cfr article.
Au moins les 3 suivantes :
– descente du bol alimentaire ou de la salive
– protection des voies aériennes
– aération de l’oreille moyenne
En voyez-vous d’autres ?
Quand vous utilisez le terme de déglutition dysfonctionnelle, où situez-vous la dysfonction et quels sont vos critères pour l’évaluer ?

François UNGER

Je ne sais pas si ce sont des « fonctions » de la déglutition ou plutôt des « implications » de la déglutition.
Et la déglutition est surement impliquée dans bien d’autres processus, ne serait ce que la posture mandibulaire. On pourrait aller plus loin avec la posture céphalique, l’expression des émotions, la respiration, etc…

Quand je parle de déglutition dysfonctionnelle je parle, à mon niveau de dentiste, d’une dysfonction qui se fait sans que la position mandibulaire soit fixée par l’OIM. Donc avec langue interposée.

daniel

Mais l’interposition linguale ne modifie pas les fonctions évoquées.
C’est bien ce que je dis, c’est l’expression des dentistes qui est mauvaise. La déglutition n’est pas dysfonctionnelle puisque les fonctions sont assurées.
Il faut trouver une autre expression qui soit compréhensible par n’importe quel soignant et pas seulement dans le petit monde de l’occlus-centrisme.

François UNGER

Réponse à axiom du 6 novembre 21h44
Quand je dis que le calage mandibulaire en OIM n’est pas indépendant des fonctions linguales je veux dire que si la langue est interposée lors de la déglutition, alors le calage mandibulaire en OIM ne se fait pas.
Ce qui ne veut pas dire à mes yeux que parmi les fonctions linguales il ya ait le calage mandibulaire en OIM.
Dire que le calage mandibulaire est dépendant des fonctions linguales comme tu le suggères, ne doit pas effacer une différence masquée par les mots qui peuvent sous entendre une causalité liée au terme « dépendant ». Les fonctions linguales ne sont pas la cause de l’OIM, même si ce qui se passe lors de la déglutition peut modifier l’OIM. Il y a de nombreux facteurs qui interviennent dans le calage mandibulaire, dont la déglutition. Mais ce serait un abus de langage de réduire l’ensemble des facteurs en cause aux fonctions linguales. C’est ce que je voulais dire en écrivant « n’est pas indépendant »… »

François UNGER

réponse à daniel 7 novembre 10h 06

C’est étonnant que tu ne fasses pas de différence entre une cause et un élément concomitant. Pourquoi veux tu que la langue « modifie ». Tu penses donc qu’elle est la cause. Et là je ne peux pas suivre. Intervenir dans un processus ne veut pas dire en être la cause. Ce n’est pas un problème de dentiste mais de logique épidémiologique.

daniel

Je résume : si on ne peut pas prouver que les fonctions de la déglutition ne sont pas assurées, on ne peut pas parler de déglutition dysfonctionnelle.
C’est une simple question de terminologie.
Et si je relis ceci : « Mais encore une fois, à aucun moment je ne propose de rééduquer les déglutisseurs atypiques qui ne se plaignent de rien. Les dysfonctions peuvent aussi correspondre à des adaptations à minima, qui ne pénalisent pas forcément l’équilibre global », je pense qu’il y a une confusion entre dysfonction et adaptation.
L’adaptation permet… d’assurer les fonctions.
Atypique peut-être, pourquoi pas, mais pas dysfonctionnel.

François UNGER

Nous voila revenu dans ce qui éloigne les praticiens de l’occlusion et du légitime intérêt qu’ils ont pour contribuer à la pérennité d’une position mandibulaire fonctionnelle. Je vous laisse poursuivre…

daniel

Je ne pense pas, ça permet de mieux poser le problème.
Les fonctions de la déglutition sont assurées.
On pose alors l’hypothèse, devant le tableau clinique, qu’il y a des adaptations qui sont nécessaires pour assurer ces fonctions.
Toujours dans cette hypothèse d’adaptations, il y a probablement une raison qui a amené l’adaptation et il y a aussi probablement des « factures à payer », des conséquences.
La discussion porte alors sur les liens entre ce qui est observable : cause, conséquences ou simple concomitance.

yevninemichel

bonjour à vous,
je me permet d’intervenir dans ce débat passionné peut-être pour arriver à mettre tout le monde d’accord et permettre aux différents  » soignants  » de parler le même langage .
en préalable je voudrais replace les choses : dans la DEGLUTITION il existe deux temps :
– un temps buccal
– un temps pharyngien
( c’est du moins ce sue l’on m’a appris…. et doit-on faire confiance à ce que l’on nous enseigne???)
le temps buccal procéde d’une praxie ( et donc rééducable) c’est dans ce temps que se passe la dysfonction linguale d’interposition
le temps pharyngien procède d’un réflexe , un fois le bol alimentaire ou la salive arrivés sur la partie postérieure de la langue la volonté ne peut plus intervenir. Bien j’espère que tout est d’accord???
Une fois celà posé il faut différencier la déglutition du bol alimentaire et la déglutition salivaire postprandiale qui s’effectue entre 1500 à 2500 fois selon les auteurs : c’est celle-ci qui procède des dysfonctions et donc rééducable ( je me répète). Petite précision également la déglutition ne s’effectue pas dents serrées mais plutot dents en contact. La force musculaire développée n’est certes pas la même.
par contre je suis persuadé du fait qu’il est préférable d’avoir une occlusion d’intercusidie maximale la plus équilibrée possible pour obtenir calge et centrage ( là le guidage ne sert pas trop ) , c’est à ce moment que l’incidence sur la musculature et donc la posture et donc la perméabilité de l’oreille interne sont le mieux assurés et qu’un rapport harmonieux des bases osseuses maxillaires et mandibulaires favorisera cette harmonie??? d’ailleurs si celà interresse certain nous pourrions discourir sur la différence entre l’équilibre et l’harmonie. Je dirai que la grande majorité des dysfonctionnels non algiques sont équilibrés et que les  » normaux » non algiques sont harmonieux….. 😉

alainmondoloni

Bonjour à tous
Je n’avais pas eu le temps de répondre à ce post. Quand j’ai vu 23 réponses, je me suis dit Hourra !!! enfin des praticiens s’intéressent au sujet ! Malheureusement dialogue de sourd entre Daniel et Axiom avec François Unger. Je me suis dit ce n’est pas gagné et je rongeais mon « frein lingual COURT » (voir la toute première diapo sur le sujet : Et la langue dans tout ça #1 ), quand heureusement yevninemichel est intervenu pour remettre les pendules à l’heure. Je suis parfaitement d’accord avec son analyse !!!
Conclusion
Donc question 1 de François Hunger : la réponse est NON
Question 2 : la réponse est OUI

A PLUS et COURAGE FRANCOIS

François UNGER

Merci alainmondoloni de votre soutien.
Je crois que la discussion, même si elle est dévoyée, est globalement positive. Bien sûr il y a des gens qui cherchent d’abord à faire leur « pub », sans vraiment rentrer dans les sujets proposés. D’autres confondent pensée critique, démarche expérimentale, et idéologie. Mais au total échanger est salutaire car le partage d’idées est un enrichissement mutuel.
Ce partage est mon objectif et il continuera grâce à vous.
Cordialement

daniel

Objectif atteint, d’autant plus méritoire qu’il y a des sujets plus confortables…

La précision du langage est importante et elle n’est pas anodine en ce qui concerne la déglutition.
Ce n’est pas parce qu’il y a interposition linguale que la déglutition ne remplit plus son cahier de charges. Dysfonction linguale ou dyspraxie pourquoi pas.
Pour répondre à yevninemichel, certains auteurs distinguent plus que 2 temps dans la déglutition.
Ils évoquent notamment un premier temps oral de mastication et d’imprégnation salivaire du bol alimentaire. Dans cette étape, le voile doit être contre le dos de la langue, c’est ce qui les intéresse en premier. Mais le défaut salivaire et le déficit masticatoire sont également deux paramètres à prendre en compte.
Le deuxième temps est le transport vers le pharynx.
Le troisième est la phase pharyngée, réflexe. Elévation et contraction du voile, protection du nano-pharynx, élévation du tube pharyngé, etc…
Un quatrième temps oesophagien, réflexe également.
On voit bien que la déglutition dysfonctionnelle est autre chose que l’interposition linguale qui, par ailleurs n’apparaît pas dans la description des neurologues et qui, de fait, n’entrave pas le transport vers le pharynx.
Un aspect que nous ne relevons peut-être pas suffisamment, et qui est de notre compétence, est la mastication et la salivation, essentiels dans le processus de déglutition.
Une définition claire de la déglutition fonctionnelle n’empêche bien entendu pas de se demander pourquoi il y a interposition linguale chez certains.
Certains auteurs rapportent des taux de plus de 60% : tous des immatures à éduquer ? J’ai des doutes.

François UNGER

Merci daniel

personne n’a dit que les déglutisseurs atypiques qui interposent leur langue entre les arcades pour déglutir sont des immatures et qu’il faut les éduquer.
La question qui nous interesse au premier chef, nous les dentistes, c’est de savoir:
– si cette interposition pénalise l’établissement d’une OIM fonctionnelle (voir photos 3 et 4) qui va donc influencer nos traitements dentaires,
– et, si, en cas de DAM il existe une corrélation entre la déglutition et les signes et symptômes du DAM.
S’il s’avère que le diagnostic qu’on porte relie le DAM et la déglutition, alors seulement on envisagera la rééducation de la déglutition.

J’ai un peu l’impression que ça fait peur de parler de rééducation de la déglutition. Pourquoi donc? On est pas en Corée du nord.

phil64

Bonjour,
en vous lisant je comprends bien qu’une déglutition atypique ne puisse pas être qualifiée de dysfonctionnelle puisqu’elle permet quand même la fonction, soit, mais est elle pathogène, entraine t’elle d’autres pathologies ?
Amenez n’importe quel orthodontiste sur ce forum et il hurlera!
Oui bien sur une déglutition atypique est pathogène et on le sait tous,dysmorphoses,béances antérieures, occlusion uniquement sur les secteurs postérieurs entrainant une usure prématurée de ces dents et donc problèmes articulaires, avancée des incisives, associée souvent (dans quelle proportion, question posée aux universitaires qui connaissent toutes les publications sur le bout des doigts ?) à une respiration buccale (et là aussi vous allez dire que la fonction respiratoire est correcte puisque le patient arrive à respirer ?), posture tête en avant…
On pourrait remplir une page entière avec les conséquences néfastes d’une déglutition atypique et on se demande encore s’il faut la rééduquer en 2016, je crois rêver.
En tout cas tant que la croissance n’est pas terminée c’est pour moi et pour beaucoup une faute professionnelle de ne pas le faire, chez l’adulte on peut se poser la question c’est vrai.

Philippe Poudensan

P.S: pourquoi poster en anonyme pour certains ?

daniel

« en vous lisant je comprends bien qu’une déglutition atypique ne puisse pas être qualifiée de dysfonctionnelle puisqu’elle permet quand même la fonction, soit, mais est elle pathogène, entraine t’elle d’autres pathologies ? »
Bien entendu, il y a les effets indésirables de l’interposition linguale, mais il y a un gros bénéfice sur le fonctionnement de l’oreille si l’occlusion est pathogène, elle fait office d’orthèse.
Comme François Unger le dit plus haut, il faut un diagnostic bien complet pour comprendre le tableau devant lequel on se trouve.
Le problème est différent chez les enfants parce qu’on se trouve assez souvent devant un héritage épigénétique où l’occlusion n’est pas en cause mais fait partie des conséquences de défauts respiratoires par exemple de diverses origines.
Le premier élément dont j’ai besoin chez l’adulte, c’est de connaître le fonctionnement de l’oreille après déglutition avec et sans intercuspidie maximale. Si l’oreille ne fonctionne pas après déglutition en IM, alors qu’elle fonctionne avec interposition linguale, l’occlusion est clairement en cause (béance ou pas). Ce qui ne veut pas dire que c’est la cause primaire, mais ça permet de comprendre que le patient a un intérêt immédiat à éviter l’IM et qu’il n’avale pas comme j’aurais envie qu’il le fasse.
A terme il y aura d’autres soucis, on est bien d’accord. Mais si je le contrains à déglutir en IM sans rien changer, je vais le mettre en difficulté.
Pour cette raison, j’ai des réticences devant la rééducation linguale chez l’adulte (hormis tous les cas de dysphagie qui dépassent le cadre de l’occlusion).

François UNGER

Je me tiens les cotes quand je peux lire une oeuvre humoristique du genre de celle ci: Le problème est différent chez les enfants parce qu’on se trouve assez souvent devant un héritage épigénétique où l’occlusion n’est pas en cause mais fait partie des conséquences de défauts respiratoires par exemple de diverses origines ». Bravo! Quel pied! Et je sens qu’un grand nombre de nos lecteurs (s’ils n’ont pas déserté ce post) doivent aussi se tordre de rigolade.

Bon j’ai compris: je croyais que la rééducation de la déglutition nécessitait de bien mettre les choses en ligne de façon à pouvoir la mettre en oeuvre positivement…mais je découvre qu’en fait il y a des « réticences » à l’idée même de rééduquer la déglutition.
C’est tellement mieux d’être boiteux plutôt que de mettre une semelle dans sa chaussure. Pourquoi? Parce qu’il y a un contrôle épigénétique des pressions intra-cartilagineuses de la tête fémorale qui est perturbé par la semelle! Mais oui, si vous vouliez bien prendre en compte l’ensemble des paramètres vous pourriez tellement mieux soulager vos patients. On rigole encore.

phil64

Bonjour,
ce que je trouve drôle, c’est plutôt cette façon que tu as François de ridiculiser les gens qui tentent une autre approche des problèmes auxquels nous sommes confrontés dans notre exercice. Parfois en te lisant j’ai l’impression de lire du Bernard Mantout . Pour ma part ce que dit Daniel m’intéresse, j’aimerais juste qu’il développe un peu.

phil64

Ceci dit pour Daniel, j’aime bien savoir avec qui je discute, omnipraticien, universitaire, qui es tu ?

daniel

La moquerie est généralement le dernier recours quand l’argumentation fait défaut : puisqu’on va rater la balle, visons le joueur. Pas grave et sans intérêt.
Autre chose qui est plus important. Je pensais que l’utilisation du terme déglutition dysfonctionnelle procédait simplement d’une erreur sémantique, mais c’est plus profond. Elle témoigne, à mon avis, de cet occluso-centrisme d’un autre temps, qui n’apporte en fait rien de neuf, sinon la relecture et l’éternelle réécriture de tout ce qu’on sait déjà. A quoi bon ? Occuper le terrain ?
Elle témoigne aussi d’une triste ignorance du rôle de la déglutition et de l’évolution des connaissances dans d’autres domaines concernés par cette fonction.
« je croyais que la rééducation de la déglutition… » Il faut sortir des croyances. Un scientifique doute, ne croit pas. Il observe, pose des hypothèses et les contrôle. Le reste c’est du bavardage. Bien emballé, mais du bavardage quand même.

daniel

« L’esprit vraiment scientifique devrait donc nous rendre modestes et bienveillants. Nous savons tous bien peu de choses en réalité, et nous sommes tous faillibles en face des difficultés immenses que nous offre l’investigation dans les phénomènes naturels.
Nous n’aurions donc rien de mieux à faire que de réunir nos efforts au lieu de les diviser et de les neutraliser par les disputes personnelles. En un mot, le savant qui veut trouver la vérité doit conserver son esprit libre, calme, et, si c’était possible, ne jamais avoir, comme dit Bacon, l’oeil humecté par les passions humaines. »
(Cl. Bernard, Introduction à l’étude de la Médecine Expérimentale)

axiom

Laisse tomber Daniel. On va encore se faire traiter d’idéologues et incompétents puisque çà fait rire… Et en plus on se fait de la « Pub » maintenant !!
Décidément rien n’a changé dans le monde de la physiologie enseignée par des chirurgiens dentistes, ils se croient toujours au centre du monde et les autres professionnels ne connaissent rien. Cela ressemble bien à une grosse frustration intellectuelle et psychologique. J’ai des fois un peu honte de faire partie de ce monde suffisant à la science infuse qui ne sait que se moquer lorsqu’il est à cours d’arguments. Pour ma part, je sors de ce post qui aurait du être passionnant et qui va devenir plus lamentable que les élections américaines et bientôt françaises. La faute à qui ?

alainmondoloni

« ON NE PEUT INTERVENIR QUE SUR CE QUE L’ON VOIT.
ON NE VOIT QUE CE QUE L’ON CONNAIT. » ALBERT JEANMONOD
En réponse à DANIEL et à AXIOM et pour défendre François UNGER.
Il ne faut pas confondre ironie et moquerie. Mais à bout d’arguments je pense que c’est la seule arme qui lui restait pour lutter contre les réticences des confrères à faire rééduquer leurs patients. Il n’y a aucun occluso-centrisme à utiliser la rééducation linguale dans son arsenal thérapeutique.
En 36 ans d’exercice de la dentisterie en omni-pratique je n’ai pu que constater les bienfaits de la rééducation linguale chez les adultes souffrants de TMD. A condition bien sûr qu’ils aient le nez débouché et qu’ils soient motivés.
Mais ce constat ne doit pas minimiser notre rôle dans la détection des anomalies lors de l’examen bucco-dentaire chez les enfants : Endognathie maxillaire, Prognathie maxillaire, Rétrognathie maxillaire, Béance antérieure, Absence d’intercuspidie de dents antagonistes, et évidemment la Déglutition salivaire « dents non serrées ».
Cette anomalie peut être confirmée par l’observation de la constriction anormale de l’orbiculaire des lèvres et la musculature péribuccale au cours de la déglutition. ( voir figure 1 et 2 du Post )
Donc parlons de DEPISTAGE PRECOCE pour calmer les esprits. Si il est fait de manière sérieuse il met en évidence la fréquence de l’évolution anarchique de la croissance osseuse maxillo-faciale chez les jeunes. Il peut permettre d’éviter les conséquences néfastes et durables de cette anomalie sur la santé de l’individu une fois adulte. D’une part par la permanence de la respiration buccale qui en découle et d’autre part par la quasi absence de véritable mastication due à l’anarchie des rapports dento-dentaires antagonistes.
« La déglutition salivaire dents non serrées » est une habitude nocive qui se développe dés la mise en place des dents de lait chez l’enfant qui continue à sucer son pouce ou autre substitut. Entre autre le biberon avec tétine grande vitesse qui fait que le lait descend tout seul sans effort musculaire pour l’enfant. Du fait des tensions musculaires anormales qui s’exercent alors, la succion-déglutition « dents non serrées » est la para-fonction responsable du développement anarchique du squelette maxillo-facial en cours d’ossification. Car dans le combat entre le muscle lingual et les os maxillaires c’est toujours LA LANGUE qui gagne.
Ce DEPISTAGE systématique des enfants par les omni-praticiens pourrait éviter à long terme certains TMD de l’adulte et éviterait des consultations en première intention pour des problèmes d’occlusion chez les orthodontistes. Car elles sont néfastes parfois à une coordination pluridisciplinaire.
Mais ceci est une autre histoire.
Et en illustration pour les jeunes praticiens une photo de mon ami le Dr Gérard CUCCHI pour garder un ton ironique.
A plus

daniel

 » les réticences des confrères à faire rééduquer leurs patients.  »
Finalement je me demande si vous saisissez les nuances de votre langue maternelle. Réticences n’est pas synonyme de refus.
Avant de se ruer sur l’éradication de l’interposition linguale chez l’adulte, je pense qu’il faut savoir si cette interposition n’est pas un moyen utilisé par le patient pour se sauver d’un autre préjudice plus immédiat. Sur l’oreille par exemple, mais ceci ne vous intéresse pas, on est d’accord.
Ma question est donc : si je supprime le préjudice sur l’oreille, est-ce que je supprime aussi et instantanément l’interposition linguale qui ne devient plus nécessaire ? C’est une question que je me pose à moi, pas à vous bien sûr, devant un patient qui évite l’IM. Et loin de moi l’idée de vouloir vous empêcher de rééduquer les langues, chacun réfléchit comme il le peut.
Chez l’enfant, on fonctionne autrement, un bilan global est nécessaire. Ce qui me fait dire que mon approche sera différente.
Vous comprenez tous les mots?

daniel

Les définitions pas claires, des mots pris pour d’autres, les notions floues, poétiques, d’harmonie, d’équilibre, ça ne m’intéresse plus. Les validations de protocole par les commentaires des patients non plus.
Le cahier de charges de la déglutition est connu et l’effet sur l’oreille est mesurable à deux endroits, le bonheur pour mon esprit primaire qui a besoin de voir pour croire..

phil64

Ton approche m’intéresse, comment fais tu ces mesures, quel appareil utilises tu? Je voudrais vérifier s’il y a une différence avant et après décompression articulaire.

Patrick AMPEN

je partage l’avis de Daniel : « un bilan global est nécessaire », car toute bouche est « équilibrée « ,et ce que l’on voit est le résultat de l’établissement progressif d’un équilibre physiologique, normal ou dysfonctionnel … L’anatomie correspond a une fonctionnalité et reciproquement . En faisant faire une rééducation linguale isolée, on aura un effet, mais il faut réflechir globalement : langue, arcades , ATM, musculature, et posture etc ..( d’ou le terme « orthodontie intégrative » ). Soyons modestes , c’est la physiologie propre du sujet qui intègre les nouveaux paramètres introduits par le clinicien .

François UNGER

Bien entendu tout est dans tout et à chaque fois qu’on modifie un facteur de l’équilibre global d’un organisme vivant on prend le risque de modifier le tout sans vraiment savoir ce que l’on fait. La modestie est effectivement une attitude légitime. Mais l’abstention?
Parce qu’en fait, ce qui est derrière une telle opinion c’est une position de non intervention en absence de « bilan global ». pouvez vous nous dire ce qu’est un « bilan global nécessaire » avant de rééduquer la déglutition? L’oreille, j’ai bien compris; mais pourquoi s’arrêter là? La posture? Le sommeil? Les difficultés familiales et professionnelles? Que met-on dans ce « bilan global » avant d’envisager de rééduquer la déglutition d’un patient dont on a pu obtenir une sédation durable grâce à une orthèse qui a permis d’objectiver la position mandibulaire fonctionnelle?

Patrick AMPEN

Nous sommes des praticiens de la bouche, dont le « terrain de jeu » est la denture : des arcades fonctionnelles ( donc de bon volume, avec un plan d’occlusion physiologique permettant une relation articulaire correcte ) sont a rechercher , et on a tout ce qu’il faut tant du point de vue diagnostic que thérapeutique fonctionnelle ( avec des moyens qui ne sont pas que de l’orthodontie ..) pour que le patient fasse l' »integration » dans le bon sens ,
– Une disfonction linguale peut etre la cause de l’anomalie des arcades mais la correction de celle ci permettra une rééducation secondaire beaucoup plus efficace,( et si elle reste necessaire après la correction anatomique.)

daniel

Ce qu’on appelle abusivement déglutition dysfonctionnelle, dysfonction linguale, etc… est en fait simplement quelque chose qui nous dérange : l’interposition linguale au moment de la déglutition salivaire : il faut se tenir à cette observation sans l’interpréter trop vite, notamment dans le sens (dogmatique) d’une immaturité.
Abusivement, parce que l’interposition linguale permet en fait à la déglutition d’assurer correctement une fonction bien précise quand l’OIM l’en empêche.
Cette fonction particulière est révélée par la mesure de ll’activité électrique des cellules ciliées externes de l’oreille interne. Chez tous les interposeurs de langue cette activité de l’oreille interne est supprimée si on les force à avaler en IM. Les obliger à avaler en OIM constitue alors un préjudice.
Avant de prendre une orientation thérapeutique à ce niveau, il faut comprendre l’origine du défaut occlusal et la supprimer : la déglutition en OIM se fait alors sans difficulté.
Réduire la question de l’interposition linguale à « je rééduque ou pas, » n’a pas de sens, le problème n’est pas posé correctement.

François UNGER

Je ne pense pas que quiconque ait dit dans ce post ou ces commentaires que la rééducation de la déglutition s’imposait quand le patient déglutit avec la langue interposée. Effectivement le sujet n’est pas là.
Mais quand on a identifié la relation entre l’interposition linguale et la position mandibulaire en OIM alors se pose la question de rééduquer ou non la déglutition.

daniel

Je peux comprendre la difficulté qu’il y a à interpréter des relations si on reste accroché à une vision mécaniste. Les liens qu’on peut observer sont beaucoup plus complexes, directs ou indirects, de cause à effet ou simplement concomitants, etc…
Il faut apprendre à se remettre en cause de façon permanente. Les observations que d’autres font doivent pouvoir trouver une explication : dans ce modèle mécaniste ancien et trop simple, ce n’est manifestement pas possible.

Leave a comment