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Laroxyl contre orthèse #2

Dans le post précédent nous avons présenté le cas de Madame Valérie G.
Compte tenu de la situation médicale insatisfaisante du point de vue de la résolution de la douleur, il nous a semblé légitime de poser l’hypothèse diagnostique d’une participation occlusale. Dès lors la problématique peut se résumer ainsi:

  • La dysfonction mandibulaire peut-elle être induite par l’OIM?
  • Vouloir répondre à cette question conduit à soustraire la position mandibulaire (au moins pendant la nuit) aux contraintes qu’elle subit de la part de l’OIM
  • Une orthèse, élaborée pour caler la position mandibulaire détendue, va-t-elle calmer durablement la situation douloureuse?

La patiente est revue après 8 jours: elle signale une amélioration nette mais n’ose y croire. Un décalage est apparu entre les contacts obtenus sur l’orthèse de ce jour et ceux qui ont été choisis lors de la mise en place. Cette différence matérialise la modification de la position mandibulaire dont la détente est nettement plus perceptible. L’orthèse est équilibrée dans la position d’ORC du jour.
Trois semaines plus tard la patiente est revue pour contrôle de la position mandibulaire sur l’orthèse. Les douleurs ne sont plus présentes; la patiente et son mari se répandent en critiques contre « la médecine traditionnelle ». Un nouveau décalage est apparu; plus réduit. Nous équilibrons donc la gouttière.

Peut-on conclure que la dysfonction mandibulaire liée à l’OIM (myospasme) était responsable des douleurs?
Faut-il considérer que la position mandibulaire stabilisée sur l’orthèse par les derniers réglages est la position thérapeutique finale?

Comments

carton

Pour ma part je concluerais sans hésiter que les douleurs trouvaient leur origine dans la malposition mandibulaire puisqu’elles ont céssé avec l’orthèse. La sédation s’est elle maintenue dans le temps?
Pour la position de référence prothétique je prendrais la position de l’orthèse diminuée de l’augmentation de DV qu’elle impose.

savin

Je pense comme Carton que si les douleurs ont cessé avec le port d’une gouttière mandibulaire équilibrée, c’est qu’il doit y avoir un rapport avec la malposition mandibulaire.
Il me semble que cette patiente n’a pas de position mandibulaire de référence. A en juger sur les photos, on remarque de nombreuses édentations non compensées et surtout des fonctions canines inexistantes.
Je crois que j’essaierai de rétablir deux fonctions canines avec peut être l’aide de l’orthodontie pour ensuite combler les édentations. Je ne crois pas qu’il faille augmenter la DV.

François UNGER

Merci à Carton et Savin pour leurs interventions.
Oui la sédation est maintenue dans le temps. la patiente a été revue en septembre et la disparition des douleurs est confirmée. Il va falloir passer à la phase de restauration et vos observations sont justes:
– oui il n’y a pas lieu de modifier la DVO initiale
– oui le centrage mandibulaire par les canines (ainsi que le calage et le guidage) est fondamental. Sans cela ce serait l’échec assuré.
Par contre, bien que cela soit tentant je ne pense pas que l’orthodontiste ait les moyens de rétablir une position dentaire franchement plus satisfaisante compte tenu du manque d’exigence esthétique de la patiente. C’est triste à dire mais à la limite peut importe l’option prothétique qui sera retenue (implantaire, amovible…). Dans ces conditions je propose de commencer par une thérapeutique paro (motivation, contrôle de l’inflammation, évaluation des supports et maintien des piliers qui ont de l’avenir). Ensuite, selon toute vraisemblance c’est de la prothèse métallique à châssis qui remplacera les dents absentes et rétablira l’esthétique… mais qui surtout devra assurer durablement le maintien de la position mandibulaire asymptomatique.
Et, objectivement, cette patiente a souffert depuis si longtemps et si intensément à cause de son désordre occlusal, qu’il me semble naturel que sa priorité soit son confort et non l’esthétique. Il ne s’agit pas de dénier l’intérêt des thérapeutiques prothétiques mais de les relativiser dans le cadre de la santé globale de l’individu.

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