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Et la langue dans tout ça ? #2

Nos discussions sur les relations entre DAMs et langue ne sauraient se poursuivre de façon enrichissante sans vous apporter l’élément capital que constitue le dépistage des dysfonctionnements de la langue.

L’article ci joint est très bien fait, associant les compétences d’un kinésithérapeute et d’un chirurgien dentiste qui travaillent ensemble à l’hôpital Charles Foix d’Ivry, à la consultation des troubles fonctionnels oro-faciaux. Qu’ils soient félicités pour ce bel enseignement qui sera utile à tous. Merci également à la revue d’orthopédie dento-faciale qui a mis cet article à disposition sur internet. Cette revue propose bien d’autres articles passionnants.

langue
  1. L’examen de la langue fait-il partie de votre examen initial d’un patient ?
  2. Que recherchez-vous quand vous examinez la langue de vos patients ?

Commentaires

yevninemichel

Cher François,
je confirme : cet article est particulièrement bien fait et il y a fort longtemps que je n’avais pas trouvé autant de concision sur ce sujet si important qu’est la langue. La documentation bibliographique est excellente, la référence à cette grande Dame qu’est Maryvonne Fournier fait beaucoup de bien et plus d’un d’entre nous devraient se replonger dans sa lecture.
personnellement j’ignorais la triade de Chateau : excellent rappel…
maintenant pour répondre aux questions : oui la langue fait parti de mon examen initial et c’est même un élément fondamental et lorsque je l’examine je recherche tout ce qui est cité dans l’article: position fonction mobilité, freins, phonation et tous ces éléments vont ensuite orienter ma thérapeutique et les conseils que je vais prodiguer à mes patients. Par contre je reconnais que je travaille en liaison avec un kinésithérapeute spécialisé dans la prise en charge maxillo faciale mais il me manque une bonne orthophoniste…..

François UNGER

Tu as raison de porter ton attention sur la langue et à cet égard l’article en pièce jointe est effectivement très utile pour tous les praticiens. il faut en féliciter les auteurs, les remercier pour ce travail et s’en inspirer pour une vision pluridisciplinaire de nos DAMs.

alainmondoloni

Cher Rédacteur en Chef

Un grand merci pour ce sujet « lingual » #1 et la ténacité pour le #2 qui va je l’espère réveiller les confrères qui découvre les problèmes posés par la dysfonction linguale.
Si on compare avec le nombre de commentaires sur les  » Pathologies des ATM on devine le chemin qu’il reste à parcourir pour intéresser les confrères à faire ce diagnostic clinique.
J’en profite pour rendre encore un hommage à Albert Jeanmonod car il avait déjà tout énoncé en 1988.
Je ne résiste pas aussi à citer le nom de l’orthophoniste Garliner qui avait décrit les différentes dysfonctions linguales et cela en 1974.
Il n’est jamais trop tard pour bien faire et les dernières données acquises des neuro-sciences viennent nous aider dans notre pratique clinique quotidiennes.
Il est évident qu’il est nécessaire de prescrire des bilans orthophoniques et de la rééducation linguale à nos patients. Mais les orthophonistes françaises ne sont pas toutes bien formées et motivées pour prendre en charge cette rééducation car elle est très mal rémunérée par la Sécu.
La prise en charge de la rééducation de ce muscle par des kynés serait la bienvenue car comme vous l’avez rappelé ce muscle à par entière à 17 plans musculaires. Mais cette rééducation est-elle au programme des écoles de Kyné aujourd’hui ?
Enfin je voudrais terminer mon propos sur du vocabulaire : Bruxisme ne convient pas, il faut parler de crispation des « muscles des machoires » dents serrées.
Pour les confrères intéressés par ce phénomène ils peuvent consulter le site du Professeur Francis Hartmann tmd-dentalmedical.org
Avec son alter ego le Docteur Gérard Cucchi ils ont largement contribué à l’avancée des connaissances dans les TMD ( et en anglais)
Un dernier point si l’anglais rebute certains confrères ils peuvent se procurer un ouvrage de vulgarisation facile à lire à la portée de toutes les bourses intitulé : “Mal de dos, Fatigue, Migraine … et si vous serrez les dents. »
Je précise que je n’ai aucun intérêt financier pour cet ouvrage !!!
Encore un grand merci à François Unger pour cette tribune ouverte aux passionnés d’Occluso.

François UNGER

Merci de votre commentaire qui contribue à me motiver pour ce blog dédié aux DAMs et à l’occlusion. Oui il reste beaucoup de travail à faire pour que les décideurs et les praticiens prennent le temps de se pencher sur ce thème fondamental de la langue. C’est pourquoi je crois qu’il faut encore une fois remercier les auteurs des articles et rappeler que les éditeurs concernés disposent d’ouvrages consacrés à la langue. A chacun d’y puiser.
En tant qu’ancien élève de Jeanmonod je confirme votre propos: à sa consultation (j’y participais toutes les semaines à Garancière à la fin des années 70) la langue, ses fonctions et dysfonctions étaient toujours l’objet d’un examen et d’une réflexion attentifs. La rééductation de la déglutition, était un acte de base mais elle est souvent mal faite. je ferai un post sur ce thème la semaine prochaine.
Je partage également votre point de vue sur le fait que le mot de bruxisme est utilisé dans plusieurs sens et ceci est défavorable pour le prise en charge des patients.

daniel

Comme évoqué dans cet article très intéressant, la déglutition assure l’aération de l’oreille moyenne. C’est un examen tout à fait objectif, non-opérateur-dépendant, qui prend moins d’une minute. Qui effectue systématiquement une tympanométrie dans l’analyse de la fonctionnalité linguale ? Et avec quels résultats ? Quels effets obtenez-vous sur la pression d’oreille moyenne après rééducation linguale ?

François UNGER

Bonnes questions auxquelles je ne sais pas répondre car je ne suis pas ORL. Ce que je peux dire, confirmant que la déglutition intervient sur la trompe d’eustache, c’est qu’une normalisation de la déglutition, grâce au rétablissement d’un centrage et calage simultanés de la mandibule, permet d’observer la disparition ou l’atténuation de certains problèmes ORL.

daniel

Je ne suis pas orl non plus, mais un tympanomètre ne coûte pas une fortune et c’est rapide et non invasif. Le but n’est pas de poser un diagnostic orl, mais de connaître la pression de l’oreille moyenne.
Quand mon patient déglutit dents serrées et qu’il maintient par exemple une dépression unilatérale, lors de plusieurs consultations consécutives, je pense qu’une dysfonction de la déglutition doit être envisagée. Même si la position de repos a l’air correcte (mais l’air ne fait pas la chanson…) et qu’il n’y a pas d’interposition linguale.
Ce qui est conforme à ce qui est dit dans l’article : « Quand la langue est dysfonctionnelle, elle l’est dans ses trois fonctions (principe du « triptyque de Chateau ») : position de repos, déglutition et phonation. Ainsi, lorsque l’une des fonctions est déficitaire, on est certain que les deux autres le sont aussi. »
C’est un examen d’autant plus utile, qu’une dépression d’OM s’accompagne d’une modification d’élasticité des muscles homolatéraux de la nuque ainsi que de la zone comprise entre l’angle mandibulaire et la mastoïde, mais c’est un autre débat.

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