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Fracture condylienne et occlusion #1

  1. Fracture condylienne et occlusion #1
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  3. Fracture condylienne et occlusion #3

Madame Jocelyne L. 61 ans, retraitée, consulte à la suite d’une fracture mandibulaire consécutive à une chute de vélo sur le menton, lors de vacances hors de sa région habituelle, en août 2012. Après l’accident, la patiente a été conduite au service d’urgence de l’hôpital de la préfecture du lieu. La plaie mentonnière ayant été soignée, et aucune fracture n’ayant été observée à la radio, la patiente a été renvoyée chez elle avec une prescription et des conseils pour traiter la douleur.
Un examen radio de contrôle réalisé un mois et demi après l’accident met en évidence une fracture sous condylienne gauche. Et c’est plus de 3 mois après son accident que la patiente consulte son chirurgien dentiste, qui nous l’adresse avec un courrier qui évoque l’hypothèse d’un « réajustage occlusal » à faire, et laisse la porte ouverte à une éventuelle intervention de chirurgie maxillo-faciale.

La patiente ne présente pas de pathologie générale. Sa motilité mandibulaire est réduite (ouverture 20 mm, latéralité droite 5 mm, latéralité gauche 6 mm), et douloureuse dès qu’elle fait des efforts d’ouverture ou de mastication. Elle signale qu’à la suite de l’accident ses dents ne touchaient plus normalement et qu’elle en a avisé ceux qui l’on prise en charge. Cette désorganisation occlusale s’est maintenue jusqu’à ce jour. Nous réalisons un scanner pour évaluer la situation (fig 1 et 2).

L’examen de la position mandibulaire permet d’objectiver 2 situations : une position d’OIM (fig 3 à 5) et une position de RC approchée, obtenue par manipulation douce, sans difficulté particulière et sans douleur (Fig 6 à 8).

  1. Est-il souhaitable de recréer une OIM dans la position mandibulaire d’ORC ?
  2. Une intervention chirurgicale est-elle souhaitable pour atteindre cet objectif ?

Comments

pbarriere

Bonjour.
« Joli » cas qui témoigne de la nécessité impérative de l’attention au diagnostic primaire lors de la prise en charge initiale. Cela pose le problème de la formation initiale des médecins urgentistes à l’accueil et au bilan des traumatisés de la face. Toute plaie du menton sur chute doit faire penser au diagnostic potentiel de fracture condylienne et conduire au bilan radiologique voire scannographique pour affirmer ou infirmer le diagnostic.

Au vu des quelques vues du bilan radiologique, il semble s’agir d’une fracture sous condylienne haute, fractures dont le traitement chirurgical n’est pas toujours simple.

A la vue du résultat consolidé en « cal vicieux », la question se pose du choix de la méthode.

La priorité est à mon sens à la récupération fonctionnelle de cette articulation traumatisée. Une autokinésithérapie guidée par un suivi hebdomadaire spécialisé pendant 6 semaines permet habituellement d’atteindre cet objectif.

Pour la correction du trouble occlusal résiduel, celui-ci est d’origine squelettique. Si les modèles d’étude confirment un articulé engrenné stable, il faut retenir l’option d’une ostéotomie mandibulaire de remise en articulé par technique habituelle (Epker pour ma part).

A disposition pour la discussion,

Cordialement

Dr BARRIERE

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