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Difficultés d’équilibration d’une prothèse unitaire.

Madame Lucie O. professeure des écoles, 33 ans, est adressée par son chirurgien dentiste qui ne parvient pas à équilibrer une prothèse sur 27.

Il précise sur son courrier: « j’ai réussi à motiver la patiente pour venir te consulter afin d’analyser les troubles de l’occlusion. J’ai scellé provisoirement une couronne céramo-métal sur 27 afin de temporiser. En fait la 27 a été remplace par une provisoire. Il convient aussi de reprendre la 26. »
L’entretien clinique permet de savoir que la patiente ne souffre pas en temps normal mais qu’elle est souvent réveillée la nuit par des contractures dans le haut du dos. Elle observe lors de ces réveils que ses mâchoires sont serrées et qu’elle peut soulager les contractures en faisant l’effort de ne plus serrer les dents.
La palpation des muscles et ATMs ne réveille aucune sensibilité. La motilité mandibulaire est normale et la mandibule est détendue. Les contacts occlusaux en ORC approchée sont identiques à ceux observés en OIM. Mais il est vrai que si nous demandons à la patiente se mettre en OIM on observe plusieurs situations occlusales avant qu’elle retrouve, seule, une position qui correspond à l’ORC approchée par nos manipulations.

Comment expliquer les difficultés de réglage de la couronne par le confrère?
Que proposer pour que les restaurations prothétiques ne posent pas de problème?

Comments

Gérard DUMINIL

Bonjour François,
Les images cliniques indiquent la carence des fonctions occlusales que sont le calage (instabilité ) et le guidage (béance avec sans doute dysfonction linguale). Une analyse occlusale permettrait de décider des ajustements nécessaires (soustractif et additifs) pour améliorer la stabilité et la répartition des appuis interacades. Ensuite intégrer l’anatomie occlusale des couronnes dans la nouvelle organisation fonctionnelle obtenue sans qu’elles ne génèrent des interférences.

laborde

Bonjour,
la proposition de Gérard est Excellente en première intention (thérapeutique initiale oclusale).
Dans un deuxième, après réévaluation positive du tableau clinique occlusal et dans l’intérêt de la patiente, il faut lui conseiller de consulter un orthodontiste pour retrouver les critères d’une OIM plus optimisée avec des fonctions de calage dévolues aux dents postérieure et de guidage imparties aux dents antérieures.
La situation prothétique deviendra ainsi plus simple et pérenne avec de réelle norme de sécurité pour tout le système manducateur.
Ainsi, l’impasse dans lequel se trouve cette patiente sera totalement écartée.

massmolaire

Cette situation clinique est assez révélatrice des carences d’observation de l’occlusion dans les manoeuvres de dentisterie restauratrice en dentisterie générale. C’est la parfaite illustration du piège que peut représenter l’occlusion « de convenance ».
Une « petite » couronne sur 27? Pas de problème! Serrez sur le silicone Madame. Et hop, au labo.
D’accord avec Laborde : consultation ODF indispensable. Analyse et équilibration occlusale et enfin prothèses.
Comment avez-vous géré ce cas?

wytango

Bonjour;
je voulais rappeler, avant toute intervention invasive, que l’occlusion n’est pas stable lorsqu’elle est soumise à une hyperactivité musculaire. Il n’est donc pas conseillé de modifier l’occlusion dans ce contexte. Aussi bien pour une élaboration prothétique que pour une équilibration.
Cordialement

Gérard DUMINIL

Wytango, ne pensez-vous pas que l’hyperactivité musculaire est le résultat de l’instabilité occlusale ? Stabiliser l’occlusion ne peut que ramener un fonctionnement plus harmonieux de l’appareil manducateur

wytango

OK, mais vouloir stabiliser par équilibration occuslale dans un tel cas, en cours d’hyperactivité musculaire, est impossible. L’occlusion est soumise à des contraintes variables et incontrôlables qui influent sur les positions dentaires

wytango

Avant tout je demanderais un avis médical à propos des contractures nocturnes.

mleberre

Certes une position occlusale de référence est difficile à obtenir lors d’une hyperactivité musculaire avérée. Mais en présence d’une restauration prothétique et d’une OIM instable, le choix d’une nouvelle position de référence en RC me parait inéluctable. Bien sûr après analyse occlusale afin de s’assurer que le changement de position soit réalisable au moyen de correction additive et/ou soustractive et que la solution ortho ne soit pas plus adaptée.
Miliau

Gérard DUMINIL

Je voudrais revenir sur l’hyperactivité musculaire et vous donner mon avis à ce sujet :
Prenons l’exemple d’un funambule sur son fil qui ne dispose pour se déplacer que de peu de surface d’appui. Il va mettre en jeu énormément de chaines musculaires pour préserver l’équilibre nécessaire à son déplacement, ceci est une hyperactivité musculaire pour un acte finalement simple quand on dispose des appuis stables . Nous pouvons faire l’analogie avec ce qui se passe au niveau de l’appareil manducateur, lorsque les appuis sont précaires. Le système est en hyperactivité ce qui va à l’encontre de l’homéostasie du système. Pour en revenir au cas clinique décrit, je pense qu’en commençant par redonner des appuis répartis entre les deux arcades ( en utilisant une orthèse rapidement confectionnée) l’amélioration devrait s’observer, laissant le temps à une analyse plus approfondie vers des solutions thérapeutiques durables.

François UNGER

Je partage totalement les propositions de Duminil et Laborde: il faut absolument savoir s’il est possible de rétablir (durablement) les fonctions occlusales de centrage, calage et guidage. Je dis durablement car il ne faut pas ici sous estimer le rôle de la langue et de sa dysfonction. Une telle situation est obligatoirement liée à la langue (et tout ce qui est en amont…ventilation, posture…)
Il faut donc tester notre option stabilisatrice et c’est l’orthèse qui nous donnera la clef. Totalement d’accord avec Gérard. C’est ce que j’ai proposé à la patiente et au praticien, en les prévenant qu’une réflexion orthodontique serait sans doute inévitable en cas de soulagement durable par l’orthèse.

Le résultat est que je n’ai pas revu la patiente depuis cette consultation: soit le praticien a réussi à équilibrer sa prothèse; soit ma proposition à servi de repoussoir.

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