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Dérapage ORC-OIM

Depuis que les maîtres de l’EBD et les psys patentés de l’odontologie ont décrété qu’il n’était plus possible d’affirmer scientifiquement que l’occlusion à une contribution forte dans l’apparition, l’entretien ou l’aggravation des DAMs (désordres de l’appareil manducateur), les chirurgiens dentistes sont légitimement dédouanés de pratiquer un examen pour le dépistage de ces pathologies. Avec le succès que l’on voit partout autour de nous.
Regardez bien cette vidéo. Merci de nous faire part de votre opinion quant aux questions suivantes:

1- Le dérapage ici filmé (au ralenti pour le rendre bien visible) peut-il expliquer des arthro-myalgies de l’ATM ou à distance, ou même des céphalées?
2- La recherche des dérapages ORC-OIM doit-elle faire partie de l’examen occlusal de base pour tous les patients?

Commentaires

initialbb

C’est toujours les mêmes qu’ on lit dans ce genre de problème. Forcément c’est très compliqué et pas de nomenclature à part la fameuse gouttière que l’on propose pour vite expédier le patient et passer à autre chose. Que fait on des patients qui souffrent des ATM, qui ont des maux de tête, mal aux épaules et dont l’anamnèse renvoie sans arrêt à la sphère buccale? On les pique ou on les envoie voir un psy en leur disant que c’est le stress et qu’il n’ y a rien à faire à part faire une analyse de leur petite enfance pour voir où est le blocage psychologique? Franchement de qui se moque-t-on? Comment ne pas imaginer quand on voit ce petit film de François qu’il n’y ait pas de répercussion douloureuse quand le condyle va bien en arrière et probablement dans la zone bilaminaire au niveau de l’Atm quand le patient se met en OIM? ( au passage on voit bien l’illustration de la loi de la hauteur minimale de Planas.) Tout cela me rend furax…Mais alors puis je le prouver qu’il y ait des répercussions sur l’ATM et sur le reste (tete, cou, épaule dos). Bien sur je ne peux pas disséquer l’ATM avant et après traitement pour voir la position du condyle ou si l’inflammation a baissé. (EBD). En revanche je ne peux que faire des constatations cliniques. Mon job : faire de la RNO au quotidien, tant en orthodontie( je devrais plutôt dire en orthopédie) qu’en occluso. Je pose donc et j’ai posé des dizaines de paires de pistes. Pourquoi les douleurs de l’ATM et les maux de tête s’estompent ils toujours au bout de quelques semaines pour disparaitre tant que les appareils sont portés? ( le après est un autre problème) C’est bizarre non? Dès qu’il n’y a plus le stress occlusal les choses s’améliorent. Allez y comprendre quelque chose… et vive l’EBD…

François UNGER

Je sens bien qu’initialbb est furax et je partage une partie de son sentiment de révolte et ses questions. Mais gardons nous de tomber dans des simplifications qui peuvent être sources d’erreurs. Dire que le dérapage conduit le condyle ici ou là demanderait au moins une certaine vérification. Je suis d’accord avec vous: un tel dérapage occlusal conduit la mandibule dans une position qui peut être responsable de contraintes sur les disques et les zones bilaminaires ou de crispations de certains muscles masticateurs ou en relation fonctionnelle avec eux. Mais il est beaucoup plus difficile de dire (bien que la palpation des ATMs pendant le dérapage soit très instructicve) que ce dérapage conduit le condyle ici ou là ou que tel chef de tel muscle est spasmé. Il faut être modeste; tout se joue en tridimensionnel, concerne des tas d’organes et de multiples fonctions. Si l’on veut trop simplifier on donne des cartouches à ceux qui tirent sur les réflexions mécanistes qui sont incontournables, je le crois profondément, pour analyser les conséquences de ces dérapages.
Pour ce qui concerne le rôle du stress, je partage l’opinion émise ici qui critique le renvoi trop facile vers le psy. Les stress n’est pas une pathologie. C’est une mise en condition de l’organisme pour faire face à un certain nombre de situations difficiles. La mandibule est bien entendu concernée par les situations de stress. Et si l’occlusion était fonctionnelle (centrage, calage, guidage) jamais on ne penserait à incriminer le stress. Ceux qui incriminent le stress sont ceux qui ne voient pas ces dérapages, ne les analysent pas et ne cherchent pas à tester si, en les supprimant, on répond à la situation douloureuse ou dysfonctionnelle des patients.
Alors on peut tout essayer et même la RNO mais ce qu’il faut d’abord c’est un diagnostic: cette situation occlusale peut elle aboutir à des contraintes musculo-articulaires sur la mandibule et les organes qui lui sont fonctionnellement liés? Les pistes permettent-elles de répondre à la question? La kinegraphie? L’EMG ? Tout peut être essayé mais ce qui compte c’est la réponse c’est à dire le diagnostic.
Et, n’en déplaise à toto parler de traitement psychiatrique me semble une erreur, de même pour initialbb et son effort vers le lâcher prise.

Je me permets donc de reposer le question en la rendant plus radicale encore: la recherche des dérapages ORC-OIM doit-elle faire partie de l’examen occlusal de base pour tous les patients, qu’ils soient ou non stressés ou psychiatriques?
Parce que si votre réponse est oui alors on s’occupe d’abord de ça et on ne perd pas de temps avec les balivernes psy qui nous éloignent du problème et donc de sa solution.

Ceci étant je serai très heureux de lire ici des cas cliniques traités par vous avec la RNO que je tiens en haute estime mais que je ne pratique pas. J’ai donc tout à apprendre. Merci

toto

Oui, le dérapage PEUT entrainer les conséquences ci-dessus évoquées, en fait, OUI, il les entraine mais avec une intensité variable du non perçu au gênant, au douloureux… &^même à l’insupportable parfois ; cela dépend comme chacun le sait de l’importance des désordres locaux, des pathologies associées, du seuil de douleur et surtout de la force musculaire qui anime le système de chacun, donc tous ce soucis sont mjorés par le stress qui est révélateur mais non causal (allez mieux et vous vous porterez moins mal, eut pu écrire M. de La Palice).

La RC n’est qu’une position parmi d’autres, pas forcément reproductible (sauf entre les mains de cliniciens experts) et je ne suis pas sur du niveau de preuve sur lequel on se fonde pour en faire un étalon-or.
Puisque les douleurs qui motivent les consultations de nos patients sont à 90% des myalgies et que ces symptômes sont véhiculés par le système nerveux, pourquoi ne pas préférer la relation neuro-musculaire, celle qui met la mandibule là où les muscles élévateurs et abaisseurs sont au repos? Les moyens existent de rééduquer la posture mandibulaire (TENS), de mesurer la position mandibualire statique et fonctionnelle (kinégraphie) et l’activité musculaire (EMG) avant de transférer le tout sur un articulateur.
La cause psy est indéniable mais ne devrait être qu’un diagnostic d’élimination, après avoir corrigé tout le reste. Ceci dit, quand le bilan initial montre un hiatus entre de petits désordres et de grandes plaintes avec des praxies pathogènes (crispation, bruxisme) nocturnes, un traitement parallèle psychiatrique et buccal me semble opportun.

Vive la RNO! , mais il faut pouvoir sevrer les patients de leurs pistes.

initialbb

bien sur, là est le problème. Mais il ne t’a surement pas échappé que le port de pistes suffisamment longtemps dans la journée et dans le temps change tout si on fait un peu de développement des maxillaires (je parle d’adultes) . Et le plan d’occlusion de part les mouvements de latéralité change aussi. Donc c’est tout le référentiel du patient qui change, y compris son occlusion qui devient plus équilibrée de part la fonction (gauche droite). Ce n’est pas ce que l’on cherche? Après, les meulages ( égalisation des AFMP et autre) feront le reste si nécessaire.
Quant au traitement psy ,disons que je préfère la terminologie de » lâcher prise », ce dont ont besoin tous les patients dans cette vie de fou. Et pour cela il y a plein de pistes( c’est le cas de le dire) autre que le divan. Mais ce n’est plus de mon ressort…Alors quoi? Vive la RNO? Mais qu’attendent donc tous nos confrères pour s’y mettre?

christian

Pour faire le point sur ce problème, j’ai écrit, en anglais, à la demande de mon éditeur (SPRINGER) un livre intitulé :NEW DATA about TEETH CLENCHING &OUTCOMES Nouvelles données à propos du serrement des dents et résultats.
Pr Francis HARTMANN
Habilité à Diriger des Recherches

François UNGER

Cher Hartmann, n’est-il pas possible d’avoir un lien vers une présentation pdf de deux ou trois passages fondamentaux de ton livre? Merci.

François UNGER

Pour toto
pouvez vous eclairer notre lanterne entre vos deux phrases:
« La RC n’est qu’une position parmi d’autres, pas forcément reproductible (sauf entre les mains de cliniciens experts) et je ne suis pas sur du niveau de preuve sur lequel on se fonde pour en faire un étalon-or »
et
« pourquoi ne pas préférer la relation neuro-musculaire, celle qui met la mandibule là où les muscles élévateurs et abaisseurs sont au repos? »

Dans mon esprit et dans ma pratique ce que j’appelle RC dans le post ci dessus, est sans doute très proche de ce que vous décrivez comme « relation neuro-musculaire ».
Quelles diffrénces faites vous entre RC et relation neuro-musculaire? Pour que je sache. Merci

christian

La bibliographie internationale s’accorde à reconnaître que la FRUSTRATION est la cause principale du bruxisme et en particulier du bruxisme centré le plus délétère pour l’organisme humain.
Nous sommes en 2013. Que nos apprend la neurophysiologie et en particulier que nous apportent les travaux des japonais ? Ils bouleversent certaines données cliniques.
Rappel = Le mécanisme de l’information sensorielle est comparable chez tous les mammifères : Pr Huebel Prix Nobel.
Si vous créez chez le rat un déséquilibre occlusal en plaçant une légère épaisseur sur une seule arcade au niveau des molaires, immédiatement sont libérées les hormones du stress: c’est à dire:
– une élévation significative voire explosive du % de la cortisone plasmatique
– idem au niveau de la nor-adrénaline
Ils enlèvent soigneusement cette légère surélévation artificiellement créée sur les molaires , savez combien dure le temps de cette élévation des hormones du stress?
Réponse 3 mois !!!! CE QUI VEUT DIREQU’UNE SUR-OCCLUSION INDUITE GÉNÈRE LE STRESS .
Bien entendu, tout ceci en comparaison de rats témoins !!!
Il conviendrait d’admettre que le XXIème siècle condamne l’Odontologie
à prendre en compte, la physiologie des récepteurs tactiles dentaires .
J’ai , à ce sujet communiqué en 1977 à BRISTOL ( G.B) et publié la même année en anglais pour démontrer qu’il y a chez les mammifères ( homme compris ) deux sensibilités =
– une douloureuse ( connue de tous)
– une tactile ( méconnue , hélas par de nombreux praticiens
L’importance relative des deux est comparable à un iceberg:
*La douloureuse 30 mètres au dessus du niveau de la mer
*la sensibilité tactile : 1Km sous l’eau!!!!
Bien entendu tout ceci est développé dans mon livre et surtout argumenté par plus de 2OO schémas très didactiques qui permettent aisément au non anglophone de parfaitement s’informer.
Je réponds , par ailleurs à la demande de François UNGER, Il m’est totalement interdit par mon éditeur SPRINGER de divulguer quoique ce soit …………….. J’ajoute ma correspondance avec le Pr Roger GUILLEMIN:

Pour reproduire la phrase que vous m’avez aimablement écrite. Mon éditeur SPRINGER me signale qu’ils ont besoin de votre autorisation.
Pouvez vous adresser cette autorisation à la personne spécialement chargée de ce problème, en l’occurrence = FR Huilleret Nathalie

– La lecture de STRESS and ORALITY rédigé par F. HARTMANN et G. CUCCHI me donne à penser qu’il conviendra de considérer le problème
de certaines migraines, cervicalgies, fibromyalgies , fatigues chroniques de façon nettement différente de l’approche historiquement classique.

-The reading of STRESS and ORALITY written by F. HARTMANN and G. CUCCHI led me to believe that we should consider the problem
of certain migraines, neck pain, fibromyalgia, and chronic fatigue from a radically different angle than the historically traditional approach

I agree to the above sentence to appear under my name
J’accepte que la phrase précitée apparaisse sous mon nom
Roger Guillemin Prix NOBEL de Médecine
Bien cordialement
Pr Francis HARTMANN
Habilité à Diriger des Recherches

François UNGER

Merci à Francis Hartmann pour ces informations importantes même si je regrette de ne pas pouvoir bénéficier d’un partage bibliographique plus important par le biais de ce blog.
Je voudrais faire part dune opinion personnelle qui me semble importante car je redoute que l’occluso soit ostracisée par l’abus d’affirmations non validées ou par trop simplistes.
Quand je lis que: « la FRUSTRATION est la cause principale du bruxisme  » ou que « ’UNE SUR-OCCLUSION INDUITE GÉNÈRE LE STRESS », même en prenant des précautions de langage, j’ai tendance à penser que de telles affirmations ne peuvent pas être considérées comme scintifiques (falsifiables et reproductibles quels que soient les opérateurs). Mais je sais aussi qu’il faut bien avancer des hypothèses pour faire progresser la connaissance validée. La difficulté de l’occlusion en tant que discipline clinique me semble moins le manque d’hypothèses que le manque de vérités validées. C’est pourquoi je suis très circonspect sur ce type d’affirmations peremptoires. Par contre j’adhère totalement à l’idée selon laquelle l’odontologie ne peut faire l’impasse sur la prise en compte des tous les capteurs liés à l’occlusion. Merci pour ce rappel fondamental.

jptoubol

Bonjour,

Je pense que chacun ici est sincère et essaye de trouver une explication plausible à ces symptomatologies.
Cette approche analytique comme il se doit, car nous sommes des cartésiens définitifs, est vaine et le restera car notre entité humaine est tellement complexe que nos petites cervelles ne parviendront pas à y répondre par ce type de raisonnement.
Mes patients me demandent si je vais parvenir à les guérir ?
Ma réponse est immuable :
Nous ne sommes pas découpés en tranches de saucisson au gré des spécialités médicales et dans notre corps tous les éléments sont intimement imbriqués; de ce fait tout interagit sur tout.
Nous pouvons nous comparer à une balance avec deux plateaux, un qui contient les éléments favorables et un qui supporte les éléments défavorables.
Aujourd’hui votre balance penche du mauvais coté et la seule chose que je puisse faire est d’essayer de soulager le coté défavorable en lui retirant des éléments néfastes. Mais rien ne dit que je parviendrai à faire basculer la balance de l’autre coté.
Cela dit c’est à mon avis de cette manière qu’il faut penser et tenter d’éliminer ces facteurs défavorables. Dans ce cas si le port continu 24h/24 d’une gouttière de Gelb exclusivement sur les secteurs mandibulaires postérieurs pendant au plus 3 à 6 semaines ne donne pas de résultats favorables il n’y à pas lieu de corriger ce dérapage qui n’est pas impliqué majoritairement dans la symptomatologie. Dans le cas contraire la correction s’impose et une analyse sur articulateur devra établir avec précision les corrections à effectuer.
Je voudrais ici m’insurger ici contre le port discontinu de gouttières maxillaires que nos confrères imposent à leurs patients. Ils devraient par expérience en porter une pendant une semaine et comprendraient que c’est tout simplement insupportable.
La pose de gouttières postérieures est tout à fait suffisante mais surtout dans un laps de temps d’un maximum de 3 à 6 semaines. Elles doivent être réglées régulièrement toutes les semaines pour établir un équilibre des charges sur un plan non indenté et qui laisse ainsi libre cours à la musculature pour repositionner la mandibule à son gré. C’est une vraie relation myo centrée. J’en avais déjà établi dans les années 90 le principe et le concept de neuro-musculo-compatibilité. NMC
Cette gouttière doit permettre ainsi de déterminer si la fonction occlusale représente un facteur prépondérant dans les troubles établis. C’est un outil de diagnostic différentiel.
Pourquoi je m’oppose au port discontinu, c’est le même problème que l’augmentation de la DVO en approches partielles successives.
On demande à notre système autant d’adaptations partielles que de fois où l’on portera et où l’on ne portera pas la gouttière. De même dans l’augmentation de la DV une seule et totale modification établie correctement et validée par le port de provisoires sera demandée à notre système et non des adaptations successives qui immanquablement finiront pas générer un blocage des réactions espérées.
Je sais que je vais déclencher des réactions plus ou moins favorables mais je voudrais dire que toutes les querelles sur la causalité de ces troubles me semblent vaines.
Par ailleurs, Chers auteurs, évitez les acronymes sans parenthèses explicatives c’est agaçant. Merci d’avance.

François UNGER

Merci Jean Pierre de cette réponse importante.
Je partage la grande prudence que tu affiches en évoquant l’équilibre variable de la balance. Mais je ne te suis pas complètement quand tu dis que « l’approche analytique est vaine ». Elle est insuffisante c’est sûr mais peut-on se passer de l’effort du rationalisme et de l’exigence scientifique? Tout en reconnaissan t les limites.
Pour tes réflexions sur les gouttières je suis aussi parfaitement en phase avec toi quand tu écris: »Cette gouttière doit permettre ainsi de déterminer si la fonction occlusale représente un facteur prépondérant dans les troubles établis. C’est un outil de diagnostic différentiel. »
Par contre, en fonction de mon expérience (je mesure l’aspect discutable de l’information) je ne partage pas ton avis selon lequel un port discontinu (nocturne uniquement) de l’orthèse ne permettrait pas de faire le diagnostic en 3 à 6 semaines. Ca marche aussi comme ça.

Autre question: la forme de la gouttière est-elle en cause dans cette évaluation différente de la situation? pour m’aider à répondre à cette question j’aimerais que tu me confirmes que la gouttière dont tu fais état est bien la gouttière de Gelb, mandibulaire, qui établit des contacts (sans indentations) sur toutes les dents cuspidées antagonistes et sur les canines; mais sans contacts incisifs.
As tu essayé ce type d’orthèse en port nocturne seul? As tu noté plus de difficultés diagnostiques?

jptoubol

Salut François

Je reprends tes paragraphes pour y répondre.
je ne m’étendrai pas sur le caractère analytique.

Par contre, en fonction de mon expérience (je mesure l’aspect discutable de l’information) je ne partage pas ton avis selon lequel un port discontinu (nocturne uniquement) de l’orthèse ne permettrait pas de faire le diagnostic en 3 à 6 semaines. Ca marche aussi comme ça.

Tu as déjà compris que je ne suis pas d’accord, le fait que je pose une gouttière doit permettre une déprogrammation continue des cycles de fermeture. A aucun moment il ne doit y avoir une information qui perturbe cette déprogrammation c’est pourquoi je leur demande de ne l’enlever que pour manger donc, lorsque de la nourriture est interposée, et surtout de revenir avec lorsque je dois effectuer un enregistrement de la relation maxillo mandibulaire.
Comme je l’ai déjà exposé je pense qu’il est préférable de ne pas interrompre l’information et d’en faire une information en pointillé qui va à mon sens parvenir à un résultat à plus long terme et toujours à mon avis moins complet qu’avec un port continu.

Autre question: la forme de la gouttière est-elle en cause dans cette évaluation différente de la situation? pour m’aider à répondre à cette question j’aimerais que tu me confirmes que la gouttière dont tu fais état est bien la gouttière de Gelb, mandibulaire, qui établit des contacts (sans indentations) sur toutes les dents cuspidées antagonistes et sur les canines; mais sans contacts incisifs.

La gouttière que j’utilise systématiquement est bien celle de Gelb mais ne concerne que les pluricuspidées sans les canines. Je ne veux pas d’intervention du guide antérieur qui la plupart du temps génère un bruxisme sur la gouttière. Elle est sans aucune indentation et ne recèle que les contact parfaitement équilibrés bilatéraux des seules cuspides d’appui.
Des modifications apparaissent au bout d’une ou deux semaines et sont régulièrement corrigées elles signent la modification de l’action musculaire et ces corrections sont immédiatement attestées par le patient qui se sent mieux.
Oui je faisais comme tout le monde en port nocturne pendant longtemps et je trouve mieux mon compte en port continu. Oui j’avais plus de difficultés diagnostiques les réactions étaient beaucoup moins franches.
De surcroit les patients apprécient cette gouttière invisible car en résine transparente et peu encombrante car reliée des deux cotés par un demi jonc bien adapté.

François UNGER

Merci Jean Pierre de ta réponse claire.
Si tu dis que tu peux gagner du temps en faisant porter ton orthèse en continu c’est un argument important. Il reste à évaluer ce que représente pour un patient l’avantage d’un diagnostic plus rapide par rapport aux difficultés liées au port continu (encombrement oral, difficultés d’élocution et surtout de mastication). Et là, bien entendu on retombe sur des critères personnels qui guideront tel praticien vers telle méthode et tel autre vers l’autre option. Le principal est d’obtenir la réponse à la question: l’occlusion est-elle en cause dans les désordres musculo-squelettiques qui sont à l’origine de la consultation? J’avoue que j’en suis resté à l’habitude d’un port discontinu pour éviter de contraindre le patient par des consignes qui me semblent plus difficiles à imposer. Mais j’ai sans doute tort.
Il resterait à vérifier sur des échantillons significatifs, avec des orthèses réglées à partir de critères identiques, quel est le temps gagné pour établir un diagnostic fiable. Une semaine? Deux semaines?

Le second point de la discussion me trouble beaucoup plus. Je le résume ainsi: peut-on (ou doit-on) se passer de la proprioception des canines pour retrouver une position mandibulaire (et donc une détente mandibulaire) fonctionnelle? A mes yeux, (mais je concède encore qu’il ne s’agit que d’un fait d’observation et non de recherche scientifique) les relation inter-canines sont des marqueurs ultra-sensibles de toutes les positions mandibulaires. C’est là que je peux lire précisément toutes les évolutions dans les positions mandibulaires et la détente musculaire. Il y aurait des posts entiers à écrire pour illustrer cela. Sans les repères des canines sur mes orthèses je suis comme aveugle pour effectuer mes réglages successifs. Et puis je trouve que la création de ces contacts canins sur les orthèses (très souvent des surplombs apparaissent qui laissent la mandibule dans une incertitude positionnelle hautement pathogène) aide les patients et les soulage.

jptoubol

Promis après je m’arrête

Sans les repères des canines sur mes orthèses je suis comme aveugle pour effectuer mes réglages successifs. Et puis je trouve que la création de ces contacts canins sur les orthèses (très souvent des surplombs apparaissent qui laissent la mandibule dans une incertitude positionnelle hautement pathogène) aide les patients et les soulage.

la musculature concernée par le positionnement condylien est essentiellement postérieure et tout guidage antérieur ma parait hautement inutile si mes contacts sont bien répartis comme je l’ai décrit sur les deux cotés de la gouttière totalement non indentée et seulement sur les cuspides d’appui maxillaire.
Contrairement à ce que tu dis elle est peu encombrante invisible et ne gène aucunement l’élocution et les patients la supporte parfaitement ils voudraient même le plus souvent la garder quand les symptômes ont disparu.Ils ne la retirent que pour manger.

lecar

1/ Quelle question. Bien sûr!
2/ La RC est une tendance physiologique à la déglutition; plus le bol est volumineux et/ou consistant plus cette position condylienne est approchée mais rarement atteinte tout comme les diductions maximales ou la protrusion extrême incluses dans les limites de l’enveloppe globale.
L’OIM exécutée dans les conditions optimales de posture générale, de celle de la tête sur le rachis, de la physiologie musculaire, de la liberté de mouvement des ATM, des conditions psychologiques aussi, répond au parangon des 5 critères.
Les mouvements excentrés en occlusion répondent aux contingences du mécanisme de protection réciproque. Dans cet esprit, les pentes incisives, le guide canin conduisent à l’occlusion la mandibule vers un « bassin d’attraction » jusqu’à l’OIM terminale. Le glissement de la crête disto linguale des premières prémolaires inférieures sur la mésio palatine des homologues supérieures assure cette guidance sur 1 à 2 mms de la mandibule dans le bassin d’attraction; ces contacts sont primordiaux; ils sollicitent les muscles ptérygoïdiens latéraux particulièrement réflexogènes et toute déviation sur ce parcours aura des répercussions locales, régionales voire générales.
Les gouttières doivent restaurer a minima l’intégralité de ces mouvements
ELEMENTAIRE, mais tellement efficace!.

François UNGER

– comment expliquer alors que des gouttières ne restaurant pas ces normes puissent être efficaces?
– qu’est ce que le « parangon de 5 critères »?

merci

lecar

Si elle ne répond pas aux exigences physiologiques, c’est une erreur de conception, par ignorance certainement. Mais alors comment savoir si tel est le cas puisque le réalisateur lui même a négligé cet impératif?
Pente incisive, guide canin constituent des rampes de glissement de la mandibule vers l’OIM. Ce bassin d’attraction est complété dans le mouvement médian AR/AV et retour par le contact des crêtes mésio vestibulaires des 34 et 44 sur la crête distale de la cuspide palatine des 14 et 24 sur un trajet de 1mm environ.Quand ces contacts se produisent, toutes les autres dents sont en inocclusion.Ces déplacements sont liés à l’activité des ptérygoïdiens latéraux, particulièrement sensibles à ces conditions et terriblement réflexogènes.
Les gouttières utilisées dans la reprogrammation posturale doivent impérativement répablir (a minima dans un premier temps) ces conditions.
OC doit répondre à 5 critères, agencement des 6, les 2 surplombs, horizontal et vertical, l’arcade inférieure blottie à l’intérieur de l’arcade supérieure et un ligne de Spee harmonieuse (rappel des fondamentaux)
OC est unique; c’est le parangon
OIM est multiple, changeante et adaptable selon les conditions.
Cordialement

François UNGER

Merci pour ces informations dont je partage l’intérêt. je crois que la difficulté est que dans la plupart des cas qui nous préoccupent nous sommes très loin de cet idéal morphologique dento-dentaire.
Une simple occlusion inversée contredit votre recherche de surplomb.
Les contractures musculaires, par ailleurs, aboutissent à une position mandibulaire qui peut laisser penser que les contacts dento-dentaires antogonistes respectent vos critères alors qu’il n’en est rien en OC.

Comment faire la part des choses?

lecar

La gouttière est un moyen d’approcher au plus près l’idéal morpho fonctionnel.
Les variations de position de la mandibule au départ de l’élévation
font que l’OIM est multiple et l’OC immuable dans ses exigences.
Cordialement PL

François UNGER

Avec tout le respect que je vous dois je ne vois pas en quoi cette réponse répond effectivement à ma question.
Je la reformule. La position mandibulaire dans un DAM (musculaire ou articulaire) respecte une certaine OIM. Réglez vous la gouttière « au plus près de l’idéal morpho fonctionnel » dans cette OIM ou en ORC?
merci

lecar

Les gouttières conçues dans cet esprit n’imposent rien dans la plupart des cas; elles sont lisses et laisse la mandibule se positionner au mieux de sa physiologie

François UNGER

J’ai dû mal comprendre car je croyais que vous demandiez de régler les gouttières et non de les laisser lisses et sans guidages:
« Pente incisive, guide canin constituent des rampes de glissement de la mandibule vers l’OIM. Ce bassin d’attraction est complété dans le mouvement médian AR/AV et retour par le contact des crêtes mésio vestibulaires des 34 et 44 sur la crête distale de la cuspide palatine des 14 et 24 sur un trajet de 1mm environ.Quand ces contacts se produisent, toutes les autres dents sont en inocclusion. Ces déplacements sont liés à l’activité des ptérygoïdiens latéraux, particulièrement sensibles à ces conditions et terriblement réflexogènes.
Les gouttières utilisées dans la reprogrammation posturale doivent impérativement rétablir (a minima dans un premier temps) ces conditions ».

lecar

Bonjour
Dans un premier temps la gouttière est lisse sur les segments postérieurs; au premier « clap » un maximum de contact occlusaux se réalise.
Dans les mouvements excentrés la « protection réciproque » entre groupes de dents en désocclusion est obtenue « a minima ».
La mandibule est laissée libre de se positionner au mieux de ses intérêts physiologiques; ce positionnement est progressif et nécessite un ajustement d’accompagnement de l’orthèse.
2 remarques:
-un verrouillage par inversé ou saut d’articulé relève le plus souvent d’un traitement orthodontique.
-Pour répondre à une question posée antérieurement, des gouttières qui ne répondent pas aux « normes » sont pourtant efficaces; elles augmentent la dimension verticale et il est reconnu que cet effondrement constitue la cause principale de troubles dans notre civilisation actuelle.

François UNGER

Décidément je ne comprends pas: trop d’ésotérisme pour moi. Bon, chacun a ses repères et je respecte les votres même s’ils me sont inaccessibles.
Cordialement

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