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bigeard

Bonjour,

Le Docteur ROSET résume les nouvelles recommandations de l’UFSBD sur la fréquence de brossage chez l’enfant.
Auparavant l’UFSBD recommandait 3 brossages quotidiens, en remplaçant éventuellement le brossage de midi, s’il n’était pas réalisable par la mastication d’un chewing-gum sans sucre.
La nouvelle recommandation entérine ainsi le fait évident, et que j’ai eu le plaisir d’enseigner au Docteur ROSET alors qu’il était mon étudiant à Strasbourg (bonjour cher Jean-Philippe!), qu’il est quasi impossible pour un enfant de se brosser les dents à midi, mais aussi le fait que la recommandation des 3 brossages quotidien n’est et sera toujours difficilement applicable dans la population française, enfants ou adultes, pour des raisons culturelles, comportementales et sociales.
J’enseigne toujours aujourd’hui qu’en matière de prévention les recommandations pour être suivies doivent être ciblées,adaptées, et matériellement applicables.
Le Docteur ROSET reprend ici les données scientifiques déjà anciennes concernant l’importance de la salive et de la mastication dans la prévention de la carie dentaire. L’interprétation de ces données a amené en son temps l’UFSBD à recommander la consommation de chewing -gums sans sucres cariogènes chez l’enfant.
Il s’agit d’un sujet délicat qui est loin de faire consensus, aujourd’hui encore, dans la communauté scientifique. J’ai ici apprécié la réserve émise par le Docteur ROSET au sujet de la recommandation par le chirurgien-dentiste de la consommation de chewing-gums chez l’enfant (en réponse à une remarque judicieuse de l’interviewer).
J’ai publié à ce sujet, il y a de nombreuses années, entre autres dans l’ID (1), plusieurs analyses documentées sur la consommation d’édulcorants non-cariogènes et de chewing-gums chez l’enfant et ce sujet controversé reste d’actualité.
Le débat sur le rapport bénéfice/risque de la consommation de chewing-gums sans sucre reste ouvert. Quelle doit être leur place dans les stratégies de prévention primaire et secondaire de la carie dentaire (actions de santé publique, alimentation, fluor, hygiène,consultation dentaire…). Le chirurgien-dentiste doit-il conseiller, en toute indépendance, cette consommation et, si oui, dans quelles conditions?
Je me réjouis que grâce au travail constant de l’UFSBD la prévention bucco-dentaire soit toujours présente sur le terrain et dans les médias.

Docteur Lucienne BIGEARD
Maître de conférences / Praticien hospitalier
Prévention et Santé publique en Odontologie
Faculté de Chirurgie Dentaire de STRASBOURG

(1) BIGEARD L., LEVY C., GODEMET C., SOMMERMATER J. Edulcorants non-cariogènes et prévention de la carie dentaire.
Inf. Dent. 44 : 4369-4375, 1989.
SOMMERMATER J.I. et BIGEARD L. Méthodes de prévention au cabinet dentaire chez l’enfant et le jeune.
Réalités Cliniques 4(3) : 283-304, 1993.
BIGEARD L. Dental caries after repeated administration of pediatric syrups.
Arch.Pédiatr 1 : 1049-1050, 1994.
BIGEARD L. Les sirops pédiatriques sucrés : un autre facteur de risque de la carie dentaire. I. Les sirops pédiatriques : une source de saccharose.
Inf.Dent. 12 : 909-913, 1995.
BIGEARD L., BOUHELIER R. Et BOUHELIER S. Les sirops pédiatriques sucrés : un autre facteur de risque de la carie dentaire. II. Les sirops pédiatriques : une consommation lourde de conséquences.
Inf.Dent 17 : 1279-1286, 1995.
BIGEARD L. Traitement antiasthmatique au long cours : conséquences bucco-dentaires.
Annales de Pédiatrie Paris 43(8) : 608-611,1996.
BIGEARD L La carie du médicament. Parents, prescripteurs, pharmaciens, tous concernés !
Inf.Dent. 7 : 465-472, 1996.

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