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Butées antérieures #1

  1. Butées antérieures #1
  2. Butées antérieures #2 : le jig de Lucia
  3. Butée Antérieure #3 : la butée antérieure « bretonne »
  4. Butées antérieures #4 : le plan de morsure de Jeanmonod
  5. Butées antérieures #5 : la plaque de Kois
  6. Butée antérieure #6
  7. Butées antérieures #7

Une butée antérieure, en occlusodontologie, peut prendre des formes différentes et bien des variations en ont été proposées : simples cotons salivaires interposés entre les incisives, plaque de Hawley modifiée, Jig de Lucia, plan de morsure rétro-inicisif de Jeanmonod, gouttière évolutive de Rozencweig, butée antérieure de Le Guern, Lauret et Abjean, plaque de Kois, NTI-tss, tm-jig… La langue elle même, ou le doigt ne servent-ils pas parfois de butées antérieures ?

Une telle profusion de dispositifs est sans doute la marque d’une certaine efficacité. Notre ambition est de passer en revue les appareils, les dispositifs les plus connus et d’essayer de faire un tour d’horizon de leurs actions cliniques, leurs indications, leurs avantages et inconvénients. Bien entendu chaque lecteur de ces posts, consacrés à un « outil de base » de l’occlusodontologie, est invité à faire part de son expérience. C’est des discussions que naissent les idées les plus exploitables par le grand nombre.

  1. Utilisez-vous, ou avez-vous utilisé des butées antérieures ?
  2. Qu’en attendez-vous et qu’en obtenez-vous ?

Comments

Patrick AMPEN

tous échanges très interessants. en fait toute évocation de la RMM induit le « mouvement » ( et particulierement les latéralités puisque l’anatomie correspond bien a cela) . ainsi , et parce que c’est evolutif , je parle volontiers au repos de « relation physiologiquement centrée  » a un instant T , et sur le fait que le patient la définit en toute liberté sur une gouttiere inférieure lisse et percée s’il y a pathologie douloureuse ATM, puis sur des plaques a pistes qui progressivement permettront d’intégrer cette relation articulaire et le nouveau plan d’occlusion . La musculature, et la modification anatomique du condyle ( et la position du ménisque ) sont également des facteurs « intégratifs ». Ainsi , tous ces éléments anatomiques sont corrélés avec les arcades dentaires pour un ensemble fonctionnel. Cette intégration globale signe la « bonne santé », et c’est d’autant plus a rechercher lorsque l’on mettra en place des éléments dentaires invariables tels les implants.

François UNGER

Merci de cette réflexion qui insiste sur le fait que tous les éléments anatomiques sont intégrés dans le cadre des fonctions. Où commence la dysfonction? Comment faut il comprendre la notion d’adaptation? Voila aussi des questions dont les réponses sont importantes pour l’occlusodontologie.

daniel

A mon sens, la notion d’adaptation doit s’inscrire dans un contexte neuromusculaire global: à quoi et comment réagit le patient d’une façon générale ? Ce qui fait appel au seuil de perception, à l’excitabilité neuro-musculaire. En physiologie, on sait que cette excitabilité est liée notamment au statut du calcium extracellulaire et la sphère orale ne doit pas échapper à ces règles.
Personnellement, j’ai un a priori défavorable en ce qui concerne les approches psy, comportementales etc… et je préfère contrôler les paramètres qui permettent d’évaluer ce « seuil de perception ». Dans cette optique, les renseignements biologiques classiques ou fonctionnels sont précieux.
Je pense qu’ils peuvent permettre de comprendre pourquoi ce qui nous apparaît comme une catastrophe occlusale est parfaitement toléré par un patient et d’autre part qu’un rien peut être vécu comme un désastre par un autre : ces deux patients ne sont pas dans le même contexte neuromusculaire général, ils n’ont pas la même chance devant le même problème. La dysfonction serait alors relative.
Mon souci avec le psy est qu’au final et avec le recul de beaucoup de patients et d’observation, il y a un sentiment de culpabilité et de découragement qui peut apparaître : » je n’y arrive pas, chez les autres on dit que ça marche et chez moi pas ».
Ce serait dommage d’abandonner l’exploration du neuro-musculaire au profit d’approches moins rigoureuses, sans parler des déviations possibles, un peu tendance, dirais-je.

François UNGER

Pensez vous qu’une butée antérieure puisse intervenir sur des facteurs individuels d’adaptation ou qu’elle permet d’intervenir sur les équilibres neuro-musculaires mandibulaires de tous les patients?

daniel

A mon avis, non.
Un dispositif intrabuccal n’est pas susceptible de modifier ces paramètres, généraux, que sont la viscoélasticité et l’excitabilité neuromusculaire. Ce dernier facteur étant une clé fondamentale de l’adaptabilité.
Mais pour sortir d’un engrènement jugé inadéquat, on n’a encore rien trouvé de mieux. Avec un impact automatique sur le tonus musculaire local.
En ne perdant pas de vue que la gestion du tonus intègre les variations des viscoélasticité et excitabilité.

daniel

Mille excuses, il manque un morceau.
De mieux qu’un butée antérieure qui permette à la mandibule de se positionner suivant l’état de son déterminant musculaire avec le moins de guidage possible (plan rétro incisif, équiplan de Planas, …)

François UNGER

Oui je pense que ces dispositifs, bien réglés, permettent d’obtenir très rapidement (quelques minutes) une sédation de crispations des muscles élévateurs.

mdom

Bonjour François Unger, et à tous les lecteurs de ce blog,

Je n’ai pas encore utilisé ces dispositifs.

Cependant plusieurs auteurs disent qu’ils peuvent être utiles pour la décontraction des muscles masticateurs, et ainsi faciliter l’enregistrement de la RC (ou le réglage des orthèses en RC) par manipulation douce de la mandibule.

Ces dispositifs, sont-ils tous égaux quant à leur efficacité sur le relâchement musculaire ? Quels sont les muscles décontractés par ces dispositifs ? Masséters, temporaux ? Qu’en est-il des ptérygoïdiens médiaux et latéraux, mais aussi des autres muscles masticateurs ? (désolé pour cette dernière question qui révèle mon manque de connaissances).

François Unger, je ne comprends pas très bien : d’un côté, il me semble que vous avez dit un moment dans un commentaire sur ce blog, mais aussi au début de ce post, qu’un simple rouleau de coton salivaire interposé pouvait décontracter les muscles masticateurs, et d’un autre côté vous dites dans un commentaire de ce post que « je pense que ces dispositifs, BIEN RÉGLÉS, permettent d’obtenir très rapidement (quelques minutes) une sédation de crispations des muscles élévateurs ». Si un simple rouleau de coton suffit à décontracter les muscles masticateurs, est-il nécessaire de BIEN RÉGLER ces dispositifs ?

Chez certains patients, je n’arrive pas à faire, du fait d’une crispation des muscles de l’appareil manducateur, une manipulation douce de la mandibule pour observer l’ORC, même après avoir fait l’effort d’être détendu, et même dans un environnement calme pour favoriser la détente du patient. Que me conseilleriez-vous dans ces cas ? Dois-je utiliser une butée antérieure (un simple rouleau de coton peut-il suffire ?). Laquelle utiliser ? Comment la régler ? Est-ce que faire prendre un myorelaxant au patient avant le rendez-vous est une bonne idée ?

Merci pour vos conseils.

François UNGER

Merci de votre lecture attentive et de vos questions. Je développerai dans les prochains posts les différentes propositions de butées antérieures qui préciseront les modalités de réglages de chacune, selon leurs auteurs.
Sachez que les travaux de Le Guern, Lauret et Abjean, à Brest dans les années 70-80 ont porté sur décontraction des muscles temporaux et masséters car accessibles aux électrodes de surface pour des études en EMG. Je n’ai plus le texte exact en tête (mais une thèse au moins est disponible) mais dans mon souvenir la détente musculaire était observable en une dizaine de minutes. Ces auteurs utilisaient une butée dont nous parlerons pour ses réglages.
Comment peut on appeler à régler une butée antérieure alors que de simples cotons salivaires interposés permettrait d’obtenir le même effet?
Et bien en réalité je ne suis pas certain que le résultat soit aussi reproductible. Je me souviens toujours d’un ami qui était sujet à des contractions violentes et incontrôlables des muscles élévateurs quand il était soumis à un stress professionnel prolongé, et qui était venu en urgence au cabinet. Il avait les masséters durs comme du bois, une céphalée d’enfer et pouvait à peine parler. J’ai réussi à interposer un coton salivaire et je lui ai demandé de faire attention de ne pas sentir les dents établir de contact. J’avais un mis Mozart serein en fond sonore, et en quelques minutes un soulagement est apparu; mon ami pleurait à chaudes larmes tant il était surpris du résultat. La confiance qu’il avait en moi lui a-t-elle permis d’utiliser le petit obstacle antérieur sans se crisper? Le coton aurait il suffit dans tous les cas?
En urgence je crois que le coton salivaire peut rendre service si le patient ne serre pas dessus. Mais c’est également très simple de faire une butée en résine, qui elle doit être réglée car elle a vocation à rester en place plus que 5 minutes.

plt35

Bonjour Francois,
Toujours aussi prolifique sur l’occlusion , quel bonheur.
J’utilise les butées depuis 20 ans suite à un cours avec le professeur Abjean. Au début, j’ai fait beaucoup d’equilibrations occlusales additives et soustractives. La théorie sur la butée est qu’ il y a une perte de la mémoire des engrammes corticaux de la position mandibulaire et qu’au bout de quelques minutes de port la mandibule se retrouve naturellement en position « myocentrée », je mets des guillemets pour ne fâcher personne.
Aujourd’hui , je ne fabrique jamais de gouttière (mandibulaire) sans utiliser le jig lors de l’enregistrement de l’occlusion .
Pour mes gouttières à 99% mandibulaires , je suis, de plus très attentif à avoir un contact suffisant sur le bloc incisif. Il y a plus de mécanorécepteurs au niveau antérieur et il y a un réflexe d’ouverture si la pression est trop forte( ce qui explique qu’il est difficile d’ouvrir un tube de colle avec les incisives)
D’après mon expérience, pratiquement tous les patients qui consultent sont des anxieux, perfectionnistes plus souvent des femmes( hormones).
Enfin, je ne m’imaginerais pas concevoir une orthèse sans l’aide d’une butée. je suis accro
Merci pour tous ces bon post. J’attend avec impatience les développements

François UNGER

C’est moi qui vous remercie pour ces informations concrètes sur une pratique respectueuse de vos patients.
La mise en place d’une butée antérieure pour enregistrer la position mandibulaire avant réaliser une gouttière au laboratoire, équilibrée au plus près de la RC, est une option sage. L’autre option étant de faire appel à une butée antérieure au moment d’équilibrer la gouttière en bouche.

yevninemichel

bonjour à vous tous,
pour ma part, il m’est arrivé d’utiliser des butées antérieure de type jig de lucia… ( cdp de ???) de manière extemporanée pour soulager de forts trismus qui résistaient à la kinésithérapie.. au fauteuil, sinon lorsque j’enregistre  » une relation centrèe » ou plutot un axe de rotation pure mandibulaire avant montage en articulateur sur patient  » réfractaire », dans ce cas je conserve la butée pour l’enregistrement… ça doit faire 25 ans que je fais celà avec bonheur

rene

Bonjour Francois
J’ai eu la chance d’avoir des formations avec Albert Jeanmonot
J’utilise son plan de morsure (PM) régulièrement , mais le fait qu’il doive être porté 24heures sur 24 freine au niveau patientele
Ce PM fait pour retrouver la position myo centrée pour Jeanmonot , permet une détente musculaire remarquable , et pas seulement limitée à la mandibule
Cou, épaules , dos parfois
Cela montre bien l’importance des rapports occlusaux dans le fonctionnement global du corps

Daniel nous parle de viscoélasticité , il serait bon d’avoir plus d’infos pour comprendre ce qu’il veut dire . Je ne connais pas assez , à mon grand regret

François UNGER

Merci de ce rappel
Le plan de morsure de Jeanmonod nous y consacrerons aussi un post car il est très éclairant des possibilités et difficultés des orthèses

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