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Commentaires

hainis

Bonjour
Peux-tu indiquer les signes caractéristiques d’une luxation discale irréductible externe par rapport à une luxation antérieure ou antéro-externe ou même antéro-interne. Merci..

François UNGER

Salut hainis (je te répons en utilisant ton nom pour que les lecteurs ne soient pas déroutés si je mets ton prénom) et content de te lire.
Les signes d’une luxation discale irréductible sont les mêmes que le disque soit parti en avant ou plutôt ici ou plutôt là: limitation brutale de l’amplitude d’ouverture buccale (en général de l’ordre de 20mm), douloureuse, sans bruit articulaire, avec le plus souvent historique de claquements réciproques dans les mois ou les années précédentes. De plus il y a déviation de la mandibule du coté de la luxation lors de l’ouverture.
Le fait qu’elle soit dite externe c’est parce qu’à la palpation on sent très bien le disque qui est situé sur la face latérale de l’ATM, et souvent visible sous forme d’une petite boule. Mais le résultat est le même: l’avancée du condyle est bloquée par cet obstacle qui est sans doute également en partie en avant.

rene

Je ne savais même pas que ça existait les butées postérieures
Au bout de 34 ans d’exercice

Dégouté , je suis
Alors que ça aurait pu rendre bcp de services à mes patients au cours des années passées

Question : où se former en occlusion?

hainis

Niveau bouquin : Gnathologie fonctionnelle vol 1 et 2 de Jean-Daniel Orthlieb Edtion CDP est super.

François UNGER

Où se former en occlusion? Bonne question. Mais je n’ai pas la réponse. Et d’ailleurs je crois que personne ne l’a car l’occlusion n’est pas une discipline universitaire. On est du coté des rebouteux. Aucune bibliographie validée ne peut prétendre soutenir un enseignement sur l’occlusion.
Le mieux serait de contourner la difficulté, en s’en tenant aux éléments pertinents:
1- épidémiologie
2- Psychologie
3- Prise en charge de la douleur
4- kinésithérapie
5- pharmacologie.

Il n’y a rien qui soit caractéristique des dents…alors pourquoi perdre son temps en occlusion?

Pas trop déçu de tout ce temps qu’on vous a fait perdre avec des articulateurs, des cuspides et autres balivernes?

dentocab

je pense que jean Daniel Orthlieb propose une formation en occlusodontie tres ouverte tres claire et qui fait bien la distinction entre les données acquises et les hypothèses . cette formation peut se faire en ligne c’est tres formateur (université de Marseille) (en tout cas cela a clarifié mes idées )

hainis

Et par ailleurs François, quelle est la caractéristique thérapeutique et fonctionnelle de cette butée par rapport à une luxation externe ?
Est-elle spécifique à cette luxation ?

François UNGER

Aucune caractéristique particulière pour cette luxation externe. La butée est la même qu’elle que soit la luxation discale irréductible. Mais ça n’est pas scientifique. On le voit bien: c’est une vidéo et non un article validé par un comité de lecture.
Amitiés

mleberre

Bonjour françois!
Quelques questions:
Comment parviens-tu à placer la résine en postérieur avec une ouverture limitée à 20mm? As-tu recours à la pharmacopée pour les cas les plus sévères?
Le guidage utilisé pour obtenir la position dans laquelle tu places la mâchoire pendant la polymérisation de la résine correspond t’elle au même type de guidage de recherche de la RC?
J’imagines que très rapidement tu passes sur des appuis généralisés en passant à une gouttière contenant la butée initiale? Au bout de combien de temps? et faut-il alors garder l’indentation de la butée et pourquoi?
Amicalement
Miliau

François UNGER

Bonjour mleberre

Ce n’est pas toujours très facile effectivement de glisser la boulette de résine jusque sur la dernière dent. Et c’est pourquoi je m’y reprends à 2 fois de la façon suivante.
1- je prépare une boulette de résine auto (Tab 2000) en mélangeant liquide et poudre et en laissant polymériser dans le godet jusqu’à ce que je puisse la modeler (consistance pâte à modeler). Il ne faut pas en faire une trop grosse boulette; je fais une boulette de la taille d’une couronne de molaire. Je la glisse sur les faces occlusales les plus distales et autant que possible j’essaie de rabattre de la résine sur les faces vestibulaires et linguales. Dans la plupart des cas je ne parviens pas, à ce stade, à vraiment obtenir une forme qui enveloppe la couronne de la dent support de la butée. Je manipule alors la mandibule, comme tu le dis, en recherchant la situation la plus détendue possible et en posant délicatement la mandibule sur la résine. Le patient ne doit pas serrer. L’indentation est obtenue par la légère pression qu’on maintien en élevant la mandibule contre la résine en cours de polymérisation. Sans la perforer. On contrôle par le degré d’inocclusion visible au niveau des secteurs antérieurs.
2- Après polymérisation je désinsère l’ébauche de butée. Dans la main, j’enlève tout ce qui déborde au delà de la face occlusale de la dernière dent (parfois en fonction de la situation dentaire, je peux conserver un petit appui sur la crête distale de l’avant dernière molaire). L’ébauche de butée se présente comme une sorte de couronne provisoire. Mais compte tenu du défaut de rétention lié aux difficultés de modelages imputables à l’ouverture buccale très réduite, il faut rebaser cette ébauche. Il faut qu’elle soit étendue jusqu’à la ligne de plus grand contour de la dent pour qu’elle se clipe. Je rebase avec la même résine mais très fluide (presque comme de l’eau). Je remets la butée en place et je demande au patient de serrer sur la butée polymérisée pendant tout le temps de la prise de la résine de rebasage. Je dépose la butée, et j’ébarbe ce qui est trop au delà de la ligne de plus grand contour, j’améliore la forme globale pour ne pas gêner la langue et je repolis pour éviter toute irritation. Des photos illustrent ces stades dans le post qui est dans ce lien
https://www.idweblogs.com/e-occluso/2015/01/22/butee-posterieure-pour-luxation-discale-irreductible/

– Oui je passe le plus vite possible de la butée à la gouttière (quelques jours en général). Retrouver sur la gouttière la position mandibulaire qui était maintenue par la butée est assez facile car le patient a appris à placer sa mandibule dans l’indentation. Il connait sa position et on a juste à contrôler.
On équilibre ensuite, dans les semaines suivantes, la gouttière en atténuant la butée jusqu’à ce qu’on retrouve des contacts sur toute l’arcade. Mais on attend que la bascule frontale de la mandibule ait produit tout son effet pour soulager l’ATM qui était atteinte.
Rebouteux je te dis! Il faut toucher, palper, sentir les ATMs.
Amitiés

rene

Merci françois pour cette explication détaillée
Effectivement nous sommes les rois du bricolo

Question : fais tu aussi des buttées antérieures ? Si oui, Dans quels cas?

Rene

François UNGER

Je faisais de butées antérieures dans les cas de crispations qui aboutissaient à une mandibule non manipulable. En fait un coton salivaire en 5 à 10 mn donne le même résultat et permet de faire une empreinte pour la gouttière. Alors je ne fais plus de butées antérieures.

drlegault

Comment tu expliques le lien de causalité entre la butée et l’amélioration du confort de la patiente?

François UNGER

La butée permet de guider précisément vers une position mandibulaire dans laquelle le disque articulaire est revenu dans une position fonctionnelle. Sans être parfaitement sur la tête condylienne et sans être parfaitement coapté pour que l’on puisse considérer les conditions intra-articulaires comme parfaites ou idéales (RC?), celles ci sont cependant redevenues immédiatement fonctionnelles: le disque n’est plus luxé antéro-latéralement mais interposé entre les surfaces articulaires et permet l’ouverture et la fermeture sans difficulté ni douleur et permet un serrage maximal indolore bien qu’il plaque fortement les surfaces articulaires les unes contre les autres.
Autrement dit : retour à une situation quasi-normale par guidage (par la butée) de la mandibule dans une position fonctionnelle.
Merci de ta question

Rodolphe HAINIS

Salut François
Pour récupérer le disque tu propulses la mandibule sans doute non ? Le retour à la normale signe -t-il obligatoirement une bonne recoaptation et si non comment être sur de bien l’avoir ré-interposé ?
Amitié
Rodolphe

François UNGER

Salut Rodolphe,
non je ne demande aucun mouvement particulier. Que le patient soit le plus détendu possible et je manipule la mandibule vers la RC approchée? c’est tout.
amitiés

Rodolphe HAINIS

Salut François

Encore des questions car je nage un peu…
je me demande comment le disque qui est en situation de luxation irreductible ( donc on ne parle pas de récupération précoce moyenne ou tardive mais de blocage pur et dur avec le disque coincé dans sa position et le condyle en buté derriere lui ) peut récupérer sa position.
Quelle est la raison physique de son retour en place du fait de la butée en résine et que fait le condyle comme mouvement dans l’espace pour lui permettre de se recoapter.
tu le recoapte avant par manip ? parceque je ne comprends pas pourquoi le fait de placer la mandibule en position la plus détendue fait bouger le disque .
Et tu entends par quoi par la pus détendue.
Merci
Amitiés
Rodolphe

François UNGER

Salut Rodolphe et merci de ces questions très importantes.
J’ai déjà eu l’occasion de dire dans un autre post que le disque ne m’apparait pas comme un bout de cartilage passif qui serait coapté entre les surfaces articulaires et qu’il suivrait les mouvements du condyle mandibulaire par une sorte d’obligation mécanique.
Le disque est une pièce mobile sous l’action des muscles qui y sont insérés, relié à bien d’autres éléments anatomiques. Je renvoie ici à la récente publication que j’ai déjà citée:
https://www.idweblogs.com/e-occluso/wp-content/uploads/sites/5/2015/04/04ATM-Felizardo.pdf
Je n’imagine pas que la musculature insérée sur le disque ne soit pas impliquée dans le déplacement discale ou dans sa position de luxation. Je pense par ailleurs que si le disque est déplacé sans possibilité de réduction, cette situation induit en retours des contractures réflexes des faisceaux qui y sont insérés. Un peu comme une luxation mandibulaire est responsable de crispation des muscles responsables de la posture mandibulaire qu’on doit atténuer, lever ou maîtriser pour pouvoir favoriser le retour de la mandibule à sa place.
C’est pour cela que je recherche à détendre le plus possible la mandibule: pour que les contractions des muscles insérés sur le disque cessent de le bloquer dans sa position (ici antéro-latérale). Cette manoeuvre est indolore, quasiment toujours possible (dans mon expérience) et on peut en palper le retentissement en laissant la pulpe de deux doigts sur la face externe de l’ATM qu’on veut soulager, pour percevoir ce qui s’y passe. Cette manipulation je vais prendre le temps de la décrire en plusieurs posts de la série « position mandibulaire » que je publie de semaines en semaines donc un peu de patience, j’y viens et j’en aurai pour plusieurs posts.

Je reviens à ta question: »Quelle est la raison physique de son retour en place du fait de la butée en résine… »
La première raison je viens de te le dire c’est qu’en relâchant les contraintes musculaires qui tiennent le disque dans sa luxation on lui laisse une chance de revenir à sa place.
La seconde raison c’est que la butée, en créant une surocclusion postérieure qui interdit le rétablissement de l’OIM supprime une des causes de la luxation discale (cette raison est bien sûr irrecevable pour ceux qui considère que l’occlusion n’est pas un facteur de DAM)
La troisième raison est liée au phénomène décrit par Krogh Poulsen qui aboutit à ouvrir l’espace intra-articulaire homolatérale quand on introduit un obstacle occlusal postérieur. Autrement dit j’augmente l’espace disponible pour le disque entre les surfaces articulaire. Je facilite ainsi son retour.
La quatrième raison est liée à l’indentation précise et inévitable de la butée. La mandibule est contrainte de s’y placer et plus elle sera serrée plus l’espace intra-articulaire sera augmenté et plus mon disque sera confortable et plus je pourrai compter sur la détente musculaire. La disparition immédiate des douleurs contribue au succès. C’est un cercle vertueux.

Mettons tout cela en doute. Imaginons que la situation manipulée soit approximative ou sans rapport avec l’espoir fonctionnel. De toute façon la surocclusion sur la butée ne peut que donner de l’espace au disque. Et si la position mandibulaire prise comme référence pour marquer l’indentation est non fonctionnelle, dès qu’on demande (prudemment) au patient de serrer, il ressent une douleur. Cette butée peut être contrôlée en direct et il faut vérifier qu’elle répond aux objectifs minimaux: redonner immédiatement une ouverture quasi normale et sans aucune douleur, et permettre de serrer très fort sans aucune douleur non plus.
Amitiés

drlegault

Je ne comprends pas le principe de donner de l’espace au disque. Dès qu’il y a contraction musculaire et contact dentaire, il ne devrait y avoir que plus de compression du condyle sur la fosse ou l’éminence? Non?

Benoît

François UNGER

Et bien non car la situation de l’obstacle occlusal (butée postérieure) par rapport aux points d’applications des forces de contraction des différents muscles élévateurs aboutit, lors du serrage, à abaisser le condyle mandibulaire homolatéral de l’obstacle occlusal. Et donc à augmenter l’espace entre les surfaces articulaires temporale et mandibulaire. Ce qui donne un peu d’espace au disque.
La situation serait toute autre si l’obstacle occlusal était antérieur par exemple.
Je renvoie ici aux principes de Krogh Poulsen qui décrit par ailleurs la compression controlatérale; mais bien d’autres auteurs ont signalé ces faits.
Amitiés

drlegault

Mon cher François,

La théorie des leviers et bras de force est connue depuis Archimede et tu en fais mention toi-même, si la force est appliquée antérieurement au pivot, il serait théoriquement possible d’ouvrir l’espace articulaire.

Mais c’est impossible.

Les muscles élévateurs (pt interne, temporal et masseter) s’insèrent tous postérieurement à la dernière molaire. Ils sont donc postérieurs au point pivot (molaires). Ils appliquent donc des forces compressives sur l’ATM.

S’il te venait à trouver que certains muscles pauciers pouvaient contribuer à l’élévation de la mandibule antérieurement au pivot, saches que ces muscles font bien piètre figure devant les forces appliquées par les muscles cités plus haut.

Le muscle élévateur le plus puissant est de loin le temporal. En même si certaines fibres de sa portion antérieure, ainsi que les fibres des 2 autres élévateurs sont légèrement inclinées antérieurement et laissent croire qu’ils peuvent participer à l’avancement de la mandibule, il reste que sur 90%de l’éminence, ce travail se fait fortement et principalement sur une pente qui guide le condyle vers le haut et l’arrière. Dans tous les cas, il y aura invariablement une augmentation de la pression entre les surfaces articulaires.

Finalement, s’il nous arrivait de constater que quelques fibres du masseter originaient de l’arcade zygomatique sur un point antérieur au pivot, il serait embrassant de cultiver le culte selon lequel ces fibres pourraient réussir à faire basculer la mandibule en s’opposant au reste des fibres de tous les muscles élévateurs.

Bref, toute utilisation des élévateurs mène à une augmentation de la pression articulaire. Toute argumentation sur ce point ne fait que jeter le ridicule sur notre profession.

Ceci dit, quelque chose à soulagé cette pauvre patiente. Et j’aimerais vraiment savoir quoi. Sérieusement!

Respectueusement,

Benoît

François UNGER

Salut Benoit et merci de ton argumentation.
Je peux te proposer deux éléments complémentaires pour nos réflexions:
1- La mandibule est un corps qui doit être vu sous l’angle tridimensionnel, et, la conséquence c’est qu’on doit envisager le plan frontal au même titre que le plan sagittal. Si l’obstacle occlusal est postérieur, et sur un seul coté, il semble facile de saisir que dans le plan frontal, la contraction des élévateurs va aboutir à une bascule du corps mandibulaire autour de l’obstacle, avec comme conséquence un rapprochement des surfaces occlusales du coté opposé à l’obstacle. Ce rapprochement créé une augmentation des contraintes intra-articulaires controlatérales à l’obstacle, et, la bascule mandibulaire dans le plan frontal, aboutit à espacer les surfaces articulaires homolatérales. Es tu d’accord avec ce point?

2- Si tu poses la pulpe de deux doigts, doucement, sur une ATM homolatérale de la butée postérieure, et que tu demandes au patient de serrer très fort sur cet obstacle occlusal, tu perçois l’étirement intra-articulaire (et non une augmentation de pression). Essayes avec ton prochain patient et dis moi si tu confirmes cette perception.

Amitiés et merci pour tes contributions.

drlegault

1- L’obstacle est et sera toujours antérieur à l’application des forces, observe tous tes bouquins d’anatomie et observe les points d’origines et d’insertions des différents muscles élévateurs. Ceci s’applique dans toutes les dimensions. Donc, non je ne peux pas être d’accord.
Je pousse même plus loin mon affirmation: « Ne pas comprendre qu’il est impossible d’espacer l’articulation par contraction musculaire (autre que celle de l’opérateur), c’est admettre qu’on ne connaît rien à la biomécanique de l’ATM.

2- Tu confonds avec une simple protrusion. Ton doigt n’est pas assez petit, et la peau de la patiente trop épaisse, pour « sentir » le changement dimensionnel de l’espace intra-articulaire.

Benoit

Rodolphe HAINIS

Bien interressant cette discussion..

Je trouve qu’il est difficile d’ imaginer en regardant l’anatomie du complexe disco-condilien et sa physiologie qu’il ne bénéficie pas d’une composante antérieure lors des mouvements d’élévation mëme si on ne comprends pas vraiment comment exactement pour le moment ?

L ‘ensemble serait malgrès toutes les insertions musculaires, ligementaire , capsulaire, discales de protection entrainé en haut dans la cavité glénoïde mais elle n’est pas assez resistante car trop mince et c’est contre le versant post de l’éminence articulaire que le disque est plaqué ; comment fait-il pour rester là sans monter ni reculer
Et si recul intempestif plus de zone billaminaire fonctionnelle.

Le masseter ( chef superficiel et moyen), le pterygoïdien médian ont forcément une action antérieure ou antérolatérale sinon pas de latéralité non?
Et la rc n’est plus postérieure avant tout

C’est bien complqué tout ça!

Amicalement

François UNGER

je réponds aux 2 derniers commentaires simultanément. Je ne te dirai pas Rodolphe que tout est simple. Mais ce n’est pas aussi compliqué que tu le penses. Il faut étudier, palper, observer et écouter les patients. Et on progresse très vite. C’est grâce à ça que je peux être catégorique vis à vis de Benoit: on doigt est peut être trop gros mais il perçoit bien des choses de l’ATM. Et le sien aussi. pas pour tous les patients ni pour tous les cas; mais les doigts perçoivent beaucoup de choses s’ils sont à l’écoute.
Je me permets aussi, Benoit, d’affirmer que quelques soient tes livres d’anatomie, si tu ne veux pas voir les choses sous l’angle frontal tu risque de passer à coté de certaines observations indispensables en matière d’ATMs. Il y a 2 ATMs et leur fonctionnement tridimensionnel n’est jamais identique. La mandibule est un os suspendu et bien des adaptations sont possibles. En particulier la bascule frontale de cet os quand il l’objet de contractions unilatérales. Je vais te trouver des photos (je ne les ai pas ce soir) qui te montreront que la bascule peut se traduire par plusieurs millimètres de rapprochement au niveau canin controlatéral. Et que fait l’ATM pendant ce temps là?
Je suis prêt d’admettre que je ne connais rien à la biomécanique de l’ATM mais je te garantis que ma vidéo n’est pas truquée et qu’on peut refaire la même manip sur n’importe quel cas comparable. Miracle?

drlegault

François,

Depuis les quelques mois où on échange ensemble, je n’ai perçu aucune forme de mauvaise foi de ta part et je reconnais l’intégrité de ta démarche. Je crois de façon absolue la véracité de la vidéo.

Je te crois aussi lorsque tu affirmes que cette manipulation est reproductible. C’est juste que ta façon de conclure est illogique. J’ai la chance d’avoir accès aux IRM pour ma clientèle et de pouvoir observer ces phénomènes sur ce type d’imagerie. Je n’ai jamais observé, de quelques façon que ce soit, d’augmentation de l’espace articulaire par contraction musculaire, ni autrement d’ailleurs.

Ce que je crois, c’est que cette butée force le condyle en arrière en imposant une pente. Comme il n’y a pas d’occlusion (ailleurs que sur cette dent), et comme les élévateurs de ce côté sont en pleine contraction, le condyle trouve sa fosse et le ptérygoidien peut se relacher et permettre une recapture du disque.

Cette situation n’est que temporaire et est relativement dangereuse pour les ATM et la dent en question. Si cela soulage, le problème n’est pas réglé pour autant.

J’aime mieux les butées antérieures (NTI par exemple) qui donnent le même effet en empêchant l’hyperactivité des temporaux.

Je ne crois pas aux miracles François… 😉

Le rapprochement canin dont tu parles est normal dans la mesure où:

– On retrouve, en situation équilibrée, un quadripode ATM X 2 + canines X 2 avec toutes les dents en contacts autour.

– Dans cette situation, le quadripode est devenu tripode car l’ATM droite n’était pas en assise.

– Si tu permets l’assise de l’ATM droite, l’ATM gauche se retrouve aussi en assise, avec la canine gauche qui tend à se rapprocher et la canine qui se retrouve distancée à cause de la proximité de la butée.

Si tu enlèves la butée, je parie que c’est toutes les dents de droite qui touchent et que celles de gauche sont découplées. On s’en reparlera.

Benoit

François UNGER

Merci Benoit pour ta confiance en moi. Tu sais que c’est réciproque.
Mais…je veux encore discuter car il y a des choses qui me préoccupent dans ta façon d’expliquer les choses.
1- Tu as raison d’écrire « je crois » à plusieurs reprises dans ton commentaire car effectivement tu es dans le domaine de la croyance (et c’est respectable si cette croyance est ouverture vers la discussion et les hypothèses neuves). Et le recours à l’IRM, ne modifie pas totalement cet aspect des choses. De mon coté je ne crois pas que ma butée force le condyle en arrière. Cette butée est réalisée de telle sorte que le condyle ne soit pas guidé mais seulement stabilisé par le serrage; sans déplacement antéro-postérieur. Et je ne vois pas comment le serrage pourrait venir mettre le « condyle dans sa fosse »: le serrage, qui est bilatéral, aboutit à remonter le condyle controlatéral puisqu’il y a une inocclusion de ce coté. Es tu d’accord là dessus?
2- Tu me dis préférer les butées antérieures qui donneraient le même effet. C’est impossible. (Et d’ailleurs, les contractions musculaires sont complexes et permettent mal d’être ciblées faisceau par faisceau, muscle par muscle) En effet, si tu demande au patient (tel que celui présenté) de serrer sur une butée antérieure, heureusement pour lui il ne pourra pas exercer de grandes forces de serrage car cela lui provoquerait des grandes douleurs de l’ATM avec LDI. La butée antérieure est un piège terrible pour tous les praticiens (et leurs patients) qui ne diagnostiquent pas une luxation discale réductible ou qui ne voient pas que cette luxation a tendance à passer en luxation discale irréductible. J’ai des tas de ces cas, avec des douleurs provoquées ou aggravées par des NTi.
3- La situation pour laquelle je vais mettre des images ne correspond pas à ce que tu évoques. J’ai du mal expliquer. Je ne suis pas dans un cas de calage canin bilatéral mais sur une orthèse mandibulaire complète avec butée postérieure sur une dernière molaire (donc inocclusion partout). Les photos illustrent, pour la première, l’innoclusion canine controlatérale quand la mandibule est « posée » sur la butée, et pour la seconde, l’innoclusion quand le patient serre très fort. la bascule mandibulaire (rotation dans le plan frontal autour de l

François UNGER

la butée postérieure) est impressionnante et représente je crois plus d’un millimètre au niveau canin.
Mes excuses pour l’envoi prématuré du commentaire.

lidgeux

Indépendamment des ATM, j’utilise couramment cette « buttée postérieure » (3 à 6 mm, de 4 à 18 ans) en bilatéral sur les molaires de lait lors de la permutation dentaire pour favoriser 1.- l’élévation linguale dans le palais lors de la déglutition salivaire et ses conséquences favorables (croissances maxillaire supérieur + sinus), et 2.- l’éruption verticale des dents, éruption prématurément bloquée par l’interposition linguale de la déglutition infantile (1500 à 2000x/24 heures). Résultats constants (croissance transversale du palais, mouvements orthophonie réflexe) et récidives « orthodontiques » nulles. C’est une sorte de « bio-orthodontie » très avantageuse pour la croissance-maturation des structures dures (dents, os) chez l’enfant-adolescent.

jyemmepe

Bonsoir,
Je comprends mal la logique de drlegault qui n’admet pas le principe de fonctionnement de la butée postérieure et de manière très paradoxale utilise des butées antérieures pour les LDI !
Pourquoi François UNGER l’utiliserait-il si cela ne fonctionnait pas ?
En ce qui me concerne j’ai de nombreuses fois grâce à ce procédé, permis d’améliorer une ouverture limitée, parfois même de façon assez spectaculaire, bien que je n’intervienne quasi jamais en « urgence », les patients ayant souvent suivi le parcours généraliste ,ORL, radiologue, service de maxillo … avant de m’être adressés.

jyemmepe

L’utilisation que lidgeux fait de la butée postérieure me parait fort intéressante et mériterait d’être répandue …

lidgeux

« Ma » butée postérieure bilatérale s’appelle « Réducteur d’Espace Inter-Occlusal de Repos » (REIOR). Je la combine – parfois – avec des Guides Anti-Langue (GAL) qui, selon la demande in situ, réduisent des articulés croisés sur le temps de travail des deux REIOR, gauche et droit. On pourrait peut-être demander au Webmaster d’ouvrir une rubrique sur ce sujet « Enfants et Ados » puisqu’elle ne concerne que les jeunes patients de 4 à 20 ans.

François UNGER

Merci pour ces commentaires auxquels je réponds globalement.
1- Pour lidgeux je pense que les orthèses peuvent prendre de formes multiples et variées: butées, gouttières, etc… Ce qui complique inutilement l’occluso, à mon avis, c’est cette propension des auteurs à renommer chacun pour eux les orthèses en question: ici REIOR puis GAL. c’est une véritable tour de Babel totalement inutilisable qui fait fuir ceux qui veulent s’instruire. Ne peut on pas simplement parler de butée quand on parle d’un obstacle occlusal localisé et de gouttière quand cet obstacle concerne toute l’arcade?
Ensuite on dira, maxillaire ou mandibulaire, droite ou gauche, antérieure ou postérieure, etc…
Plus fondamental il me semble: c’est dire dans quelle relation intermaxillaire l’orthèse est réalisée et installée. CAR SON EFFET EST DIFFERENT SELON LA POSITION MANDIBULAIRE.
Les conséquences mécaniques ou fonctionnelles des orthèses sont alors totalement définies et chacun y retrouvera ses petits, que ce soit pour soulager une ATM, détendre des muscles, réduire une occlusion inversée, etc…
Par ailleurs il est évident qu’il est possible d’ouvrir une rubrique « enfants et ados » si des posts sont produits sur ce thème. Ce sera avec plaisir. A vous de jouer.
2- Pour jyemmpe dont je crois partager une certaine vision des patients même si je ne le connais pas, je tiens à dire que si drlegault a du mal à accepter la conséquence d’un serrage sur un obstacle occlusal postérieur unilatéral, c’est parce qu’il n’utilise pas de butée postérieure. S’il l’essaie une seule fois, dans la bonne position mandibulaire, il saisira immédiatement comment elle fonctionne. Je lui fais confiance pour découvrir cela.
Amitiés à tous

lidgeux

Merci François.

Contrairement à l’interposition linguale de la déglutition salivaire infantile, les REIOR et GAL ne sont pas des obstacles à l’occlusion. Par contre, ils favorisent chez l’enfant et l’ado : 1.- une élévation linguale dans le palais lors de la déglutition salivaire, 2.- une prolongation de la phase éruptive des dents 2.a.- en moins d’une à deux semaines sur les dernières (secondes) molaires et 2.b.- en un à trois mois pour les autres dents selon l’âge et 3.- une absence totale de toute récidive orthodontique.

Ces trois résultats sont constants.

« Ne peut on pas simplement parler de butée quand on parle d’un obstacle occlusal localisé et de gouttière quand cet obstacle concerne toute l’arcade? » 1.- Oui, pour faire court entre deux modèles montés en articulateur, et 2.- non, pour deux maxillaires mus par des muscles chez le patient éveillé.
3.- La déglutition infantile est un troisième aspect d’obstacle, et non des moindres, s’opposant le plus souvent à la mise en occlusion des arcades dentaires.
4.- Chez le patient asymptomatique, les arcades dentaires ne sont quasiment jamais en occlusion, analyses vidéos image/image à l’appui.
5.- Pour avoir observé des centaines de vidéos, image par image, il me serait également impossible de ne pas citer un espace libre constant et la dimension verticale de repos, particularités intimement liées à la physiologie neuromusculaire.
6.- Les patients en rémission des myalgies suite à un traitement occlusal ad hoc suivi de prothèses fixes en porcelaine, montrent une relation d’intercuspidation constante, mais seulement « volontaire », et précise au 1/100ème de millimètre sur un suivi d’un quart de siècle.
7.- Etc.

Pourquoi devrais-je balancer tout çà à la poubelle, alors que je m’en sers tous les jours ?

Vivement la rubrique « Enfants et ados » : la naissance, la croissance puis la maturation vers la vie occlusale du jeune adulte et sans aucun appareillage.

Amicalement.

lidgeux

N.B. : A MEDITER et un constat qui commence à se répéter dans la patientèle en 2015 : les patients commencent à avoir ras-le-bol qu’on leur colle systématiquement une gouttière occlusale, de plus en plus hors de prix géographiquement (capitales, banlieues, campagnes) et aux bénéfices thérapeutiques inexistants au moyen-long terme, chaque fois qu’ils font part aux professionnels du moindre mal occlusal ; l’abandon du traitement par gouttière venant le plus souvent du praticien que du patient.

François UNGER

Il y a toujours eu des incompétents et petits businesmen dans toutes les professions. On ne va quand même pas juger des thérapeutiques occlusales à l’aune des critères journalistiques!
Pour ma part je parle d’orthèses occlusales répondant à un diagnostic précis et qui sont équilibrées selon des règles précises.
Donc rien à voir, lidgeux, avec ton dernier commentaire

lidgeux

En mars 2016, où en est-on avec  » la rubrique « Enfants et ados » : la naissance, la croissance puis la maturation vers la vie occlusale du jeune adulte et sans aucun appareillage » ? Merci.

François UNGER

Cette rubrique n’existe pas en occluso (mais nous attendons avec intérêt des posts des auteurs qui le souhaiterons). Par contre sur le blog ODF vous trouverez des posts de Fellus qui utilise ces techniques. Il sera d’ailleurs conférencier au congrès de Lyon de la semaine prochaine.

monia

bonjour
est ce que cette butée postérieure ou la gouttière de décompression peuvent etre placées chez un jeune en cours de croissance avec les 7 n’ayant pas achevé leur éruption et qui présente une arthrose temporomandibulaire idiopathique?

monia

bonjour
est ce que cette butée postérieure ou la gouttière de décompression peuvent etre placées chez un jeune en cours de croissance avec les 7 n’ayant pas achevé leur éruption et qui présente une arthrose temporomandibulaire idiopathique?

François UNGER

Je n’ai aucune information sérieuse pour vous répondre. Ni expérience clinique personnelle du cas que vous évoquez. Je me garderai donc bien de répondre à votre question.

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