Navigate / search

L’OIM est-elle impliquée dans ce DAM?

Madame Dany C., 61 ans, agricultrice, est adressée par un confrère qui précise dans son courrier d’accompagnement que la patiente qu’il voit pour la première fois présente à ce qu’il lui « semble une luxation, avec contacts uniquement sur 18-48 et béance inter-incisive de 5mm ». Les « traitements précédents sont sans résultats ».

L’entretien clinique permet de savoir que la patiente n’a pas eu de traitement ODF, ni dents de sagesse extraites sous AG, qu’elle ne se perçoit pas comme une personne stressée, qu’elle dort sur le dos (depuis une acromioplastie il y a quelques années), qu’elle ne se souvient d’aucun trauma sur la région temporo-mandibulaire, et qu’elle n’est pas hyperlaxe. Sa demande correspond à une demande de prise en charge pour douleur chronique de la région maxillaire supérieure droite.
Les douleurs remontent à l’année 2006 (depuis 8 ans !). Elles sont plus ou moins toujours présentes, et d’intensité variable mais augmentées après le déjeuner. Ces douleurs s’accompagnent de sensation de brûlure de la langue du coté droit. La patiente décrit également une limitation de l’ouverture buccale qui rend très difficiles les séances de soins dentaires. Enfin, elle signale que seules les dents postérieures à droites établissent des contacts quand elle serre les dents.
Divers traitements ont été proposés à cette patiente, à commencer par des meulages sélectifs qui ont été réalisés sans succès par un confrère en qui elle a perdu confiance. D’autres confrères ont réalisé des orthèses. Sans apporter de soulagement. Un stomatologue a évoqué l’hypothèse selon laquelle l’origine des douleurs pourrait être liée à une affection apicale sur la 15 et a réalisé une résection apicale. Après 4 ans l’affection apicale a disparu et la cicatrisation osseuse est acquise.
L’examen clinique montre une motilité mandibulaire limitée (ouverture 35 mm et latéralités 8 mm) sans douleur ni ressaut articulaire. Tout au plus perçoit-on un discret ressaut en fin d’ouverture à droite. Les palpations articulaires et musculairse ne provoquent aucune douleur. La mandibule est relativement détendue et permet de retrouver une position de contacts occlusaux sur les dents postérieures. Cette position est légèrement différente de celle que trouve la patiente lors du serrage où elle ne perçoit que des contacts à droite. La béance incisive de 5 mm retrouvée en fermeture est d’autant plus frappante que la patiente signale qu’elle pouvait couper du fil avec ses dents antérieures quand elle faisait de la couture.
Une telle situation doit faire envisager plusieurs aspects:
– l’évolutivité en elle même peut être un signe tumoral (hypothèse écartée ici)
– le rôle de la langue et de la déglutition
– l’ancienneté de la douleur chronique
– les difficultés occlusales; l’OIM ne permet ni centrage ni calage et la DVO est en constante augmentation
Il n’est pas abusif de considérer que les trois derniers éléments sont liés

  • Quelle analyse de la situation faites-vous et quelles hypothèses diagnostiques envisagez-vous pour expliquer les douleurs de la patiente ?
  • Quelle attitude thérapeutique proposez-vous ?

Comments

hodina

Bonjour,
Merci pour ce cas clinique tres interessant, et franchement pas si simple que cela….
Un élément qui me semble important et peu etre meme primordial ( pour moi) n a pas été abordé.c est l espace entre la 35 et la …..37?
Je pense personnellement que la 36 a été enlevé et n a jamais été remplacée. ….et de la mesioversion de la 37 et 38.
Et de la tous ces problemes.
Suis je sur la bonne voie?

odileg

Il manque des clichés tomo des atm ou un scaner. Une luxation (apres baillement….) non rétablie, pourrait-elle expliquer cette béance ?

François UNGER

En fait le courrier du confrère évoque une « luxation » mais il n’y en a pas. oui l’imagerie panoramique peut être instructive mais dans le cas présenté elle ne donne aucune indication utile.
merci de votre rappel justifié

henriane

Il nous manque effectivement quelques données , comme les RX , mais je pense comme notre confrère hodina que le non remplacement d’une molaire peut être la cause ….(.sourde , lente et insidieuse )….du problème actuel .
Pour traiter le cas il s’agirait donc de redresser les dents qui se sont versées et qui provoquent des contacts prématurés interférents….donc traitement orthodontique , sinon extraction de la ou des dents versées + prothèse . Le traitement quel qu’il soit sera » occluso-conscient  » et donc réalisé en tenant compte de la position mandibulaire physiologique de la patiente avec mise en articulateur adaptable.
Réaliser un set up sur modèles en ôtant les dents incriminées …
Accompagné de rééducation linguale ?

hodina

Je ne suis pas persuadé qu une ira, qu un scan etc soit necessaire.
Je pense que toutes les données presentes nous permettent de faire le diag et de définir la conduite à tenir.

henriane

un scan sans doute n’est pas nécessaire mais une OPG c’est le minumum indispensable.

hodina

Et je ne pense pas non plus qu un traitement orthodontique initial soit une bonne idée.
Je me lance sur mon diag, quitte à me planter…..
Avulsion de la 36 il y a longtemps
Mesioversion de la 37 et 38
Égression de 26 et dans une moindre mesure 27
La patiente mange préférentiellement a droite pendant des années.
Subluxation éventuelle du disque à droite
On voit un décalage des milieux incisifs qui me fait penser cela.
Il faudrait voir comment est son ouverture? Déviée vers la gauche???
Ouverture en propulsion?
Comment se passe sa lateralitée a droite?
En tout cas,je pense que sa mandibule n est plus dans la bonne position…
Donc j essaierai de rea frotter les moulages a la main sans l articulât eur, pour vérifier si l on retrouve un bon engrènement.
Cela permettrait de vérifier ma théorie.
le probleme serait donc intra articulaire a droite.
Avec bien sur des douleurs musculaires essentiellement à droite.
Une orthese de repositionnement devrait regler dans un premier temps les douleurs, associé à de la gymnotherapie. Cela prendrait plusieurs mois.

Puis dans un deuxieme temps, une fois les douleurs réglées et les fonctions masticatoires réglées, un traitement par overlay et ou orthodontie.
Ne pas oubliée de vérifier le type de déglutition et les probleme d interposition linguale latérale et antérieur .une rééducation pourrait être necessaire.
J espere ne pas être trop loin de la vérité.
Aléa jacta est!!!!!

hodina

Les overlay, c est pour le secteur 36-37
Revoir les couronnes pour une meilleure occlusion ainsi que onlay sur les restaurations en sous occlusion.
Équilibration occlusale sur les dents égression.

hodina

Ok pour l orthopanthomogramme.
On devrait trouver un condyle droit plus en avant

François UNGER

Je réponds avec retard (l’ADF est à l’origine d’une semaine très lourde) à Hodina et henriane que je remercie pour leurs propositions et réflexions.
En fait si je reformule, votre hypothèse diagnostique est celle d’une causalité occlusale. La perte non compensée de 36 aurait entraîné des migrations. J’ajouterais que ces modifications seraient ensuite elles mêmes à l’origine d’une perturbation des praxies linguales aboutissant à la béance antérieure. Est ce bien votre façon de voir le problème? J’aimerais votre confirmation (on infirmation) avant d’aller plus loin dans notre discussion. A bientot, amitiés

hodina

Bonsoir,
Je pense en effet que la causalité de son problème est la perte de la 36.
Qui a entraîné non seulement un mes inversion de la 37-38, une égression des dents antagonistes, mais egalement un décalage de toutes les dents mandibulaires vers la gauche.
Je pense aussi que la patiente depuis la perte de sa 36 mange préférentiellement a droite.
Sa faible amplitude d ouverture et son léger ressaut à droite, me font penser à une subluxation du disque à droite.
Ses douleurs apres le déjeuner me font penser à des contractures réflexes, problemeS musculaires souvent liés à un probleme intra articulaire.
Mes problemeS: ressaut en fin d ouverture, ce qui signifierait une luxation importante du disque…… Y a t il un ressaut en fin de fermeture?
Latéralité de 8 mm: à droite et à gauche?
Ouverture déviée? Ou non?
Un diagramme de FARRAR serait le bienvenu.
Concernant sa sensation de brûlure à droite….. Meme si un train peut en cacher un autre, je ne pense pas à une glossodynie.
Mais plutôt a une irritation de la langue due à un frottement sur les dents et a une interposition linguale latérale.
Je ne pense pas qu il soit obligatoire qu elle ait une interposition linguale antérieure pour ammener cette béance ant, mais ce n est pas exclu.
Quand au lien de causalité entre son probleme occlusale et la perturbation de sa praxie, je préfère ne pas m avancer….
A t elle des tics? Interposition, sucage de stylo…..???
Est t elle couturière?( interposition d aiguilles…..)
J en profite pour poser une question qui pourrait nous aider dans ce cas:
J avais entendu parler d’un signe clinique….mais je n ai jamais rien pu lire à ce sujet:
Je crois qu il s agit de la fente ou de l espace de Tilman ( je ne sais pas comment s écrit Tilman,tillman,Tilmann????) qui serait caractéristique d un probleme occlusale et du déplacement des dents en direction de l espace édenté?????? Ai je bien compris ?
En tout cas, je suis impatient de vous lire….avec l angoisse de ne pas avoir ecrit trop de bêtises.

François UNGER

Merci à hodina de ces nouvelles réflexions qui confirment ce que j’avais cru saisir: pour vous l’occlusion est bien causale et je peux admettre votre vision de la cascade étiologique que vous imaginez.
Je vous précise juste qu’il n’y a pas de véritable déplacement discal ni de déflexion à l’ouverture. Juste un dérapage entre OIM et ORC que vous avez pu noté sur les illustrations.
Par aileurs il n’y a pas d’habitudes nocives, telles que vous les imaginez à juste titre.
Pour tout vous dire je ne prétends pas, pour ce cas, avoir d’avis définitif et c’est pour cette raison que j’ai posé la question qui est dans le titre.
Pour ma part, et sans vouloir vous imposer mon point de vue, je pense qu’il n’est pas envisageable que la langue ne soit pas directement impliquée dans la béance antérieure. La question que je pose est de savoir si le jeu lingual a été modifié par la situation occlusale ou si la situation occlusale a été modifiée par les praxies linguales. Et mon penchant personnel va plutôt dans ce sens: la langue est tout à fait en mesure de modifier l’implantation dentaire mais aussi la morpholoie des procès alvéolaires. Encore une fois je ne dis pas que j’ai raison mais je vois l’histoire dans ce sens, sachant que j’arrive après la bataille et que je n’ai pas de photos d »il y a 20 ans quand la patiente pouvait couper du fil avec ses dents antérieures.
On peut se poser le même genre de questions entre les douleurs et la situation occlusale: la situation occlusale est elle impliquée dans les douleurs chroniques, ou bien, des douleurs chroniques ont-elles modifié les praxies musculaires orofaciales au point qu’en 8 ans le jeu lingual aboutisse à la situation illustrée?
Je crois qu’on doit être prudent avant de répondre car l’approche thérapeutique serait totalement différente selon l’hypothèse diagnostique retenue.
Si on privilégie la douleur chronique et le jeu lingual (peut-il être dissocié de l’ensemble postural?) il me semble qu’on ne doit pas commencer par intervenir sur l’occlusion. Un confrère a pourtant fait des équilibrations sans amélioration. On privilégierait alors la consultation d’un ostéopathe pour un avis postural, et d’une équipe capable d’évaluer la situation douloureuse. Ensuite on pourrait peut être valider ou invalider l’hypothèse diganostique.
Si on privilégie l’hypothèse de la causalité occlusale, dans la mesure où elle entraînerait obligatoirement des mutilations dentaires importantes, il faudrait, me semble-t-il, être capable de poser un véritable diagnostic. Peut-on se lancer dans un travail restaurateur sans être certain que la situation ne récidivera pas?
Alors je pose la question: comment peut-on dans cette situation clinique affirmer la causalité de l’occlusion? Je veux dire par quelle méthode, en utilisant quels moyens?
Merci de vos réflexions et de votre expérience si vous avez déjà traité ce genre de cas.
Cordialement, François

hodina

Bonsoir, et merci de votre réponse.
Moi non plus je n ai pas de certitudes…et j apprends tous les jours.
C est que qui fait que ce métier est passionnant.
Concernant ce genre de cas clinique, je n ai pas été confronté à cette situation.
j en etais par contre pour ma part resté à l absence de consensus concernant l occlusodontie et la posturologie. Une conférence avait eu lieu sur ce sujet vers 2004 avec le collège national d occlusodontologie.
J avoue que depuis, mes expériences professionnelles en occlusodontologie en sont restés la…..
Concernant la langue, je suis d accord avec vous sur le fait qu,une déglutition atypique entraîne ce genre de béance.
Mais je n arrive pas a comprendre pourquoi un probleme de langue surviendrait a 53 ans….
Et le rapport de la posture avec une modification de ses praxies linguales.
C etait la raison pour laquelle je pensais que la perte de la 36 etait a l origine de tout le reste.
Il serait intéressant de savoir quand cette 36 a été avulsée.
Sur le fait qu il ne faut pas commencer par de l ortho , des soins délabrants, je suis encore une fois d accord.
Le fait de faire de l ostéo, de la fasciatherapie, de la gymnotherapie, encore une fois d accord.
Malgré tout les douleurs de cette patiente sont augmentées par la mastication.
Il existe une composante musculaire, et vraisemblablement intra articulaire, ne serait ce que par un disque fibrosé.
La patiente a peut être aussi ( vraisemblablement) un seuil douloureux diminué).
Il serait interessant de savoir si elle se plaint de douleurs musculaires ailleurs.
Un traitement par orthese me semble quand même une idee interessante.
Quels type d ortheses ont été réalisées??
Je pense aussi que l équilibration occlusale des dents postérieures a pu augmenter ses douleurs par compression du disque.
C est vraiment un cas pas évident, et comme vous l avez sousligné, une approche pluridisciplinaire doit être envisagé.
Concernant la langue, un simple test en cabinet permettrait de savoir si elle a une déglutition atypique, auquel cas il faudrait la confier à une orthophoniste compétente dans la rééducation de la déglutition…..ce qui n est pas toujours aisé.
J attends avec impatience la suite.

François UNGER

Merci de votre réponse.
Je crois qu’il faut au départ poser le diagnostic de DAM. Ici la patiente souffre de contractures musculaires. Ce sont les difficultés musculaires et non articulaires qui expliquent ses douleurs. Ceci étant posé cela ne permet pas de dire si ces douleurs sont liées ou non à l’occlusion déséquilibrée. La déglutition se fait bien entendu avec la langue interposée dans la béance. Et il faut se souvenir qu’on peut avoir des crispations liées au décalage OIM-ORC et par ailleurs souffrir de douleurs chroniques orofaciales pour d’autres raisons.

Dans ces conditions, compte tenu de l’incertitude de l’implication occlusale dans le DAM, je privilégie la prudence: ne pas intervenir sur les dents sans vérifier, avant, qu’elles sont en cause. Vous évoquez une orthèse. Mais, dans la situation de la patiente, il va être très difficile, sinon impossible, de mettre en place une orthèse de reconditionnement neuro-musculaire (gouttière lisse en ORC) sans créer une augmentation significative de la DVO et de la béance. On risque donc d’aggraver le problème lingual. Et s’il est en cause dans les douleurs il nous sera impossible de répondre à la question de l’implication occlusale.
Pour ces raisons, avant toute intervention odontologique, je privilégie donc les consultations d’ostéopathes et de doloristes: peuvent-ils ou non soulager la patiente? S’ils n’ont pas de moyens pour soulager la patiente il faudra envisager une intervention odontologique et je crois que l’extractions de molaires devra être envisagée et, si le contexte le permet, de l’orthodontie. La dentisterie restauratrice (onlays, prothèses) ne serait que la dernière étape si besoin.
Ces cas sont très complexes et nous devons être prudents avant de penser que l’OIM est en cause.
Merci de vos interventions positives

hodina

Merci à vous pour ce cas clinique très interessant.
J’ai beaucoup appris de vos commentaires.
Je me rattache en fin de compte à votre expertise.
Votre approche empreinte de prudence permettra je l espere une amelioration de l état de la patiente.
En tout cas, elle est fondée sur une analyse stricte, mesurée, qui ne pourra pas accentuer les problèmes.
Merci de nous tenir au courant de l évolution de ce cas clinique
Et vivement le prochain, que l on fasse travailler nos neurones.
Ce blog me donne envie de constituer un groupe de pair dans mon coin pour échanger de la même maniere avec des collègues des cas cliniques complexes….ou moins complexes…
Bien à vous
Et bonjour de clermont ferrand.
hodina.

plt35

Bonsoir François,
Cas très intéressant et difficile, ne pourrait-on pas malgré tout proposer une orthèse partielle c’est à dire en conservant les contacts postérieurs dento-dentaires et en interposant l’orthèse au niveau des béances pour créer des contacts sur les dents antérieures et ainsi activer le réflexe d’ouverture lié a ces dents?

François UNGER

Merci plt35 de ta proposition.
je ne connais pas cette technique. As tu de ton coté une expérience en la matière? Peux tu nous en faire part?
Cordialement

plt35

C’est une « invention » toute personnelle que j’ai utilisé une fois dans un cas similaire car je voulais tester la composante occlusale dans un problème postural. Mon choix de garder les contacts postérieurs avait été motivé par la crainte d’accentuer la béance de la patiente qui comme dans le cas que tu présentes se souvenait de contacts sur toutes les dents(ce qui était probable vu la présence de facettes d’usure sur des dents en inocclusion). La patiente avait été soulagée sur le plan musculaire mais déçue que je ne propose rien pour la suite et je ne l’ai plus revu.

hodina

Si l on doit envisager l avulsion des molaires, ne risque t on pas d entraîner des compression articulaire qui augmenterait les problèmes ? De douleur entre autre???

François UNGER

Pourquoi l’avulsion des dents de sagesse entrainerait elle une compression articulaire? Est ce que c’est ce que vous observez quand les patients se font extraire les dents de sagesse?

hodina

Désole pour les fautes d orthographe, je suis sur iPad …..et ce n est pas simple.

hodina

Autre question: pourquoi le logiciel informatique qui coordonne sa langue s’est déréglé d un coup à son age?
Avez vous des pistes?

François UNGER

Il n’y a pas de logiciel informatique qui coordonne la langue. A ma connaissance. Si vous voulez parler d’une modification des praxies linguales, rien ne permet de dire qu’elles se soient déréglées d’un coup.
Pouvez vous préciser votre question?
Cordialement
François

hodina

Concernant la compression des articulations apres avulsion des dents de sagesse, c etait juste parce que les contacts ne se font qu en postérieur.
Si l on supprime les contacts postérieurs qui sont une sorte de cale, ne risque t on pas de fait une compression?
Si les dents postérieures n ont pas bougées et que c est les dents en avant qui ont bougés, cela risque de poser des problèmes.
S’il y a eu égression des dents postérieures, cela ne pose pas de probleme.
les équilibration occlusales soustractives faites précédemment n ont pas résolues le probleme.
Par contre, j ai vu des patients qui avaient subi des équilibration occlusales soustractives et dont les douleurs avaient été augmentees,
….d ou mon interrogation.

hodina

Concernant le logiciel informatique, je voulais bien sûr parler des praxies.
C est une image que j aime bien utiliser.
Quand on parle de rééducation linguale, il s agit en fait d effacer un programme et de le emplacement par un autre programme.plus on fait des exercices de déglutition avec le  » nouveau programme », plus l ancien « programme » s efface du « disque dur »……
Je voulais par là poser la question du pourquoi tout allait bien pendant des années, et pourquoi ses problèmes sont apparus autour des 50-60 ans.
Quel a ete l élément declencheur?
Un équilibre a existé pendant 50 ans qui a été rompu…
Avait elle une mauvaise praxies depuis son enfance?
Si au moins, elle avait développé un probleme parodontal qui pouvait expliquer une fragilité et de ce fait un déséquilibre avec les conséquences actuelles… Mais aux vues des photos, elle semble avoir un parodonte correct.
J espere avoir bien développé ma question…
Au plaisir de vous lire

François UNGER

Quand on fait tomber une goute d’eau dans un verre, puis une autre, et cela pendant longtemps,…il ne se passe rien. Et un jour ça déborde: on voit les choses. Je pense que dans l’appareil maducateur c’est un peu la même chose: il s’adapte sans que rien ne soit vraiment perceptible…et puis un jour on a des signes et symptômes. Je ne pense pas que cette patiente s’est réveillé un jour avec sa béance, mais que sa dysfonction linguale (et peut être respiratoire, ou posturale) est à l’oeuvre, doucement, depuis logntemps. Ceci dit je n’affirmerai pas que la perte de 36 n’a été pour rien. C’est une hypothèse qu’il faut poser. Une hypothèse et rien de plus. Or pour intervenir il faut un diagnostic.

andrejean64

Le « diagnostic » dans le sens ou tu l’entends est dans la médecine euclidienne qui n’existe plus dans le cas de la béance décrite.
En fait la limite entre entropie, adaptation et dysfonctionnement, douleur,  » pathologie » suffit a expliquer l’évolution clinique.
Chacun peut avoir une conception différente au sujet de cas cliniques, mais il faut quand même rester raisonnable et penser qu’un tel tableau clinique ne peut avoir pour cause la perte d’une dent! ( je ne dis pas que ceci n’y est pour rien)
les différents régimes de la dynamique posturale peuvent s’appliquer à certains tableaux cliniques dits de dysfonctionnement occlusal.
Nous sommes en présence d’un système non linéaire peut être chaotique, et l’apparition ou l’évolution de la béance est un des signes du gauchissement d’une structure dans un but d’adaptation pathologique.

François UNGER

Mais en quoi ceci empêche -t-il de poser un diagnostic? Qu’on ne sache pas poser un diagnostic: d’accord. Mais alors la question reste entière: si on ne peut affirmer la causalité du problème a-t-on le droit d’intervenir?
Pour ma part, je suis prêt à envisager toutes les hypothèses diagnostiques, à les tester si cela ne mutile pas et si on peut revenir à l’état ante, mais en absence de certitude je m’abstiens de toute intervention. Ce qui ne condamne pas celles et ceux qui veulent le faire si les patients sont d’accord.
Je crois que notre effort pour établir la chaîne causale qui aboutit au désordre est notre coeur de métier en occluso. Si on a pas la cause de quel droit intervinet-on?

andrejean64

Bonjour
J’ai lu rapidement tous les commentaires et ce qui me surprend, c’est l’approche restrictive autant du point de vue diagnostique que thérapeutique.
« L’étiopathologie » est surement polyétiologique et les différentes agressions sur le système manducateur ont progressivement diminué la capacité d’adaptation de l’ensemble.
L’apparition de la béance ne correspond plus à de la médecine linéaire, mais à un système non linéaire si ce n’est chaotique et donc, la prise en charge n’en sera que plus compliquée.
Devant une béance qui a évolué, il y a sans doute au minimum une adaptation en pathologie de la colonne cervicale et peut être des cervicalgies associées, ensuite la douleur existante montre l’impossibilité d’adaptation du corps et il serait judicieux de pratiquer un examen postural. On connait les relations entre les différentes chaînes musculaires avec le système manducateur. Au vu du tableau clinique il semble évident que nous sommes en présence d’un système avec une importante entropie qui ne peut continuer à fonctionner qu’au prix d’un gauchissement structurel.
Au niveau local, la langue ne peut que dysfonctionner, les ATM vont rapidement être en surcharge et les muscles douloureux.
La prise en charge proposée :
– je fais au préalable une analyse occlusale sur articulateur avec modèles fractionnés de type WIRTH, pour voir si on pourra récupérer un guide antérieur et à quel prix( soustraction-addition). Dans le cas ou c’est impossible on a grâce a l’analyse la possibilité de proposer d’autres solutions comme orthodontie ou chirurgie.
– je demande les examens d’imagerie comme téléradiographie de profil en occlusion, (pour effectuer une analyse céphalométrique) colonne cervicale (profil, 3/4, et C0, C1 bouche ouverte) télémétrie en charge de la colonne vertébrale si elle existe.
– examen clinique et stabilométrique occluso postural
– évaluation psychologique (recherche traumatismes ou agressions psychologiques) qui peuvent aboutir ou favoriser l’ouverture buccale
-la gouttière pour moi est plutôt contre indiquée car elle augmente la DVO et dans ce cas on est déjà en excès ; certains auteurs ont d’ailleurs déjà évoqué que dans ces cas là la neurophysiologie n’est plus tout à fait uniquement celle du système trigéminal manducateur dans lequel il va falloir cependant revenir.
-Le système n’étant plus linéaire, on ne peut savoir à l’avance le poids de nos interventions (pas de proportionnalité), mais ce qui est sûr c’est que la prise en charge uniquement occlusale se soldera par un échec et une récidive. Et donc il va falloir agir à différents niveaux et dans un certain ordre (pas assez d’éléments pour le dire ici) soit: dents, langue, cervicales, posture, psychologie etc…
N’oublions pas que Dawson au sujet des béances disait déjà à son époque que le traitement des béances impliquait la prise en considération de tous les éléments ayant participé à leur apparition
Voilà, c’était juste mon avis, qui va peut être vous choquer, mais qui est le fruit d’une réflexion de plusieurs décennies et d’une mise en pratique de cette réflexion qui m’a permis de normaliser des cas similaires à celui exposé aujourd’hui

François UNGER

Merci andrejean64 pour cette opinion raisonnable qui cadre parfaitement avec mes réflexions. Ici l’analyse occlusale montre que l’extraction de plusieurs molaires et des rectifications importantes sur d’autres dents seraient nécessaires pour retrouver des conditions occlusales fonctionnelles (centrage, calage et guidages). C’est ce prix important qui me fait repousser ce type d’intervention quand je n’ai pas un diagnostic précis et fiable. Alors oui il faut partir vers l’ensemble des éléments qui ont participé à l’apparition de la béance. Mais j’avoue ne pas être compétent.
Merci de votre avis et si vous souhaitez poster ici des cas similaires que vous avez traités nous sommes à votre disposition.
Cordialement. François

Leave a comment