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Poser le diagnostic de myospasme #1 – Définitions et examens

S’il est incontestable que les douleurs musculaires persistantes de l’appareil manducateur font intervenir plusieurs facteurs (en particulier des facteurs psychologiques ou psychosociaux supports de stress) il ne faut pas sous estimer ou même occulter les éventuelles composantes physiques, et en particulier occlusales, qui peuvent aussi être en cause.

A vrai dire, une fois observés les facteurs environnementaux, émotionnels ou comportementaux qui impactent la situation du patient le véritable rôle du chirurgien dentiste n’est il pas d’identifier les facteurs structurels (les contacts dento-dentaires et la position mandibulaire) qui pourraient intervenir dans les douleurs musculaires ?

Après bien des années durant lesquelles le discours dominant a cherché à minimiser (c’est un euphémisme) le rôle de l’occlusion dans l’apparition, l’entretien ou l’aggravation des désordres de l’appareil manducateur, le temps, en la matière, semble revenu de porter une véritable attention aux conditions de l’établissement de l’OIM.

Avant de présenter quelques cas cliniques, rappelons les définitions admises.

Le myospasme est défini comme une contraction musculaire involontaire.

Il est un des 4 types de désordres musculaires pouvant toucher l’appareil manducateur (associés à une fonction excessive ou anormale) : le myospasme, les douleurs myofasciales, la myosite, et la contracture myofibreuse.

Le myospasme, aussi dénommé contracture et recouvre les notions de crampe ou de trismus.
Le diagnostic de myospasme d’un muscle masticateur est posé quand tous les signes suivants sont présents :

  • douleur vive, au repos ou à la fonction
  • contraction involontaire, continuelle, (palpable)
  • limitation importante des mouvements mandibulaires,
  • augmentation de l’activité électromyographique (EMG)

La douleur est présente non seulement pendant les phases d’activité mais aussi dans les phases de repos. On estime que la douleur serait liée à l’ischémie consécutive à la compression des vaisseaux sanguins du muscle due la contraction elle même, ou à la sensibilisation des neurones périphériques, ou à la libération d’acétylcholine.

Dans la plupart des cas le patient ressent une raideur plus ou moins douloureuse, et décrit la limitation fonctionnelle.

Le muscle est douloureux à la palpation sur la partie contracturée, lors de l’étirement passif et lors de la contraction contre résistance.

Un myospasme est diagnosticable par un examen clinique simple.

Une des questions importantes qui accompagnent les myospasmes de l’appareil manducateur est liée au fait que la position mandibulaire est en rapport avec la position céphalique. De même, la musculature mandibulaire n’est pas sans relation avec les muscles oculomoteurs ou les muscles de l’oreille interne ou les muscles peauciers du visage et du crâne. Il est donc légitime d’imaginer qu’un myospasme concernant des muscles masticateurs puissent aboutir à des myospasmes de divers muscles de la sphère cervico-céphalique. Bien des signes cliniques de nos examens cliniques sont à envisager dans le cadre de ces relations.

  • Observez vous souvent des myospasmes chez vous patients ?
  • Pensez vous que ce diagnostic soit difficile à poser ?

Commentaires

jeromeproust

Bonjour François,
Il est fréquent d’observer des contractures chez nos patient pour un peu que nous les cherchions…
Connaître l’anatomie est indispensable pour identifier le muscle concerné et aussi son action. Si un muscle est douloureux c’est qu’il fonctionne trop et chercher à comprendre pourquoi un muscle est douloureux passe aussi par examiner ce qui passe dans le mouvement qu’il détermine. Par exemple une parafonction qui se ferait en latéralité droite peut être corrélée avec une symptomatologie au niveau des muscles impliqués dans ce mouvement. Ensuite il faut comprendre pourquoi il y a parafonction, dans ce cas si on trouve une prothèse présentant un obstacle sur le chemin de ce mouvement on peut légitimement faire cliniquement la corrélation entre les deux phénomènes et corriger l’obstacle en question. C’est une démarche très gratifiante sur le plan médicale parce qu’elle conjugue examen, analyse, compréhension et action.
On touche là me semble-t-il la difficulté du diagnostic qui doit selon moi, passer par la compréhension des choses et non uniquement par une description cliniques des muscles touchés. Il y a aussi bien d’autres causes que l’occlusion qui expliquent l’apparition de myospasmes, c’est pour cela qu’il faut trouver une logique avant d’agir. Il y a les causes externes comme les postures nocives (sommeil, travail, séquelles d’accident, posturales…) et d’autres causes internes difficiles à évaluer (stress, métaboliques, maladies)

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