Naviguer / Chercher

Orthèses de relaxation #6 : Utilisation clinique des gouttières

La gouttière, dans la mesure où elle ne crée pas de zone d’inocclusion (attention de ne pas laisser des dents postérieures non incluses sous la gouttière ou des dents cuspidées antagonistes sans appui sur la gouttière), il est normal de considérer que le dispositif peut rester en bouche sans risque de modifier ou perturber l’occlusion naturelle du patient. Pour les cas pour lesquels une gouttière est utilisée il n’y a donc pas d’urgence entre les rendez vous, et le port peut être prolongé pendant plusieurs mois si besoin.

  • La procédure normale d’utilisation d’une gouttière consiste à l’équilibrer, de séance en séance, au fur et à mesure que la mandibule est plus décontractée et donc plus manipulable. La situation la plus habituelle est de revoir le patient 8 jours après la pose. Il apparaît alors un surplomb entre les contacts canins et la gouttière.

    Ce signe est pathognomonique de la détente mandibulaire et en particulier des ptérygoïdiens latéraux. Mais rien n’indique que la détente obtenue est totale ; même si le patient décrit une disparition de ses troubles. Le praticien est donc invité à refaire l’équilibration de la gouttière (comme lors de la séance de pose) jusqu’à ce que, par la soustraction de volumes de résine de la surface occlusale de la gouttière, il retrouve un contact canin bilatéral simultané.

    Il n’est pas rare que 3 ou 4 séances soient nécessaires pour obtenir une détente complète de la mandibule, objectivée par le fait que d’une séance à l’autre le surplomb canin n’augmente plus (attention de ne pas confondre une usure parafonctionnelle des appuis canins avec l’apparition d’un surplomb).

    Quand la détente complète de la mandibule est atteinte, le patient en fermant seul sur la gouttière trouve la même position que celle obtenue par la manipulation du praticien ; et les troubles imputables à l’occlusion ont totalement disparu. Des malpositions canines, ou de grands surplombs, peuvent compliquer l’équilibration de l’orthèse ; cependant les principes de contacts canins simultanés et de guidage canin doivent être respectés.

    Dans certains cas de très nombreuses séances peuvent être nécessaires. En général il est recommandé de revoir rapidement le patient après la mise en place de la gouttière (une semaine). Pour les séances suivantes l’intervalle d’une semaine peut être maintenu, mais il est aussi possible d’espacer les séances de 2 voir 3 semaines sans difficulté, surtout si le confort est nettement amélioré.

  • Le port de la gouttière de relaxation doit il être permanent ? Pour notre part nous ne le pensons pas ; et ce pour plusieurs raisons :
    • Le confort quotidien du patient doit être pris en compte et si un soulagement est obtenu par un port nocturne exclusif : pourquoi aller pénaliser le patient dans sa vie de tous les jours ou son alimentation ?
    • L’expérience montre, pour pratiquement tous les cas, que le port nocturne suffit pour obtenir un soulagement très perceptible sur une gouttière bien réglée en ORC approchée. On peut imaginer que les crispations les plus fortes et les plus prolongées ont lieu durant le sommeil ; ce qui expliquerait partiellement ce résultat positif
    • Le fait, sur une période de 24 heures de porter puis de ne plus porter la gouttière, permet au patient de prendre conscience qu’il serre les dents. Il est alors plus facile de lui expliquer comment limiter lui même ses crispations pendant la période d’éveil.
    • Le port permanent d’une gouttière de relaxation peut placer le patient dans une situation de dépendance qu’il sera très difficile de rompre lors de la dépose du dispositif. Avec un port intermittent de la gouttière on prépare le patient à sa dépose. Il sait que le dispositif est transitoire.
  • Peut on garder une gouttière en bouche pendant des années ? Il est important de dire qu’une gouttière de relaxation n’a pas vocation à rester en place à vie. On peut envisager cette situation pour le bruxisme du sommeil. Mais pour les patients qui consultent pour des crispations, myospasmes ou contractures musculaires liées à l’occlusion, la gouttière, une fois le diagnostic validé, ne doit rester en place que le temps de programmer et réaliser l’équilibration occlusale si l’indication est posée.
  • Il est cependant important de signaler que dans bien des cas l’équilibration peut nécessiter un traitement orthodontique, ou prothétique et que le patient n’est pas en mesure de réaliser ces travaux. La gouttière, cliniquement validée et correctement entretenue, peut rester en place en port intermittent pour attendre que l’équilibration puisse être réalisée.
  • L’entretien de la gouttière est enseigné au patient : brossage sous l’eau clair avec du dentifrice, avant et après le port nocturne ? Pendant la journée la gouttière est placée dans une boîte adaptée, avec ou sans lingette imbibée de chlorhexidine.
  1. Pensez-vous qu’on puisse régler une gouttière de relaxation en une seule séance ?
  2. Êtes-vous partisan(ne) dans certains cas de faire porter une gouttière de relaxation pendant la journée en plus de la nuit ?

Commentaires

mdom

Super ! C’est toujours un plaisir de lire vos posts avec leurs photos.
Merci encore pour ce post, qui explique la procédure de réglage et la durée du port d’une orthèse, et qui permet d’améliorer la prise en charge de mes patients.

Laisser un commentaire