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Orthèses de relaxation #4 : Réglage en bouche des gouttières

La gouttière de relaxation, qu’elle soit maxillaire ou mandibulaire, présente des normes de réglage en bouche assez simples à respecter.

  • Il convient d’abord de vérifier que la gouttière s’adapte sans effort particulier sur l’arcade pour laquelle elle a été construite. Cette adaptation se traduit par un clipsage net qui assure la rétention, et par un appui sans bascule sur toutes les dents de l’arcade : si on appui sur les dents antérieures ou sur les molaires d’un coté la gouttière ne se déplace pas ni ne s’enfonce. Si cette stabilité initiale n’existe pas il y a peu de chance que les réglages à réaliser permettent d’obtenir la relaxation attendue car la gouttière devient en elle même un sujet de parafonction si elle est déplaçable par la langue. Si effectivement la gouttière n’est pas stable il est préférable de la refaire. Dans quelques cas exceptionnels (urgence) on peut envisager de la rebaser, sous pression occlusale, avec quelques gouttes de résine très fluide. Mais l’exercice n’est pas sans risque.
  • Il est aussi important de vérifier que les bords de la gouttière ne sont pas rugueux ou irritants pour la langue. Ils doivent au besoin être repolis.
  • Le réglage proprement dit de la surface occlusale d’une gouttière consiste à y établir simultanément les contacts de toutes les cuspides supports de l’arcade antagoniste en ORC approchée (centrage et calage), et à y organiser les guidages mandibulaires. Les contacts des incisives ne sont cependant pas toujours indispensables.
    • Le réglage de la gouttière nécessite la manipulation mandibulaire par le praticien. Si c’est le patient qui ferme lui même la bouche pendant que le praticien règle les appuis occlusaux sur la gouttière, il y a toutes les chances que la mandibule, perturbée par le volume de la gouttière, et désorientée par sa surface lisse, prenne une position aléatoire, et variable d’une fois sur l’autre. La manipulation mandibulaire faite par le praticien vise à s’approcher, sans contrainte, le plus près possible de la position de relation centrée. Cette position mandibulaire a fait l’objet d’un consensus lors du congrès du CNO 2016 à Lyon.
    • L’interposition d’un papier encré permet d’identifier les points de contacts des dents cuspidées antagonistes sur la gouttière pendant la manipulation d’élévation mandibulaire.
      Pour une gouttière maxillaire ce sont les cuspides vestibulaires mandibulaires qui doivent établir des contacts. (Fig. 1 à 23)

      Pour une gouttière mandibulaire ce sont les cuspides palatines maxillaires qui sont recherchés. (Fig. 24 à 30)
      Pour les secteurs cuspidés il est fondamental de rappeler que la notion de contact sur la gouttière doit correspondre à un simple impact ponctuel sur la surface lisse. En aucun cas le contact de la cuspide ne doit se traduire par un emboîtement, le plus petit soit-il, dans une surface courbe ou simulant une fosse de table occlusale dentaire. Toute possibilité de repérage d’une position mandibulaire par emboitement occlusal sur la gouttière condamne son utilisation. Elle sera inefficace et ne permettra pas de donner la position mandibulaire de référence.
      Pour les canines, le réglage de la gouttière doit aboutir à établir des contacts simultanés en ORC approchée.

    • La face occlusale de la gouttière doit aussi être réglée pour que les mouvements mandibulaires puissent être guidés selon la notion de fonction canine, c’est à dire sans aucun contact des dents cuspidées sur la gouttière pendant les mouvements latéraux. En propulsion les réglages interdisent aussi l’établissement de contacts postérieurs sur la gouttière.
  • Les malpositions dentaires et les édentements peuvent poser des problèmes particuliers de réglage des gouttières, de même que les grands surplombs ou les béances ou les occlusions croisées.
    Il est cependant exceptionnel de ne pas pouvoir régler complètement une gouttière, d’autant qu’il est toujours possible d’opter, selon la situation, pour une gouttière maxillaire ou mandibulaire.
  • Le réglage de la gouttière étant tributaire de la qualité de la manipulation du praticien, il est rare que celle ci permette de repérer l’ORC lors de la première séance de réglage. Il est donc normal que des réglages soient à réaliser, de semaine en semaine, au fur et à mesure que la décontraction mandibulaire s’installe, suivant en cela la qualité des réglages successifs.

Une gouttière bien réglée, maxillaire ou mandibulaire, permet, en quelques jours ou semaines, un soulagement efficace et objectif des myospasmes mandibulaires d’origine occlusale.

  1. Avez-vous une préférence pour les gouttières maxillaires ou les gouttières mandibulaires et pour quelle raison ?
  2. Avez-vous des difficultés particulières pour le réglage de vos gouttières ?

Commentaires

zorg

1) en première intention plutôt mandibulaire car mieux tolérées, surtout quand le patient doit la porter le jour, et également parce que les ostéopathes n’aiment pas que l’on « solidarise » les 2 hémimaxillaires. Après, dans certains cas d’édentation, le bon sens dicte une conduite inverse.
2) pas spécialement, mais effectivement, le réglage en centrée n’est pas toujours possible dès la première séance.

Anecdote: j’ai très occasionnellement du réaliser une double gouttière sur des personnes qui la « mangeaient » en quelques semaines, le réglage est du coup plus facile.

yevninemichel

il ya plusieurs raisons à faire si possible les orthèses en bas : le fait de positionner en bas va faire s’éléver la langue en lui permettant de mieux trouver sa posture de repos ( certains connaissent ma triade : langue,serrer, déglutir) ensuite effectivement celà est mieux toléré pour la phonation et l’esthétique ( surtout si il faut la porter la journée), l’évocation de l’ostéopathe est très bonne aussi ( j’ai plusieurs fois sectionné des bridges supérieur bloquant la mobilité du palais et ainsi soulager des céphalées cruelles)et enfin je préfère équiper la partie mobile ( la mandibule) de l’orthèse plutot que la partie immobile ( le maxillaire) il me semble que l’adaptation musculaire et la proprioception sont plus sensibles dans ce sens.
quant au réglage j’ai rarement des soucis l’essentiel étant anticipé sur l’articulateur.

mdom

Bonsoir M Unger,

Y-a t-il une règle pour établir la valeur de la « pente canine » et celle de la « pente incisive » pour une orthèse de relaxation ?

Les canines guident les mouvements latéraux sans qu’il y ait de contact au niveau des secteurs postérieurs. Et lors de la propulsion/incision les canines en particulier, et un peu moins les incisives guident ce mouvement sans contacts postérieurs.
Mais lors de ces mouvements, la désocclusion des secteurs postérieurs peut être plus ou moins importante en fonction de la « pente canine » et de la « pente incisive ».

Est-ce le confort du patient lors de ces mouvements excentrés qui dirige le réglage ?

Vous avez déjà abordé un peu le sujet dans un ancien post où une patiente qui grinçait des dents en faisant des mouvements latéraux importants, et vous avez fini par régler l’orthèse à plat, c’est à dire presque sans guidage canin pour ne pas bloquer les mouvements latéraux. Ce qui convenait mieux (ou a permis de soulager) à la patiente…

Cordialement.

François UNGER

Je ne recherche pas en général de guidage incisif sur les gouttières. Seules les canines guident les déplacements mandibulaires. Le plus souvent il n’y a même pas de contact des incisives sur la gouttière.
La régularité du guidage et le confort sont des éléments qui permettent de régler le guidage canin par la gouttière.

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