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DAM articulaire #1

Madame C. Jacqueline, 72 ans, présente un dysfonctionnement de l’appareil manducateur et des douleurs articulaires, en particulier nocturnes, très invalidantes avec une ouverture de bouche limitée à 18 mm.
Les illustrations ci dessous sont celles de l’ATM gauche.

  1. Quelles observations faites-vous sur ces illustrations ?
  2. Quels diagnostics peut-on évoquer ?

Commentaires

yevninemichel

au vu des clichés sans historique ( et comme je le dis souvent, mais pas à un blog… ;-)) je ne sais pas soigner des radios, il est possible que nous soyons en présence d’une suite traumatique ayant entrainer une arthrose eventuellement ankylose

bermant

« Magnifique » grade IV (désunion condylo-discale permanente + atteinte dégénérative).
Je n’ai pas aussi spectaculaire en magasin, aussi suis-je preneur des documents (tu as mes coordonnées depuis des lustres) ; si c’est possible bien sûr. ;O)))
J’attends de voir la situation dentaire pour avoir une idée de l’étiologie ; je parierais volontiers qu’il y a de l’édentement à la clé.

Tom

ankylose ou atteinte dégénérative de l’ATM après luxation discale irréductible ?

yevninemichel

ce qui m’interpelle c’est la forme particulière de l’apophyse coronoïde et le petit bout d’os qui se ballade… pour moi trauma et ankylose fibreuse ( pour l’instant) mais on peut se tromper
merci François pour cette belle devinette. J’espère que tu as réussi à soulager la patiente

simon

Bonjour,
1. Déformation de la tête condylienne qui vient épouser la cavité glénoïde temporale. Oblitération presque totale de l’espace intra articulaire. En effet une étrange déformation du processus coronoide. Ankylose très avancée de l’ATM.

2. Spondylarthrite ankylosante…?

simon

Même si le processus coronoïde semble en effet cassé… est-ce ce petit éclat, tracté par des fibres antérieures du temporal, qui serait venu bloquer l’articulation pour aboutir à son ankylose subterminale…? Encore moins sur.

Tom

oui plutôt une ankylosante trauamatique tout compte fait vu la forme du condyle, le fragment calcifié pourrait être soit le disque qui s’est calcifié soit l’apophyse coronaire fracturée lors d’un trauma

bermant

C’est sûr qu’au stade des clichés, c’est à présent une ankylose ou ça n’en est pas loin (il n’y a pas vraiment de « bloc d’ankylose comme on peut le voir d’habitude).
Etiologie traumatique ? Pathologie ankylosante spécifique ? What else ? ;O)))
BM.

Gautier SAYAGH

On dirait plutôt une fracture du pole médial du condyle, d’origine traumatique

Jean-François CARLIER

Sans anamnèse, et simplement à la lecture des clichés, (une pano aurait été intéressante), je me prononcerais pour une polyarthrite rhumatoïde ancienne, dont il est difficile d’en définir l’étiologie sans plus d’informations , mais dont la limitation d’ouverture associée aurait été traitée chirurgicalement par une coronoidectomie,

François UNGER

Pardonnez moi mes amis de vous avoir infligé ces 4 images sans en donner le contexte, pour faire une sorte de devinette. En fait je souhaitais qu’on discute de l’état objectif de l’articulation. Et c’est ce que vous avez fait. Je vous en remercie.
Je vais vous donner les informations complémentaires qui, si elles avaient été données dès le départ auraient réduit l’intérêt du cas.
C’est un de mes patients qui un jour me dit incidemment que sa femme dort très mal car elle souffre l’articulation de la bouche et qu’elle ne peut plus ouvrir. Je lui propose de voir sa femme si les problèmes persistent. J’ai vu cette femme, plutôt menue, la douleur était inscrite sur son visage, avec une sorte de lassitude désabusée. Elle souffrait de problèmes divers et était suivie par des tas de spécialistes à tel point que son problème oral ne semblait pas sa priorité. Lors de l’entretien clinique j’ai appris, alors que tout mouvement de la mâchoire était douloureux, qu’elle serrrait très fort les dents en dormant; et qu’au réveil elle avait très mal aux ATM, en particulier à gauche. Parmi les professionnels de santé qui la suivaient il y avait un rhumatologue; mais comme elle était allergique (?) à un grand nombre de produits elle n’utilisait presque aucun médicament à part des psychotropes et autres sédatifs. Elle avait aussi un problème global de sécheresse (buccale en particulier) mais le diagnostic de Gougerot n’atait pas posé. Pour ces cas, vous comme moi nous n’avons que 2 hypothèses: soit nous laissons la médecine générale traiter le cas, soit nous nous risquons modestement à observer en nous demandant: est ce que je peux soulager un problème? Sans trop le dire à la patiente.
L’examen buccal fut difficile et douloureux à cause des douleurs de mobilisation de la mandibule. Il y avait quelques édentement non significatifs mais les dents présentaient des traces de forte abrasion. Les masséters étaient relativement développés par rapport à un visage plutôt immobile. La palpation des ATM était douloureuse et leur mobilisation mettait en évidence une quasi absence de mouvement.
J’ai fait un scanner dont vous avez les images les plus parlantes et que je vais envoyé à bermant avec plaisir.
A l’évidence l’état de l’ATM gauche ne pouvait pas être rapporté au seul problème d’abrasion. Bien entendu l’atteinte rhumatoïde générale était sans doute en cause. J’ai pris contact avce le rhumatologue qui m’a dit suivre cette dame pour une polyarthrite rhumatoïde ancienne (bravo Jean François). Mais il ne savait pas qu’il y avait une atteinte majeure de l’ATM. Par ailleurs il était assez peu motivé compte tenu du fait que la patiente ne prenait pas les médicaments prescrits.
J’ai revu cette patiente et j’ai réussi à lui faire prendre les anti-inflammatoires qui étaient prescrits. Il y a eu un petit soulagement qui m’a permis de gagner sa confiance. Dans le processus global de destruction de l’ATM il y avait bien sûr, à la base, la pathologie rhumatismale; mais on pouvait imaginer que le serrage et les forces d’abrasion pouvaient aussi aggraver la situation.
Je me suis demandé si en mettant une gouttière de relaxation je ne pourrais pas réduire les forces musculaires qui contraignaient l’ATM. La patiente ayant accepté de tester l’hypothèse, avec de grandes difficultés liées à la faible ouverture de bouche, j’ai réussi à mettre en place cette orthèse. Et son rôle a été très positif vis à vis des douleurs. Au point que j’ai revu la patiente pendant des années pour refaire sa gouttière quand elle était détruite. Bien sûr le problème rhumatismal est toujours là mais ma petite orthèse rend bien service.
Merci de vos participations constructives

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