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Mouvements mandibulaires anormaux

Parmi les signes mandibulaires inhabituels, que certains envisagent de rapporter à l’occlusion dentaire, figurent les mouvements mandibulaires anormaux. N’est-il pas souhaitable en effet que les praticiens confrontés à des patients présentant des mouvements mandibulaires anormaux s’interrogent sur le rôle d’éventuels désordres occlusaux sur la déglutition, le calage mandibulaire, la DVO, ainsi que les jeux musculaires et articulaires des patients concernés ? Il ne faut cependant jamais oublier qu’il existe bien d’autres raisons que l’occlusion pour que la mandibule soit atteinte de mouvements anormaux. Notre rôle de thérapeute ne saurait nous dispenser de notre devoir de diagnostic.

Pierre Blanchet (1), neurologue et stomatologue à Montréal propose de distinguer, parmi les mouvements anormaux affectant la musculature de la mâchoire, de la langue ou des lèvres, ceux qui sont hypokinétiques de ceux qui sont hyperkinétiques.

  • Les premiers (hypokinétiques) sont typiquement rencontrés dans la maladie de Parkinson et aboutissent à un ralentissement de tous les temps de mastication et déglutition. Ces désordres peuvent aussi être consécutifs à l’emploi de médications de type neuroleptiques, anti-hémétiques, antiparkinsoniens, antidépresseurs, lithium, antihistaminiques et anticonvulsivants. L’intérêt de l’anamnèse est ici évident.
  • Les désordres hyperkinétiques (excès de mouvements) peuvent prendre des formes diverses : dyskynésie, dystonie, bruxisme, tics…Les dystonies dont les contractions musculaires peuvent être douloureuses sont les plus invalidantes. Les troubles hyperkinétiques mandibulaires peuvent être liés à l’occlusion, mais il ne faut surtout pas oublier que des pathologies locales ou régionales peuvent aussi induire ces désordres. C’est le cas de certaines maladies génétiques, d’affections neurologiques de nature métabolique, ou infectieuse (syphilis) ou même lésionnelle (myosites).
  • Il est important pour le chirurgien dentiste de distinguer des troubles hyperkynétiques « centraux » sur lesquels il est sans pouvoir, des troubles « périphériques » pour lesquels il peut apporter ses compétences :
    • Dyskynésie de l’édenté
    • Malocclusions perturbant la déglution et le calage/centrage mandibulaires.

Pierre Blanchet propose « qu’une caractérisation fine des phénomènes et de la cause de tout désordre buccal hyperkinétique soit faite, par une approche interdisciplinaire », pour améliorer la vie des personnes atteintes de mouvements mandibulaires anormaux.

  1. Observez-vous souvent des mouvements mandibulaires anormaux ?
  2. Avez-vous l’habitude de travailler de façon interdisciplinaire ?

Commentaires

Gautier SAYAGH

Bien sur qu’il faut travailler en interdisciplinaire!
Notre rôle est de bien diagnostiquer l’étiologie de ces mouvements mandibulaires anormaux, et d’en évaluer les conséquences articulaires, musculaires et occlusales (dans l’ordre). Si l’étiologie dépasse notre champ de compétence, il faut savoir adresser, et admettre que nous ne pouvons que soigner, et qu’il vaut mieux parfois essayer de guérir nos patients!
Comprendre avant d’entreprendre!

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