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La richesse des commentaires

La mise en commun de documents dans le cadre de ces posts (et je rappelle que tout un chacun peut proposer ses cas ou présenter sur ce blog un post sur un thème lié à l’occlusion et/ou aux DAMs), permet souvent de recueillir des commentaires importants.

Ce fut en particulier le cas du post Que faire pour ce jeune patient #1 avec un commentaire très documenté de jeromeproust et un autre plus polémique de wytango.
Je rebondis sur ce commentaire qui relance une question importante : faut-il oui ou non, dans le cadre de l’anamnèse des patients DAMs, s’enquérir de l’existence ou non d’un traitement ODF préalable ?
Wytango, dont on connaît les compétences multiples, en matière d’occlusodontologie et d’ODF en particulier, écrivait :
« Je suis toujours étonné que l’on mentionne l’ODF dans les antécédents… » à quoi je répondais : « …parce que l’ODF modifie l’occlusion et que la situation articulaire est corrélée à l’occlusion ».
Ce que wytango contestait en ces termes : « en dehors des affirmations « d’experts » aucune étude ne vient confirmer cette croyance ».

  1. Pensez-vous que l’ODF soit à prendre en compte dans l’anamnèse des DAMs ?
  2. Pensez-vous qu’une modification de l’occlusion puisse modifier la situation articulaire ; et réciproquement ?

Commentaires

yevninemichel

pour une fois je vais répondre avant Bermant…*
question 1 : oui
question 2 : oui

jeromeproust

Je ne répondrai pour le moment qu’à la première question car la seconde appelle un commentaire plus argumenté et entre deux patients ce n’est pas confort… Au risque de surprendre je répondrai non à la première. Lorsque je suis face à un patient présentant une dysfonction en rapport avec une malocclusion, qu’elle soit primaire ou secondaire à un traitement ODF m’importe peu. Cela ne change ni ma démarche ni mon traitement. Cela génère des regrets, pour le patient, que le traitement ODF n’ait pas permis d’obtenir une occlusion fonctionnelle mais il n’est pas fondamentale de le savoir dans l’anamnèse d’un point de vue clinique et médical. En revanche connaître un état psychique perturbé est beaucoup plus important car dans ce cas c’est un élément qu’il ne faut pas négliger.
L’ODF en soit ne génère pas de DAM, pas plus que la prothèse. C’est le résultat final qui compte. Un fois que c’est fait faut faire avec ou recommencer….

PAT33

Je suis dans accord avec jeromeproust..
Malheureusement combien de fois faut il effectuer une équilibration qui n’a pas été faite. …ou corriger les déglutitions dysfonctionnelles non corrigees ou insuffisamment..et voire refaire un traitement de orthodontie…
Une fois l occlusion réglée et les parafonctions éliminées, les ATM vont bien….

damdam

Comment peut on prétendre que l orthodontie améliore l esthétique et la fonction et que jamais un traitement d orthodontie ne pourrait la pertuber ou l aggraver??

jeromeproust

La réponse à la deuxième question est oui. A partir du moment où le mouvement mandibulaire n’est plus fonctionnel alors l’ATM subit. Qu’est-ce qu’un mouvement mandibulaire fonctionnel ?
C’est un mouvement où il y a en alternance des phases de travail et des phases de repos. La mandibule reste dans sa position de repos physiologique quand elle n’est pas impliquée dans la mastication, la déglutition salivaire et la phonation. Dans ce cas quelle que soit l’occlusion il n’y a pas de symptomatologie. Par contre quand la mandibule quitte sa position de repos pour se livrer alors à une parafonction alors la symptomatologie apparaît avec en conséquence une fatigue musculaire et parfois des dysfonctionnements de l’ATM. Personnellement je n’ai jamais rencontré de problèmes d’ATM chez un édenté total, c’est bien la preuve que c’est la perturbation du mouvement mandibulaire sur une occlusion dysfonctionnelle qui en est la cause. Mais une occlusion n’est qualifiée de dysfonctionnelle que si il existe une symptomatologie.
Aucune occlusion n’est dysfonctionnelle tant qu’elle n’est pas reconnue comme telle. Un jour j’ai demandé à Jeanmonod ce qu’était l’occlusion idéale à ses yeux. Il marqua quelques instants de silence et me signifia son embarras par une moue interrogative. Puis me dit finalement que l’occlusion idéale, en fin de compte, c’était celle qui était asymptomatique…
L’ATM peut perturber le mouvement mandibulaire lorsqu’elle est douloureuse ou en luxation mais je ne vois pas comment elle modifierait l’occlusion. Je n’ai jamais vu de facette d’abrasion due à l’ATM ou de déplacement dentaire. Il ne faut pas confondre occlusion et mouvement…
L’ATM ne détermine pas le mouvement mandibulaire mais participe au contrôle du mouvement via ses propriocepteurs. Mécaniquement elle n’a aucun rôle, d’ailleurs on peut la supprimer sans conséquence sur le mouvement mandibulaire… sa morphologie est la conséquence du mouvement mandibulaire mais non la cause.

François UNGER

merci de ces commentaires dont certains appellent des développements construits. Plus tard. je veux simplement dire aujourd’hui que pour moi les réponses sont positives pour les 2 questions.
Il suffit d’interposer un obstacle occlusal postérieur et de demander au patient de serrer pour qu’à la palpation articulaire simple on perçoive bien que des décalages peuvent se produire. Inversement, il est bien connu qu’un déplacement discal modifie les rapports occlusaux.
Après cela il faut aller dans le détail et c’est vrai que les hypothèses explicatives peuvent être discutables.

jeromeproust

juste une précision; il y a une différence entre une perturbation des rapports d’occlusion et l’occlusion dans mon esprit. Les deux peuvent être concernés lorsque suite à un acte iatrogène (soins conservateurs, prothèses dentaires, ODF…) l’occlusion est modifiée par une intervention directe sur les arcades dentaire. En revanche dans le cas où le mouvement mandibulaire est modifié suite à un problème d’ATM, comme le décrit François, seuls les rapports d’occlusion sont modifiés car ils sont la conséquence d’un défaut de placement de la mandibule. Mais l’occlusion n’est pas modifiée en elle même, lorsque la situation de l’ATM est rétablie les rapports d’occlusion redeviennent normaux sans être intervenu dessus. Dans un cas ou la position mandibulaire serait modifiée de manière permanente et définitive on pourrait dans ce cas (mais ça doit être exceptionnel…) se poser la question d’Harmoniser l’occlusion avec le mouvement mandibulaire modifié. Si de tels cas on été décrit j’aimerai bien personnellement avoir des informations sur le sujet et le suivi à long terme.

François UNGER

merci de ce commentaire; mais je ne suis pas sur d’avoir bien compris. La distinction que tu fais entre « occlusion » et « rapports d’occlusion » me semble compliquer la discussion.
Si on revient aux sens des mots, occlusion signifie fermeture, donc contacts, donc rapports d’occlusion. J’ai l’impression que tu donnes au mot « occlusion » le sens de « surfaces occlusales » ou « volumes occlusaux »
Dans mon esprit l’occlusion est toujours la prise en compte des deux arcades antagonistes, dans de leurs innombrables rapports.
Pour moi l’occlusion est moins un enjeu morphologique qu’un enjeu cinématique ou dynamique. Pour moi l’occlusion n’est qu’un affrontement parmi d’autres des surfaces dentaires antagonistes dont le véritable intérêt repose sur la position mandibulaire qui en découle à chaque instant.
Je te dis ça pour préciser ma pensée: modifier la forme d’une cuspide ne m’intéresse que par rapport à l’évolution de la position mandibulaire que cela implique ou non. C’est la position mandibulaire qui est vraiment l’objet de mon travail. Si la position mandibulaire est modifiée de façon permanente (traumatisme, ODF, prothèse, équiilibration, usure exagérée des dents, parafonction ou posture…) il est inévitable selon moi de se poser la question de l’harmonisation de l’occlusion. Mais parle-t-on ici de la même chose?

jeromeproust

Je comprend ton interrogation, mon intention n’était pas d’ouvrir un débat sémantique mais de faire effectivement la distinction, dans le cas d’une pathologie de l’ATM entrainant une modification du chemin de fermeture mandibulaire, entre l’occlusion en tant que structure morphologique et le mouvement mandibulaire qui y mène où dans ce cas il me paraissait plus approprié de parler de modification des rapports d’occlusion plutôt que d’occlusion tout court par opposition à une modification d’occlusion résultant d’une intervention direct iatrogène sur les arcades.
Tu dis au début de ce post qu’on peut publier des cas, Comment fait-on car je n’ai pas trouvé…

François UNGER

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FU

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