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Faire un diagnostic pour soulager

Nous avions présenté dans un post précédent la situation très douloureuse d’une patiente âgée, qu’elle estimait en relation avec sa prothèse. Nous confirmons cette hypothèse et nous posons le diagnostic de myospasme des muscles élévateurs, en particulier du côté droit et sélectivement des masséters qui sont douloureux, très raides à la palpation, et qui sont de plus gonflés.

Pour soulager cette patiente il faut lui offrir un moyen de réduire ses tensions musculaires. Ceci peut être fait en urgence par une orthèse réglée aussi près que possible de l’ORC, à une DVO augmentée par rapport à la situation prothétique. Compte tenu de l’édentement il semble préférable de réaliser une orthèse maxillaire; le calage est en effet très difficile à envisager sur une orthèse qui serait mandibulaire. L’inconvénient majeur de l’orthèse maxillaire sera d’ordre esthétique. Mais une fois passée la situation d’urgence douloureuse et la motilité retrouvée, il sera possible de passer à une prothèse rétablissant l’esthétique. Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer dans le cas présent la difficulté de stabiliser confortablement une orthèse maxillaire. Ce que nous avons fait par adjonction de Fitt de Kerr®.

La patiente, revue après une semaine d’orthèse, n’observe plus de gonflement et a retrouvé une motilité quasi normale; mais des douleurs peuvent encore apparaître à la mastication. Il faut dire que l’orthèse s’y prête mal. De plus cette orthèse était imparfaitement équilibrée car sa face occlusale avait été réglée lors des manipulations vers l’ORC alors que la musculature présentait un myospasme. L’orthèse est donc équilibrée. Elle le sera à chaque séance tant que le silence fonctionnel ne sera pas retrouvé et tant que la patiente ne donnera pas spontanément une position mandibulaire détendue et reproductible. C’est alors seulement qu’on pourra envisager une prothèse favorisant les fonctions mandibulaires, et reproduisant la relation intermaxillaire validée par l’orthèse.

Pensez-vous, pour cette patiente, qu’on puisse clairement incriminer l’occlusion dans l’apparition, l’entretien et l’aggravation de la dysfonction de l’appareil manducateur?
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Commentaires

carton

Votre « orthèse » est inesthétique et ne permet pas d’avoir une vie sociale. Quand votre patiente porte-t-elle cette gouttière? Comment expliquer le soulagement que vous dites si la gouttière n’est pas portée en permanence?
Pour la question c’est trop facile: si l’occlusion n’est pas la cause des DAMs que fait-on nous les dentistes?

François UNGER

Merci de ces remarques.
Vous avez raison mon orthèse n’est pas très esthétique…c’est le moins que l’on puisse dire. Mais je crois qu’il faut relativiser, en fonction des données cliniques dechaque cas, les différents critères que doivent respecter les orthèses. Ici le prioritaire était de soulager. Maintenir la prothèse c’est maintenir les conditions occlusales directement à l’origine des douleurs. Alors vous avez raison l’orthèse est portée en permanence. et je vous assure que la patiente (âgée) ne se plaint pas du problème esthétique. C’est comme une prothèse transitoire réalisée en urgence; à la différence prêt qu’lle reste évolutive du point de vue occlusal. Si j’avais utilisé des dents de prothèse amovible d’emblée sur les secteurs cuspidés l’obtention de la position mandibulaire détendue de référence n’aurait pas été aussi évidente à valider. Après oui il faut passer le plus vite possible à une prothèse amovible transitoire qui respecte la position mandibulaire asymptomatique et réatablisse l’esthétique et la mastication (autant que possible).

Par ailleurs je crois comprendre que vous considérez comme évident la fait que les malocclusions sont les responsables des DAMs. Je crois qu’il faut relativiser cette opinion: il est très rare qu’on puisse mettre en évidence une relation directe entre une malocclusion et un DAM.
Votre apparente certitude est du même ordre que celle de ceux qui affirment que l’occlusion n’est que faiblement contributive dans l’apparition, l’entretien ou l’aggravation des DAMs.

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