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Surtraitement?

Une patiente consulte pour un avis. Elle a reçu une restauration fixe implantaire pour restaurer son arcade maxillaire. Elle a bénéficié d’un certain nombre d’implants mais elle n’a pas retrouvé le profil qu’elle avait avant l’extraction de ses dents. Elle souffre en effet d’un manque de soutien des tissus mous. La radiographie montre que 13 implants ont été posés pour restaurer 14 dents.

Combien faut-il poser d’implants pour réaliser une restauration fixe implantaire au maxillaire ?
La patiente a-t-elle été victime d’un surtraitement? Merci de votre opinion.
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Commentaires

2plan

Non ce n’est pas du surtraitement. Si on avait mis 15 implants la question pouvait se poser mais 13 pour 14 dents, on reste dans le raisonnable.
N’existe-t-il pas des guidelines pour ces questions?

Thierry Degorce

De toute évidence, il y a trop d’implants. La mise en place d’autant d’implants n’apporte rien sur le plan fonctionnel et compromet même le résultat esthétique. Entre 6 et 8 implants auraient été largement suffisant pour garantir une bonne stabilité fonctionnelle et un meilleur résultat esthétique en ménageant des pontiques sur le secteur antérieur, ce qui est largement préconisé dans la littérature. Je passe sur l’alourdissement du coût global du traitement pour cette pauvre patiente qui à en voir la radio, n’a pas pu placer des implants dans les secteurs postérieurs mandibulaires.

chloe

Je poursuis l’argumentation de Thierry Degorce. La pose d’un si grand nombre d’implants provoque une rupture de la vascularisation osseuse. ceci est dommageable pour l’os maxillaire; par contre il n’y a rien à reprocher sur l’adaptation prothétique;
Une erreur quand même est le manque de planification prothétique, un montage avec une fausse gencive aurait peut-être permis de mieux répondre à la demande esthétique de la patiente.

coach

on peut considérer que ce cas est à la fois un sur et un sous traitement !
sur traitement en raison du trop grand nombre d’implant bien entendu, et sous traitement en l’absence de considération de l’arcade mandibulaire qui apparemment n’a pas bénéficié de toute l’attention nécessaire. La prise en charge globale mieux répartie est un fondement de la réhabilitation fonctionnelle, ce qui n’est pas le cas de la situation présentée.

yes49

Je ne comprends même pas qu’un praticien ose faire ce traitement au maxillaire sans refaire la mandibule avec au moins une PAP correcte sur des dents bien préparées. C’est effectivement difficilement défendable d’un point de vue éthique

president34171

Ce cas est bien sur une caricature de traitement implantaire:absence de projet,nombre d’implants proportionné au chiffre d’affaire du praticien,cantilever postėrieur,aucun soutien de lèvre,monobloc prothėtique,etc….

Laurent THERY

Merci de ces commentaires.
Le plus surprenant dans ce traitement est la parfaite réalisation de l’ajustage prothétique, sûrement réalisé par CFAO. Aujourd’hui on peut réaliser les meilleurs ajustages prothétiques mais ne pas parler de plan d’occlusion, soutien de la lèvre supérieure, centrage, calage….

frisou

Un implant pour une dent manquante, le cas clinique me parait raisonnable si le patient a les moyens pour assurer .Je remarque qu’ils sont bien posés , les deux incisives centrales ne sont pas soudées, c’est très bien .Les bridges complets qui tiennent sur 6 implants présentent le risque que la perte d’un implant entraîne l’obligation de desceller la prothèse ce qui fait perdre du temps, la confiance du patient ainsi que des émotions inutiles et souvent l’obligation de refaire le travail après avoir remplacé l’implant perdu .C’est peut être à la demande du patient que le traitement a été fait au maxillaire sans être initialisé à la mandibule.Le confrère a du se plier aux désirs de son patient sans le convaincre de faire le traitement en parallèle .L’effondrement des tissus mous a pour origine le déplacement de la commissure non soutenue par les dents prothétiques de l’appareil du bas, le travail présenté n’est pas terminé, de la chirurgie préparatoire parait nécessaire pour poser des implants à la mandibule .Je ne comprends pas les commentaires peu courtois de certains confrères sur un travail difficile à réaliser .Il est possible que ce travail ait été réalisé sur plusieurs années après la perte progressive des dents et leur remplacement .J’ai des cas cliniques identiques de patientes expatriées fiscales qui reviennent tous les été avec une ou deux dents en moins extraites aux USA , et qui demandent à les faire remplacer par des implants,ce qui finit par donner ce genre d’orthopantomogramme.Les traitements réalisés avec des pauvres moyens donne des résultats pauvres.

dumaille

je comprends tout a fait le point de vu de frisou et j’aimerai connaitre les sources de chloe sur « la rupture de vascularisation osseuse »???
crois tu vraiment que le praticien a pris son plus beau foret et fait des trous partout sans aucune préparation préalable?

Laurent THERY

Bonjour, je suis heureux que ce post suscite des réponses et des avis partagés puisque c’est le principe des blogs. Chacun a le droit de donner son avis. Pour répondre à Frisou, tous les implants ont été posé en même temps. Je participe à l’avis qu’ils sont très bien posés (bien parallèles entre eux, bien placés dans le sens mésio-distal). Malheureusement cet acte technique aussi difficile soit-il à réaliser ne satisfait pas la patiente car le profil esthétique et surtout labial supérieur n’était pas suffisant. Par ailleurs, à ma connaissance, il existe de très nombreuses revues de littératures récentes (A retrospective cohort study of 113 patients rehabilitated with immediately loaded maxillary cross-arch fixed dental prostheses in combination with immediate implant placement. Gillot L, Cannas B, Buti J, Noharet R. Eur J Oral Implantol. 2012 Spring;5(1):71-9) qui montrent de très bons taux de succès en reconstruisant des arcades complètes sur 6 ou 8 implants au maxillaire. On ne connait bien sûr pas l’historique de la patiente ni sa demande initiale mais si le choix est de reconstruire des plans d’occlusion, la logique serait de commencer par l’arcade mandibulaire.
Pour faire suite à la remarque de chloé, je pense qu’elle veut dire que la vascularisation étant terminale, un nombre important d’implant risque de provoquer une perturbation temporaire de la vascularisation.
Sans vouloir verser peut-être dans le All in four au maxillaire version Paulo Malo (même si des praticiens réalisent de manière fréquente ce type de traitement), il apparait aujourd’hui qu’il est possible de restaurer des arcades avec un nombre limité d’implants. N’est ce pas dans l’intérêt du patient ? Cet exemple clinique a le mérite de provoquer une discussion. Merci de vos commentaires

dumaille

merci Laurent, sais tu quand as été réalisé ce travail car les connaissances évoluent, ce travail correspondant aux normes des années 2000.

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