Naviguer / Chercher

Réhabilitation Implantaire à Risque #2

Dans la première partie de ce post, nous avons exposé la situation clinique d’une patiente de 70 ans ayant besoin d’une réhabilitation prothétique du maxillaire supérieur.

Plusieurs facteurs de risque ont été mis en évidence et dont voici la synthèse :

  • Facteurs de risques dentaires : la patiente présente de nombreuses dents fragiles et restaurées dont le pronostic est incertain. Les dents absentes ont été extraites par le passé pour les mêmes raisons.
  • Facteurs de risque occlusaux : la patiente ne montre pas de signes de bruxisme mais la forte supraclusion antérieure fait craindre pour la résistance d’éventuelles prothèses implantaires dans cette zone.
  • Facteurs de risque esthétiques : la très forte visibilité de la zone antérieure maxillaire, associée aux exigences esthétiques de la patiente qui souhaite une préservation de l’esthétique de son sourire et une discrétion maximale du traitement.
  • Facteurs de risque psychologiques : le profil psychologique anxieux, le niveau d’exigence élevé et la faible résilience de la patiente sont à considérer dans l’élaboration du plan de traitement et dans la prise de décision thérapeutique. En effet, le risque de doléances, de mécontentement voire d’abandon des soins est à prendre en compte.

Au vu de la situation clinique initiale, se posent de nombreuses questions quant au choix de la thérapeutique :

  • Les dents de 13 à 27 sont-elles conservables ? Si non, où faut-il placer des implants ?
  • Faut-il modifier les anciennes prothèses implantaires du secteur 1 pour pouvoir agir sur la DV et éventuellement réduire la supraclusion antérieure ?
  • Faut-il intervenir sur l’arcade mandibulaire ?
  • Comment assurer la temporisation ?
  • Quelle chronologie pour le traitement ?

Il est expliqué à la patiente que le pronostic des dents naturelles restantes à l’arcade maxillaire est très réservé, voire sans espoir, et que la pose d’implant est indispensable pour éviter le recours à la prothèse amovible. Les sites a priori retenus pour l’implantation sont 26, 24, 23, 21, 11 et 13. Pour ne pas alourdir un traitement s’annonçant d’emblée comme difficile, le choix est fait de ne pas modifier la prothèse implantaire du secteur maxillaire droit.

La première étape du traitement a consister en une intervention minimale sur la situation existante : découpe de la barre métallique entre 23 et 27, élévation sinusienne et pose de deux implants en sites 24 et 26. Cette stratégie d’implantation séquentielle permet d’obtenir l’ostéo-intégration de deux implants postérieurs avant la pose et la mise en charge immédiate d’implants dans la zone antérieure. Le fait de disposer deux implants postérieurs déjà ostéo-intégrés permet de réduire le risque d’échec ou de complications.

A l’arcade mandibulaire, la restauration des dents 36, 35, 43, 44, 46 et 47 permettrait d’améliorer leur pronostic, d’harmoniser les courbes occlusales et d’optimiser l’esthétique globale.
Les anciennes prothèses ont été retirées des dents 36 et 35. La structure résiduelle des dents ne permettant pas d’espérer leur conservation à long terme (tenons volumineux et absence de cerclage cervical), il a été convenu de les extraire et de les remplacer par deux implants.

Une fois les implants 24, 26, 36 et 35 ostéo-intégrés, la décision est prise de démonter les anciennes prothèses conjointes du secteur antérieur maxillaire, d’extraire les dents 13, 11, 21 et 23 et de placer une deuxième série d’implants qui seront immédiatement mis en charge et reliés aux implants postérieurs déjà mis en place et ostéo-intégrés.
La patiente a accepté de demeurer édentée pendant les quelques jours de la fabrication du bridge implantaire transitoire.

Les empreintes implantaires sont réalisées immédiatement après la deuxième chirurgie implantaire, à l’aide de porte-empreintes individuels ouverts (technique pick-up), préparés en amont.
L’accent a été mis au laboratoire pour une reproduction fidèle des caractéristiques du sourire de la patiente (longueurs, morphologie et teinte des dents). Les modèles en plâtre et les photos initiales sont d’une aide précieuse pour répondre au mieux à la demande de la patiente.

Etapes chirurgicales : Dr Thierry DEGORCE
Laboratoire : Karine LHUMEAU-PENNARD – CeramFixe – St Avertin

  • Les facteurs de risque repérés ici vous semblent-ils valables ?
  • Les dents antérieures maxillaires vous semblaient-elles conservables ?

Laisser un commentaire