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Quel plan de traitement choisir face à une fracture corono-radiculaire ? #2

Suite à notre précédent post, nous posions la question d’un plan de traitement pour traiter une fracture corono-radiculaire d’une patiente de 21 ans sur sa 21.

Dans un premier temps, nous avons réalisé un examen de type « cone beam » pour essayer de mettre en évidence le trait de fracture mais également pour planifier une éventuelle extraction et implantation immédiate. L’examen 3D ne montre pas de fracture radiculaire évidente, il existe de l’os apicalement à la dent, rendant l’extraction et implantation possible.

Cependant, face à l’absence de signes cliniques évocateurs d’une fracture basse intéressant la racine de la dent, nous avons proposé à la patiente de démonter la restauration provisoire ainsi que l’ancrage corono-radiculaire puis de réaliser une coiffe provisoire lors d’une autre séance. Le but était de contrôler cliniquement le niveau de la fracture en nous aidant d’aide optique (microscope).

La patiente accepte de différer provisoirement le traitement implantaire. Nous démontons donc la prothèse provisoire. Nous ne constatons pas de fracture basse, ni de fêlure radiculaire. Le trait de fracture est sous gingival mais supra-osseux avec une inclinaison palatine.

Nous proposons donc à la patiente de ne pas extraire la dent mais de reprendre le traitement radiculaire puis de réaliser une élongation coronaire à minima en palatin. Une coiffe d’usage classique (réalisation d’un inlay core céramisé et d’une coiffe céramo-céramique) sera réalisée 8 semaines après la chirurgie parodontale pour tester la dent mais surtout pour permettre une bonne cicatrisation des tissus parodontaux palatins. Nous présentons donc la reprise du traitement endodontique
puis la pose de la coiffe provisoire
Enfin, la coiffe d’usage est posée et collée
Face à ce cas clinique, nous voulions attirer l’attention sur l’importance du diagnostic et parfois faire attention de ne pas se jeter sur un plan de traitement sans avoir fait un examen clinique et complémentaire adéquat. S’il est légitime d’envisager les thérapeutiques implantaires, la dentisterie classique reste à même de répondre parfaitement à un certain nombre de situations cliniques. Il aurait été délicat d’obtenir le même résultat avec une solution implantaire.

Dans un tel cas, quels sont selon vous, les éléments objectifs qui doivent conduire à l’indication d’extraction ?

Comments

jmd75

Une élongation coronaire a minima ne signifie pas grand chose. On ne dit pourtant pas une limite cervicale a minima ou un traitement endodontique a minima. L’objectif est ici de retrouver un espace biologique en palatin avec suffisamment de substance dentaire supra-gingivale pour réaliser la limite de préparation et l’enregistrer.

massmolaire

Merci pour ce cas clinique qui démontre parfaitement que l’implant n’est pas la panacée et qu’il ne peut surtout pas se substituer à la démarche diagnostique. Je trouve cela pertinent surtout dans une rubrique consacrée à l’implantologie prothétique.
Cela dit, nous aurions aimé avoir une vue clinique de la limite palatine après chirurgie et/ou après pose de la coiffe d’usage.
La pérennité de la restauration va beaucoup dépendre de la capacité que vous avez eu à retrouver de la structure dentaire saine périphérique permettant un bon cerclage par la prothèse (effet ferrule : explicité ici : http://thedentalist.fr/leffet-ferrule/)
Sans cet effet ferrule, les risques de contamination bactérienne de l’endodonte sont majorés et les risques de fracture radiculaire liée à l’inlay-core également.
Quoi qu’il en soit dans le futur, je pense que j’aurais également conseillé cette option à cette jeune patiente de manière à retarder l’échéance implantaire au maximum. Comment avez-vous informé la patiente à ce sujet?
Vous avez mille fois raison d’insister sur le fait qu’un résultat équivalent aurait été extrêmement plus complexe à obtenir avec une solution implantaire.

Laurent THERY

Bonsoir, la patiente savait très bien que la solution implantaire n’était pas la panacée mais qu’elle serait peut-être nécessaire si la fracture était trop basse.
Je reste persuadé qu’en implantologie (outre le coût), le résultat aurait été complexe à obtenir.
Cordialement
Mais bon la fois prochaine nous mettrons vraiment un cas d’implanto !

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