Navigate / search

Prothèse implantaire et clefs en plâtres #1 : utilité, fabrication et utilisation

  1. Prothèse implantaire et clefs en plâtres #1 : utilité, fabrication et utilisation
  2. Prothèse implantaire et clefs en plâtres #2 : conception et mise en oeuvre
  3. Prothèse implantaire et clefs en plâtres #3 : principe de réalisation

L’implantologie est le domaine de la dentisterie qui a sûrement le plus évolué. Les premières recommandations chirurgicales et prothétiques nécessaires au début de l’implantologie ont grandement changé. L’informatique, la conception et la fabrication des prothèses par ordinateur ont grandement transformé notre pratique pour la rendre plus fiable et plus simple.
Cependant il existe des impératifs techniques qui n’ont pas changé et aujourd’hui il est important de les respecter et de les utiliser. L’utilisation des clés en plâtre (photo 1) est un exemple même des procédés de fabrication dont malheureusement nous ne pouvons pas nous dispenser.

Photo 1 : clé en plâtre de face (6 implants)
Photo 1 : clé en plâtre de face (6 implants)

Utilité des clés en plâtre :

La clé en plâtre est réalisée au laboratoire à partir d’une empreinte implantaire. Elle est utilisée lors d’un essayage pour valider l’empreinte implantaire prise précédemment. Elle est utilisée en bouche en la vissant sur des piliers implantaires coniques de prothèse transvissés.

Quel que soit le nombre d’implants utilisé (photo 2a, 2b), en prothèse transvissée plurale implantaire, son utilisation permet de s’assurer de la passivité de la future armature. En effet lors de l’utilisation de la prothèse plurale scellée, c’est le joint de ciment entre le pilier et la coiffe qui assure une passivité de la prothèse. Alors qu’en prothèse transvissée, le vissage de la vis du pilier transmet directement des contraintes importantes à l’implant.

Si lors d’un essayage la clé se casse (photo 3), c’est que l’empreinte implantaire est fausse. Il faut reprendre l’empreinte… autant de fois que nécessaire….C’est parfois un grand moment de solitude après la deuxième ou troisième fracture…En revanche une clé non cassée signifie que l’empreinte est bonne (photo 4)

La clé en plâtre s’utilise rarement directement dans l’implant mais sur des piliers coniques qui :

  • Sont supra-gingivaux
  • Rattrapent des axes divergents (surtout pour des implants pluraux)
  • Fixés en bouche par le praticien qui leur impose une position fixe et définitive (surtout pour des piliers angulés).

Les piliers angulés peuvent rattraper des axes de 15 à 30° (photo 5).

  • Etes-vous d’accord pour affirmer que la clé est indispensable pour valider la passivité des futures armatures ? Avez-vous des exigences particulières lors de sa conception ?
  • Sinon quels procédés utilisez-vous pour valider vos armatures prothétiques implantaires ?

Comments

sadaikha

Bonjour
ca serai super sympact de votre part , si vous pourriez nous faire une video explicite pour la fabrication de la clé en platre et comment faire les correction en bouche , des etapes cliniques et labo, je sais que c est une technique tres fiable grace au platre et sa maniabilité

Jean-Michel Moal

Bonjour, La clé en plâtre est indispensable. Elle doit avoir une forme parallélépipédique avec une section de 7 à 10mm et non pas des parties épaisses et des parties fines.. Elle là non pas pour valider l’empreinte, mais pour valider le modèle fabriqué à partir de l’empreinte, c’est lui qui sera la référence et lors de sa fabrication le laboratoire peut très bien avoir fait une erreur. Vous montrez différents clichés, la clé en plâtre vissé avec des vis guide. Cela n’est pas correctecar le fortement du corps des vis peut entraîner la fracture de la clé, il faut visser la clé en bouche avec des petites vis qui vont tomber au fond du puits sans toucher les parois des puits.

cheeckytiki

Bonjour j’ai deux questions pour des gens d’experience:
– tout d’abords est ce que vous constatez une plus grande precision du modele obtenu lorsque les transferts d’empreintes sont solidarises au préalable en bouche (ce qui est le cas d’après la littérature) et a partir de combien d’implants vous recommandez de solidariser dans ce cas?
– ensuite est ce que vous voyez une difference en fonction du matériau utilise pour valider le modele : platre vs résine (coupee puis resolidarisee sur modele pour contrer la contraction) par exemple

Merci 🙂

sadaikha

mais es ce possible cette facon de faire pour les vis au fond du puit de l’implant sans toucher les parois , es ce que vous avez une asctuce , merci Dr

sadaikha

l’ essayage de la clé en platre en bouche peut entrainer des fractures en bouche , cela signifie quoi comme erreures, et comment reparer cette erreure es ce que refaire une autre empreinte , ou faire couler du platre sur la fissure de craquement

Jean-Michel Moal

Je pense que tous les praticiens d’expérience ne solidarisent pas les transferts entre eux. Pour l’édentement complet l’empreinte au plâtre est sans conteste la solution la plus fiable. Pour les partiels, l’on peut solidariser avec du plâtre les transferts ou avec de la résine, mais dans ce cas, il faut couper et relier dans un second temps les transferts.Dans les systèmes sérieux, les vis guide sont usinées dans une section légèrement plus forte que les vis de prothèse et que le corps des tournevis. La vis de prothèse tombe au fond du puits sans toucher les parois. Si la clé en plâtre se fracture en bouche, c’est soit que l’empreinte soit que le modèle n’est pas bon. Pour le savoir, il faut, ouvrir la fracture, puis relier les morceaux avec du plâtre.Enlever la fausse gencive souple du modèle de travail et repositionner la clé sur le modèle si elle casse c’est qu’il y a un problème, sinon c’est qu’il y a eu une erreur de manipulation pendant l’essayage. PS Je ne suis pas Dr, mais prothésiste dentaire.

Jean-Michel Moal

Je pense que tous les praticiens d’expérience ne solidarisent pas les transferts entre eux. Pour l’édentement complet l’empreinte au plâtre est sans conteste la solution la plus fiable. Pour les partiels, l’on peut solidariser avec du plâtre les transferts ou avec de la résine, mais dans ce cas, il faut couper et relier dans un second temps les transferts.Dans les systèmes sérieux, les vis guide sont usinées dans une section légèrement plus forte que les vis de prothèse et que le corps des tournevis. La vis de prothèse tombe au fond du puits sans toucher les parois. Si la clé en plâtre se fracture en bouche, c’est soit que l’empreinte soit que le modèle n’est pas bon. Pour le savoir, il faut, ouvrir la fracture, puis relier les morceaux avec du plâtre.Enlever la fausse gencive souple du modèle de travail et repositionner la clé sur le modèle si elle casse c’est qu’il y a un problème, sinon c’est qu’il y a eu une erreur de manipulation pendant l’essayage. PS Je ne suis pas Dr, mais prothésiste dentaire.

cheeckytiki

Je sais que vous etes prothésiste mais justement c est intéressant d avoir l avis de la personne au labo, nous sommes supposes être partenaires pas bouc émissaire l un de l autre.

Pour la resine je coupe évidemment, par contre je coule mes empreintes ici, je suis dans un environnement hospitalo universitaire, je solidarise a partir de deux implants des lors qu’il y a un inter ou suivant la situation, j’utilise de la résine que je coupe et resolidarise évidemment et je solidarise aussi mes analogues avant de couler mon modele, c est long mais j ai de bon résultats.
Quel type de platre vous recommandez pour ce genre d empreinte, edente complet je parle, je precise que je ne suis pas la pour défendre mon bout de gras mais je pense que peu importe l experience, la base c est d avoir l esprit ouvert donc une technique differente a forcement quelque chose a m apporter 😀
Je n ai pas de littérature internationale sur les empreintes au plâtre versus autre méthode de solidarisation ou empreinte digitale, si vous en avez je veux bien.

Merci beaucoup!!!

Laurent THERY

bonjour, merci de tous ces commentaires.
je voulais apporter une réponse à toutes les questions.
1/ l’essayage de la clé peut se faire avec des vis longues si le prothésiste ménage un espace entre la vis et la clé.Je le précise dans un autre post à venir. J’ai déjà utilisé des vis courtes qui tombent au fond du puits avec des succès+/-: dans des cas complexes, sur des implants angulés (distaux), le simple fait de mettre le tournevis dans la clé positionnée en bouche à la recherche de la vis courte au fond du puits provoque la fracture de la clé…. là vous êtes content… donc dans mon expérience je préfère utiliser toujours des vis longues pour pouvoir les positionner doucement avec mes doigts puis le tournevis. Dans ce cas, j’ai toujours en visuel la tête de la vis et je sais où mettre mon tournevis. Mais chacun a un expérience propre.
2/ la solidarisation en bouche c’est souvent moyen car cela bouge toujours un peu lors de la désinsertion avec un matériau rigide. Mais il existe des systèmes qui assurent une immobilité complète des transferts. Dans mon expérience, je préfère ne pas solidariser et prendre du plâtre pour assurer une rigidité suffisante. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises de casser des clés en plâtre à partir d’empreinte au silicone. Puis je me résous à reprendre une empreinte au plâtre et tout rendre dans l’ordre. Je reste ouvert à un autre partage d’expérience.
3/ Pour moi le plâtre reste la technique la plus fiable. La résine aura toujours une rétraction lors de sa prise. La section de la clé en résine en 25 morceaux puis la solidarisation en bouche, cela prend beaucoup trop de temps et n’est pas une technique fiable. je reste ouvert.
4/ une règle d’or: clé cassée=empreinte à reprendre.
Le bidouillage pour couler du plâtre dans la fissure et de penser que l’on peut s’en servir me parait dangereux. La seule solution est de reprendre une empreinte (si nécessaire au plâtre);
Le plâtre que l’on utilise sera l’objet d’un autre post… oui oui je laisse du suspens. cordialement. Laurent

Jean-Michel Moal

Bonjour Dr, pour le prothésiste aléser des puits d’accès aux vis est très périlleux, il risque fort de casser la clé. Le plus simple lorsque vous utilisez des vis courtes, c’est de les positionner sur le tournevis avant de les emmener dans les puits.Je pense que reprendre systématiquement une empreinte n’est pas la bonne solution, car l’erreur peut facilement venir du laboratoire lors de la fabrication du modèle. Serte la manipulation du plâtre en bouche n’est pas facile, mais cela a l’avantage de savoir d’où vient le problème et comme cela éviter qu’il ne se reproduise. Pour le plâtre utilisé, il existe des plâtres à empreinte, mais le plus souvent c’est du Snow-While de chez Keer qui est utilisé.

Leave a comment